Blain
Histoire de Blain
Blain est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 10 187 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Bleing au, Blaen en 1090, Blen en 1287, de Blanio. Le sens de cette racine est à rapprocher du gallois blaen- qui signifie « en avant, éminent, supèrieur ». Albert Dauzat rapproche Blain des toponymes comme Blagnac, Blagny, Blaignac, Blaignan, Blannay, etc.
basés soit sur le nom de personne gaulois *Blanus, soit sur celui de Blannius, variante du premier. En breton, la forme normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Blaen. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 8,8 % des toponymes de la commune sont bretons.
L’association Chubri rapporte les prononciations, et qu’elle retranscrit respectivement ainsi, suivant l’écriture dite « MOGA » élaborée en 2007: Blin, Biein, Biâin, Bièn. La transformation des « bl » en « by » est un trait typique du gallo.
Blain est un ancien centre économique gallo-romain de la cité des Namnètes, réputé pour ses nombreux vestiges gallo-romains dispersés sur plus de 60 hectares, et dont la vitalité se fige avec la désintégration de l’Empire romain. La localité gallo-romaine semble être délimitée par trois nécropoles et fait figure d’un vicus routier dynamisé par une importante activité artisanale. Blain se trouve alors au carrefour de plusieurs routes, dont la voie romaine de Nantes à Vannes par Redon (actuelle RD 164), une route venant de Nort-sur-Erdre et Ancenis, une route partant vers Rennes par Pont-Veix sur le Don, avec un embranchement vers Châteaubriant à Pont-Veix. Les routes d’époque romaines ont fait l’objet d’un livre assez détaillé de Louis Bizeul. Ce dernier a notamment situé Condevincum, le chef lieu de la civitas des Namnètes, à Blain. Une douzaine de monnaies romaines sont visibles dans le musée de la commune.
La châtellenie de Blain est créée en 1035 par les ducs de Bretagne. Le nouveau château revêt une réelle importance militaire. Pour ce travail, Alain Fergent fait appel à tous les vassaux du domaine « n’étant pas éloignés de plus de six lieues ». Le granite est amené de Vigneux et du Temple-de-Bretagne; le calcaire coquillier de Campbon; le grès quartzeux, qui fournit les revêtements intérieurs et extérieurs (les tours et des courtines), provient d’un gisement à proximité. Cette construction ne cesse d’être remaniée. À partir du, les Blain, les Clisson et les Rohan en deviennent les possesseurs et apportèrent leur contribution.
Un membre de cette communauté, René Poupart, né vers 1650 à Plessé, est connu pour s’être engagé dans le Régiment de Lorraine. Affecté en 1665 en Nouvelle-France, il s’installe après sa démobilisation à Chambly près de Montréal. Il devient ensuite coureur des bois, puis part à Stillwater dans la colonie anglaise du Massachusetts (aujourd’hui dans l’État de New York) où il a des descendants. La paroisse de Blain comptait douze frairies. En 1789 ont lieu les élections pour les états généraux, que Louis XVI a décidé de réunir, ce qui n’est pas arrivé depuis 1614. Chaque bailliage ou sénéchaussée doit élire quatre députés: deux du tiers état, un du clergé et un de la noblesse.
En ce qui concerne le tiers état, chaque paroisse élit des délégués à l’assemblée de bailliage ou sénéchaussée et rédige un cahier de doléances. Pour le clergé et la noblesse, les électeurs se réunissent directement au chef-lieu. En ce qui concerne Blain, la paroisse fait partie de la sénéchaussée de Nantes, qui élit 8 députés du tiers état. Une fois rédigé, le cahier de doléances du tiers état de la paroisse est amené à Nantes par les délégués de la paroisse. L’assemblée électorale élabore alors un cahier de doléances du tiers état de la sénéchaussée, ensuite amené à Versailles par les députés. Parmi les huit députés du tiers état et leurs six suppléants, la plupart sont des bourgeois nantais; quatre d’entre eux viennent d’ailleurs (deux de Nort-sur-Erdre et deux de Guérande).
Les états généraux se réunissent pour leur première séance le à Versailles. Au terme d’une épreuve de force (encore purement verbale), les états généraux deviennent l’Assemblée nationale constituante: c’est le début de la Révolution française. La paroisse de Blain devient une commune en 1790, du fait de la réforme de l’administration du royaume décidée par l’Assemblée nationale constituante: création des communes, cantons, districts et départements. Dans le département de la Loire-Inférieure, Blain est un chef-lieu de canton et un chef-lieu de district (avec les cantons de Guémené-Penfao, Nozay et Saint-Nicolas). Mais les districts sont supprimés en 1795 (constitution de l’an III). Lorsque, en 1800, le Consulat crée les arrondissements, le canton de Blain est placé dans l’arrondissement de Savenay.
La création de la commune s’accompagne de l’élection d’un conseil municipal qui élit lui-même un maire. Trois élections plus générales ont lieu ensuite Lors de ces trois élections, Blain est le lieu de vote pour les électeurs des communes de Blain, Le Gâvre et Fay. La Convention élue en proclame la république le. C’est une période de crise grave, dont un des effets est le début de la guerre de Vendée en. Pendant la guerre de Vendée (-), les restes de l’armée catholique et royale en déroute après sa défaite au Mans atteignent Blain le.
L’avant-garde républicaine arrive le 21 et est repoussée, mais les Vendéens repartent sans attendre le gros de l’armée vers Savenay, où a lieu leur ultime grande bataille. Le soulèvement vendéen se poursuit cependant ensuite sous forme de guérilla (face aux colonnes infernales de 1794) et se prolonge au nord de la Loire par la chouannerie, mouvement qui touche les campagnes au nord de la Loire. En 1892, une nouvelle église Saint-Laurent, de style néogothique fut bâtie, elle dut rester sans clocher jusqu’en 1959, date à laquelle un clocher en pierre fut construit par l’architecte Yves Liberge, le petit-fils de l’architecte de l’édifice. De 1911 à 1952, une ligne de chemin de fer dite « de Saint-Malo à Hendaye » passe par Blain, venant de Rennes, Guémené-Penfao et La Maillardais (gare en forêt du Gâvre). Au sud de Blain, la ligne passait près du bois de Beaumont, avec un embranchement vers le sud-ouest (Savenay) et un vers le sud-est (Nantes). Le trafic voyageur cesse en 1939, le trafic marchandise en 1952.
Démantelée, l’ancienne voie est aujourd’hui utilisée pour des sentiers de promenade, servant notamment au GR du pays des Trois Rivières entre le bourg du Gâvre et Blain. De cette ligne, restent le bâtiment de la gare, toujours utilisé, ainsi que les lieudits « Maisonnette de Mespras » et « Maisonnette de la Moutonnerie » (anciennes maisons de garde-barrière). Pendant la Seconde Guerre mondiale, Blain fait partie de la zone occupée dès, comme toute la Loire-Inférieure. La Wehrmacht (organisation Todt) construit des blockhaus au sud de la forêt du Gâvre (allée de la Géline). Libérée au mois d’, Blain se retrouve cependant tout près de la ligne de front de la poche de Saint-Nazaire, qui a ici pour limite la rive sud de l’Isac jusqu’au niveau de Saint-Omer, puis descend vers le sud en incluant Bouvron, Malville et Cordemais. Des canons américains sont établis près du château de Blain et à la limite de la forêt du Gâvre.
. La poche dure jusqu’au, jour de la signature de l’acte de reddition des troupes allemandes à Cordemais.