Bouc-Bel-Air

Histoire de Bouc-Bel-Air

Bouc-Bel-Air est une commune de Bouches-du-Rhône, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 15 248 habitants. Bouc, (le Bel-Air date de 1907), dérive du latin Buccum qui signifie bouche ici pris dans le sens de passage, embouchure. En effet, Bouc-Bel-Air est en quelque sorte l’embouchure du pays d’Aix, à rapprocher de Port-de-Bouc: le port de l’embouchure. Une autre étymologie semble acceptée, ayant pour origine le vieux provençal Baouco, qui signifierait petit sommet.

Les dictionnaires usuels ne semblent cependant connaître bauco/balca que dans le sens d’une graminée ou touffe d’herbe. Le nom de la commune en provençal est Bouc ou Bou. Le c final de l’ancien provençal a disparu en provençal moderne, mais ici il a pu être maintenu à titre euphonique en raison du nom officiel portée par la commune au, Bouc-Albertas.

Les tout premiers Boucains de l’Histoire sont arrivés il y a autour de la colline du Baou Roux, au sud de l’actuel village, peut-être près de la source du Trou d’Or qui y coule encore aujourd’hui. Des fouilles ont établi un peuplement relevant de la culture couronnienne, entre -3200 et -2500. Ils chassaient l’ours, le cerf et l’aurochs. Plus tard ils domestiquèrent le mouton sauvage et commencèrent à cultiver la terre. Plus tard encore, ils fondirent le bronze puis le fer; de ces époques on retrouvera des outils, des bracelets et quelques épées. Un jour, pour des raisons de sécurité sûrement, les tribus fondèrent un oppidum au sommet du Baou Roux.

C’est du haut de cette falaise qu’ils virent arriver les premiers commerçants grecs qui remontaient vers la vallée de la Durance. La cité celto-ligure établie au Baou Roux fait partie du peuple salyen dont la capitale est Entremont, au nord de l’actuelle Aix-en-Provence. En 124 l’oppidum tombe aux mains des Romains menés par le consul Caius Sextius Calvinus, qui la détruisent. Les survivants sont capturés et réduits en esclavage. Des villas gallo-romaines seront construites à Bel-Ombre, aux Revenants ou à Sousquières; elles seront détruites à leur tour lors des invasions barbares comme de très nombreuses autres sur les communes actuelles voisines (La Trébillanne à Cabries, où l’on peut voir sa maquette). Les Boucains ne sont que quelques rares familles de paysans regroupés dans de petits hameaux protégés par de frêles palissades de bois.

Ils chassent le cerf et le sanglier, cultivent la fève, le pois-chiche et des céréales, et élèvent de maigres troupeaux de moutons et de porcs souvent décimés par les loups. Pillards et barbares infestent le pays, et les hameaux ne résistent pas aux charges des guerriers sarrasins ou lombards, ni des troupes franques de Charles Martel, de passage en 737 pour remettre de l’ordre en Provence. Après le règne de Charlemagne, les Boucains entreprennent de construire une place forte autour de l’éperon rocheux. Les maisons se terrent ensuite derrière ce rocher protecteur, et quand les envahisseurs reviennent piller les greniers, les Boucains, prévenus par les guetteurs, se feront guerriers pour défendre leurs biens. À la fin du, Bouc-Bel-Air s’appelle Bucco et est un des nombreux domaines des comtes de Provence. La communauté compte une centaine d’âmes: leur nombre augmente rapidement.

On défriche les forêts, on assèche les marécages. De riches domaines agricoles s’installent dans les vallées de Siège et de Sousquières, quelques maisonnées voient le jour aux quartiers de la Croix d’Or et du Pin. La fortification du rocher de Bouc se transforme peu à peu en un fier château féodal défendu par une garnison des comtes de Provence: on l’appelle alors Castrum Bucco. C’est également à cette époque qu’est construite l’église paroissiale Saint-André par les moines du prieuré de Sousquières. Au fil des ans elle est largement transformée mais le porche, lui, n’a jamais changé. Il faut attendre 1763 pour voir le premier curé permanent de la paroisse.

Puis ce furent les guerres d’héritage entre les seigneurs de Provence. En l’an 1113, Peyre et Raymon de Bouc choisirent de soutenir le comte Raimond Bérenger. Cette fidélité aux comtes de Provence ne se démentira jamais; en 1205 la garnison de Bouc repoussera les troupes de Raimond des Baux qui les assiégeaient. La mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d’Anjou. Le roi de France, Charles VI, intervient et envoie le sénéchal de Beaucaire, Enguerrand d’Eudin, qui fait la conquête de Bouc-Bel-Air à l’été 1383. Lorsque Louis meurt et que sa veuve, Marie de Blois, arrive en Provence pour défendre les droits de son fils Louis II, elle réclame que le sénéchal lui cède la ville, ce qu’il refuse par instruction du roi de France.

Le eut lieu la plus sanglante bataille dans l’histoire de Bouc. C’est l’époque des guerres de religion, et la garnison de Bouc est restée fidèle au futur roi Henri IV alors que Marseille et Aix lui sont opposés. Le baron Hubert de Garde de Vins assiège Castrum Bucco depuis la veille, mais les maigres troupes d’Autric des Mées refusent de se rendre. Le baron lance, ce matin du 4 septembre, un ultime assaut, mais la garnison de Bouc le repousse encore. Les troupes manœuvrent en repli, quand un coup d’arquebuse tiré de nulle part tue Autric des Mées. Les troupes se rendent alors à Hubert de Vins qui leur promet la vie sauve.

Toutefois, ils seront quand même pendus, et le corps d’Autric des Mées subira le même sort. Fief érigé en marquisat pour les Seguiran en 1690, et leurs héritiers la famille Albertas. La localité prend même le nom d’Albertas au XVIIIe siècle. Le plus célèbre d’entre eux est Jean-Baptiste d’Albertas, marquis de Bouc. C’est à lui que l’on doit les jardins qui portent son nom: bassins, fontaines, statues, jets d’eau et verdure. La construction d’un château ne vit jamais le jour: le marquis d’Albertas est mortellement poignardé le 14 juillet 1790 à Gémenos, lors d’un repas qu’il offrait aux volontaires de la Garde Nationale.

L’histoire la plus romantique trouvée dans les livres de Bouc se déroule à cette époque. Elle commence dans un bourg aux toits d’ardoise, planté dans une vallée des Alpes, en 1749, un couple sort de l’hostellerie. Lui est un aventurier vénitien coureur de jupons qui écrit plus tard ses Mémoires, il s’appelle Giovanni Giacomo Casanova di Seingalt. Elle, se fait appeler Henriette Anne d’Arc, elle a et voyage sous un faux nom pour échapper à un mariage auquel sa noble famille provençale la destine. Leur idylle ne dure que quelques mois, jusqu’à ce jour de février 1750 où Henriette part de Genève en laissant un mot d’adieu à Casanova. La jeune femme rentre bientôt chez elle, en Provence.

Elle s’appelle en réalité Marie Anne d’Albertas, parente de Jean-Baptiste d’Albertas. Deux ans après sa fugue, elle épouse François Bougerel de Fontienne. Leur histoire aurait pu s’arrêter à Genève mais Casanova garda toujours dans son cœur le souvenir de celle qu’il ne connaissait que sous un nom d’emprunt. En 1763, il tente de la retrouver en pays d’Aix. En mai 1763, il fait route vers Aix en empruntant la voie qui deviendra la RN8, quand une roue de son carrosse se brise, non loin du hameau de la Croix d’Or, près de l’auberge du Loup Rampant. Un valet court jusqu’à la demeure des d’Albertas quérir l’aide des domestiques.

Le seigneur invite Casanova à attendre chez lui le temps de la réparation. Il revoit alors celle qu’il cherche, mais ne la reconnaît pas: elle avait vieilli bien sûr, et surtout elle se présente à lui le visage couvert d’une voilette. Elle ne se découvre pas, à l’époque de cette seconde rencontre elle est mariée et mère de trois enfants. Et Casanova quitta Bouc-Bel-Air sans imaginer qu’il venait de voir l’une des rares femmes de sa vie de Don Juan, peut-être la seule, dont il ait été réellement amoureux. La Révolution française se déroule sans violence à Bouc-Bel-Air. En 1790, on saisit les biens de l’église Saint-André ainsi que les domaines de Siège et le Prieuré de Sousquières qui appartenaient à l’abbaye Saint-Victor.

L’église devient brièvement Temple de la Raison, et le jardin du presbytère abrite le cimetière du village. Dans l’ensemble, les Boucains sont favorables aux idées révolutionnaires; seuls le Temple de la Raison et la constitution d’un clergé civil n’étaient pas à leur goût. Ils sont nombreux à sortir, la nuit, écouter les prêtres réfractaires. Au printemps 1790, la bataille semble inévitable dans la plaine du Pin. Le régiment de Vexin, révolutionnaire, est opposé à l’autre régiment du Royal Marine, resté fidèle au roi. Mais un homme court vers eux: il s’appelle Jean Espariat, il est maire d’Aix-en-Provence, et tente de ramener les esprits à la raison pour éviter la lutte fratricide.

Il crie longtemps, et personne ne réagit, puis d’un coup, il hurle Puisque mes paroles sont impuissantes, je veux mourir avec vous!. Il déchire sa chemise à jabot, et s’égosille Faites feu maintenant!. Finalement, la bataille n’a pas lieu. À Bouc, le comité de surveillance est institué en 1793, et siège dans le local contre l’église où Marie-France a longtemps vendu son poisson. Il se recrute en partie chez les simples paysans, parfois illettrés, et son institution marque en quelque sorte l’apogée démocratique de la Révolution. Outre ses fonctions de surveillance, il s’attache particulièrement à assurer la subsistance de ses concitoyens, et notamment l’approvisionnement en grains.

Le seul affrontement oppose les révolutionnaires aux partisans du roi en l’an VI de la République (1797). À la Révolution, Bouc change de nom. En 1767, Bouc était devenu Albertas par ordonnance de Louis XV. Après la Révolution, le village reprend partiellement son nom original et s’appellera Bouc-Albertas. Enfin, en 1907, à la demande de l’administration (postale notamment), un arrêté préfectoral ajoutera « Bel-Air » au nom de « Bouc », ceci pour éviter les confusions avec Port-de-Bouc. Le choix de Bel-Air reste toutefois matière à discussions: certains prétendent que cet ajout correspond à l’habitude qu’avaient les Gardannais de venir à Bouc pour y respirer un « bel air » puisque l’air de leur propre village était pollué par les usines; selon d’autres sources, cet ajout trouverait plutôt son explication dans la présence de nombreux estivants marseillais s’installant dans la commune l’été, ceci pour échapper aux températures étouffantes qui envahissaient la cité phocéenne.

Patrimoine religieux

Dans son parc, eut lieu le, sous la monarchie de Juillet, un duel entre Polycarpe Anne Nicolas Levasseur, sénateur du Second Empire et Antoine Arrighi qui se solda par la mort de ce dernier.

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Population

15.248 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Bouches-du-Rhône
(13)

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