Bar-le-Duc
Histoire de Bar-le-Duc
Bar-le-Duc est une commune de Meuse, en Grand Est, qui compte 14 668 habitants. Le premier nom de la commune est Caturices, comme l’atteste la table de Peutinger. Elle devient Caturiges sur l’itinéraire d’Antonin du, du gaulois catu (combat) et riges (rois). En 922, la commune change complètement de nom en Barrum, du gaulois barro (sommet ou extrémité boisée).
Le nom de la localité est attesté sous les formes Barrivilla-ad-Ornam (932); Barrivilla-super-Ornam (955); Apud Bar-castrum (XIe siècle).
Du gaulois barro, « sommet »: la ville est sur un éperon rocheux. Selon certaines sources, ce nouveau nom aurait été donné par Frédéric parce que la ville, située aux frontières de France et de Lorraine, servait de « barrière » aux Lorrains contre les Champenois.
Pour d’autres sources, ce sont les habitants du pays qui cherchaient refuge dans la ville qui lui donnèrent son nom, cette dernière leur servant de « barrière » contre les barbares. Selon encore d’autres opinions, la ville doit son nom à un poisson, le barbeau, très commun dans l’Ornain, s’appuyant sur les armoiries de la ville (deux poissons).
En 1242, un accord de paix entre le duc de Bar et l’évêque de Verdun fait mention de Bar-lou-Duc.
Dix ans plus tard, en 1252, un traité entre les comtes de Luxembourg et de Bar mentionne la ville pour la première fois sous le nom de Bar-le-Duc.
Bar-le-Duc se situe sur une voie de communication naturelle empruntée dès la préhistoire. La vallée de l’Ornain est parcourue par des groupes de chasseurs cueilleurs durant la Préhistoire. C’est à quelques kilomètres en aval de Bar-le-Duc, à Vassincourt, qu’a été découvert le plus ancien site archéologique du département: un campement datant de 300 000 ans (Paléolithique inférieur et moyen) avec traces de foyer et restes d’animaux chassés (cheval, cerf, auroch, éléphant, mammouth et rhinocéros laineux). La vallée de l’Ornain permet la liaison entre deux espaces géographiques distincts et aux ressources complémentaires: la plaine de champagne à l’Ouest et le plateau lorrain à l’Est. La voie romaine attestée à Bar-le-Duc reprend vraisemblablement le tracé d’une piste gauloise plus ancienne. Du moins, c’est ce que suggèrent les traces d’occupation datant de l’âge du bronze mais aussi du premier et deuxième Age du fer (950-50 av. J.-C.), retrouvées sur les communes périphériques (armes et objets de parure). Toutefois, ce n’est qu’au que se structure une petite agglomération sur la rive gauche de l’Ornain, au niveau de l’actuel quartier Notre-Dame.
Cette première agglomération est connue sous le nom de « Caturices » ou « Caturiges ». Elle est mentionnée dans des documents d’époque gallo-romaine, comme étant une station ou relais routier établi sur la voie Reims Toul, par Nasium (Naix-aux-Forges). Le nom de la localité est d’origine celtique: la racine « catu, gatu » désigne la guerre, la bataille et le suffixe « rix » évoque le qualificatif du roi, du chef. Caturiges pourrait donc être associée à la localité d’un chef de guerre. Mais nous n’avons aucune preuve archéologique sur cette éventuelle fonction militaire. L’utilisation du site de la ville haute, qui offre un promontoire défensif de premier ordre, n’est attestée qu’à l’époque médiévale., une ancienne carte romaine.|Caturiges (Bar-le-Duc) apparaît sur la Table de Peutinger. Caturiges est mentionnée sur la table de Peutinger, une ancienne carte romaine où figurent les routes et les villes principales de l’Empire romain, et sur l’itinéraire d’Antonin, un guide de voyage de la Rome antique.
L’agglomération se trouvait au niveau de l’actuel quartier Notre-Dame, et la rue des Romains est un vestige de l’ancienne voie romaine. L’état des connaissances a été réalisé et publié par Franck Mourot. Maxe-Werly a établi la première synthèse sur l’agglomération et a dressé un historique des recherches en partie emprunté à C.-F. Jusqu’au, les recherches ont été dominées par les problèmes de localisation de Caturiges. À partir de 1843, date des travaux du canal de la Marne au Rhin, de premières découvertes significatives ont permis de démontrer “ l’Antiquité de la ville de Bar ” puis d’étudier l’agglomération gallo-romaine. La station routière de Caturiges, placée sur la voie de Reims à Metz par Nasium et Toul, est indiquée dans l’itinéraire d’Antonin et dans la Table de Peutinger. Les premières mentions de découvertes archéologiques datent de la fin. Toutefois, comme l’a montré C.-F.
Maxe-Werly, ce n’est qu’au milieu du que Caturiges est identifiée à Bar-le-Duc. En effet, cette station est successivement assimilée à un village de Champagne, à Châtrices, près de Sainte-Menehould, puis à Saint-Dizier. Cette erreur, issue du positionnement de la station ad fines à Fains, est corrigée en 1760, époque à laquelle D’Anville puis le père Wastelain proposent une nouvelle localisation à Bar-le-Duc. Cette hypothèse, étayée par les distances des itinéraires antiques, est alors admise par la Commission de la topographie des Gaules et la plupart des chercheurs. Il faut cependant attendre plus d’un siècle pour que l’unanimité des chercheurs régionaux accepte la nouvelle localisation. Bégin, dans sa synthèse sur Metz depuis dix huit siècles, ne fait toujours pas mention de la localité. Denis l’avait déjà depuis longtemps adopté. Les découvertes faites lors du creusement du canal de la Marne au Rhin en 1843 (L.
Maxe-Werly, 1886, p. 142-143) et la publication du testament d’Adalgysel en 1846 qui mentionne la ville au VIIe siècle (Clouët, 1846b) donnèrent les preuves tant attendues par C.-F. Les premières données archéologiques furent complétées essentiellement par des observations faites lors de la construction de la ligne de chemin de fer en 1850 et de l’établissement de l’usine à gaz en 1872 (L. Maxe-Werly, 1886, p. 143). Maxe-Werly établit la première synthèse (L. Il faut ensuite attendre 1965 pour que de nouvelles découvertes soient réalisées dans le cadre de sauvetages à l’emplacement de l’usine à gaz (A. Liéger, 1965, p. 220) et sur la Côte Sainte Catherine (Gallia, 1966, p. 282-283). Depuis 1997 (Bilan scientifique 1997, p. 41) des diagnostics et fouilles archéologiques préventives permettent de compléter l’état des connaissances au gré des projets d’aménagement urbains. Les constructions et requalifications de places et voiries sont en effet l’occasion de mieux comprendre l’histoire des différents quartiers.
Au début du Moyen Âge, la ville semble gagner en importance. À la suite du déclin de l’ancienne cité antique de Nasium, un développement de la bourgade de Caturiges est attesté par la numismatique. En effet, une monnaie frappée à Nasium au indique que le vicus, c’est-à-dire le village, de Nasium se situe dans le Pagus du Barrois (Barrois dérive de « barro »: hauteur, sommet). Caturiges qui frappe aussi monnaie, devient alors le centre politique et économique du Barrois (Pagus Barrensis). C’est vraisemblablement durant l’époque carolingienne que l’ancienne ville gauloise perd son nom au profit de celui de son territoire. La première attestation écrite de la nouvelle localité date du, sous la forme « Barrum », puis « Barri villa ad Ornam » (en 932). Le développement de l’agglomérationconnaît un nouvel élan au milieu. Le château est primitif, constitué de quatre hautes tours et d’une double enceinte, mais il ne cesse d’être perfectionné tout au long du Moyen Âge.
Par sa situation et son rôle défensif, Bar est la principale citadelle lorraine sur la route de France, et ce jusqu’au, réservé à un homme. Elles sont alors élevées par leur tante maternelle, l’impératrice Gisèle de Souabe (995-1043). Béatrice, mariée en 1037 au marquis de Toscane Boniface III, est la mère de Mathilde, comtesse de Toscane, qui joua un rôle important dans la querelle des Investitures opposant le Saint-Siège au Saint-Empire romain germanique et de fermeté. La morphologie urbaine de la cité en est affectée, avec la création de deux nouveaux quartiers. Un quartier fortifié en amont du château, l’actuelle Ville Haute, voit le jour sous l’impulsion du comte Henri II. Il est majoritairement peuplé de nobles, religieux et autres privilégiés, et se voit octroyer le privilège du commerce de l’alimentation, au grand dam de la Ville Basse. Le deuxième nouveau quartier s’installe contre le Bourg, et est nommé la Neuve-Ville. Initialement non fortifié, le quartier se voit emmuré au pendant la Guerre de Cent Ans.
Des moulins s’installent le long de la dérivation de l’Ornain, dans le quartier du Bourg, et sont utilisés pour diverses activités économiques (forges, tanneries…). De nouveaux faubourgs, Véel et Marbot, apparaissent en dehors des limites de la ville, et de nombreux édifices religieux sont construits: la collégiale Saint-Maxe, la collégiale Saint-Pierre (actuelle église Saint-Étienne) et le couvent des Augustins (l’église Saint-Antoine en est le seul vestige). Du, les comtes de Bar ont bénéficié de deux facteurs favorables: la situation de la principauté entre la France et le Saint-Empire, et l’absence de problèmes dans la succession. Mais à partir du, cela va changer. Devant l’essor de la puissance française, le comte de Bar Henri III, gendre du roi d’Angleterre Édouard, prend part à une alliance contre le roi de France Philippe le Bel. Vaincu, il est fait prisonnier pendant plus de deux ans. En 1301, il est relâché mais doit signer le traité de Bruges, et le souverain fait réparer les fortifications sous prétexte que le duc de Bourgogne Charles le Téméraire pourrait pénétrer la Champagne avec son armée via le Barrois. Soixante ans plus tard, en 1480, René II recueille son héritage.
Le principat de René II de Lorraine ouvre en 1480 la plus brillante période de l’histoire de la cité. Elle durera près d’un siècle et demi. La femme de René II, Philippe de Gueldre, trace un jardin à l’italienne près du château. Charles III fait construire un nouveau château dans la cour intérieure du château fort, le Neuf-Castel, où la Chambre des comptes du duché vient s’installer. Le collège Gilles de Trèves est construit à partir de 1573 pour éduquer les jeunes de la ville, et les maisons en torchis et à encorbellement sont reconstruites en pierre de taille. Même si les ducs résident peu à Bar-le-Duc, le château est le théâtre de fêtes somptueuses et des tournois sont organisés sur la place Saint-Pierre à l’occasion d’évènements spéciaux, comme les baptêmes, les mariages et les visites royales ou princières. En 1555, reçoit son beau-frère le roi de France François II et sa femme Marie Stuart, reine d’Écosse. Cette dernière aurait particulièrement apprécié la confiture de groseilles épépinées à la plume d’oie, spécialité de Bar-le-Duc.
En 1564, le baptême d’Henri II, fils et héritier de Charles III, est l’occasion de grandes célébrations en présence du roi Charles IX et de la reine-mère Catherine de Médicis, s’ajoutent à une pol, accepte de céder son duché à l’ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, sur ordre du roi de France Louis XV. Un gouverneur siègera désormais à Bar-le-Duc, tel le prince Charles-Juste de Beauvau-Craon. Sous les règnes de ces ducs, Bar-le-Duc connaît une nouvelle ère prospère. Trois grands boulevards sont tracés en dehors des remparts: la rue de Clouyères (actuel boulevard Raymond-Poincaré), la rue (actuel boulevard) de la Rochelle, et l’avenue des Tilleuls.
Les portes de la ville sont élargies et remaniées dans le style de l’époque. Des habitants construisent de nouvelles demeures, comme l’hôtel de Salm ou l’hôtel Désandroins, d’autres refont leurs façades. Le vignoble, notamment celui de la côte Sainte-Catherine, connaît une période faste, le pinot de Bar s’exportant vers le Luxembourg et l’actuelle Belgique. L’activité cotonnière se développe également. De nombreux changements ont lieu. Premièrement, d’ à, la ville prend le nom de Bar-sur-Ornain, plus républicain, au grand dam de ses rivales Saint-Mihiel et Verdun. Le Premier Empire (1804-1814) va mettre en lumière trois militaires barisiens au service de Napoléon: Nicolas-Charles Oudinot, premier duc de Reggio et maréchal d’Empire, Rémy Joseph Isidore Exelmans, général puis maréchal de France et Florentin Ficatier, général de brigade puis baron d’Empire. Oudinot se fait construire en Ville Basse un bel hôtel particulier avec parc et jardins, qui abrite depuis sa mort l’hôtel de ville.
Sous l’Empire, la ville connaît des changements architecturaux: les quais de l’Ornain sont aménagés et plantés d’arbres, les portes des anciennes fortifications sont détruites, l’hospice-hôpital de la rue du Bourg est fermé, une halle au grain et un nouveau pont sur l’Ornain sont construits. À la suite des défaites napoléoniennes, Bar-le-Duc connaît plusieurs occupations militaires. De janvier à, elle est occupée par les troupes prussiennes; puis, après les Cent-Jours (1815), par les troupes russes jusque 1818, mais connaît malgré tout un certain développement économique. L’industrie textile, puis la métallurgie et la brasserie se développent. La préservation de la ville est alors attribuée à Notre-Dame du Guet. Placée en arrière des lignes, la ville joue un rôle stratégique important. Elle sert de point de départ pour le ravitaillement de la ville de Verdun lors de la bataille homonyme de 1916. Troupes, vivres et matériel empruntent le chemin de fer local « Le Meusien » (appelé également « Le Varinot » du nom de son constructeur Charles Varinot), et des milliers d’hommes et de camions circulent sans interruption sur la route reliant Bar à Verdun.
En 1920, la ville est décorée de la croix de guerre 1914-1918 en présence du député de la Meuse André Maginot et du président de la République Raymond Poincaré, enfant de la ville) mais aucune nouvelle entreprise ne vient s’installer. La population est quasi stable, passant de en 1921 à en 1936. Malgré les risques, la résistance est très active, portant aide aux évadés et aux pilotes alliés abattus. Peu de gens soutiennent l’action du maréchal Pétain. Les défaites allemandes successives et le succès du débarquement de Normandie en vont pousser les Allemands aux pires exactions. Dans la semaine qui précède la libération, sont exécutés dans le quartier de la Fédération et dans les villages environnant. À quelques kilomètres, le massacre de la vallée de la Saulx du fait. Enfin, le à, la Troisième armée des États-Unis entre en ville et libère Bar-le-Duc.
L’expansion de la ville crée de nouveaux quartiers, comme celui de la Libération. Dans les années 1970, la ville s’étend au sud de la Ville Haute avec la construction de nouveaux lotissements de pavillons individuels: les quartiers du Petit Juré et de la Chênaie. Dans les années 1990, le quartier de la Fédération apparaît à l’ouest de la Côte Sainte-Catherine. À partir des années 1970, Bar-le-Duc entame la restauration de la vieille ville. Par conséquent, en 1973, la Ville Haute et le château sont classés « secteur sauvegardé », et des visites et des animations sont mises en place pour faire redécouvrir aux Barisiens ce quartier. Au printemps 2003, la ville reçoit le label « Ville d’art et d’histoire » du ministère de la Culture. La commune fait également partie du réseau « Les Plus Beaux Détours de France ».
Patrimoine religieux
et une partie des fortifications encore debout. L’essentiel du patrimoine architectural de la cité des ducs date du, et notamment de la période de la Renaissance. De l’époque du Moyen Âge où Bar-le-Duc était une cité fortifiée, il ne reste que de rares vestiges, le roi de France Louis XIV ayant ordonné la destruction du château fort et des fortifications de la ville en 1670. Des nombreuses tours que comptait la ville, seules deux sont encore debout: la tour de l’Horloge, du, devenue un emblème de la ville grâce à ses deux cadrans donnant l’heure, et la tour Heyblot. Les maisons en torchis et à encorbellement de cette époque ont pour la plupart été reconstruites en pierre de taille, et l’autre en Ville Basse, sur la place de la Couronne.
Bar-le-Duc abrite à la Ville Haute un quartier qui constitue. Les nombreuses demeures et hôtels particuliers affichent de riches façades ornées de frontons sculptés, de pilastres cannelés ou encore de gargouilles en surplomb. La place Saint-Pierre, sur laquelle donne notamment l’église Saint-Étienne, est le cœur de ce quartier. L’hôtel de Florainville, édifié au, abrite aujourd’hui le palais de justice après avoir servi de siège à la municipalité, et le bel immeuble au sert au Conseil de prud’hommes. En face, le couvent des Carmes fondé en 1633 fait office de prison depuis la Révolution.
Le côté est de la place affiche des immeubles de belle allure, dont quatre sont classés. Les façades mélangent les styles antiques (romain et grec) au style italien (notamment pompéien). De l’autre côté, les maisons portent des traces d’anciennes arcades, témoignant du passé économique du lieu. En effet, du, le pâté de maisons était l’îlot de la halle, cœur économique de la ville où se tenaient les marchés. À la suite d’un violent incendie en 1788, l’ensemble connaît de grandes modifications et les arcades sont finalement murées.
Un passage couvert à travers une maison de la place de la Halle permet d’accéder à la cour intérieure au centre de l’îlot. La rue des Ducs, artère principale de la Ville Haute, est bordée d’hôtels particuliers du, et: l’Hôtel de l’Escale, l’Hôtel de Radouan, l’Hôtel de la Bessière, la Maison de la Gabbe et d’autres immeubles sont classés ou inscrits. L’Hôtel de Salm, qui traduit la nouveauté du, ferme la perspective de la rue. Sur la place de la Fontaine, face à la Maison Morel du, se trouve la fontaine érigée par le duc René d’Anjou au, et qui alimentait les habitants en eau potable. Le château des ducs de Bar situé sur une esplanade au sud de la Ville Haute est en fait le Neuf-Castel construit au dans l’enceinte du château-fort (ce dernier ayant été détruit avec le reste des fortifications).