Bannalec
Histoire de Bannalec
Bannalec est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 5 713 habitants. Mentionnée pour la première fois vers 1030 dans le cartulaire de Quimperlé, Bannalec est désignée sous le terme Plebs Banadluc. Le toponyme associe au breton balan « genêt » (en vieux breton banadl et en moyen breton banazl) le suffixe ek. Bannalec [le nom aurait dû logiquement s’écrire « Balanec »] signifie tout simplement « l’endroit où pousse le genêt (genêtière) ».
Bannalec doit probablement son nom du fait que le genêt à balais y pousse en abondance. Toutefois, l’abbé Mével, recteur de Plonévez-Porzay vers 1926, a émis une autre hypothèse: tout comme le nom de Trébalay signifie probablement la « trève de saint Balay », ce saint breton peu connu pourrait aussi être à l’origine du nom de Bannalec, tout comme de saint Belec en Leuhan et du nom de la commune de Ploubalay.
Au village de Kermaout, subsiste une allée couverte, une autre à Kerjean, et à proximité du village de Cosquériou-Saint-Cado, un dolmen enfoui. Un autre dolmen se trouve à Kercoat dans le parc du manoir du Quillio. Un camp retranché a été identifié à au nord de Kerquillerm. La voie romaine allant de Quimperlé à Quimper passait au sud de Bannalec par le bourg du Trévoux, Pont Glaérès et l’Église Blanche, son tracé se poursuivant via Le Moustoir en Kernével (actuelle D 22 pour ce tronçon). François-Nicolas Baudot Dubuisson-Aubenay écrit en 1636 Bannalec a été probablement une paroisse dont le territoire aurait aussi englobé Scaër et Kernével. Cette donation figure dans le cartulaire de Quimperlé. du château de Quimerch en Bannalec tel qu’il apparaissait au début du avant qu’il ne soit entièrement rasé par son propriétaire en 1828.
L’histoire de Bannalec est indissociable de celle des seigneurs de Quimerc’h [à ne pas confondre avec la paroisse de Quimerc’h] sous l’Ancien Régime. En effet ces puissants seigneurs disposaient d’un château féodal à Bannalec et de nombreuses terres dans la paroisse et celles du voisinage. Par ailleurs la seigneurie, qui appartenait alors à Hevin de Quimerch, fut érigée en baronnie par le duc en 1420 en récompense des services rendus par le seigneur de Quimerc’h à son suzerain, notamment pour le soutien militaire qu’il lui a apporté au cours de l’épisode de la trahison de Marguerite de Clisson et de ses deux fils Charles et Olivier. Elle disposa de ce fait du droit de haute, moyenne et basse justice avec création d’un gibet à quatre piliers sur le tertre de Roz-Glaz à Mellac. La seigneurie passa successivement par alliance des mains des Quimerc’h (-) à celles des Hautbois (-) (par le mariage d’Alix de Quimerc’h avec Jean de Hautbois vers 1350), des Tinténiac (par le mariage en 1526 de Pierre de Tinténiac, seigneur du Perche et de la Coquerais, avec Françoise de Quimerc’h, fille de Louis de Quimerc’h et de Françoise de Broons) (-) et des Du Breil de Rays. Le plus ancien seigneur de Quimerc’h dont le nom nous soit parvenu se nommait Rivallon et vivait entre 1066 et 1114. Les armes des seigneurs de Quimerc’h furent de tout temps un champ d’hermines meublé d’un croissant. La présence d’hermines sur le blason, laisse à penser que ce Rivallon était un proche parent du duc de Bretagne.
Quant au croissant, il appartenait à la famille des comtes de Cornouaille. En 1352, pendant la guerre de succession de Bretagne, le château féodal de Quimerch fut enlevé par l’anglais Roger David aux troupes de Charles de Blois. En 1472, duc de Bretagne, permit au seigneur de Quimerch de contraindre ses vassaux à travailler aux fortifications du château. Le château féodal pris alors l’aspect définitif qu’il allait conserver jusqu’à ce qu’il ne soit entièrement rasé par son propriétaire en 1828. La paroisse de Bannalec, en raison de sa grande étendue, environ avant la Révolution, était organisée en huit frairies: Coguiec, Tremeur, Trébalay, le Bourg, Troganval, Guirisec, Kerzudal et Bossulan. La frairie de Coguiec correspondait au quartier de Saint-Cado, tandis que la frairie de Guirisec correspondait au quartier Saint-Jacques. La frairie de Bossulan se trouve aujourd’hui en Pont-Aven. La plupart des frairies empruntait leur nom à celui d’un village.
Celle de Guirisec le devait à une colline appelée Menez an Guerisec (mont de la cerisaie). D’après des aveux de la fin du et du, les seigneurs de Quimerc’h étaient sergents féodés du duc de Bretagne dans la ville de Quimperlé. En 1575 un abbé commendataire de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, Pierre de Labesse, vendit trois villages situés dans la trève de Trébalay qui appartenaient jusque-là à ladite abbaye. Pendant les guerres de la Ligue (1588-1598), une bataille opposa les troupes royales, commandées par Sébastien de Rosmadec (baron de Molac) et celles des Ligueurs, sous les ordres de Georges d’Arradon, seigneur de La Granville (lequel périt pendant le combat, ainsi que les sieurs de Kersalaün et de Beaulieu) dans un champ situé près du château de Quimerc’h; Michel de Tinténiac, alors seigneur de Quimerc’h, selon le chanoine Moreau, ne donna asile à aucun des deux camps, fermant les portes de son château et restant spectateur de ce combat. Toute la région fut ravagée par Guy Eder de la Fontenelle. Pitre-Chevalier écrit, à propos de l’organisation d’une soule: « Arrivez sur la lande, arrivez, jeunes gars de Nizon et de Kemperlé! Arrivez, pauvres pen-ty de Lothéa et de Trébalay, incendiés par La Fontenelle. Arrivez habitants de Clohars et de Névez, à peine guéris de la famine et de la peste!
Arrivez, superbes garçons de Bannalek, avec vos grands chevaux enharnachés (.) ». Il écrit à nouveau plus loin: « Ceux de Lohéa et de Trébalay ont eu leurs maisons brûlées par La Fontenelle. (.) Ceux de Clohars et de Névez souffrent de la disette et du mal jaune (.) Ceux de Bannalek demandent (.) mille livres pour relever leur clocher abattu par le tonnerre. (.) Ceux de Trévoux et de Moëlan sont en pleine famine et en pleine guerre avec les loups depuis un mois; ils réclament une centaine de messes pour leurs morts après la prise de Kemper ». À partir de 1526, en raison du mariage de Françoise de Quimerc’h avec Pierre de Tinténiac, le château de Quimerc’h passe aux mains de la famille de Tinténiac et y reste jusqu’à la Révolution française, possédé notamment successivement par François-Hyacinthe de Tinténiac, époux de Anne Antoinette de Kersulgen, et enfin leurs fils Hyacinthe de Tinténiac et son frère Vincent de Tinténiac (1756-1795), connu sous le nom de Chevalier de Tinténiac, fut l’un des chefs de la chouannerie bretonne. Une trentaine de manoirs ont été recensés à Bannalec, dont ceux de Kerlagadic, Kerlec, Le Menec, Le Quilio, Le Quinquis, Livinot, etc., même si plusieurs d’entre eux ont disparu depuis. Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Bannalec vers 1662. Bannalec prend part à la révolte des Bonnets rouges en 1675.
Deux habitants sont exclus de l’amnistie royale accordée en février 1676. Les paroissiens de Bannalec étaient soumis à la corvée au grand chemin. Ils devaient entretenir par an la portion de la voie royale (voie reliant Quimperlé à Quimper) comprise entre le village de Léty et le bois de Goarlot soit un tronçon long de. Les nobles ainsi que les bourgeois en étaient exemptés. En 1759 la paroisse de Bannalec [le nom est écrit Bannallec] devait chaque année fournir 72 hommes pour servir de garde-côtes. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Bannalec en 1778 Au printemps 1789 le corps politique [Assemblée des paroissiens] de Bannalec, sous l’inspiration du marquis de Tinténiac, s’opposa aux idées nouvelles. de Trébalay, décédé en 1813.
En 1790 la paroisse de Bannalec est érigée en commune et annexe à son territoire la trève de Trébalay, ancienne possession de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Elle cède plusieurs villages dont Bossulan, situés sur l’autre rive de l’Aven, à la commune voisine de Nizon. Aucun des prêtres présents dans la paroisse n’accepta de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé; parmi ces prêtres réfractaires, le curé Pierre Oury émigra en Angleterre, Jean Merdy fut déporté sur un des Pontons de Rochefort en rade de l’Île d’Aix, le Washington et Marc Calvez fut déporté en Espagne, Corentin Perron et Jean Lelgouarch) eurent la tête tranchée le 6 messidor an II (25 juin 1794) à Paris place de la République après avoir été condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire sur ordre du juge Antoine Fouquier-Tinville après un semblant de procès. Pendant toute la période révolutionnaire, Bannalec fut un centre de chouannerie très actif, animé notamment par Guillaume Guyho, fils du sénéchal de la maison de Tinteniac, et d’autres membres de sa famille, préfet du Finistère, se rendant à Quimperlé, fut attaqué par une bande royaliste près de Bannalec, et perdit deux hommes de son escorte. Le 29 avril 1799 une diligence est attaquée par des chouans aux environs de La Véronique. Le 9 mars 1801, François Joseph Rudler, lui aussi préfet du Finistère est attaqué à son tour près de Bannalec, mais son escorte repoussa ses agresseurs., du château de Quimerc’h en Bannalec tel qu’il apparaissait au début du avant qu’il ne soit entièrement rasé par son propriétaire en 1828. Selon le Chevalier de Fréminville « la forteresse de Kymerc’h [Quimerc’h] [était] la plus entière, la plus imposante et la mieux conservée de toutes celles qui, dans le Finistère, avaient survécu aux ravages du temps et des hommes ».
« Son plan était carré, et le portail se trouvait du côté qui regarde l’étang, en face de la chaussée qui le traverse. Il y avait grande et petite portes à arcades en ogives, et qui étaient fermées chacune par une herse et un pont-levis. Le corps de garde était pratiqué à droite, sous la voûte de la petite porte, ou porté de ronde. Deux tours rondes, jointes par une courtine, à galeries saillantes et mâchicoulis, formaient la défense du portail. Au devant de la tour droite lui avait été adossée, dans des temps moins anciens, une forte tour hexagonale. Ces tours étaient surmontées de toits en flèche, avec de grandes fenêtres à pignons, accompagnées d’ornements gothiques ». « À l’angle droit de la façade, on voyait une tour ronde moins forte que celle du portail; aux angles opposés du carré étaient deux autres tours rondes, dont celle de gauche, qui était la plus grosse et la plus forte de toutes, était le réduit ou donjon. Une tourelle qui lui était unie y servait de cage d’escalier.
Les remparts qui unissaient toutes ces tours avaient deux mètres vingt-quatre centimètres d’épaisseur. Tous ces ouvrages, parfaitement bien construits en pierres de taille, eussent, pendant bien des siècles encore, résisté aux efforts destructifs du temps. Tout annonçait, dans le château de Kymerc’h, une construction du; mais des additions semblaient y avoir été faites dans le quatorzième et le quinzième ». En 1828, le château féodal de Quimerc’h, qui datait en grande partie du, et avait fière allure avec son pont-levis, ses tours surmontées de toits en flèche, ses grandes fenêtres accompagnées d’ornements gothiques et ses remparts qui avaient huit pieds d’épaisseur, est entièrement rasé par son propriétaire, Charles du Breil de Rays (1778-1838). On ne trouve plus à la place qu’une maison de plâtras, un édifice moderne bâti sans goût, sans règle et dans la plus bizarre architecture selon les dires du Chevalier de Fréminville. En 1831, sur une population de, seulement et savent parler le français, le breton étant la langue d’usage, et et savent l’écrire. à Bannalec au début du (carte postale Villard). Louis Tiercelin a décrit une fête à Bannalec à cette époque: « C’est le mardi qu’a lieu la lutte.
Le matin c’est un bal (.) sur la route. Vers midi arrivent les lutteurs et les coureurs; les auberges sont pleines. Les anciens conseillent les jeunes. Les courses ont lieu depuis l’auberge de Rodallec jusqu’à la route de Bannalec. (.) Les courses achevées, on se précipite vers le pré de Rodallec; les biniou sonnent. L’arbre des luttes scintille au soleil, portant dans ses branches des chapeaux, des mouchoirs et des galons d’argent (.) [On] conduit le mouton noir, dont les cornes sont entourées de rubans et de galons d’argent. Mais en juin 1834 les combats de lutte bretonne, traditionnels notamment à Bannalec, Querrien et Saint-Thurien, sont interdits, mais se poursuivirent néanmoins. Par exemple est décrit de manière détaillée dans la revue « La Semaine des familles » un tournoi organisé à Pont-Aven en 1860 et opposant deux fameux lutteurs, Postic (de Scäer) et Hervé (de Bannalec).
Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Bannalec en 1843 Amédée Blondeau décrit Bannalec en 1869 Le 1 mai 1854, deux pauvres gueux de Bannalec, Yves Louarn et Auguste Buffet, furent condamnés aux travaux forcés par la Cour d’assises du Finistère pour vol commis de nuit avec arme dans une maison habitée; ils moururent, l’un du choléra en décembre 1854 au bagne de Brest, l’autre en juillet 1855 au bagne de Cayenne. Le journal La Dépêche de Brest et de l’Ouest publia en 1906 dans un feuilleton intitulé « Les deux forçats de Bannalec » leur histoire. Mais les vrais coupables du crime, la veuve Sinquin, meunière à Saint-Cado en Bannalec, et ses trois complices, furent identifiés plus tard et jugés en janvier 1860, condamnés à leur tour aux travaux forcés. Mais la loi ne permettant pas à l’époque la révision d’un procès, ce n’est qu’après la modification de la loi survenue en 1867 que Louarn et Buffet furent officiellement innocenté par la chambre criminelle de la Cour de Cassation. En 1863, la ligne de chemin de fer Lorient Quimper qui dessert Bannalec est mise en service. Yves Nicot, un voleur récidiviste d’origine nantaise, fut condamné à mort le 23 et guillotiné publiquement le 2 sur la place du Champ de Foire de Quimper pour avoir égorgé Véronique Le Meur le 29 sur la route allant de Quimper à Bannalec alors qu’elle revenait de la foire et qu’elle l’avait pris dans sa carriole, afin de lui voler l’argent des ventes qu’elle avait effectué ce jour-là.
Fichier:001 Jardinière Bannalec Porquier-Beau.jpg| En 1870-1871, une épidémie de variole est responsable d’environ 250 décès sur la commune. Comme en forêt de Pontcallec (en Berné) ou en forêt de Lothéa (en Quimperlé et Clohars-Carnoët), on recense un grand nombre de sabotiers-meriniers en forêt de Quimerch au cours des siècles, depuis le, mais principalement. Bannalec organisait aussi de nombreuses foires chaque année et obtint d’en organiser 5 nouvelles en 1871. L’élevage des chevaux était traditionnellement très important: c’est à Bannalec qu’était organisé chaque année le concours de poulinières de l’arrondissement de Quimperlé. Les chevaux étaient des « traits postiers du Sud-Finistère et de Cornouaille », issus du croisement d’étalons « Norfolk » avec des juments rustiques de la région. En 1908 le comte Henry de Robien écrit que c’est dans la région de Bannalec « que l’élevage [des chevaux] présente les meilleures garanties: choix judicieux des poulinières, conservation et meilleure association de celles-ci ». Une station de haras est ouverte en 1910 à Bannalec
En 1891 furent décidé le tracé et la construction de la route allant directement de Bannalec au Faouët via Lanvénégen (actuels D 23 dans le Finistère, D 177 dans le Morbihan). L’épidémie de choléra qui sévit entre le 28 décembre 1865 et le 11 janvier 1866 fit 4 morts à Bannalec. En 1892 Henri Monod écrit que le canton de Bannalec, qui a alors habitants, ne dispose d’aucun médecin. En 1893, Jules Vagnair, un écrivain agrégé de lettres décrit ainsi le carnaval de Rosporden, dans un texte révélateur du mépris des intellectuels de l’époque à l’encontre des paysans bretons Les pressions sur les électeurs étaient fréquentes: par exemple en 1869 les maires de chaque commune de la circonscription reçurent l’ordre ldu préfet du Finistère de lire, en français et en breton, à la sortie de la première messe, un texte les incitant à voter pour M. du Couëdic et le préfet lui-même vint à Bannalec le jour des élections législatives, s’installant devant la porte de la mairie, pour favoriser l’élection de du Couëdic. Léonard Corentin-Guyho, propriétaire à Bannalec, fut à plusieurs reprises élu député entre 1876 et 1922; en 1914 son élection fut invalidée car il aurait acheté les voix de nombreux électeurs pour être élu. Fin, la construction de 67 écoles de hameaux a été autorisée dans le Finistère par deux décrets
L’adjudication pour la construction d’une école communale de filles à Bannalec se déroula len octobre 1899. Contrairement à l’ensemble de la France, Bannalec avait conservé, comme de nombreuses autres communes bretonnes, une forte natalité: par exemple entre 1894 et 1903, Bannalec compta naissances pour décès. Le 9, Creignou, curé de Bannalec, fait partie des 31 prêtres du diocèse de Quimper dont les traitements sont retenus par décision du gouvernement Combes « tant qu’ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l’enseignement du catéchisme » car ils utilisaient le breton. Isidore Colas, soldat au 3e régiment d’artillerie de Vannes, blessé le 5 août 1914 par un éclat d’obus, fut envoyé à l’hôpital de Biarritz; un grand blessé de guerre, Henri Legrain, originaire de Laon, qu’on devait amputer alors qu’il avait perdu beaucoup de sang, fut sauvé grâce à la transfusion de sang faite directement depuis le corps d’Isidore Colas qui s’était porté volontaire. Ce fut l’une des premières transfusions sanguines réussie de l’histoire, réalisée le 16 octobre 1914. La Première Guerre mondiale fit 361 victimes bannalecoises mortes pour la France dont l’aviateur Jean Bourhis qui s’était illustré dans des meetings aériens avant-guerre et qui est mortellement blessé au cours d’un combat aérien en 1916; parmi les autres victimes, à titre d’exemples, Louis Salaün, capitaine au 43e régiment d’infanterie coloniale, tué à l’ennemi lors de la bataille de Morhange et décoré de la Légion d’honneur et de la croix de guerre; François Sinquin, soldat au d’infanterie, tué à l’ennemi le 16 février 1915 à Cauroy-lès-Hermonville (Marne), décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire; Yves Burel, soldat au d’infanterie, mort des suites de ses blessures le 19 novembre 1915 à Barly (Pas-de-Calais), décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre; etc. Certains sont morts hors de France comme Guillaume Michel, mort en Turquie en 1915, Pierre Salaun en 1916 et Henri Nabat en 1917, tous deux tués lors de l’expédition de Salonique dans l’actuelle Macédoine du Nord ainsi que Jean Bonnefoi à Salonique (Grèce); 12 au moins sont morts en Belgique et un au Luxembourg. Des marins sont morts en mer (par exemple Henri André lors du naufrage du navire auxiliaire Colbert le 30 avril 1917, René Guillou lors du naufrage du sous-marin Ariane le 19 juin 1917 et Jean Piriou, disparu en mer lors du naufrage du cuirassé Suffren le 26 novembre 1916.
Jean Le Cotonnec, caporal au 1er régiment d’infanterie coloniale, a été tué en 1919, donc après l’armistice, en Hongrie; etc. Le corps du Bannalécois Louis-Joseph Heurt, soldat au d’infanterie, tué à l’ennemi le 8 janvier 1915 à Ovillers-la-Boisselle (Somme) a été retrouvé un siècle après sa mort. Le monument aux morts de Bannalec fut inauguré le 28 mai 1922. Le journal La Dépêche de Brest et de l’Ouest écrit: « À Bannalec, les morts se chiffrent par 354 sur une population de habitants à la mobilisation; il est à croire qu’il n’y a pas eu une seule famille d’épargnée. Toutes ont un deuil à porter, toutes (.) ont des larmes à verser, après tant d’autres, pour un cher disparu. (.) Les rues coquettement décorées, les maisons toutes enguirlandées montraient avec quel enthousiasme la population s’est intéressée à cette manifestation. (.) Le monument, œuvre des sculpteurs Quillivic et Joncourt est (.) une œuvre d’art (.) Sur son faîte l’inscription suivante: « Aux héros de Bannalec morts pour la France ». (.) Sur la face de la stèle qui s’élance, majestueuse vers le ciel, se dresse la statue d’une mère éplorée pleurant la perte de son fils (.) ».
À Bannalec, s’il y avait 97 % de messalisants en 1912, ils n’étaient plus que 10 % en 1936. Un mouvement important d’émigration de jeunes agriculteurs, provenant surtout des cantons de Briec, Bannalec et Scaër (en tout une centaine de familles), vers la région de Villeneuve-sur-Lot et Agen se développa après la Première Guerre mondiale. En 1932, la construction d’une centrale hydroélectrique sur l’Isole, utilisant une chute d’eau de 51,40 mètres grâce à un barrage construit au lieu-dit « Le Roch » et permettant une production électrique annuelle de 8 millions de kilowatts est décidée. L’aménagement comprend une prise d’eau partant du barrage, installée sur la rive droite de l’Isole, capable de prélever litres d’eau par seconde et un canal d’amenée en tunnel long de mètres, prolongé par une partie à ciel ouvert de 610 mètres de long. Cette installation est à cheval sur les communes de Scaër, Saint-Thurien et Bannalec. En décembre 1935, un congrès des « Jeunesses paysannes », affiliées aux « Comités de défense paysanne », mouvement dirigé par Henri Dorgères, rassembla plus de personnes à Bannalec. André Duval crée l' »Union Sportive Bannalécoise » en novembre 1936. Bannalec fait partie de la zone occupée dès l’armistice du 22 juin 1940, les troupes allemandes y arrivant dès le 21 juin 1940; une garnison d’environ 120 hommes s’installe chez l’habitant et occupe les écoles.
Au printemps 1942 les Allemands installent un dépôt de munitions dans le bois de Kerlagadic. Le 16, peu avant minuit, un train de marchandises se dirigeant vers Quimperlé est mitraillé par un avion en gare de Bannalec. » de l’exécution des 4 résistants qui avaient tenté des sabotages en gare de Bannalec. Dans la nuit du 10 au 11, sept jeunes résistants FFI ont prévu d’enflammer un train de munitions stationné en gare de Bannalec, mais une fusillade éclate et une sentinelle allemande blesse Pierre Pendelio d’une balle dans le fémur; celui-ci est rapidement torturé et contraint de livrer le nom de ses complices; quatre d’entre eux (Jean et Louis Le Gac, Michel Yvonnou, Eugène Cadic) sont rapidement arrêtés le jour même et les deux autres (Pierre Ouadec et André Cadiou) un peu plus tard. Tous sont emprisonnés à la prison Saint-Charles de Quimper. Quatre d’entre eux (les deux frères Jean et Louis Le Gac, Michel Yvonnou, Pierre Pendelio) sont fusillés le 5 en un lieu non connu avec certitude, probablement à Peumerit. Eugène Cadic est fusillé le 21 dans les dunes du Poulguen en Penmarch. Dans l’après-midi du 31, un avion bombardier américain pris en chasse par l’aviation allemande basée à Lann-Bihoué s’abat à Kercréac’h à l’ouest de la commune, suscitant un grand émoi parmi la population.
Le pilote et deux des huit autres membres d’équipage meurent dans l’accident. Sur les six rescapés, deux d’entre eux ne réussiront pas à échapper à la vigilance allemande, ayant atterri en parachute en plein bourg de Bannalec. Deux aviateurs, plus chanceux James A schneider et James N Quinn réussiront à regagner l’Angleterre. Le même jour, un avion allemand en flammes s’écrase et on en retire un corps carbonisé, résistant, déporté au camp de concentration de Neuengamme et mort en déportation au camp annexe de Kaltenkirchen le 31 mars 1945; André Cadiou, résistant du mouvement Vengeance, déporté au camp de concentration de Dachau est revenu vivant des camps de la mort. Le Festival Elixir est organisé pour la dernière fois en 1987 à Bannalec sous l’appellation « Rockscène ». Cinq soldats originaires de Bannalec (Michel Canevet, Robert Josier, Vincent Laurent, Yvon Le Breton et Roger Nicolas) sont morts pour la France pendant la guerre d’Indochine et 4 (Rémi Chanot, Jean Nozières, Roger Perennou et Joseph Postic) pendant la guerre d’Algérie.
Patrimoine religieux
En 1737, un aveu de Tinténiac indique des armoiries dans toutes les fenêtres de l’église, datant de l’époque Louis XIII, vénérée autrefois dans la chapelle disparue de Locmarzin, proche du château de Quimerc’h et qui appartenait à la famille de Tinténiac, se trouve depuis 1895 dans l’église paroissiale; elle a souffert lors du début d’incendie de l’église survenu en octobre 1939, provoqué probablement par un cierge, qui détériora aussi le maître-autel et des tapis. La légende du pendu dépendu, qui est représentée dans la chapelle Saint-Jacques, raconte qu’un père et son fils, partis en pèlerinage, furent accusés de vol dans une auberge. Arrêtés, l’un d’eux fut condamné au gibet et l’autre gracié par le juge. Le fils obtint que ce soit lui qui soit pendu. Le père, désespéré, s’en alla en pèlerinage à Compostelle; de retour, il se rendit au gibet et, miracle, son fils vivait encore, saint Jacques le soutenant depuis trente-six jours!
Gracié par le juge, le fils fut dépendu. vignette |Chapelle Saint-Cado. Une fontaine de dévotion alimentée par une source qui donne naissance à un petit affluent de rive droite de l’Isole se trouve à quelques centaines de mètres de la chapelle. Une trentaine de manoirs ont été recensés sur la commune de Bannalec. Beaucoup ont aujourd’hui disparu.