Bar-sur-Aube
Histoire de Bar-sur-Aube
Bar-sur-Aube est une commune de Aube, en Grand Est, qui compte 4 753 habitants. Attestée sous les formes Segessera, Barrisiica, Barris ca, Baro castelli, castelli Baris (monnaies carolingiennes), Barrum super Albam (1061), Castrum Barris montis (1065), Barrense castrum, Barrense oppidum (1097), Barrenses (1102), Barrum castrum super Albam (1104), Vetus castrum, villa Barrensis (1149), Bar-sur-Aube (vers 1200). Le nom de la ville se trouve également sous la forme Barrum ad Albam dans les archives ecclésiastiques. Du gaulois barro- « tête, hauteur (topographie), extrémité boisée », comme le montre d’ailleurs le pléonasme [castrum] Barris montis « château du Mont Barre » de 1065.
Au cadastre de 1837 se trouvait: les faubourgs d’Arsonval, Saint-Nicolas, Notre-Dame et d’Aube, Beauvoir, la Bergerie, le Calvaire, le Cellier, la Chalet, Chauvelet, le moulin du Château, celui du Bas, du Haut; Château-Gaillard, Châtelet, Chauffourt, Coquerillon, Coucelange, la Doué, la Folie, les Gravières, Heaume, Marcassel, Mathaux, Ormont, les ponts Rouge et aux Moines, Sainte-Germaine, Saint-Esprit, abbaye Saint-Nicolas, Temple, Val-de-Thors, Val-Richard, Vaudemont, Voie-Neuve.
L’existence de Bar-sur-Aube remonte à l’Antiquité. Un coin monétaire (type au cheval) au nom de Togirix a été découvert sur la colline Sainte-Germaine. Il servait à battre des monnaies. À l’époque romaine la ville aurait d’après la Table de Peutinger été connue sous le vocable de Segessera (seges, moisson). Louis Chevalier cite également l’appellation Frumentaria (frumentum, blé). Grâce à la politique des comtes de Champagne, la ville prit une grande importance.
Bar était le siège d’une des six foires de Champagne, régulières dès 1114, où les commerçants des Flandres et d’Italie s’échangeaient épices d’Orient, soie, textiles et produits bruts venus du nord de l’Europe à la mi-février et à la mi-avril. C’est la période où les comtes abandonnèrent l’ancien château de la motte féodale pour faire bâtir leur résidence en ville. En 1160, la foire se déroulait sur deux semaines, de la troisième semaine de carême à la quatrième incluse. Devant l’importance qu’elle prend, elle s’étend sur une troisième semaine en 1170, puis à vingt-huit jours en 1250. Les intervenants étaient présents de nombreux jours supplémentaires pour le règlement des démarches administratives et commerciales. De plus, certaines corporations avaient investi financièrement dans la ville pour ces actions régulières: achats de halles, de maisons comme les drapiers de Châlons, des marchands d’Arras, Bâle, Besançon, Cambrais, Fribourg, Orange, Paris, Valenciennes, Ypres.
Les foires attiraient aussi des métiers dérivés comme des banquiers, les Anguissoli qui laissèrent leur nom à la rue des Angoiselles (actuelle rue Mailly), des changeurs… Bar-sur-Aube et la Champagne furent réunies au domaine royal à la suite du mariage, le entre Jeanne de Navarre héritière du comté de Champagne et du roi de France Philippe le Bel. En 1318, Philippe V le Long ayant vendu la ville à Jacques de Croÿ, les habitants se rachetèrent et obtinrent que le roi ne puisse plus la vendre ni l’aliéner. Le traité de Bar-sur-Aube fut signé le entre Ferry IV, duc de Lorraine, Édouard, comte de Bar, Renaud de Bar, évêque de Metz, et Henri de Blâmont, sire de Blâmont. La chapelle Saint-Jean est une possession des Templiers, puis lors de la dévolution des biens de l’ordre du Temple passe aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Lorsque Charles Quint assiégea la ville de Saint-Dizier, les habitants des villages voisins se mirent sous sa protection.
La ville souffrit d’une longue peste en 1636, qui provoqua l’arrêt de la foire. Pendant l’Ancien Régime, Bar-sur-Aube était le siège d’une élection qui regroupait jusqu’à cent quatre-vingt communautés. Parmi ses présidents, on citera Elle était aussi le siège d’un grenier à sel. La Révolution française y fut bien accueillie, les couvents disparurent. Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1800.
Bar-sur-Aube fut le théâtre d’une bataille à la fin de l’épopée napoléonienne. En 1862 les fortifications furent démolies, le boulevard du tour de ville se trouve à leur emplacement. En 1911, la révolte des vignerons opposa les vignerons aubois aux négociants marnais pour maintenir le vignoble dans l’appellation contrôlée « Champagne ». Sept habitants ont été admis parmi les 4281 Justes parmi les nations de France pour avoir sauvé des personnes juives persécutées par le régime nazi et le gouvernement de Vichy: Simone Daunet Martin; Marcel Perrin; Jacqueline Perrin; Raymonde Perrin; Anastase Schmitt; Félicie Schmitt; Isidore Schmitt.