Blangy-sur-Bresle
Histoire de Blangy-sur-Bresle
Blangy-sur-Bresle est une commune de Seine-Maritime, en Normandie, qui compte 2 862 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Blangi en 1059; In Blangi fin du; Ecclesias de Blangi scilicet Sancti Dionysii cum aliis; et Scolas Blangeii vers 1119; Ecclesias de Blangeio en 1139; Maeriam de Blangeio et In molendinis Blangii maeriam ejusdem opidi Blangeium au; Apud Blangi en 1229; Decanus de Blangeio en 1231; Presbyter de Blangeio en 1232; de Blangiaco en 1224; Burgensis de Blangiaco en 1127; Ecclesia de Blangi vers 1240; Juxta Blangiacum et Communia de Blangiaco en 1245; de Blangiaco, de Blangi et Apud Blangeium en 1256; paroisse de Blangi en 1295; Prior de Blangy et Blangy en 1337 (Longnon); paroisse Saint Denis de Blangy en 1419; Blangy en 1420; Blangi en 1431 (Longnon), Sergenteris de Blangy en 1471; Sancti Dionisii de Blangieco en 1543 et 1544; Blangy en 1715 (Frémont); Blangis en 1757 (Cassini); Blangi sur Brêle en 1740; Blangy-sur-Bresle en 1953. Le complément renvoie à la rivière qui passe dans la commune, la Bresle
L’occupation du site de Blangy-sur-Bresle est très ancienne. Une occupation datant du millénaire ou de la fin du millénaire avant J.-C. est attestée par plusieurs campagnes de fouilles menées sur la butte du Campigny au nord-ouest de la ville. Philippe Salmon donne en 1886, à la civilisation préhistorique, le nom de la butte: le Campignien. Le site a été visité par de nombreux archéologues locaux et nationaux. Découvert par Henri, Eugène et Jacques de Morgan en 1868, ils en assurent la promotion auprès des archéologues et amateurs locaux. de Bommy (Blangeois issu d’une lignée d’aristocrates locaux), Edouard Daliphard (Blangeois et peintre de l’école de Rouen), Eugène de Morgan, Henri de Morgan, Jacques de Morgan commencent à s’intéresser au site. D’autres vont suivre, venant d’espaces plus éloignés comme Abel Maître (directeur des ateliers de moulage du musée National de Saint-Germain-en-Laye), René Vion (géologue et conservateur de la bibliothèque municipale d’Abbeville), Michel Hardy (bibliothécaire et conservateur du musée de Dieppe).
Au bout de deux jours, les fouilles n’ont pas épuisé le site et doivent cesser. En 1898, Charles Frechon, peintre et paléthnologue originaire de Blangy, se rend sur les lieux et entreprend de compléter la fouille. Il fouille avec le carrier pendant deux jours sans parvenir à épuiser le site. Après le départ de Frechon, le carrier effectue des fouilles pour protéger le site des pillages. Il envoie ses trouvailles à Rouen chez Frechon. En 1899, Gustave Fouju accompagné de Charles Blin (secrétaire de la société d’excursions scientifiques) fouillent les déblais de fouille du carrier. Ils y trouvent plusieurs pièces. Lors de plusieurs fouilles menées dans le courant du, des traces d’occupation romaine furent mises au jour en plusieurs points de la commune: au lieu-dit de la Planche-du-Lieutenant, dans les marais de Blangy, au Moulin-aux-Armures.
Une voie romaine reliant Eu à Beauvais passait par la commune. Pour en sécuriser l’accès, une motte fut érigée -dans le bois du détroit au hameau de Gremontmesnil- de main d’Homme sur laquelle on construisit de petits postes d’observation appelés Statera/Statira. Les fouilles de la Planche-du-Lieutenant furent menées par Jacques de Morgan qui y trouva des monnaies de bronze frappées de Néron, Adrien, Faustine, Tétricus et Constantin. Les restes d’une villa furent également fouillés dans les Hauts de Fontaine en 1991, témoignant d’une occupation de la ville dans tout son espace et sur la durée. La ville de Blangy connaît une importante occupation de son site au Moyen Âge. De nombreux habitats et sépultures mérovingiennes furent découverts à divers endroits de la ville. L’abbé Cochet mentionne la présence d’une nécropole au camp comtois. Il y mènera ses propres fouilles, les terrains appartenant au marquis de Morgan.
Il y trouvera des fosses mérovingiennes et Grémontmesnil. En 843 ou 845, on apprend par une charte de Charles le Chauve que Blangy serait l’une des paroisses relevant de l’abbaye royale de Saint-Denis. C’est à cette époque que Blangy aurait acquis son titre et ses prérogatives de ville. Elle était comme de nombreuses grandes villes administrée par un maire et des échevins dès 1227. La ville s’entoure probablement à la même période de ses remparts de brique. Elle se dote également d’un château, et de deux avant-postes à l’est (Fontaine et Gremontmesnil). Les hommes sont réquisitionnés, les usines et le chemin de fer aussi. Les combats ne frappent par la région, mais la vallée sert de base arrière aux troupes britanniques.
D’importants hôpitaux se trouvent aux Villes-Sœurs, Blangy accueille des hôpitaux auxiliaires. Des travailleurs chinois sont également présents dans la commune pour mener des travaux ferroviaires et des entraînements au creusement de tranchées en conditions réelles dans la forêt, non loin de leur campement sur les hauts de Boiteaumesnil au lieu qui prendra le nom des Tranchées. La guerre prend fin en 1919 et Blangy comme toutes les communes de France compte ses enfants tombés sur le champ de bataille. Des plaques commémoratives sont installées dans l’église et quelques années plus tard, le 31 juillet 1921, un monument est érigé dos à la façade de l’église sur la place de la ville. Un autre monument est construit dans le cimetière pour commémorer les soldats blangeois portés disparus. L’activité reprend dans l’entre-deux-guerres. Les verreries s’automatisent (procédé semi-automatique) et leur production se développe de manière importante. L’apparition de nouvelles usines témoigne de ce développement comme la verrerie Magnier Frères (1929).
Les activités physiques se développent avec la création de la SEPBB. Les premières infrastructures sportives sont créées (le stade communal, sa tribune, deux courts de tennis et un gymnase) en 1937 par le premier président de l’association Maurice Fléchelle. et de la Bresle ( Guerre mondiale) En 1939 la Seconde Guerre mondiale est déclarée. Dès 1940, les troupes allemandes envahissent la France. Le 24 mai débute la bataille d’Abbeville. La Somme est une nouvelle fois le théâtre d’une bataille, la vallée de la Bresle reprend son rôle de ligne arrière. Le GRDI puis le Royal Scots Fusiliers sont postés à Blangy, à Gamaches et au Tréport pour garder les principaux points de passage du fleuve.
Une conférence entre les commandants d’unités se tient le 27 mai dans la ville pour décider de la marche à suivre pour le reste de la bataille. Les assauts sont coûteux en hommes et en matériel pour les Alliés, et la Armoured Division fortement diminuée est mise en retrait du front au sud de la Bresle. Dès le lendemain, les troupes allemandes lancent la deuxième phase de leur plan d’invasion et franchissent la Somme. Ils atteignent Blangy le où s’engagent des combats. Ils y incendient l’église qui venait d’être restaurée (inaugurée en 1935) de même que 93% des habitations de la ville. Deux plaques situées à l’entrée de l’église témoignent de ces évènements. En déroute, des tirailleurs sénégalais français se réfugient dans les bois, les forêts et les marais. Au mois de juillet, l’un d’eux est repéré, traqué et abattu dans le marais de Blangy, un autre dans le moulin d’Hottineaux.
Les uns sur les autres dans les quelques maisons encore habitables, les habitants de la ville sont soumis à une occupation très rude. Rapidement, des heurts éclatent entre la population et les occupants donnant lieu aux premières manifestations de résistance en 1942. Dès le mois de juillet, le réseau de FTPF fait dérailler une draisine conduite par trois Allemands et coupe 16 lignes téléphoniques. Ils renseignent à partir de 1943 les Britanniques sur l’emplacement des DCA et des rampes de lancement V1 présentes en grand nombre dans la forêt d’Eu. Le réseau FTPF de Blangy fait sauter pendant le raid de Dieppe un train de munition à Monchaux-Soreng tandis que les résistants du Tréport sabotent les locomotives du dépôt. À la suite d’une dénonciation à la Gestapo, Georges Houssaye, résistant est exécuté par le Feldkommandant de la ville devant sa femme et ses enfants probablement torturés à mort. Une stèle et une plaque, sur la route et l’autre sur la maison Marchand, rappellent ces événements. Des évènements similaires eurent lieu au même moment à Gamaches et Liomer-Brocourt.
Quelques semaines plus tard, le 1er septembre, la division blindée polonaise du général Maczek libère Blangy et Bouttencourt et se dirige ensuite vers Abbeville. La résistance locale leur prête main-forte et perd plusieurs de ses camarades. Des plaques commémorent chacun de ces hommes.
Patrimoine religieux
Blangy compte un édifice inscrit au titre des monuments historiques, un objet classé au titre des monuments historiques et 19 immeubles répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel.