Broons
Histoire de Broons
Broons est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 2 924 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Brohun en 1182, Broon en 1184, Broun en 1199, Broon en 1205 et 1210, Bron puis Broum en 1224, Broon en 1252, Brom en 1374, Broon en 1411 et 1420, Bron en 1654 et 1636. La graphie du toponyme Broons a changé au cours du temps. L’une des formes primitives est Bron, comme l’attestent des textes.
Plus tard, vient s’ajouter un deuxième o, puis le -s final peu après la Révolution française. Le voit l’ajout d’un accent circonflexe sur le premier ou le second o, ou même parfois un accent large sur les deux à la fois, bientôt remplacé par un tréma durant la première moitié du, lui aussi placé indifféremment sur l’un ou l’autre o. Aujourd’hui, les trois orthographes Broons, Broöns et Bröons cohabitent dans les textes, mais la première est plus répandue.
Quoi qu’il en soit, cela se prononce toujours « bron ». Ce nom est d’origine celtique et signifie, selon La Borderie, « tertre, mamelon », motte, ici pris dans le sens de « colline », employé au pluriel « les collines », ou encore s’agit-il d’un nom de saint celtique Brochan (gallois Brychan), ou du gaulois braconnos « marécageux », bien que l’absence de formes suffisamment anciennes ne puisse confirmer l’une ou l’autre de ces hypothèses. Selon Erwan Vallerie, la forme ancienne terminée par -hun indique l’évolution finale dans les langues d’oïl de l’élément gaulois -dūnon signifiant « citadelle ».
L’orthographe Bron est auparavant attestée dans des textes en breton des et siècles.
L’occupation humaine est attestée à Broons depuis la Préhistoire, notamment à l’âge du bronze et l’âge du fer. Des coins en bronze ont été découverts au lieu-dit le « Pont du Château ». À l’époque gauloise, Broons se situait dans le territoire des Coriosolites, dont la capitale se trouvait à Aleth. Des pointes de flèches en silex, dentelées en scie ont été découvertes en labourant un champ à Broons. Elles semblent être gauloises d’après les spécialistes qui les étudièrent en 1842. D’origine gauloise aussi, un «souterrain» fut mis au jour près du village de Brangalo, à mi hauteur de la côte entre le Pont Plisson et l’actuel bourg de Broons. Ce sont deux boyaux accolés qui permettaient aux gaulois de mettre à l’abri des céréales et diverses matières entreposées à même des poteries. À l’époque gallo-romaine, les terres riches et fertiles de Broons étaient cultivées par les habitants de ce territoire d’Armorique.
Le site d’une villa gallo-romaine a été localisé au lieu-dit Carhalo, dans un champ entre le bourg de Broons et Brondineuf. Ce site fut occupé durant tout le. À la suite d’une campagne de fouilles au, une plaque en schiste fut retrouvée, ainsi que des fragments de tegulae, de céramiques ainsi que des débris de ciment et des monnaies remontant aux époques des empereurs Gallien (253-268) et Postume (260-269). La plaque de schiste, conservée aujourd’hui au musée de Dinan, devait décorer une pièce dévolue aux bains compte tenu du sujet représenté, un triton tenant un bâton ou stimulus, qui guide au moyen d’une bride un hippocampe. L’usage de plaques décoratives en schiste est très fréquent dans les villae et les thermes de la cité des Coriosolites. À partir du haut Moyen Âge, Broons devient un bourg commerçant et une seigneurie, laquelle aurait dépendu de la paroisse primitive d’Yvignac. Cette seigneurie était assez importante et bien plus étendue que les limites actuelles de la commune. La relative richesse et puissance des seigneurs de Bron a laissé quelques traces écrites depuis le: en 1109, Pleardus, seigneur de Bron, est témoin dans l’acte de fondation du prieuré de Jugon par Olivier de Dinan, ce qui atteste qu’il est un des principaux vassaux de celui-ci.
De la même manière, le seigneur de Bron en 1205 est témoin de la fondation de l’abbaye de Boquen, à laquelle les sires Ollivier et Geoffroy de Bron donnent leur terre de l’Hermitage en perpétuelle aumône en 1211. Au début du, le siège de la Seigneurie de Bron est le château de la Motte-Bron, probablement une motte féodale, jusqu’en 1158, où deux frères jumeaux, Robert et Hamon de Bron, se disputent la succession, prétendant tous deux être l’ainé. Le duc Conan IV intervint pour régler la question, partageant Quota tibi (à parts égales) la seigneurie entre deux nouvelles de taille égale, donnant la partie contenant le château de la Motte-Bron au premier, et faisant construire pour le second un château identique appelé Bron dit Neuf. En 1248, Guillaume de Bron participe à la septième croisade, dans laquelle il se distingue en couvrant saint Louis de son corps à la bataille de Mansourah en 1250. Les noms des rivières (Rosette et Damiette) de Broons portent souvenir de cet événement, puisque ce sont à l’origine le nom des bras du Nil. En 1251, le seigneur de Pontorson et autres lieux, Robert du Guesclin, devient seigneur de Bron en épousant l’héritière. Leur fils aîné, Robert, lui succédera et épouse Jeanne de Malemains, qui lui donnera plusieurs enfants, dont l’aîné et héritier Bertrand Du Guesclin en 1320. On peut aussi citer son frère et compagnon d’arme Ollivier, et leur sœur Julienne, qui fut abbesse de Saint-Georges de Rennes et défendit Pontorson contre les Anglais en 1364.
Le château lui-même, modernisé pour résister à l’artillerie apparue entre-temps, a eu une importance stratégique pendant la guerre de Succession de Bretagne et la guerre de Cent Ans. Occupé aux alentours de 1350 par Olivier de Clisson, ami de du Guesclin et vassal des comtes de Penthièvre, il est repris à ceux-ci en 1420 par les troupes du duc Jean V, qui le donne à Jacques de Dinan, lequel le revend au sire de Brezé pour écus. Il est à nouveau vendu, cette fois à la famille de Villeblanche. Pierre de Villeblanche, en compagnie d’autres grands seigneurs bretons ambitieux, signe en 1484 avec Anne de Beaujeu un traité visant à remettre la Bretagne au roi de France. La seigneurie change ensuite à nouveau de mains, passant dans celles de la famille d’Espinay. Puis vient la guerre de la Ligue, conduite par le duc de Mercœur dont les troupes occupent Broons. Henri IV, puis sa veuve Marie de Médicis en 1614, ordonnent ensuite la destruction du château de la Motte-Bron, qui sera rasé en 1616, le marquis d’Espinay recevant en compensation une indemnité de. La seigneurie change une fois de plus de propriétaire, en 1689 par mariage avec la famille des Lorraine Brionne, ce qui explique la présence de nombreux calvaires en formes de croix de Lorraine.
Par la suite, la population de Broons se tient calme durant l’agitation des, ne participant ni à la révolte des Bonnets rouges, ni à la chouannerie, ce qui lui permet d’échapper aux répressions qui s’ensuivirent., sur la place centrale de Broons, Bretagne. Bertrand du Guesclin est né vers 1320 au château de la Motte-Broons. Il est l’aîné d’une famille d’ancienne noblesse bretonne. D’une laideur que les historiens ont soulignée à l’envi, c’est un enfant au caractère difficile et dont la disgrâce physique et l’humeur batailleuse font le désespoir de sa mère, Jeanne de Malemain. Son passe-temps favori est d’organiser des luttes et des combats avec ses jeunes compagnons de Broons. Vers l’âge de 17 ans, il s’illustre brillamment dans une grande joute donnée à Rennes. La guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) oppose Charles de Blois à Jean de Montfort.
Charles de Blois reçoit l’aide du roi de France, Montfort a le soutien du roi d’Angleterre. Du Guesclin prend le parti de Charles de Blois, dont l’épouse, Jeanne de Penthièvre, est la suzeraine des seigneurs de la Motte-Bron. La guerre, entrecoupée de trêves, s’enlise. C’est dans ces circonstances qu’avec quelques compagnons, recrutés dans les environs de Broons et de Dinan, Bertrand mène une guerre de partisans, harcelant les garnisons anglo-bretonnes. Il trouve refuge dans les forêts avoisinantes, comme celle de Paimpont. Il fait preuve de ruse et d’audace. Avec une soixantaine de compagnons, dont il déguise l’avant-garde en bûcherons, il prend l’importante forteresse de Fougeray. Devenu seigneur de Broons à la mort de son père en 1353, Du Guesclin peut recruter une petite compagnie d’hommes d’armes et se met au service du capitaine de Pontorson, Pierre de Villiers.
Il se distingue dans la défense de Rennes assiégée par les troupes du duc de Lancastre (1357). Dans ces temps, il défait en champ clos à Dinan, un chevalier anglais, Thomas de Cantorbéry qui, malgré une trêve, avait capturé son frère Olivier. Charles de Blois lui confie la garde de la seigneurie de la Roche-Derrien, et le Dauphin Charles le nomme capitaine de Pontorson et du Mont-Saint-Michel. Du Guesclin combat alors en Normandie, où il est capitaine souverain, contre les Navarrais, partisans de Charles d’Évreux, roi de Navarre, dit Charles le Mauvais. Quelques expéditions le ramènent aussi en Bretagne, au cours de l’une d’elles, il épouse Tiphaine Raguenel, savante en astronomie. En 1364, il remporte l’éclatante victoire de Cocherel (Eure). Le nouveau roi Charles V lui fait don du comté de Longueville. Il participe, la même année, à la bataille d’Auray qui met fin à la guerre de Succession de Bretagne: Charles de Blois y trouve la mort, Du Guesclin est fait prisonnier.
Sa rançon payée, le roi envoie Du Guesclin en Espagne. Il y sert les intérêts de Henri de Trastamare en lutte contre son demi-frère, le roi Pierre le Cruel. La bataille de Montiel (1369) et la mort de Pierre le Cruel, tué par Henri de Trastamare, met fin à cette guerre fratricide. En récompense, le nouveau roi de Castille, Henri II, fait don à Du Guesclin du duché de Molina et du comté de Soria. Cependant, la guerre entre la France et l’Angleterre a déjà repris. Charles V rappelle Du Guesclin et lui confie la charge de connétable de France en 1370; il devient le chef des armées royales. Commence alors la reconquête des territoires perdus lors du traité de Brétigny-Calais. Du Guesclin doit aussi délivrer quelques places fortes qui sont encore aux mains de compagnies de routiers qui oppriment les populations locales.
Après avoir enlevé Chaliers, Du Guesclin se porte devant la citadelle de Châteauneuf-de-Randon (Lozère) où il meurt le 13 juillet 1380, non dans un combat, mais de maladie. Il aurait, dit-on, bu de l’eau trop froide. Son squelette fut conduit à l’abbaye de Saint-Denis, la nécropole royale: dernier et prestigieux hommage du roi à son fidèle connétable. En 1790, Broons devient une commune, et le chef-lieu du district de Broons, qui comprenait, outre le canton de Broons alors amputé de Mégrit, l’éphémère canton de Mégrit, mais aussi les cantons de Caulnes, de Merdrignac, de Plénée et de Plumaugat. À la suppression des districts, Broons devient attaché à l’actuelle sous-préfecture de Dinan. Le général Vachot écrit le 3 juin 1794 au Comité de salut public de Segré: Après la Révolution, l’histoire de la commune se confond à nouveau avec celle de France. Le Monument aux morts de Broons porte les noms de 136 soldats morts pour la France
Patrimoine religieux
Au fil du temps, plusieurs monuments ont été élevés à la mémoire de Bertrand Du Guesclin.