Bains-sur-Oust
Histoire de Bains-sur-Oust
Bains-sur-Oust est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 3 502 habitants. La localité est attestée sous les formes Ecclesia Bain et in condita plebe Bain en 834, Baiocum en 1092, ecclesia de Balneo en 1238.
Bains-sur-Oust, traversée par la voie romaine de Redon à Lohéac à l’ouest, est mentionnée dans les textes dès 834 sous le nom de antiqua ecclésia Bain. Elle était alors formée des actuelles paroisses de Redon, Bains, Sainte-Marie et Cournon. Elle fut démembrée lors de la création de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon par la création de la paroisse Notre-Dame de Redon composée de la ville redonnaise naissante et de ses environs. Le territoire entier de Bains passa sous la domination de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon par don de Louis Le Débonnaire à saint Conwoïon; l’autorité seigneuriale de l’abbaye s’exerça jusqu’à la Révolution. L’abbé Guillotin de Corson nous apprend qu’au Bains était divisée en dix frairies: les Bignons (bourg actuel de Bains), Couloumel, la Rivière-d’Oult, Coüardière, Binon, Bléheuc, Saint-Marcellin, Pont-de-Renac, Prin, Grimigniac (les trois dernières étant actuellement sur la commune de Sainte-Marie). Elle comptait 69 villages, deux bourgs importants (le bourg actuel et Saint-Marcellin), quatorze manoirs, une dizaine de chapelles et cinq moulins (trois moulins à vent, deux moulins à eau).
La paroisse de Sainte-Marie créée en est érigée en commune en 1872, distrayant ainsi toute la partie est de la commune. Avant cette date, le territoire communal était décrit comme suit dans le Dictionnaire de Jean-Baptiste Ogée: « Superficie totale: hectares dont hectares de terres labourables, 565 hectares de pâturages, 574 hectares de bois, 16 hectares d’étangs. » L’étendue des espaces boisés a fortement diminué depuis; l’exploitation de vergers et la production de cidre, encore très importantes au, expliquent l’abondance des celliers liés à l’architecture agricole de la commune. Le bâti recensé date en majorité de la fin du ou du début du (27 %), époque où la commune connaît son plus fort développement. À cette époque correspond également la reconstruction de très nombreuses habitations, souvent sur des fondations plus anciennes ou en remployant d’anciens logis comme dépendances. Une proportion non négligeable remonte au (13,5 %); les ouvrages antérieurs à cette époque ne représentent pas plus de 4 % des ouvrages recensés.
La commune n’accueille aucun bâtiment protégé au titre des monuments historiques. En 1923, le nom de la commune de Bains a été modifié en Bains-sur-Oust. La découverte de pierres polies en divers endroits, notamment à la Roche du Theil montre bien que cette commune était occupée de très bonne heure. L’histoire fait mention d’une bataille qui eut lieu à Ballon, en 845, entre l’armée de Charles le Chauve, Roi des Francs et Nominoë, souverain de Bretagne. Elle se termine à l’avantage de ce dernier, désireux de préserver ses droits et de secouer le joug des francs. Cette victoire assura l’indépendance de la Bretagne, dans les limites reconnues ensuite par l’histoire.
Nominoë s’en proclama roi et se fit sacrer dans la cathédrale de Dol. Les maisons voisines de ce combat ont des noms significatifs, comme clos de l’Epic, la Bataille, La Poignardais, La Cantinais, La Hutte. À l’origine Bains était un prieuré de l’abbaye de Saint Conwoïon. En l’an 854, les Normands remontèrent la Vilaine jusqu’aux abords de Redon et l’abbaye dut sa sauvegarde à un orage providentiel devant lequel les hommes du Nord, effrayés, s’enfuirent le prenant pour une punition des dieux. Quelques années plus tard, les Normands récidivèrent leur exploit et pillèrent le monastère. Les religieux durent s’exiler à Maxent près de Plélan, où le roi Salomon, neveu de Nominoë, leur avait procuré un nouvel établissement.
C’est là que mourut Saint Conwoïon à l’âge de 80 ans. Finalement, les Normands furent battus et chassés du Pays de Redon vers 869, à Botmélas sur le territoire d’Avessac. Le plateau sur lequel la bataille se déroula s’appelle encore « La Déroute » près de la route de Guemene-Penfao. L’abandon de la langue bretonne par les nobles et ducs entraîna la prédication en langue romande (le français de l’époque) par le clergé. Vers le, le breton de forme vannetaise qui était la langue du pays, ne fut plus parlé officiellement et en se mélangeant de plus en plus au vieux français devint le patois actuel, où de nombreux mots bretons plus ou moins déformés se retrouvent encore. À la veille de la Révolution industrielle, Bains comptait, Redon n’en ayant que.
Poison, exerçait en même temps les fonctions de maire depuis la fondation de la récente commune. Jean du Bignon, maire de Redon, devint député à la Convention et ensuite au conseil des Cinq-cents. Il vota pour la mort de Louis XVI lors du procès du roi. Il avait fait construire à Binon un pavillon à étage récemment démoli; c’était sa maison de campagne. Lors du partage de la Bretagne en départements, le canton de Redon fut attribué à l’Ille-et-Vilaine, alors que jusque-là, il avait fait partie de l’évêché de Vannes, ou du diocèse de Vannes selon les mauvaises langues. Les municipalités protestèrent, mais on ne tint pas compte de leurs doléances.
Presque toutes les hauteurs de la commune étaient couronnées de moulins à vent: Via, les Couédies, Beunette. Sur les ruisseaux tournaient des roues à aubes dans une retenue d’eau: Via, La Bataille, Saint-Laurent… Le canal de Nantes à Brest, commencé sur l’ordre de Napoléon et poursuivi sous Louis-Philippe, fut achevé en 1855 en ce qui concerne la partie longeant l’Oust en bordure de la commune. En 1872, le territoire communal de Bains-sur-Oust fut amputé des de Sainte-Marie qui devint une commune indépendante, soit une réduction d’un peu plus d’un tiers (36 %) de l’étendue de la commune. À la fin du Moyen Âge et même plus tard, les populations vivaient sous la terreur des sorciers ou des lutins. L’on raconte que les habitants de Bains, excédés par ces lutins, se réunirent sur la lande du Tirion à l’est du Bourg et jurèrent de se débarrasser de ces nains encombrants.
Ceux-ci eurent vent de cette assemblée et le dimanche suivant, pour se venger, empoisonnèrent le pain bénit qui devait être distribué aux fidèles pendant la grand’messe. Un seigneur du manoir de la Rouarday, surnommé Joues Rouges à cause de sa force herculéenne et du sang vigoureux qui colorait ses pommettes, eut l’idée d’en prendre un morceau avant l’office et de le donner à l’un de ses chiens. Celui-ci creva aussitôt et Joues Rouges qui devait être également un peu sorcier sauva ainsi la vie de la paroisse. Une autre légende qui s’est prolongée jusqu’à des temps assez récents était celle de la « Bête Jeannette ». Celle-ci qui prenait toutes les formes, retenait parfois toute la nuit par une jambe au moment de franchir l’échalier de son, le bonhomme qui s’était attardé à boire des bolées. Un fermier de la Quillanais à qui la belle Jeannette avait joué un tour, jura de se venger et ayant fait bénir une balle par le curé, il en chargea le fusil.
Un matin, l’occasion pour lui d’assouvir sa vengeance se présenta. Au petit jour, une bête étrange rôdait dans le jardin. Le fermier tira et l’atteignit en plein cœur. L’animal s’enfuit en poussant des cris épouvantables et courut jusqu’à la Croix Batte à une demi-lieue de là. Le chasseur qui suivait de loin ne retrouva qu’une mare de sang mais de bête point, elle avait disparu… mais ne revint plus.
Patrimoine religieux
La commune ne dispose d’aucun monument historique protégé. De nombreux monuments inventoriées dont plusieurs chapelles