Bouguenais
Histoire de Bouguenais
Bouguenais est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 20 410 habitants. Le nom de Bouguenais vient de celui d’un comte d’Herbauges du, Bégon, dont le nom est aussi à l’origine de Château-Bougon et de la Motte de Bougon. Bouguenais possède un nom en gallo, la langue d’oïl locale, écrit Bógonaè selon l’écriture ELG ou Boug·naï et Boug·nè selon l’écriture MOGA. En gallo, le nom de la commune se prononce ou.
La forme bretonne proposée par l’Office public de la langue bretonne est Kervegon.
On estime que la ville gallo-romaine de Ratiatum s’étendait sur le coteau, alors situé en bord de Loire, de l’actuel bourg de Rezé jusqu’aux Couëts. Quelques objets antiques ont été retrouvés près des Couëts, à un endroit où on pense qu’il y avait un sanctuaire médical. Une motte féodale fut également construite au à proximité de la commune. Les premières mentions textuelles du bourg de Bouguenais remontent au IXe s. En 840 Begon (Bego, dux Aquituniae) implante son castrum Begonis in Hebadillicam (dans le pays de l’Herbauge) à proximité de Nantes. Au XIe s., le Cartulaire de Redon mentionne un certain Glévian, prince de Begon (Beconensis princeps) qui fait donation à l’abbaye de Redon de l’église Sainte-Marie, de la moitié de ses dîmes et de toutes ses possessions.
À partir du XIIe s., les seigneurs de Bougon apparaissent dans des chartes de la toute proche abbaye de Buzay. De nombreux conflits vont émailler les relations entre les seigneurs de Bougon et les moines cisterciens de cette abbaye. En 1179, une Bulle papale d’Alexandre III est d’ailleurs citée dans le recueil des actes de Buzay et mentionne les possessions respectives des deux antagonistes. Durant la période de crise qui suit la mort de l’empereur Louis le Pieux en 840, Charles le Chauve, alors roi d’Aquitaine, charge son parent Bego/Bégon, nommé « duc d’Aquitaine », d’empêcher l’expansion bretonne dans la région de Nantes. Bego installe ici d’une place fortifiée, qui peut être située au lieudit la Basse-Mothe. En 843 ou 844, il est tué au cours d’un combat contre Lambert, comte de Nantes, rebelle à Charles, ou contre Gontier, comte d’Herbauges; ensuite, la forteresse tombe aux mains d’un groupe de Normands.
Finalement, la mission de Bego est un échec, puisqu’après avoir pris Nantes, les Bretons (Nominoë, puis Erispoë) obtiennent en 851 le contrôle sur le Pays de Retz, jusque-là considéré comme partie du comté de Poitiers. En 1148 un prieuré de Bénedictins est fondé au lieu-dit de la Bouvre, à moins d’un km à l’est du bourg. Ce prieuré est abandonné en 1790 et ne laisse que peu de traces tangibles dans le paysage. À partir du, la seigneurie de Bougon est détenue par une famille qui s’identifie au sous le nom de Chasteigner parmi les vassaux du duc de Bretagne (Herlin de Bougon = Herbelin Chasteigner, seigneur de Bougon). Au, la seigneurie passe par mariage à la famille de la Lande, avec Jean de Machecoul, seigneur de Vieillevigne. Au milieu du XIIIe s., la famille des Chasteignier prend le titre de Seigneurs de Bougon, titre qu’elle conservera jusqu’en 1473.
Au, un monastère féminin de bénédictines est créé sur le site des Couëts, alors situé dans un lieu écarté entre les forêts de Bougon et de Touffou. Une agglomération se crée alors autour du monastère, la chapelle servant occasionnellement de lieu de culte public. Au, la discipline paraissant trop relâchée, le duc fait appel à sa tante, Françoise d’Amboise, duchesse de 1450 à 1457, devenue carmélite à Vannes en 1468. En 1477, Françoise d’Amboise et plusieurs sœurs carmélites s’installent aux Couëts après l’éviction, pas très facile, des bénédictines dirigées par Guillemette Le Gac. Les Carmélites conservent le couvent jusqu’à la fin. Durant ces trois siècles, le monastère des Couëts héberge des femmes de haut rang social.
Dans les années 1790-1792, sous la direction d’une Langlais de la Rouxière, c’est un foyer d’opposition à la réforme du clergé. À la suite de son refus de recevoir l’évêque constitutionnel de Nantes François Minée, le, une première manifestation de femmes nantaises a lieu devant le monastère. Une seconde manifestation le aboutit à l’invasion du couvent: les religieuses présentes sont fouettées (épisode des « fouetteuses des Couëts »), puis ramenées à Nantes et incarcérées au château. Elles sont rapidement libérées, mais, à la demande du maire de Bouguenais, Deméocq, quittent le couvent pour s’installer dans diverses familles sympathisantes. Puis elles y reviennent pour quelque temps, avant un départ définitif le. Le monastère est vendu comme bien national et les bâtiments détruits.
Au, sur leur emplacement, des bâtiments nouveaux hébergeront le Petit séminaire de Nantes; au, ils sont pris en charge par l’institution des Orphelins d’Auteuil, actuellement sous la forme du lycée professionnel Louis-Brottier (lycée hôtelier). Au, la paroisse Saint-Pierre de Bouguenais est répartie entre deux seigneuries principales: la châtellenie de Touffou, qui appartient au roi, et la seigneurie de Bougon, qui appartient alors à un anobli, Robineau. Parmi les autres, se trouve la seigneurie du Chaffault, détenue par la famille Chaurand, des négociants nantais. Au début de la Révolution, lors de la création des communes, le territoire de la paroisse Saint Pierre de Bouguenais est conservé pour former la commune de Bouguenais. Comme dans la plupart des communes rurales du département, les habitants sont hostiles à la réforme du clergé de 1790-1791; trois prêtres constitutionnels se succèdent, tandis que les prêtres réfractaires maintiennent un culte plus ou moins clandestin. Au moment de la Levée en masse, la commune est requise pour fournir.
La majorité royaliste de la population se soulève contre la République, s’intégrant ensuite aux forces de l’armée du Pays de Retz, dirigée par Charette. Les républicains se réfugient à Nantes, où curieusement, l’ancien seigneur Robineau de Bougon est un des principaux responsables de la garde nationale. Bouguenais est particulièrement bien placée pour surveiller l’arsenal d’Indret et est le point de départ des attaques vendéennes contre cette usine considérée comme essentielle par les autorités de Nantes. Cette situation est à l’origine du drame de: l’arrestation par les troupes républicaines d’Indret de, fusillés au château d’Aux, les, faisant de Bouguenais une des communes les plus touchées par la répression de l’insurrection vendéenne. La carrière de pierres de La Roche Ballue est exploitée du début du jusqu’en 1977. Dans les années 1920, l’activité aéronautique s’implante à Bouguenais (grâce à Wibault racheté en 1934 par Breguet), commune choisie comme site de l’aérodrome de Nantes.
L’usine connue plus tard, en particulier en, sous le nom de Sud-Aviation, est incluse aujourd’hui dans Airbus. En 2015, DCNS installe à Bouguenais un site de bureaux d’études (Technocampus Ocean), annexe au site de Nantes-Indret.