Biarritz
Histoire de Biarritz
Biarritz est une commune des Pyrenees-Atlantiques, en region Nouvelle-Aquitaine, peuplee de 25 764 habitants. Son nom gascon est Biarritz, forme preconisee par l’Academie gasconne de Bayonne Adour. Son nom basque actuel est egalement Biarritz, et le gentile correspondant est Biarrot, Biarrote. Le nom de la localite est atteste sous des formes nombreuses: Bearids et Bearriz en 1150, Beiarridz en 1165, bearriz et beariz en 1170, Bearidz, Bearriz, Beariz, lo port de Beiarriz et Bearridz au XIIIe siecle, bearritz en 1249, beiarriz en 1261, Bearritz en 1498 dans le chapitre de Bayonne, ou Sanctus Martinus de Biarriz en 1689 dans les collations du diocese. Selon Jean-Baptiste Orpustan, le toponyme pourrait provenir de la racine basque berarr, alteration de belharr, « herbe », avec le suffixe locatif -itz, et aurait signifie « endroit herbeux ». Cette etymologie est reprise par Michel Morvan, qui rappelle que Biarritz n’etait, avant son developpement au XIXe siecle, qu’un village dans la lande. Orpustan refute tout lien avec le gascon beder ou avec un autre terme roman.
La presence d’ancetres prehistoriques est attestee en plusieurs endroits de la commune. Le vallon de Chabiague a revele la frequentation du site au Paleolithique, durant le Mousterien et l’Aurignacien. Les temoignages venant de l’epoque romaine ou vasconne sont a ce jour peu nombreux. Si Bayonne est au IIIe siecle de notre ere une place forte romaine de quelque importance, protegee contre les attaques des Tarbelli, peuple aquitain ou proto-basque, on possede peu d’informations sur Biarritz, sinon la presence d’un ouvrage romain sur le poste d’observation de l’ocean nomme Atalaye, sur les restes duquel le chateau de Ferragus sera edifie pendant la presence anglaise. D’autre part, le chateau de Belay, mentionne en 1342 et egalement appele chateau de Ferragus, protege la cote et l’actuel Port-Vieux, alors que la vie religieuse et les assemblees communautaires se deroulent a la chapelle Notre-Dame-de-Pitie, citee en 1498 et dominant le Port-des-Pecheurs. Ce chateau possede une double enceinte crenelee epaisse de deux metres, un pont-levis et quatre tours. Il est encore mentionne en 1603 dans les lettres patentes. Il en restera une tour, dite de la Haille puis de la Humade a partir de 1739, lorsque le ministre de la Marine choisit l’endroit pour y etablir un feu servant d’amer. La tour disparait en 1856.
On ignore de quelle periode date l’emancipation de la paroisse Saint-Martin, jusque-la hameau de Bayonne. En 1621, Louis XIII approuve une modification de gestion qui aboutit a la nomination du premier jurat de la commune. On connait par ailleurs le nom des deputes de la paroisse au biltzar du Labourd en 1517, Compainhet de Sandore et Marticot d’Etcheverry. Ces elements permettent de cerner la periode d’independance du hameau. L’activite de Biarritz pendant cette periode est surtout maritime. Aussitot harponnee par des hommes embarques sur des baleinieres mouillant dans le Vieux-Port, la baleine est trainee jusqu’a ce dernier pour y etre depecee. En 1565, Ambroise Pare est temoin de ce spectacle. La prise du dernier cetace a Biarritz date du XVIIe siecle.
Au cours des regates de Biarritz, les equipages des avisos a helice de la division navale des cotes ouest de France, le Chamois commande par Jules d’Aries et l’Argus commande par Henri Rieunier, futur amiral et ministre de la Marine, accueillent l’imperatrice Eugenie et son fils le prince imperial. De cette histoire, Biarritz a garde quelques immeubles caracteristiques comme le casino Bellevue, le Grand Hotel, l’eglise anglicane devenue musee municipal, ou l’eglise orthodoxe a rapprocher des visites de l’aristocratie russe d’avant la revolution. Pose de la premiere pierre par la reine Nathalie de Serbie et inauguration des thermes salins de Biarritz a une date proche, sur un projet de l’architecte Lagarde: en provenance des salines de Briscous, des canalisations souterraines de plus de vingt kilometres acheminent une eau a teneur saline plus de dix fois superieure a celle de l’eau de mer. Ces etablissements seront fermes a partir de 1953 et rases en 1968. Cree en 1894, agrandi en 1911 et en 1926 et toujours actif, le grand magasin Biarritz Bonheur est a son epoque un temple du luxe et de la mode; au debut du XXe siecle, la majorite de ses employes parlent anglais.
Patrimoine religieux
Biarritz compte plusieurs edifices repertories a l’inventaire des monuments historiques et un site repertorie a l’inventaire general du patrimoine culturel. Le rocher de la Vierge est l’un des emblemes de la ville. C’est sur l’initiative de Napoleon III qu’a ete perce ce rocher, qui devait servir de base a la construction d’un port-refuge. En 1865, une statue de la Vierge, achetee a l’exposition franco-espagnole de Bayonne aux ateliers Ducel, y a ete installee. L’ancienne passerelle en bois a disparu en 1887 pour ceder la place a une passerelle metallique. Napoleon III ordonne la construction de la villa Eugenie en 1854 en cadeau a son epouse Eugenie de Montijo. Au depart lieu de villegiature de l’imperatrice, la residence voit defiler l’aristocratie et les vedettes de l’epoque. La villa garde son appellation initiale jusqu’en 1893, date a laquelle elle est transformee en palace et renommee hotel du Palais. Le casino municipal, batiment de style Art deco, est construit en 1929 par l’architecte Alfred Laulhe. Le phare de Biarritz, a la pointe Saint-Martin, est l’un des points les plus visibles depuis la mer dans cette partie du golfe de Gascogne.