Bram

Histoire de Bram

Bram est une commune de Aude, en Occitanie, qui compte 3 239 habitants. Durant l’antiquité, la localité est fondée par les Volques Tectosages qui occupent la région. Elle se dénommait alors Eburomagos, magos signifiant en gaulois, la plaine, l’esplanade ou le terrain servant de marché et eburo, l’if. Ce nom peut donc se traduire par « Marché de l’If ».

Le nom actuel de l’agglomération, Bram, peut provenir de la contraction de cette ancienne appellation celtique.

Une occupation datée du Néolithique a été prouvée par la présence de céramiques typiques lors de fouilles sur la commune en 2018. Le Vicus Eburomagus est attesté au et figure sous ce nom sur la table de Peutinger. Le village était situé à un carrefour de la voie d’Aquitaine. Il y existait un important marché de vins et des ateliers de poteries connus pour leur céramique sigillée à vernis rouge. Les fouilles ont révélé un théâtre, un temple et des thermes. L’administration était entre les mains de trois magistri vici.

En 333, l’anonyme de Bordeaux, sur la route de Jérusalem, s’y arrête et note l’étape comme Vicus Hebromago. C’est au début du que le village, qui a vu son étendue doubler, se dote d’une seconde enceinte et qu’apparaissent les premiers chevaliers et seigneurs de Bram. Ils installent leur château dans l’enclos ecclésial originel face à l’église. Les deux tours (le clocher et le donjon) s’affrontent ainsi symboliquement pour le partage du pouvoir. Lors de la croisade des albigeois, l’armée croisée conduite par Simon de Montfort prend Carcassonne en 1209. Elle est venue punir les hérétiques cathares.

Les seigneurs occitans résistent et l’un d’eux, Giraud de Pépieux, punit deux chevaliers croisés en leur faisant crever les yeux. Peu après, début 1210, l’ost croisé prend d’assaut la petite ville de Bram qui a refusé d’ouvrir ses portes. Simon de Montfort ordonne que soient arrachés le nez et les yeux des survivants, en représailles. Un seul n’est qu’éborgné: il servira de guide aux autres, pour conduire ses compagnons jusqu’à Lastours afin d’avertir les défenseurs de ce qu’ils encourent s’ils ne se rendent pas. Après cet épisode, Simon de Montfort laissa la ville en fief à l’un de ses compagnons: Alain de Roucy. Après la croisade le comte Raymond VII de Toulouse reprit son pouvoir et le confia à Olivier de Termes.

Un sixième de la seigneurie restant à Jourdain de Saissac, qui le cédera au Monastère de Prouilhe en 1283. Olivier de Termes vendit ses droits en 1265 à la Famille de Voisins qui possedera la baronnie du. Le village s’est développé de manière concentrique autour du château sur motte où se situe depuis le l’église Saints-Julien-et-Basilisse. Celui ci s’est ensuite déporté hors du village libérant la place centrale. Au bas Moyen Âge se construit une nouvelle ceinture de fortifications, protégées à l’extérieur par des fossés alimentés par une dérivation de la Preuilhe. Le dernier vestige du château médiéval était une tour servant de prison qui existait encore.

En 1582, le village et le château sont pris par les huguenots qui tentent vainement de contenir le siège entrepris par les catholiques de la Ligue. C’est dans ce contexte que Paul-Jacques de Lordat, seigneur de Prunet (Arzens), dont la famille est originaire du comté de Foix, achète par contrat la baronnie de Bram le, à la famille de Bernuy, par l’intermédiaire d’Aldonce de Bernuy (1545-1612). Elle comprenait les paroisses de Bram, Buzarens, Villarzens et Villesiscle, sur laquelle fut transféré en 1719, le titre de baronnie des États de Languedoc rattaché à la terre de Clermont-Lodève. Le château actuel fut construit par Louis de Lordat, au début. Cette famille conservera son droit seigneurial jusqu’à la Révolution. Le roi Louis XIII, passa une nuit au village le accompagné du cardinal Richelieu.

Sa présence est attestée par une pierre gravée (inscrite aux monuments historiques par arrêté du ) portant une inscription visible sur un mur, et quelques mètres plus loin, par un cartouche sculpté sur la façade de l’ancienne boulangerie du « château de la Baronnerie » située dans la rue qui porte son nom. Dix jours plus tard, à Toulouse (au Capitole), il assiste à l’exécution du duc Henri II de Montmorency, vaincu à Castelnaudary en septembre. En 1636, il accorde à la ville la permission de tenir un marché hebdomadaire le mercredi, ainsi que quatre foires annuelles (Jour de l’An, le, le jour de la Pentecôte et le ). Durant la Seconde Guerre mondiale, un camp d’internement français, dit « camp du Pigné », est implanté en zone limitrophe entre les communes de Bram et de Montréal, près de la ligne de Bram à Belvèze, allant jusqu’à Lavelanet. Actif de 1939 à 1941, entre y ont été internées, principalement des exilés espagnols de la Retirada. Les 24 et, 159 juifs dont, résidant dans l’Aude, furent raflés sur ordre du gouvernement de Vichy et livrés aux nazis.

Ils furent déportés de la gare de Bram vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Une stèle installée devant le parvis rappelle cet épisode tragique de l’Histoire. Gisèle et Germain Lyon, résidents de Bram, font partie, avec quatre membres de leur famille, des de l’attentat terroriste perpétré à Nice sur la promenade des Anglais. Leurs noms figurent sur le monument aux morts de la commune et sur la stèle se trouvant sur le « parvis de la laïcité » créé devant l’hôtel de ville ainsi que sur le Mémorial des victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. La plaque commémorative est illustrée d’une Marianne dessinée spécialement par Benjamin Régnier, qui a ému la France avec sa « Marianne en pleurs » créée au lendemain de l’attentat du Bataclan.

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Population

3.239 habitants

Région

Occitanie

Département

Aude
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