Bourg-lès-Valence

Histoire de Bourg-lès-Valence

Bourg-lès-Valence est une commune de 19 581 habitants située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Limitrophe de Valence au nord, elle occupe la rive gauche du Rhône dans la moyenne vallée du fleuve. Le toponyme apparaît à la fin du Haut Moyen Âge sous la forme Bourg, terme d’origine germanique que les philologues attribuent aux Burgondes. Le mot désignait à l’origine une maison en bois ou une place fortifiée, sens que l’on retrouve par exemple dans Strasbourg, la place forte des routes. Au fil du temps, ce substantif a donné naissance à un éventail d’appellations: la bourgade, petit village aux maisons disséminées, le faubourg, quartier situé en dehors des murs de la ville, et le bourg proprement dit, agglomération rurale plus étoffée que la bourgade mais inférieure à la ville. L’évolution phonétique a vu la forme occitane Borc devenir Borg, le « o » occitan se prononçant « ou » en français, ce qui explique le gentilé bourquain employé pour désigner les habitants.

À l’époque préromaine, le territoire de l’actuelle Bourg-lès-Valence relève du peuple gaulois des Segovellaunes, implanté de part et d’autre de la moyenne vallée du Rhône, dans la plaine de Valence. Les sources antiques sur ce peuple sont rares mais convergentes: Ptolémée, dans sa description de la Gaule narbonnaise, situe les « Segalauni » au sud des Allobroges et au nord des Cavares, en faisant de Valentia leur ville principale. Pline l’Ancien nomme la région autour de Valentia regio Segovellaunorum et la rattache au territoire des Cavares, et Strabon, dans sa Géographie, attribue aux Cavares tout le pays compris entre la Durance et le confluent de l’Isère et du Rhône. La capitale des Segovellaunes demeure incertaine, la tradition la situant sur l’oppidum de Soyons, en Ardèche. Les Segovellaunes sont battus et soumis en 62 ou 61 avant notre ère lors de la bataille de Solonion, par le commandant romain Caius Pomptinus, dont l’historien Dion Cassius a conservé le nom. L’archéologue Ernest Will souligne le caractère stratégique de l’installation romaine sur ce site: Valence représentait un nœud entre Narbo Martius, capitale de la Gaule narbonnaise, et Vienna puis Lugdunum, et permettait de contrôler le passage du Rhône ainsi que les vallées de l’Isère et de la Drôme vers l’Italie.

L’actuel quartier du Vieux-Bourg correspond à la basse ville antique, zone urbaine située au nord de Valentia, où une population cosmopolite et laborieuse se pressait autour du port fluvial. Ce port avait été aménagé sur le Rhône à l’emplacement actuel du quai Maurice-Barjon, anciennement quai de la Verrerie. Le tissu urbain associait des habitations précaires et un lacis de ruelles, pour reprendre les termes de l’historien André Blanc, s’étendant entre l’actuelle rue Deriard et le pont romain situé vers la rue Pompéry. Les crues régulières du Rhône fragilisaient encore davantage la vie des habitants des quartiers pauvres. Cette population de la basse ville comptait de nombreux déracinés venus de Méditerranée orientale: Grecs, Juifs, Syriens, Égyptiens. Les adeptes du culte de Mithra, exclusivement masculins, se réunissaient dans un Mithréum, grotte-temple artificielle qu’André Blanc localise près de la source Saint-Pierre, en contrebas des bâtiments modernes du boulevard du Ciré; des fragments du sarcophage mithriaque sont conservés au musée d’Art et d’Archéologie de Valence. Selon le même historien, la tradition orale relative aux origines chrétiennes de Valence se fige tardivement, à un moment où l’église de Valence est rattachée à celle de Vienne et non plus à celle de Lyon comme aux premiers siècles, ce qui a contribué à brouiller la mémoire de la filiation lyonnaise. La modestie des premiers missionnaires, un prêtre et deux diacres, conforte selon lui la vraisemblance du récit. La présence de cultes orientaux, attestée par les fragments de sarcophage mithriaque conservés au musée d’Art et d’Archéologie de Valence, illustre la diversité religieuse qui caractérisait la basse ville aux premiers siècles de notre ère, à un moment où les croyances importées de Méditerranée orientale coexistaient avec les pratiques romaines et où le christianisme commençait à se diffuser dans la cité. Le port fluvial du quai Maurice-Barjon prolongeait ainsi pendant plusieurs siècles le rôle d’interface économique et culturelle qu’avait joué Valentia entre la Méditerranée et la Gaule du Nord. La commune actuelle conserve dans son tissu urbain et sa toponymie le souvenir de cette histoire ancienne, qu’il s’agisse du quartier du Vieux-Bourg ou des rues qui rappellent la trame antique du quartier portuaire. Le nom même de la commune, formé du substantif germanique « bourg » introduit par les Burgondes, illustre les strates linguistiques successives qui ont marqué la moyenne vallée du Rhône, depuis les Segovellaunes gaulois jusqu’aux ducs burgondes du Haut Moyen Âge, en passant par la conquête romaine et la fondation de Valentia. Le rattachement ecclésiastique de l’église de Valence à celle de Vienne, puis aux institutions religieuses provençales, a quant à lui orienté pendant des siècles la vie paroissiale de la rive gauche du Rhône, dont Bourg-lès-Valence constitue l’extension septentrionale. La rue Pompéry, le quai Maurice-Barjon ou le boulevard du Ciré conservent dans la trame urbaine actuelle des repères de l’organisation spatiale héritée de la basse ville antique.

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Population

19.581 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Drôme
(26)

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