Briançon

Histoire de Briançon

Briançon est une commune des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte environ 10 561 habitants. Le nom de la localité est attesté dès l’Antiquité sous les formes Brigantion au Ier siècle avant J.-C. chez Strabon, Brigantium sur les vases apollinaires, et Brigantione sur la table de Peutinger au IVe siècle. Il s’agit de la fixation toponymique du mot gaulois brigantion signifiant « éminence », dérivé de brigant- « élevé ». La racine celtique brig-, désignant une colline ou un mont, se retrouve dans les dialectes alpins par amuïssement du [g]. Bien que longtemps liée au Dauphiné, la région est de langue occitane dans sa variante alpine, dite gavotte. Le nom de la ville en occitan est Briançon, prononcé Briançoun.

Une prospection systématique réalisée en 1994 par le Service régional d’archéologie n’a pas permis d’identifier de sites antérieurs à l’âge du bronze sur le territoire communal. Les premiers indices d’occupation, notamment dans le quartier de la gare, datent du second âge du fer. L’existence de Briançon est rapportée au début du Ier siècle par Strabon sous le nom de Brigantion, sur la route conduisant de la Gaule en Italie. Cette voie, dite « voie cottienne », prolongeait la route construite par Cnaeus Domitius Ahenobarbus entre Narbonne et le Rhône. Cottius, fils de Donnus roi de Suse, avait aidé les Romains dans la conquête des Alpes et reçu le commandement des peuples des deux versants avec le titre de praefectus civitatium. À l’époque de Pline, la ville appartenait au royaume vassal mais indépendant de Cottius II. Dans l’inscription du Trophée de la Turbie, les Brigiani figurent parmi les peuples soumis par Auguste, aux côtés des Caturiges. On suppose que Brigantio en était la capitale. La cité est appelée castellum Virgantiam par Ammien Marcellin dans la seconde moitié du IVe siècle. Trois bas-reliefs et inscriptions funéraires réemployés au-dessus de la porte d’entrée du château ont été transportés au Musée départemental des Hautes-Alpes à Gap.

La position et l’extension de la ville romaine restent débattues. Bien que peu de fouilles aient été conduites, la cité antique semble s’être étendue dans l’ensellement séparant le bas du massif de la Croix de Toulouse et la butte du château, au nord-ouest de la ville actuelle, le long de la route conduisant au Montgenèvre. Y ont été découverts en 1900 les vestiges d’un établissement de bains, et plus récemment ceux d’autres constructions ainsi qu’une nécropole. L’hypothèse de l’existence d’un amphithéâtre a été infirmée par les fouilles préventives. Après les invasions barbares, la ville romaine se replia sous la protection du piton fortifié dominant l’étroite vallée de la Durance, dans ce qui semble être un castellum.

Les habitants de la ville n’ont pas été les seuls à bénéficier de ce statut privilégié, car les négociations associaient plusieurs vallées formant la République des Escartons. Briançon et ses communautés négociaient avec trois autres groupes: le Queyras, Casteldelfino et Oulx, ces deux derniers sur le versant italien, dans la vallée supérieure de la Doire Ripaire en amont de Suse. Vers 1344-1345, le bourg comportait un mur d’enceinte percé de trois portes — porta Superior, porta Meana et porta Inferior — entourant quatre quartiers. À l’intérieur de l’enceinte se trouvaient la maison delphinale, le four communal, un beffroi d’alarme, la halle du marché, la maison des banquiers lombards et trois fontaines. La ville prospère formait alors une communauté formalisée avec les hameaux alentour, rassemblés sous le terme de « tierce ». L’ordre des Franciscains construisit son couvent des Cordeliers entre 1388 et 1391, dans l’enceinte de la ville, afin de lutter contre le valdéisme et de ré-évangéliser le peuple. En 1420-1421, le bourg occupait toute la surface de la ville fortifiée, et des faubourgs se créaient aux portes de celle-ci, exploitant le relief des montagnes pour occuper les points-clefs de surveillance des accès.

L’organisation politique singulière de Briançon, fondée sur la concertation entre vallées des Escartons, traduit une autonomie communautaire ancienne dans cette région de haute montagne. La cité, étape stratégique sur la voie reliant la Gaule à l’Italie, dut son importance à sa position sur le Montgenèvre, point de passage majeur entre les deux versants des Alpes. Les Brigiani, dont elle constituait probablement la capitale, figuraient parmi les peuples soumis par Auguste, comme l’atteste le Trophée de la Turbie reproduit par Pline l’Ancien. La présence d’un castellum après les invasions barbares, succédant à la ville romaine ouverte, marque la transition vers une organisation urbaine défensive caractéristique du haut Moyen Âge alpin. au centre du bourg médiéval se déployaient les principaux édifices du pouvoir et de la vie civique: la maison delphinale rappelait la présence du Dauphiné, le four communal, le beffroi d’alarme et la halle du marché structuraient le quotidien des habitants, tandis que la maison des banquiers lombards témoignait de l’activité commerciale entre la France et l’Italie. Les trois fontaines fournissaient l’eau nécessaire à une population resserrée derrière ses portes — porta Superior, porta Meana, porta Inferior — et abritée du froid par l’altitude. La construction du couvent des Cordeliers, au centre de la ville, s’inscrit dans le contexte plus large de la lutte contre les hérésies, en particulier le valdéisme implanté dans les vallées alpines voisines. Les sources antiques — Strabon, la table de Peutinger, Ammien Marcellin — confèrent à Briançon une continuité documentaire rare pour une cité de montagne, tandis que les vestiges archéologiques confirment l’occupation à partir du second âge du fer.

Informations Clés

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Population

10.561 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Hautes-Alpes
(05)

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