Briec
Histoire de Briec
Briec est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 5 808 habitants. Le nom de la commune en breton est Brieg. Briec s’appelait autrefois Plebs Brithiac au XIe siècle, Briziac en 1330 se retrouve parfois sous le nom de Briziec (XVIIe siècle). Le suffixe -ac montre que le nom est d’origine gallo-romaine.
La paroisse de Briec comprenait Edern et sa trève Guellevain [Gulvain], Landrévarzec, les trèves de Langolen, Landudal, Quilinen et Tréflez (désormais en Landrévarzec). Maurice Halna du Fretay a fouillé en 1892 le grand tumulus de Kerbernez, qui se trouve dans un champ dénommé Goarem-an-Tuchen (« La grande butte »); ce tumulus avait un diamètre de pour une hauteur de en son centre, et est composé de terre jaune. Un galgal entourait le dolmen, formé de dalles en schiste et en grès; trois urnes funéraires très décomposées par le temps y avaient été déposées dont l’urne centrale, plus imposante, devait contenir les cendres d’un personnage plus important; 25 silex taillés ont également été trouvés. Ce tumulus est très ancien, datant d’environ 4000 ans avant notre ère. Briec semble avoir été un fundus gallo-romain: la tradition place en effet sur le territoire de Briec un camp romain. Un cavalier à l’Anguipède (IIe siècle), découvert à Guellen, est exposé au Musée départemental breton de Quimper. Selon le cartulaire de Landévennec, le roi Gradlon aurait donné des terres (22 métairies valant ) en Brithiac [Briec] à saint Guénolé pour qu’il fût inhumé dans l’abbaye de Landévennec. Selon le cartulaire de Quimper, le consul Hoël aurait donné au XIe siècle la terre de Bremuden en Brisiac à la cathédrale Saint-Corentin de Quimper et à son chapitre.
La région de Briec formait au haut Moyen Âge un pagus, c’est-à-dire une subdivision administrative de la Cornouaille, devenu le Pays glazik. La ploue de Brithiac (ou Briziac), une des paroisses primitives de l’Armorique, regroupait aussi Landudal, Langolen, Edern, Landrévarzec, Laz et Trégourez; elle était vaste de hectares. Vers 1248, Landrévarzec se détache de la paroisse de Briec pour constituer une paroisse indépendante. « La paroisse de Briec se présentait jadis comme une curieuse mosaïque de trêves et d’enclaves séparées du quartier du bourg par les territoires d’Edern et de Landrévarzec » a écrit Bernard Tanguy. En fait il s’agit d’un mur construit à l’époque du duc de Bretagne Jean Le Roux pour entourer sa propriété de Castel-Nin (Châteaulin); ce mur en pierres tantôt sèches, tantôt maçonnées, large d’un mètre et haut d’environ avait 7 à 8 lieues de périmètre et était bordé côté extérieur par un chemin large de; il traversait la partie nord de la paroisse de Briec. Une bonne partie de la paroisse de Briec dépendait de la seigneurie de La Roche-Helgomarc’h, séparés en deux tronçons principaux: les manoirs de La Motte, Stanglevenen, Kerautret, Parc-Jean, Kervenou, Rosquillec, Roc’hou, Kercalédan, le Guern, Kerhervé, Kergolhuezen, Kereffran, Lannuchuezen, Kerampeoc’h et Quénec’hdu d’une part; le second tronçon, séparé du précédent par le fief de Guellevain [Gulvain], qui dépendait de l’abbaye de Landévennec, couvrait une grande partie de la paroisse de Briec avec ses trèves de Langolen, Landudal et Quilinen. Ces terres furent par la suite, à partir de 1576, incorporées dans le marquisat de La Roche-Laz. Une autre partie de la paroisse de Briec dépendait de la baronnie de la Châtaigneraie (Quistinic en breton), qui appartenait à la famille de Quélen.
Le sire de la Châtaigneraie, François de Quélen, fait prisonnier en Terre sainte, fut délivré et fit élever, en actions de grâce, l’église de Landudal, qui est de style ogival. Cela est constaté par une inscription qui existe encore dans cette église. Le 9, à Briec et dans les environs, a lieu un épisode de la Révolte du papier timbré, connue aussi sous le nom de « Révolte des Bonnets Rouges » Les trois meneurs de cette révolte cités dans ce texte furent exclus de l’amnistie accordée le 5 par. Laurent Le Quéau fut torturé par le feu à trois reprises puis « exécuté de mort » à Quimper le 17 après avoir été jugé par le présidial de Quimper. Lors de son interrogatoire mené par l’avocat du roi Pierre du Disquay, il déclare Allain Le Moign et plusieurs autres furent aussi arrêtés et le même texte fournit aussi la retranscription de leurs interrogatoires. On ignore s’ils furent tous exécutés, mais ce fut le cas pour Allain Le Moign, dont voici des extraits de sa condamnation à mort par le tribunal de Carhaix
Au, la paroisse de Briec comprenait encore les trois trèves de Quilinen, Landudal et Langolen et possédait de nombreuses chapelles: Saint-Corentin du Creisquer, Saint-Sébastien de Garnilis, Saint-Adrien, Le Pénity, Sainte-Cécile, Saint-Vénec, Saint-Egarec, Notre-Dame de Pitié, Saint-Magloire sur la trève de Langolen et Saint-Tugdual sur la trève de Landudal dans chacune de ces localités. Les prisons se trouvaient à Laz où se voyait aussi un pilier armorié aux armes de la juridiction avec cep et collier servant de pilori ». Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Briec en 1778 lieues au nord-est de Quimper, son évêché et son ressort et à lieues de Rennes. Cette paroisse, dont la cure est présentée par le chapitre de la cathédrale, relève du roi et compte, y compris ceux de Landudol (Landudal), Langolen et Quillinen, ses trèves, 4700 communiants. Il s’y exerce une haute-justice. Ce territoire, d’une étendue considérable et couvert de bois, referme des coteaux, des vallons, des montagnes, et surtout des landes. Il est à croire que le sol est ingrat et stérile, ou que les habitants ne se donnent pas à la culture de leurs terres puisqu’elles sont si peu travaillées qu’à peine produisent-elles du grain pour la subsistance des cultivateurs.
Briec et ses trèves de Quilinen et Landudal (en tout 400 feux), furent représentés par cinq députés (Pierre Briand, Jean Le Cœur, Pierre Timen, Corentin Seznec, Hervé Le Saux) à l’assemblée du Tiers état de la sénéchaussée de Quimper. Le décret de l’Assemblée nationale du 16 précise que hors la ville, les paroisses du district de Quimper sont réduites à 18. Parmi elles, « Briec, qui aura pour succursales les paroisses supprimées de Langolen, Quilinen, Landudal et Saint-Guénec [Saint-Vennec] ». Ce découpage ne fut que provisoire et non repris lors de la création des communes par le décret de la Convention nationale du (31). En 1795, des chouans, basés à Locoal-Mendon dans le Morbihan, dirigés par Georges Cadoudal, de retour de la poudrerie du Pont-de-Buis qu’ils avaient attaqué par surprise pour y voler de la poudre, tuèrent l’instituteur et le curé constitutionnel de Briec ainsi que le curé aussi constitutionnel de Saint-Ségal.Michel-Armand de Cornouaille, dit « le comte de Cornouaille », né le 22 au manoir de Kerlez (Trolez) en Landrévarzec (puis en Briec à partir de 1790), participa à la Chouannerie locale dont il fut l’un des chefs (chef de la légion de chouans, il était surnommé « Carnage ») aux côtés de Jean François Edme Le Paige de Bar pendant la Révolution française, organisant notamment l’assassinat de Pierre Briand, ancien député à l’Assemblée législative, juge de paix et administrateur du canton de Briec, le (7) à Landudal; il fut aussi soupçonné d’avoir participé à l’assassinat de l’évêque de Quimper, Yves Marie Audrein le 19; en 1815, il organisa l’insurrection de Quimperlé. Époux de Rose-Marie-Josèphe de Quélen, élevé au grade de chef de bataillon, il mourut à Quimper le 11. Un rapport officiel décrit ainsi Briec-de-l’Odet en 1818: « Le chef-lieu ne se compose que de l’église et du presbytère, de deux maisons particulières, deux auberges, trois habitations rurales et quelques chaumières. (.) Les hameaux, assez également répartis sur l’étendue de la commune, sont au nombre de 296 et quelques maisons isolées ». En 1801, l’élevage était important à Briec: dans ses 434 exploitations agricoles, on recensait alors environ 850 chevaux, et; les landes occupaient 30 % du finage, mais il ne faut pas oublier qu’elles constituaient alors un fourrage apprécié. La prospérité de la commune et d’une partie de ses habitants au fil des siècles sera favorisée par le développement de l’élevage et notamment d’une race particulière de chevaux, les « doubles bidets ». Henry de Robien écrit encore en 1910 que les communes du canton de Briec, notamment Briec, Landrévarzec, Landudal et Langolen « constituent une zone merveilleuse pour la production du cheval de trait léger, du bidet compact ». Jean-François Brousmiche écrit vers 1830 que « la commune de Briec, dans sa vaste étendue, offre des terres de toute nature, présentant une culture extrêmement variée.
Il est des parties de son territoire où la charrue ne peut déchirer le sol, il en est d’autres qui sont d’une grande fertilité. Le pays est couvert (bocage), on y voit beaucoup de taillis, mais les futaies y sont rares (.) ». Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Briec en 1843 Briec faisait partie, ainsi que d’autres communes comme Guengat, Plonéis et Plogastel-Saint-Germain, des localités voisines de Quimper dont des familles, le plus souvent très pauvres et trouvant là le moyen de gagner quelque argent, accueillaient de nombreux enfants naturels abandonnés mis en nourrice placés par l’hospice de Quimper; beaucoup d’entre eux décédaient en raison de la médiocrité des soins qui leur étaient prodigués. La vaste étendue de l’ancienne paroisse de Briec a entraîné son découpage progressif: déjà Langolen avait obtenu d’être une paroisse indépendante à la fin du XVIIe siècle. Quilinen est rattachée à la paroisse de Landrévarzec en 1843. Par contre Landrévarzec céda à Briec la chapelle de la Madeleine, et son ancienne trève de Trefflez. Landrévarzec est détaché de Briec par la loi du 25 mai 1893.
Louis Delobeau, sénateur-maire républicain de Brest, lui répond Le Journal officiel de la République française du 11 mars 1903 indique qu’une pétition signée par 712 habitants de la commune de Briec-de-l’Odet et protestant contre la Loi de 1901 a été remise par Louis Félix Ollivier, député des Côtes-du-Nord, sur le bureau de la Chambre des députés. Le journal du 9 juin 1903 écrit En 1913, malgré les demandes répétées de l’inspection académique depuis plus de 3 décennies, la municipalité refuse la construction d’une école au Moulin du Duc.
Le projet est définitivement abandonné en 1919. Le monument aux morts de Briec porte les noms de 271 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Plusieurs soldats briécois (Eugène Gaonach, Jean Gaonach, François Gautier, Hervé Gougay, Simon Himidy, Michel Le Berre, Louis Loudu, Yves Rannou, Jérôme Tassin) sont morts dès le mois d’août 1914 dans les combats de Maissin et Rossignol en Belgique entre le 21 et le 23; d’autres sont morts sur le front d’Orient (Jean Le Pann, décédé en Grèce; Jean Thépaut et Henri Révois, décédés en Serbie; Théopile Sans, décédé en Macédoine, Jean Le Berre, décédé en Roumanie, Louis Bélec, décédé en Bulgarie). Un briécois est disparu en mer pendant le conflit (Jean-Louis Le Scao, matelot canonnier à bord du croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé par un sous-marin allemand près des côtes syriennes le 8); un autre est mort en captivité en Allemagne (Pierre Bertholom).
Un soldat briécois est mort lors de la bataille d’Elhri un combat contre des rebelles au Maroc (Jean Le Corre). Tous les autres sont décédés sur le sol français: parmi eux, François Moullec, sergent au 19e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi le 10 novembre 1918 (la veille de l’armistice) à Flize (Ardennes) Trois soldats briécois sont décédés en Turquie pendant la campagne de Cilicie entre 1918 et 1921: Jean Ménez, décédé à Mersin le 23; Jean Rannou, décédé à Tarsous le 20; Hervé Rolland, décédé le 6 à bord du navire hôpital » Vinh Long « . Par décret du 30, la justice de paix de Briec, de même que celle de Fouesnant, est rattachée à la justice de paix de Quimper. Des jeunes paysans finistériens, notamment du pays glazik, émigrent pendant la décennie 1930, s’installant principalement autour de Lanouaille en Dordogne. Un mouvement important d’émigration de jeunes agriculteurs, provenant surtout des cantons de Briec, Bannalec et Scaër (en tout une centaine de familles), vers la région de Villeneuve-sur-Lot et Agen se développa aussi après la Première Guerre mondiale. Le monument aux morts de Briec. Le 7, la Compagnie FFI de Briec, ou compagnie FFI, issue du mouvement Vengeance, dirigée par Pierre Le Gars, qui dispose de 260 hommes, après avoir reçu le 3 des armes par parachutage près du hameau de Stang Vras en Langolen: le lieutenant-colonel Roger Bourrières, dit « Berthaud », chef militaire départemental FFI, en accord avec ses adjoints, décide alors de libérer Quimper; le 4 une colonne formée par la compagnie FFI pénètre vers 19 heures dans Quimper par le quartier de l’Eau Blanche et défile dans les rues du centre-ville abondamment pavoisées; après un accrochage avec un blindé allemand, la compagnie FFI se réfugie pour la nuit sur le mont Frugy et à Creac’h Maria et les Allemands reprennent le contrôle de la ville.
Les 5, 6 et 7 août 1944, les, et compagnies FFI encerclent partiellement Quimper. La FFI se positionne à la sortie nord de la ville de Quimper autour des lieux-dits Tréqueffelec, Kermahonnet, au Loch et à Gourvily. Le 5, un accrochage se produit à Gourvily entre une colonne allemande de voitures et la compagnie de Briec provoquant la mort de quatre résistants: Michel Capitaine, Corentin Guyader, François Le Goff et Yves Le Scao (un autre avait déjà été tué la veille, le 4: Henri Lennez). En représailles, les Allemands mettent le feu à une ferme de Gourvily et tuent cinq membres de la famille Le Jeune. Le 8, une patrouille de reconnaissance, menée par le lieutenant Jean Kernaléguen, second du commandant Le Gars, se dirige vers la ville et rencontre place de Brest un convoi de camions allemands: Jean Kernaléguen est tué et ses deux camarades sont pris en otage. Ce convoi allemand, fort d’une douzaine de camions et d’environ 250 hommes, se dirigeant vers Brest, est attaqué à Tréqueffelec par les résistants vers; les combats font rage; les résistants reçoivent vers 14 heures le renfort de la compagnie FFI, dirigée par Gabriel Nicolas. Les Allemands cessent la bataille vers 18 heures, abandonnant sur place morts (une cinquantaine d’entre eux auraient péri), blessés et camions incendiés pour aller se réfugier dans la Presqu’île de Crozon. Les résistants comptent dans leurs rangs sept morts (Ernest Delettre, Corentin Guéguen, Corentin Quiniou, Pierre Tarridec, tous les quatre d’Edern, François Jacq, Théophile Pichot, tous deux de Briec, auxquels il faut ajouter Jean Kernaléguen cité précédemment) et cinq blessés; la ville de Quimper est libérée à la suite de cette bataille de Tréqueffelec.
Corentin Stéphan, agent de liaison motocycliste dans la Résistance, est tué le 28 à Saint-Thois; il a reçu post mortem la Croix de guerre 1939-1945 avec médaille de bronze. Un autre résistant, Laurent Hemery, est tué le 10 à Briec. Parmi les résistants qui ont survécu, on peut citer Jean Mével, dont la citation lors de l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent dit: « Résistant de la première heure. A organisé comme chef de compagnie de nombreux sabotages. A participé à l’attaque de la prison de Saint-Charles. Yves Le Cœur est décédé au camp de concentration du Stutthof le 8. Trois Briécois (Hervé Gougay, François Houdeye et François Le Borgne) sont morts pendant la guerre d’Indochine et un pendant la guerre d’Algérie (Jean Le Grand). La nouvelle mairie de Briec est inaugurée en juillet 1975 par le maire, Pierre Stéphan, et par Alain Poher, alors président du Sénat.
En 1976 Briec comptait 234 exploitations agricoles (leur superficie moyenne était de ); en 2019 elles ne sont plus que 80 et en 2025 60, mais sont de plus grande taille. La traversée de la commune en son milieu sur de long par la voie express Route nationale 165| mise en service en 1976 entraîna la perte de de terres agricoles, mais a suscité l’implantation de plusieurs entreprises industrielles, artisanales et commerciales à proximité de l’échangeur de Kerlez et le long de la rocade sud ( prolongée par la ) en direction d’Edern, notamment les abattoirs de l’UNACO (repris ensuite par la société Doux, de Châteaulin), Pineau Bois, la SBA (Société briécoise d’abattage), Poult (biscuiterie) La Communauté de communes du Pays Glazik, créée en 1993 et dont le siège se trouvait à Briec, a fusionné le 1 janvier 2017 avec Quimper Communauté, intercommunalité dans laquelle elle a été englobée. La fermeture en 2002 de l’usine du groupe Doux entraîna la suppression de 250 emplois. Briec se développe rapidement. Le maire, Jean-Hubert Pétillon, déclare en 2019: « Notre position dans le département près de la quatre voies est très attractive. (.) Le prix du m (73 euros en moyenne) est moins élevé que dans le sud du département et reste abordable. Nous allons aussi profiter de l’installation de la nouvelle clinique à Kerlic » (en périphérie de Quimper) « Je pense que dans un ou deux ans, nous aurons atteint le cap de habitants ».
L’usine d’incinération de Briec produit de la chaleur qui permet de chauffer de serres, ainsi que de produire de l’électricité via une turbine qui alimente l’équivalent de foyers.