Belfort
Histoire de Belfort
Le nom de Belfort apparaît pour la première fois sous la forme Bellofortem dans le traité de Grandvillars en 1226. Située à la jonction entre les mondes rhénan et roman, la ville occupe la « Trouée de Belfort » — passage naturel entre les massifs des Vosges et du Jura — ce qui en fait un verrou stratégique convoité par toutes les puissances européennes successives. Longtemps possession autrichienne des Habsbourg, Belfort passe sous autorité française en 1648 avec le traité de Westphalie, avant d’être offerte par Louis XIV au cardinal Mazarin en 1659. C’est Vauban qui, entre 1687 et 1703, transforme la modeste ville en forteresse de premier rang, entourée d’une enceinte pentagonale à tours bastionnées et de plusieurs forts avancés. En 1307, Renaud de Bourgogne avait accordé aux habitants une charte d’affranchissement instaurant un « Conseil des Neuf » — l’une des premières formes d’autonomie municipale dans la région. En 1870-1871, lors de la guerre franco-prussienne, le commandant Denfert-Rochereau tint la place pendant 103 jours face à une armée prussienne largement supérieure en nombre. Seul arrondissement d’Alsace à n’avoir pas capitulé, Belfort obtint de rester français par le traité de Francfort de 1871. En hommage à cette résistance, Auguste Bartholdi sculpta le Lion de Belfort, taillé dans le grès rose des Vosges entre 1875 et 1880 et inauguré officiellement en 2011 lors de son cent-trentième anniversaire. Durant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy se réfugia à Belfort en août 1944; la ville fut libérée le 25 novembre 1944 par les Commandos d’Afrique. Belfort fut décorée à deux reprises de la Croix de guerre, en 1920 et en 1948.
Toponymie de Belfort
Le toponyme Belfort dérive vraisemblablement d’un anthroponyme germanique Beffert associé au suffixe awa (« eau, prairie humide »), dont la signification originelle fut oubliée dès le XIIIe siècle et réinterprétée populairement en français comme « beau fort ». Cette lecture est entérinée par les premières mentions latines Bellofortem (1226, 1228) et la forme française Belfort attestée en 1659. En franc-comtois, la ville se nomme Béfoûe. Elle est aujourd’hui préfecture du Territoire de Belfort, le plus petit département de France métropolitaine.
Patrimoine religieux à Belfort
La cathédrale Saint-Christophe, érigée en 1727 en grès des Vosges sur la place d’Armes, remplace l’ancienne collégiale Saint-Denis élevée au rang de collégiale à douze chanoines en 1342 — institution qui conférait à la cité une stature intellectuelle et religieuse notable pour sa taille. Elle partage la place avec l’hôtel de ville aménagé par Jean-Baptiste Kléber. L’église Saint-Joseph, construite entre 1893 et 1925 en style néogothique par la communauté alsacienne réfugiée après l’annexion de 1870, est la plus grande du Territoire de Belfort avec une capacité de 3 000 fidèles.