Brétigny-sur-Orge
Histoire de Brétigny-sur-Orge
Brétigny-sur-Orge est une commune de Essonne, en Île-de-France, qui compte 27 106 habitants. Britiniacum en 1146, Bretigniacum en 1548, Breteigny. Les origines de Brétigny remontent à l’ère de la Gaule romaine. Il s’agit du type toponymique gallo-roman Britiniacum ce qui veut dire « propriété du Breton ».
Le nom atteste donc que le territoire était à cette période attribué à un Breton, venant de l’île de Bretagne, la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, à l’époque des migrations bretonnes. Brétigny fit ensuite partie du domaine royal des rois mérovingiens ( au ). Lors de la création de la commune, le nom s’orthographiait Bretigny sans accent aigu, celui-ci fut ajouté en 1801 et la mention de la rivière en 1898.
Sur le territoire de la commune furent découverts au cours de fouilles archéologiques des outils et un dépôt votif de la Protohistoire et de la Préhistoire, attestant d’une présence humaine. Des fondations de villa rustica et de la vaisselle gallo-romaine prouvent l’importance agricole du lieu depuis cette époque. Le domaine fut cité en 697 sous le nom de Britiniacus dans l’acte de fondation du monastère de Limours. Dès 1030 était mentionnée une première église dédiée à saint Pierre. Au, le fief de Fontanis appartenait au prieuré de Longpont. Parallèlement, un château seigneurial mentionné sous le nom de Vicinum occupait l’actuel centre-ville.
En 1220, un cartulaire de l’évêque de Paris Guillaume de Seignelay attribuait le fief à Jean de Brétigny. Le territoire de Brétigny, au Moyen Âge, se découpait en deux paroisses, plusieurs seigneuries dont une principale. C’est donc à cette période que Brétigny fut séparée du hameau du Plessis-Pâté. Les seigneurs avaient réussi à la rendre indépendante du bailliage royal de Montlhéry en 1480, puis en 1614, elle obtint son propre bailliage, son tribunal et sa geôle. La guerre de Cent Ans provoqua de nombreux dégâts, l’église fut notamment dévastée, si bien que les chiffres de populations étaient au plus bas. Au, la seigneurie appartenait à Jacques de Saint-Benoist.
En 1493 fut établie la ferme de Maison Neuve vaste de deux cents arpents. Au, Hugues La Garde acquit le fief de Fontanis et le manoir dit du Pavillon fut construit. En 1614, le domaine revint à François de Martel qui entreprit la modernisation du château dans un style Louis XIII et y ajouta un jardin à la française agrémenté d’un canal. Puis en 1733 la famille d’Estaing récupéra le domaine. En 1758 fut signé le devis de destruction du château de Brétigny, abandonné depuis 1750. De 1719 à 1784, la famille Marrier, propriétaire du Pavillon, l’embellit.
En 1843, le territoire de la commune fut coupé en deux par la construction de la ligne Brétigny – Tours, bifurcation de la ligne Paris – Bordeaux. La construction d’une halte puis en 1865 d’une gare voyageurs et marchandises permit aux agriculteurs d’exporter directement leurs produits vers Paris. En 1864, la commune se dota d’une mairie. En 1899, Lucien Clause installa au Mesnil ses établissements prospères de graineterie. Lui et son confrère Paul-Gabriel Chevrier qui avait découvert le séchage du haricot permirent à la commune de conserver une activité agricole. Entre 1914 et 1915, la ferme de Maison Neuve est utilisée comme base de ravitaillement et de cantonnement de la Croix-Rouge, annexe de l’hôpital de La Norville, et à partir de 1915, une station-magasin de l’Intendance.
Dans les années 1930, la commune se dote d’une salle de cinéma, d’une salle des fêtes et de l’école Jean-Jaurès. En 1938 est installé sur les terres de Brétigny-sur-Orge et Le Plessis-Pâté un parc aérien militaire. L’aérodrome et le nœud ferroviaire tombent aux mains des Allemands, qui l’utilisent entre 1940 et 1944. Ils occupent aussi le Pavillon en le transformant en magasin de stockage alimentaire. La commune est libérée le par l’Armée Patton. Le château du Pavillon est vendu à la Société nationale des chemins de fer français et devient un centre de loisirs.
Le site aéronautique devient après la Seconde Guerre mondiale la base aérienne 217 abritant le centre d’essais en vol, l’institut de médecine aérospatiale du service de santé des armées et le centre départemental de Météo-France. Le puis le, Jacqueline Auriol y est la première femme à dépasser le mur du son à bord d’un Mystère II. Cette histoire aéronautique permet aujourd’hui à la commune de revendiquer le titre de « berceau de l’aviation ». En 1968 est construite la clinique La Fontaine, établissement moderne à l’époque mais depuis fermé. L’urbanisation massive d’après guerre, avec la construction des cités Victor-Hugo, La Fontaine, Les Ardrets, Colenot et La Moinerie, entraîne la création d’un nouveau lieu de culte en 1960, l’église Saint-Paul. En 1967 s’installe sur la base (bien que sur le territoire de la commune voisine du Plessis-Pâté) le centre expérimental d’Eurocontrol.
En 1968, Brétigny-sur-Orge accueille la délégation nord-vietnamienne et le représentant Lê Đức Thọ pour les négociations de l’accord américano-vietnamien. À partir des années 1980 est aménagée la ZAC de Maison Neuve. Brétigny-sur-Orge est la dernière ville-étape du Tour de France, le. La commune retrouve l’épreuve cycliste pour l’avant dernière étape du Tour de France 1993. En 2001, le CEV (Centre d’Essais en Vol) est en partie transféré sur la base aérienne 125 d’Istres et en 2006, le centre météorologique ferme ses portes. Suivant le programme de modernisation de la Défense, le CEV de Brétigny-sur-Orge est définitivement fermé en 2009, et la base aérienne 217, ainsi que le logistique du commissariat de l’armée de terre sont démantelés à partir de 2011.
Le à, un accident ferroviaire se produit en gare de Brétigny: le train Intercités devant relier la gare de Paris-Austerlitz à celle de Limoges-Bénédictins déraille. Sept personnes meurent dans l’accident et soixante-neuf sont blessées.