Bédarieux
Histoire de Bédarieux
Bédarieux est une commune de Hérault, en Occitanie, qui compte 5 778 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Bedeiriae en 1164, Bitterivis en 1323. Albert Dauzat déduit d’après la première forme ancienne Bedeiriae et le second élément -ivis de la seconde forme, un type *Betarium (de beta « betterave » + suffixe -arium localisant), suivi du suffixe -ivum, c’est-à- dire un *Betariuivum réduit à *Betarivum, *Betarivis au datif et à l’ablatif pluriel. En occitan, le [t] s’est régulièrement sonorisé en [d] à l’intervocalique, d’où *Beta- > Beda- et ce, à la différence du français où il s’est totalement amuï (ex: latin cadena « chaîne » > occ.
languedocien cadena, français chaîne). Ernest Nègre voit dans l’élément -rivis le mot latin pour « ruisseau, rivière » au datif ou à l’ablatif pluriel, précédé d’un bas latin beta « lit de cours d’eau, canal » qui pourrait être le même mot que le gaulois bedo- qui a donné le français bief, il est suivi du suffixe -ariu(m). Par conséquent *Betaria signifierait la « (ferme) du cours d’eau » et *Betariae rivos « les ruisseaux de *Betaria ».
Le latin rivus a donné l’occitan languedocien riu et auvergnat rieu « ruisseau » et comme il y a deux ruisseaux, le nom a été francisé en Béda-rieux (au pluriel). Une autre hypothèse fait état de la forme de l’ancien occitan Becderius devenue Bedarius, qui désignerait « le bec formé par le Vebre se jetant dans l’Orb ».
de la gare de Bédarieux, dans les années 1900. Lors de fouilles menées dans le quartier des rues Basses durant les années 1910, des pièces romaines du furent découvertes, laissant supposer l’existence d’une villa gallo-romaine dans cette zone. Les archives de la ville conservent par ailleurs de nombreux documents qui retracent la gestion et le fonctionnement de la ville, dont les premières mentions remontent. Bâtie au carrefour des voies de communication routières, au confluent du fleuve Orb et du torrent Vèbre, elle était très prisée. Signalée par l’essor d’une industrie florissante dès la fin du, la ville voit donc se développer rapidement des activités manufacturières. Au Moyen Âge, l’industrie lainière s’y développe, ainsi que les tanneries et les filatures.
Les marchés deviennent plus importants. Les mines de bauxite et de charbon sont exploitées et Bédarieux se modernise au cours des ans. Marquée par les guerres de Religion ou la destruction d’anciens remparts, ces événements sont autant de soubresauts n’ayant pas toutefois freiné l’extension industrielle (exploitation des mines et contrecoup du développement commercial suscité par la construction du canal du Midi ou du port de Sète). Bédarieux est dotée d’un conseil municipal dès 1790 et devient chef-lieu de canton à cette même période. Lors de la Révolution française, les citoyens de la commune se réunissent au sein de la société révolutionnaire, baptisée « société des amis de la constitution » et créée le. À Bédarieux, les insurgés n’ont pas comme le prétendit la presse, dévoré le cadavre du maréchal des logis Léotard luttant pour la mise en place de Napoléon III.
Mais ils semblent bien avoir uriné sur son cadavre et brûlé ses moustaches. Bédarieux durant l’âge industriel (1814-1914) accueille le chemin de fer dès les années 1850. Avec la construction d’un viaduc de qui traverse la vallée de l’Orb, les mines de houille de Graissessac deviennent accessibles par la voie ferrée qui l’emprunte. Elle permet également de développer les échanges avec la côte méditerranéenne (Béziers, Sète et Marseille) en écoulant les textiles et les cuirs des tanneries. Parmi les grands actionnaires de la construction de la voie ferrée dans la haute vallée de l’Orb, l’industriel Justin Bernat (1839-1906) a joué un rôle important. Adjoint au maire de Bédarieux, il possédait trois usines liées à la confection de textiles, de draps et de cuirs.
Bédarieux subit de plein fouet au les affres de l’histoire contemporaine, notamment les deux guerres mondiales et le déclin de l’industrie. Depuis, des efforts sont toutefois consacrés à revaloriser la ville par une intense activité culturelle, une politique touristique volontaire, comme par le souci d’attirer en son sein de nouvelles activités économiques et industrielles. Parmi les nouvelles réalisations, on peut citer la salle polyvalente la Tuilerie, la nouvelle station d’épuration, et le Parc régional d’activités économiques Aristide Cavaillé-Coll, créé par la Région.