Beaugency
Histoire de Beaugency
Beaugency est une commune du Loiret, en région Centre-Val de Loire, qui rassemble 7 598 habitants sur les bords de la Loire. Son nom apparaît dès la période mérovingienne sur une monnaie sous la forme Balgentiaco, puis dans une longue série de graphies attestées par les sources médiévales. On trouve Baugencicenses pour les habitants en 1075, Balgentiaco en 1106 dans les actes de Philippe Ier, Hainricus de Balgentiaco dans le cartulaire de Saint-Vincent du Mans, Simon Baugenciacensis en 1149 dans les archives départementales du Loiret, De Balgenciaco dans le Corpus Christianorum, Baugentiacus dans les Chroniques des comtes d’Anjou, Bosci de Jenci en 1210 dans les actes de Philippe II Auguste, Simonis de Bauganciaco et Baugenciaci aux Archives nationales, Johan de Baugenci dans le cartulaire de Blois, Baugency en 1359, Boisgency au XVe siècle, Baugency en 1483 puis aux XVIe et XVIIe siècles, et enfin Beaugenci en 1740 dans le manuscrit 995 de la Bibliothèque municipale d’Orléans. La forme gauloise Balgentiaco renvoie à un domaine rural gallo-romain dont l’existence est confirmée par les sources médiévales.
Le site de Beaugency a connu une occupation humaine précoce. La butte des Hauts-de-Lutz, à l’ouest de la ville actuelle, a livré un atelier moustérien daté de l’époque de l’homme de Néandertal, et la cité a été assidûment fréquentée par les chasseurs-cueilleurs de l’Épipaléolithique, dont les caractères de l’activité de taille ont donné son nom au facies « beaugencien ». Des traces d’occupation gauloise ont été notées dans le même secteur, mais la ville s’est développée plus à l’est, à proximité immédiate de la Loire, sur un site d’éperon dont la fonction militaire initiale est lisible dans la topographie. Les seigneurs de Beaugency portaient l’échiqueté de Vermandois, qui paraît être le premier emblème utilisé à la naissance des armoiries et qui fut porté par sept familles affichant la fierté d’appartenir à un lignage d’ascendance carolingienne et capétienne par Adélaïde de Vermandois. Sous l’autorité des sires de Beaugency, la cité connut un essor lisible dans le développement de la localité au sein d’un triple système d’enceintes; la dernière enceinte d’enveloppement, édifiée entre 1118 et 1130, intégra plus de vingt hectares dont la ville ne sortit pas avant le bas Moyen Âge. La construction d’un pont sur la Loire, attesté dès le début du XIIe siècle, constitua un atout considérable et permit le développement d’une économie d’échange.
La renommée des seigneurs locaux fut telle que Beaugency accueillit deux conciles relatifs aux affaires matrimoniales des rois de France: en 1104, le roi Philippe Ier y fut sommé sans succès de se séparer de son épouse illégitime Bertrade de Montfort, et en 1152 Louis VII le Jeune y obtint l’annulation de son mariage avec Aliénor d’Aquitaine. Sa position de forteresse sur la Loire en fit une ville souvent disputée. Elle fut notamment un enjeu de la guerre de Cent Ans: Jeanne d’Arc libéra la cité de l’occupation anglaise lors de la bataille de Beaugency, durant sa campagne de Loire, juste avant sa victoire à Patay. La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Beaugency en 1572, et le massacre des protestants y fut répété. Une importante église paroissiale, Saint-Firmin, fut détruite par les révolutionnaires de l’an II; il n’en subsiste aujourd’hui que le clocher caractéristique qui donne à la ville sa silhouette, abritant un carillon qui joue trois fois par jour l’air du Carillon de Vendôme, chanson dont une seule strophe est encore connue et qui remonte à la période la plus sombre de la guerre de Cent Ans, lorsque le royaume de France était réduit à la portion congrue. Beaugency fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. Pendant la guerre civile espagnole et les conflits qui suivirent, la commune accueillit des réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants — les hommes étant désarmés et retenus dans le sud de la France —, soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, soumis à un courrier limité, mais bénéficiant d’un ravitaillement assuré, peu varié et cuisiné à la française; une partie des réfugiés rentra ensuite en Espagne, tandis que ceux préférant rester furent regroupés au camp de la verrerie des Aydes, à Fleury-les-Aubrais.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, après le débarquement allié en Normandie, des divisions allemandes dont « Das Reich », stationnées au sud de la Loire, firent mouvement vers le nord pour rejoindre le front. Pour ralentir leur progression, les Alliés décidèrent de bombarder tous les ponts sur la Loire. Le bombardement du pont de Beaugency, mené par des bombardiers américains, ne causa que de légers dégâts à l’ouvrage lui-même, mais la ville fut gravement touchée et soixante-quatre civils y trouvèrent la mort; le bombardement ne fut pas renouvelé.
Patrimoine religieux
L’ancienne cité médiévale fortifiée conserve encore de nombreux vestiges d’architecture militaire, témoignages de la fonction défensive du site et de son rôle stratégique sur la Loire, depuis le pont médiéval qui faisait de la ville l’un des rares points de franchissement du fleuve entre Orléans et Blois jusqu’à l’enceinte intérieure et au clocher Saint-Firmin, lequel demeure le repère visuel le plus identifiable de l’horizon ligérien.