Bouxwiller

Histoire de Bouxwiller

Bouxwiller est une commune de Bas-Rhin, en Grand Est, qui compte 3 712 habitants. L’existence du bourg de Bouxwiller est attestée dans les écrits à partir. La première dénomination connue est Puxuvilare et remonte à l’an 724. Les autres formes anciennes sont Buxwilari ou Buxovillare en 737.

Jusqu’à la Révolution française, la forme la plus courante est Buchsweiler même si Bouxweiler se rencontre parfois. Il s’agit d’une formation médiévale en -willer, appellatif toponymique postposé issu du vieux haut allemand -wīlāri, lui-même du bas latin villare et signifiant « domaine agricole » (cf. moyen haut allemand wīler, francique et alémanique wiler, allemand Weiler « hameau »).

Le premier élément Boux- s’explique par l’anthroponyme germanique Bucco que l’on retrouve dans le nom de lieu homonyme de Bouxwiller (Haut-Rhin, Buswilr en 1144, Buchswilre en 1271, Bucswilre en 1278), d’où le sens global de « domaine de Bucco ». Le graphe X représente le groupe [ks], dont le [s] est la marque du génitif dit saxon apparue dans les toponymes plus tardivement au Moyen Âge, tout comme dans les lieux du Bas-Rhin Erckartswiller, Monswiller, Eckartswiller ou Weiterswiller par exemple. Cette solution est la plus probable dans la mesure où le premier élément identifié dans les noms en -willer est généralement un nom de personne germanique (cf.

L’étymologie populaire a interprété par la suite *Buccoswiler> *Buccsowiler par métathèse, comme un Buchs-wiler, Buchs signifiant en allemand, en francique et en alémanique « buis ».

La présence romaine est attestée par la découverte de tuiles et de tessons au Bastberg. En 1739, les vestiges d’un laconicum, bain romain, furent mis au jour. La première mention écrite remonte à 724 lorsque Radolf et Eloïn donnent les biens de leurs mères respectives situés à Puxuwilare à l’abbaye de Wissembourg. Les seigneurs de Lichtenberg apparaissent dans l’histoire vers l’an 1200. Dès cette date, ils sont les avoués de l’abbaye de Neuwiller-lès-Saverne, fondée vers 750 par l’évêque Sigebaud de Metz. À ce titre, ils sont les protecteurs des moines et de leurs biens et leur doivent protection et assistance. C’est des évêques de Metz, propriétaires d’importants biens en Alsace, que les seigneurs de Lichtenberg ont obtenu la plus grande partie de leurs fiefs. C’est ainsi que Bouxwiller, possession messine, leur est donnée vers 1260; le château de Lichtenberg, d’où ces militaires tirent leur nom, a été obtenu en fief par l’évêque de Strasbourg.

Les Lichtenberg construisirent, sur les terres de Bouxwiller, entre la bourgade et leur château de Lichtenberg, un castel appelé, dont la première mention remonte à l’an 1329. La chapelle castrale dédiée à saint Georges est déjà citée en 1315 lors des funérailles de Jean de Lichtenberg. L’empereur germanique Rodolphe de Habsbourg éleva Bouxwiller au rang de ville pour récompenser la fidélité des seigneurs de Lichtenberg. À ce titre, la ville put se ceindre d’une muraille et organiser un marché, synonyme de nouveaux revenus. Ces droits furent renouvelés en 1301 par l’empereur Albert de Habsbourg. La ville devint alors la résidence des seigneurs. En 1330, Jean II (ou Hannemann) de Lichtenberg, possédait la moitié de Bouxwiller. En 1345, il donna à ses trois filles nées hors mariage un domaine agricole, l’Ackerhoff, racheté par la famille en 1377.

Les trois branches de la famille se réunirent le 1 janvier 1353 au château de Bouxwiller pour conclure une paix et garantir l’indivisibilité du territoire familial. En 1444, les Anglais au service de Louis XI, Dauphin de France, pillèrent Bouxwiller. En 1455, les sires de Geroldseck vendirent leur part de Bouxwiller aux Lichtenberg qui en devinrent alors les uniques possesseurs. Après le décès de Louis V de Lichtenberg le 25 février 1471, le territoire revint à son frère Jacques de Lichtenberg. Ce dernier fut élevé au rang de comte le 8 décembre 1458 par l’empereur Frédéric III du Saint-Empire. Le comte Jacques meurt le 5 janvier 1480 au château d’Ingwiller. Avec lui s’éteignait la lignée mâle des Lichtenberg. L’héritage revint aux deux filles de Louis V, Anne, épouse du comte Philippe de Hanau, et Élisabeth, épouse du comte Simon Wecker de Deux-Ponts-Bitche.

Une rébellion des femmes de Bouxwiller, épisode tragi-comique réel, entra dans la légende sous le nom de ou « Guerre des Femmes ». Les derniers seigneurs de Lichtenberg étaient le sire Louis V (1417-1471) et le comte Jacques (1416-1480) dit Jacques le Barbu, tous deux fils de Louis IV dit Ludemann décédé en 1434. Après le décès de Walpurge de Mörs-Sarrewerden, épouse de Jacques le Barbu, le comte resté sans descendance se consola dans les bras d’une belle servante badoise, Barbara d’Ottenheim. Installée par son amant dans le château de Bouxwiller, Barbara, fille de paysans, oublia vite ses origines modestes et exigea pour satisfaire son nouveau rang de lourdes contributions de la part des bourgeois de Bouxwiller. Scandalisés devant tant de mépris, les hommes de Bouxwiller allèrent se plaindre en 1462 auprès de Louis, le frère du vieil amant. Durant l’absence de leurs maris, les femmes du lieu s’armèrent de leurs ustensiles de cuisine et décidèrent de se faire justice et s’en prirent à la méchante Barbara. Sur ce, Louis et son armée arrivèrent devant Bouxwiller, se rangèrent aux côtés des Bouxwilleroises et assiégèrent la ville. Le comte Jacques, pour dénouer la situation exile sa maîtresse à Haguenau où les deux amants continuent à se fréquenter mais secrètement.

Après la mort de Jacques, la belle dut subir la vindicte populaire. Certains disent que Barbara fut emprisonnée et se suicida au fond de son cachot; d’autres racontent qu’elle fut brûlée vive au motif de sorcellerie. La Chancellerie de Strasbourg, place Gutenberg, construite à cette même époque, comportait un portail orné de deux statues. Ces œuvres furent commandées en 1464 au sculpteur Nicolas Gerhaert de Leyde. La première est un buste de vieillard accoudé et coiffé d’un turban. La seconde, son pendant, est un buste d’une jeune femme. Ce bâtiment fut détruit par un incendie en 1686, puis les statues furent déposées entre la Révolution et la guerre de 1870 à la Bibliothèque municipale où elles furent brisées dans l’incendie consécutif au siège de la ville. Cependant, des moulages existent encore dans plusieurs musées de la région.

Depuis Daniel Specklin en 1587 est née une tradition qui fait des deux statues le comte Jacques le Barbu cherchant à séduire la belle Barbara d’Ottenheim, bien que les historiens de l’art voient en elles un prophète et une sibylle. La guerre des paysans de 1525 éclata sous le règne du comte Philippe III de Hanau-Lichtenberg. Sur la demande du Palatinat, ce dernier marcha contre les paysans du Hettgau mais aussi, plus tard, contre ses propres sujets en rébellion. De prime abord, il tenta d’utiliser à ses propres fins ces émeutes. Ainsi, il ne fit rien lorsque des paysans se mirent à piller l’abbaye de Neuwiller. Bien au contraire, Philippe III avec la complicité de ses hommes se rendit coupable de la destruction des archives de cette abbaye. Tous les documents d’importance furent brûlés: actes de propriétés, donations, ou chartes. Le comte voyait en cette institution religieuse une rivale en matière de possessions terriennes.

La situation lui échappa et le 6 mai 1525, quelque saccagèrent son château de Bouxwiller. Les dégâts furent estimés à la somme de. Pour faire cesser les troubles, Philippe III se vit obliger d’appeler à la rescousse le duc Antoine II de Lorraine. Après la victoire de ce dernier, dix-huit villages du bailliage de Bouxwiller se virent frapper par Philippe III d’une amende, du renouvellement de leur vœu de fidélité, ainsi que de l’interdiction du port d’armes et de rassemblement au son de la cloche. Le comte Philippe IV (1514-1590) succéda à son père Philippe III en 1538. Les cinquante-deux années de son règne furent marquées à partir de 1545 par l’introduction de la réforme luthérienne au sein de son comté. Lorsque la peste fit rage à Bouxwiller en 1541, la bourgeoisie locale se lamenta auprès du comte du fait que leur paroisse n’était plus desservie par aucun prêtre ni diacre. Pour remédier à cette vacance, le comte prit la décision de nommer lui-même en sa ville de résidence les ecclésiastiques.

Marié à une protestante, Éléonore de Fürstenberg, le comte nomma en 1542 pour la paroisse de Bouxwiller le prédicateur à la cour Théobald Groscher. Sous l’influence de ce dernier, le comte Philippe IV se déclara publiquement pour la Réforme en 1544 et à partir du 25 septembre de cette année, la messe ne fut plus dite à Bouxwiller. Ses maîtres à penser furent des réformateurs proches des idées de Luther, l’Alsacien Martin Bucer et l’Allemand Philippe Melanchthon. Le 25, les prêtres du comté furent conviés à un synode dans le but de les rallier à la nouvelle foi. Peu d’entre eux se convertirent de suite. Par exemple, un seul pour le bailliage de Bouxwiller, celui de Printzheim, Jakob Stendiger. Pour mieux ancrer ce mouvement réformateur, le comte Philippe IV demanda à Bucer de lui envoyer des prédicateurs. Le Silésien Pantaléon Blasius arriva ainsi à Bouxwiller puis fut nommé pasteur et surintendant à Pfaffenhoffen.

C’est à ce titre qu’il organisa la réforme de l’Église du comté. Le 8, il présida un synode à Pfaffenhoffen où furent adoptés, par les membres présents, la Confession d’Augsbourg et le Petit Catéchisme de Luther. La mise en place du luthéranisme fut achevée dans le comté en 1573 par la promulgation de la ou en français « Ordonnances ecclésiastiques et scolaires ». Ce texte fut par la suite révisé en 1659 après la guerre de Trente ans. En 1590, année de la mort du comte Philippe IV, existaient en Alsace 480 communautés réformées (groupées en 200 paroisses et annexes), 90 d’entre elles se trouvant sur le territoire comtal. Ce nombre fait du Hanau-Lichtenberg un des bastions du luthéranisme alsacien. Bouxwiller en plus de son importance administrative et judiciaire au niveau comtal, devint ainsi la capitale d’une Église luthérienne indépendante quoique très influencée par celle de la république de Strasbourg. Ce rôle religieux lui fut retiré par lorsqu’il promulgua en 1802 les lois organiques qui unifièrent les différentes Églises luthériennes de France.

De 1618 à 1648, la Guerre de Trente Ans ravagea l’Allemagne. Durant ce long conflit, le Hanau-Lichtenberg fut gouverné par trois comtes successifs; Johann Reinhard, Philippe Wolfgang et Frédéric Casimir. Le comté n’étant pas un État considérable, ces dirigeants subirent les vicissitudes du conflit en tant que spectateurs impuissants à défendre leurs possessions de la ruine. Pour limiter les préjudices, le premier d’entre eux, Johann Reinhardt, amorça une politique de neutralité vis-à-vis des principaux belligérants. En 1621, pour préserver ses sujets alsaciens, ce comte paya au maréchal Mansfeld pour que ses troupes ne mettent pas le territoire en coupe réglée. En 1625, lorsque Johann Reinhard mourut, le Hanau-Lichtenberg était un comté affaibli du fait de la guerre et ses habitants souffraient de la famine. Son successeur de 1625 à 1641 fut Philippe Wolfgang et, durant son gouvernement, il poursuivit la politique de neutralité initiée par son père. Il gouverna personnellement son comté, ce qui l’obligea à être souvent sur les routes d’Allemagne et d’Alsace.

Ses incessants voyages auraient été la cause de son décès prématuré à l’âge de. Ses possessions alsaciennes furent durement touchées par le conflit. Situé en plaine et morcelé en plusieurs entités, le comté de Hanau ne dispose pas de points d’appui solides pour défendre militairement la contrée. En 1633, les Suédois dans le camp des protestants étaient présents à Bouxwiller. La soldatesque en recherche de subsistances se livra à son lot de pillages et de destructions. Le 31 juillet 1633, près de Pfaffenhoffen, les Suédois venant de Wissembourg affrontèrent avec succès les troupes lorraines alliées des Impériaux catholiques. Cette victoire sauva ainsi Bouxwiller d’un pillage lorrain. Le 2 août 1633, le comte vit se conclure le second mariage de sa sœur Anne Madeleine avec le Rhingrave Otto Louis de Salm-Kyrburg-Mörchingen, général suédois et commandant d’un régiment stationné une année à Bouxwiller.

Dans cette guerre, la Suède luthérienne s’était alliée à la France catholique, ce dernier pays cherchant à prendre pied en Alsace et dans les affaires allemandes. Le comte Philippe Wolfgang, pour protéger militairement son comté, négocia alors une protection française avec le maréchal duc de la Force et, avec l’accord du roi de France, Bouxwiller, Ingwiller et Pfaffenhoffen furent occupées à partir de décembre 1633 par les troupes françaises. Cette protection ne se montra pas très heureuse. En 1638, des troupes croates pillèrent Bouxwiller puis en 1643 les troupes catholiques de Franz von Mercy firent subir le même sort à la cité. Durant ce conflit, les villes alsaciennes, grandes ou petites, étaient encore ceintes de leurs murailles moyenâgeuses et étaient donc mieux défendues militairement que la campagne environnante. Lors des invasions ennemies, ces villes servirent de refuge aux populations rurales. Une liste nominative fut établie à la mi-mai 1622 à Saverne. Ce document permet de se faire une idée quant à l’ampleur que put prendre l’exode des campagnards lorsque la panique les gagna.

Cette liste recense réfugiés accourus de trente-trois localités différentes. Ces personnes étaient logées chez 164 particuliers avec un maximum de chez Balthasar Spacheln. Les archives de Bouxwiller ne semblent pas disposer d’un pareil document. Cependant, Bouxwiller dut aussi subir plusieurs importantes vagues d’afflux de réfugiés. Ces personnes apparaissent dans les registres de baptêmes, de mariages et de sépultures dressés par les clercs de la paroisse luthérienne de Bouxwiller. Ces registres attestent que pour certaines années de ce conflit trentenaire, une importante population des bailliages de Bouxwiller et de Pfaffenhoffen fut effectivement présente à Bouxwiller. La première vague débuta à la fin janvier 1622 pour culminer vers les mois de mai et juin de cette année 1622. On peut ainsi constater la présence de villageois originaires d’une trentaine de villages des alentours.

Sans être exhaustif, on peut citer Wickersheim, Melsheim, Ingenheim, Printzheim, Bossendorf, Schwindratzheim ou Alteckendorf. Ces réfugiés cherchaient visiblement à échapper à la soldatesque du général Mansfeld qui cherchait en vain à faire tomber Saverne. Entre 1623 et 1631, les registres ne laissent rien transparaître d’anormal. Puis entre février et juillet 1632, on note une deuxième vague avec la présence de personnes originaires d’une quinzaine de villages. Après une accalmie de neuf mois, on constate à partir d’avril 1633, un nouvel afflux de réfugiés de plus de vingt-cinq villages différents. Cette troisième vague perdura durant le premier trimestre de 1634. Une quatrième vague débuta vers octobre 1635 et perdura les six premiers mois de 1636 (environ vingt-cinq localités mentionnées). La présence de sujets étrangers est aussi attestée entre 1642 et 1652 mais dans une moindre mesure (cinq à vingt localités selon les années).

À la fin de la guerre de Trente Ans, le traité de Münster du 24 octobre 1648 garantit au comte de Hanau-Lichtenberg la pleine possession de ses territoires. À cette date, la charge comtale était tenue depuis sept années par Frédéric Casimir. Il demeurait, d’après ce traité, un comte relevant de l’Empire germanique et échappait ainsi à la souveraineté royale de Louis XIV. Malgré la paix de Westphalie, inaugurée par ce traité, le comte dut faire face à une situation incertaine, tant le paysage politique restait troublé. Ses territoires situés sur la rive gauche du Rhin étaient facilement accessibles aux troupes de Louis XIV et, de fait, connurent plusieurs fois la guerre et l’occupation française. Durant la guerre de Hollande, en 1678, Bouxwiller et d’autres localités du comté, Pfaffenhoffen par exemple, furent pillées par les troupes françaises. Maisons, granges et hangars furent vidés de leurs réserves alimentaires. En plus d’être pillée, Bouxwiller fut privée par le maréchal Créqui de ses défenses.

. Pour Bouxwiller la luthérienne, son rattachement à la France signifiait de nouvelles contraintes religieuses, Louis XIV se voulant le champion du catholicisme. Les gens durent adopter dorénavant le prétendu nouveau calendrier, le calendrier grégorien, et s’y conformer dans tous les domaines pour régler et conduire leurs affaires. [.] Nous étions autorisés à nous servir de l’ancien jusqu’au mai. Après cette date, seul le calendrier grégorien devait être utilisé.

Le 7 octobre 1792, Jacques Wagner fut nommé par le Conseil Général du district de Haguenau pour établir un inventaire des biens mis sous séquestre de la famille de Hesse-Darmstadt à Bouxwiller. Ceci fut fait en novembre et en décembre 1792 pour le château. En novembre 1793, les troupes autrichiennes du baron Wurmser envahirent le nord de l’Alsace, de Wissembourg à Strasbourg. Faisant suite à cette armée, des émigrés royalistes rentrèrent en Alsace (bourgeois, prêtres, fonctionnaires) mais les armées françaises, sous la direction des généraux Jean-Charles Pichegru et Lazare Hoche, reprirent l’offensive. À la fin novembre, des combats se déroulèrent dans les environs de Saverne, de Brumath et de Bouxwiller. Dans les derniers jours du mois de décembre 1793, les troupes autrichiennes évacuèrent la région et le 30, les Français investirent la ville allemande de Spire. La peur des tribunaux révolutionnaires fit fuir à Alsaciens vers l’Allemagne dans le sillage des autrichiens défaits. Les fonctionnaires des landgraves de Hesse-Darmstadt, revenus à Bouxwiller, repartirent à nouveau dès le 19 novembre 1793, soit près de 500 Bouxwillerois, hommes, femmes, enfants et vieillards.

Certains de ces départs furent volontaires, d’autres se firent sur réquisitions de l’armée autrichienne pour ses besoins de convoyages. Le château et ses jardins furent dévastés et pillés en novembre 1793 par les révolutionnaires après les combats qui suivirent l’invasion autrichienne. Dans la foulée, des Bouxwillerois se servirent et emportèrent chez eux des meubles et des statues. Dix ans plus tard, en mars 1804, le château et les bâtiments alentour, confisqués par l’État, furent cédés à la municipalité pour. D’ailleurs depuis 1794, la Chancellerie seigneuriale accueillait à titre provisoire la mairie car la Laube (Poêle des Bourgeois) fut elle aussi endommagée durant les années de troubles. Si les bâtiments achetés servirent aux besoins de la population (mairie, école, marché, stockage de denrées), une partie de la halle aux blés se vit louée à partir de 1810-1813 aux industriels Sandherr et Redslob qui rénovèrent et transformèrent ce lieu en usine de tissage de coton. En 1827, ce même lieu fut loué pour la même destination aux haguenoviens Titot et Chastellux. La municipalité n’ayant pas les ressources financières pour entretenir le château essaya de lui trouver un propriétaire.

En 1808, Bouxwiller l’offrit au maréchal alsacien François Christophe Kellermann mais ce dernier refusa le présent. Une décennie plus tard, il ne restait plus rien de ce château, pas même les fondations, les pierres ayant été réutilisées par les Bouxwillerois. Entre 1816 et 1837, les seules traces visibles en étaient le trou que formaient les douves au milieu de la place du marché. Ce fameux (« trou de Bouxwiller »), objet de moqueries, fut finalement entièrement comblé en 1837. Au, l’environnement économique de Bouxwiller était encore fortement marqué par les activités agricoles de polyculture vivrière. À côté de ces pratiques traditionnelles furent développées plusieurs entreprises industrielles. En 1828, deux fabriques de boutons en métal offraient du travail à une trentaine d’ouvriers. De plus une entreprise de tissage de coton fin basée à Haguenau avait installé une filiale dans la cité et occupait une centaine de tisseurs.

La principale activité industrielle était fondée sur la chimie. En 1818, après la découverte d’un gisement de houille et de lignite pyriteux fut créée la société de l’Administration des Mines de Bouxwiller. Cette dernière fit connaître Bouxwiller en France et en Europe par ses produits chimiques. Le lignite était entassé en monceaux et exposé à l’air libre jusqu’à efflorescence. Puis après des lessivages des eaux salées étaient obtenues, dont on extrayait chimiquement du sulfate de fer et de l’alun. Sur son site de la Reidt, non loin de Bouxwiller, l’entreprise tirait de substances animales de la potasse, du prussiate de potasse, ou de l’ammoniac. Cette activité industrielle perdura tout le long du et durant les premières décennies du, même si les affaires commencèrent à péricliter à partir de 1880. La mine fut inondée en 1881 puis en 1888 et la production minière cessa en 1897.

Finalement, l’entreprise arrêta toutes ses activités en 1958. Durant le, le cœur de la vie économique bouxwilleroise était l’entreprise de l’Administration des Mines. De quelque en 1825, les effectifs s’élevèrent à 370 en 1850 et à 500 en 1860. Les trois-cents journées de travail par an étaient longues: selon les périodes de l’année de dix heures à onze heures trente minutes par jour. La pause étant prise sur le site, la présence effective atteignait alors treize heures par jour. Seuls les dimanches et jours fériés n’étaient pas travaillés pour les ouvriers. Pour les employés de bureau, même ces jours-là, une présence de trois heures en matinée était obligatoire contre neuf à dix heures en semaine. Le salaire des ouvriers de Bouxwiller, fixé à par jour entre 1820 et 1860, était parmi les plus bas du département du Bas-Rhin.

Les du salaire annuel du chef de famille ne couvraient pas tous les besoins estimés entre 400 et. L’écart était compensé par le travail de l’épouse et des enfants (activités agricoles, tissage, ou dans l’entreprise même). Le salaire du directeur est quinze fois plus élevé; en 1829, en 1843. Dès 1827, les employés bénéficiaient de la protection d’une caisse de secours. En cas d’accident de travail, l’ouvrier touchait 60 centimes par jour jusqu’à son retour. Si la maladie était sans rapport avec l’entreprise, on ne lui versait que 60 centimes par jour pendant deux semaines. En 1830, ces secours furent révisés à la baisse (50 centimes par jour). En cas d’invalidité consécutive à un accident du travail, la pension annuelle était fixée à après de services ou après cinq années.

Bouxwiller comme le reste de l’Alsace dut subir plusieurs fois des changements de nationalités. En 1871 à la suite du traité de Francfort, en 1919 à la suite du traité de Versailles, en 1940 à la suite de l’annexion par le Troisième Reich et en 1945 à la suite de l’ordonnance du 15 septembre 1945. Lors de la guerre de 1870, les armées françaises commandées par le maréchal Patrice de Mac Mahon furent défaites par les alliés allemands au cours de la Bataille de Frœschwiller-Wœrth du 6 août 1870. Ces deux localités alsaciennes sont situées à au nord de Bouxwiller. Aussi lorsque les armées françaises reçurent des ordres pour se replier vers Saverne dans le but de traverser les Vosges, certaines unités en déroute traversèrent Bouxwiller et ses villages environnants. Les troupes traversent plusieurs villages abandonnés, Oberbronn, Zinswiller, Rothbach, Ingwiller. Déjà sur la route, des soldats isolés, à bout de forces, se laissent tomber dans les fossés et s’endorment. demain ils essayeront de gagner Saverne.

N’étant pas sur la ligne de front, Bouxwiller ne fut pas directement touchée par les combats. Lorsque la Première Guerre mondiale débuta en août 1914, l’Alsace-Lorraine était depuis 1871 un Reichsland sous domination allemande. À Bouxwiller, les hommes en âge de partir à la guerre furent donc tout le long du conflit légalement enrôlés dans l’armée impériale allemande. Les combats s’éternisant, une crise monétaire se fit durement sentir en Alsace à partir de 1916 et ce jusqu’à l’armistice de novembre 1918.

N’ayant plus confiance dans le papier-monnaie allemand, les Alsaciens amassèrent, malgré les interdictions officielles, les pièces en nickel de 5, 10 et 50 pfennig. Face à la pénurie de monnaie, les petits commerçants de Bouxwiller se plaignirent en 1917 au conseil municipal. Ce dernier demanda alors aux autorités allemandes, contre un dépôt de garantie à la, le droit de mettre en circulation de la monnaie de substitution comme cela était permis à d’autres villes ou grandes entreprises. En juillet 1917, la ville mit ainsi en circulation des jetons de 20 pfennig en zinc pour un montant total de. Ces pièces octogonales portaient sur le côté pile la dénomination de (Monnaie de nécessité) et sur le côté face les armoiries de la ville avec la mention Stadt Buchsweiler 1917. La même opération fut entreprise en août 1918 pour un montant de. Cette monnaie fut retirée de la circulation le 1er août 1919 par les autorités françaises. Toutes les piécettes n’étant pas rendues à la ville de Bouxwiller, cette dernière réalisa un bénéfice de 50 % sur la valeur émise.

Le 1, jour de la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, près de Alsaciens habitant près de la ligne Maginot furent évacués en moins de 24 heures vers le Sud-Ouest de la France. Les Bouxwillerois échappèrent à ce triste sort, la bourgade étant située plus en retrait de la frontière. En juin 1940, après la débâcle de l’armée française, l’Alsace se trouva annexée de fait au Troisième Reich allemand. Les autorités nazies souhaitant une Alsace sans Juifs, dès le 15 juillet 1940, la population israélite de Bouxwiller fut raflée et leurs biens immobiliers et mobiliers confisqués. Hommes, femmes, enfants et vieillards furent entassés dans des camions et déportés vers la Zone libre contrôlée par le gouvernement de Vichy. La synagogue locale fut profanée puis transformée en 1942 en usine de cartonnage. Bouxwiller fut finalement libérée en novembre 1944. La synagogue ne fut pas restaurée après la guerre.

Seul un oratoire fut aménagé dans les locaux. Après la Seconde Guerre mondiale, la population dut faire face à de profonds changements. Le point le plus marquant est la modernisation de l’agriculture, la population se détachant peu à peu de son mode de vie rural. En 1907, on a dénombré 165 exploitations agricoles à Imbsheim. Cent ans plus tard en 2007, il n’en restait plus que trois, tournées vers des cultures industrielles (maïs, colza, blé) et vers l’élevage de jeunes bovins et de vaches allaitantes Pour cette même année 2007, les quatre localités de la commune de Bouxwiller ne comptaient plus qu’un total de seize exploitations, la population active se tournant surtout vers des emplois dans l’industrie et les services (702 ouvriers, 379 professions intermédiaires, 130 cadres, 65 artisans-commerçants). Cependant, l’armorial de Louis XVI reprend un sceau moins ancien, daté de 1588: D’azur, à un Saint-Léger évêque, vêtu pontificalement le tout d’or, chargé en pointe d’un écu parti d’azur à une aigle contourné d’or et de gueules à un lion d’argent.
L’actuel blason de la municipalité est donc une simplification du sceau de 1588 et s’inspire du sceau de 1548. La représentation de Saint Léger ayant été abandonnée depuis.

Patrimoine religieux

Seuls le château résidentiel des comtes de Hanau-Lichtenberg et ses jardins seront détruits. Les autres constructions telles la Chancellerie ou la Halle aux blés (local du Musée du pays de Hanau) ont été épargnées. Au début du, le démantèlement des fortifications issues du Moyen Âge entraîne la disparition des tours d’angle et des deux portes qui verrouillaient la cité mais les remparts sont encore en grande partie debout. Abritées par ces derniers, de nombreuses maisons à colombage des, ont été sauvegardées et restaurées; autour de la place du Marché-aux-Grains par exemple. Parmi les plus belles constructions, on peut signaler un immeuble de style Renaissance, la maison du receveur ecclésiastique (rue du Canal) construite avant 1581, logement de fonction à l’époque de l’écoutète sieur Roehrich et deux immeubles de style baroque richement sculptés de nombreux motifs (têtes, végétaux, démons); la maison Pflüger construite en 1667 et située dans la Grand’Rue et la maison Siegler construite en 1670 et située dans la rue de l’Église.

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Population

3.712 habitants

Région

Grand Est

Département

Bas-Rhin
(67)

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