Bubry
Histoire de Bubry
Bubry est une commune du Morbihan, en Bretagne, qui compte 2 273 habitants. Son nom est attesté sous des formes variées dès la fin du XIIIe siècle: Beubri et Bubri en 1282, Boubry en 1284 et 1294, Beubry en 1332, Biubry en 1342, Beaubry en 1354, Beubri en 1387, Buibri en 1453, Beubry en 1516, puis Bubric en 1630. En breton, la forme, attestée depuis 1748, figure aujourd’hui aux côtés du nom français sur le logo municipal adopté en 2023. La variante Beubri, également attestée par écrit en breton, est d’usage plus rare. L’hypothèse étymologique avancée par Hervé Abalain rapproche le toponyme des éléments busco, « bois », et bri ou bre, qu’il interprète au sens de « colline ».
L’occupation du territoire est ancienne: un lec’h christianisé sur la place de l’église atteste une présence humaine dès le Néolithique et l’âge du fer. La commune est traversée par la voie romaine reliant Rennes à Quimper et croise une autre voie ancienne entre Carhaix et Locmariaquer. En 1974, le défrichement d’une lande à Botcalper a livré un lingot de cuivre estampillé d’époque romaine, vraisemblablement importé du pays de Galles, signe de l’exportation de ce métal vers une Armorique pauvre en cuivre. La ferme fortifiée de Kerorguen, au lieu-dit Kerourio, en bord de l’ancienne voie Baud-Carhaix, est datée de l’époque gallo-romaine grâce aux artéfacts trouvés à proximité: poids de tisserand, meule tournante, stèle, ainsi que des traces d’enceinte avec douves profondes et fossés élevés. La situation géographique du bourg, au carrefour des voies reliant Pontivy à Quimperlé et Guémené-sur-Scorff à Hennebont, explique son occupation continue par les Bretons, et fait de Bubry, malgré sa taille, un site stratégique des hauts pays bretons.
Faute de sources écrites, l’histoire de la commune au Moyen Âge est difficile à retracer dans le détail. Selon Jean-Baptiste Ogée, dont la description de 1778 fait référence, le manoir de Keringuinen, devenu château de Kernivinen, appartenait en 1400 à Henri de Saint-Nouay, et la seigneurie de Keraly était tenue dès 1420 par Guillaume, sieur de Keraly; la famille s’allia ensuite aux Budes lorsque Charles de Keraly épousa Marie Budes, et en 1678 vivait Gilles de Keraly, qui possédait également les terres de Talhouet, Saint-Sauveur et du Faux. Le manoir de Penros était tenu par Guillaume, chevalier seigneur de Penros, et celui de Kerleriou par Charles le Quellec; le manoir de Coëtëycael, devenu Couydiquelle, appartenait en 1430 à Olivier Bignan. À l’époque féodale, Bubry dépend de la seigneurie de Pontcallec, créée par les ducs de Bretagne pour contrebalancer le pouvoir des Rohan de Guémené-sur-Scorff. Les seigneurs de Bubry n’étaient alors que vassaux du marquis de Pontcallec. Le hameau de Saint-Yves, trève de Bubry, est traditionnellement rattaché aux seigneurs de Saint-Nouay, propriétaires du manoir de Kernivinen, qui prétendaient appartenir à la même famille que le bienheureux Yves Hélory de Kermartin; ils érigèrent la motte féodale du Vieux Saint-Yves, entourée de douves de seize mètres de longueur et six mètres de profondeur, et financèrent la chapelle Saint-Yves. La seigneurie de Brûlé, à l’est de la paroisse, fut tenue par les Bruslé, les Chefdubois puis les Botderu. Son château, édifié par Jean de Bruslé puis remanié en 1747 et 1882, fut démantelé en 1950; n’en subsistent que les piliers du portail, les linteaux et la corniche qui ornait toute la longueur de l’édifice. Le comte Victor du Botdéru, dernier propriétaire avant la Révolution, émigra en Pologne en raison des événements. En 1778, Jean-Baptiste Ogée décrivait Bubry comme un territoire couvert de bois et de landes formant un pays plat, situé dans le ressort de Hennebont et relevant de l’évêché de Vannes.
Patrimoine religieux
Outre l’église paroissiale, sur la place de laquelle un lec’h christianisé rappelle l’ancienneté du site, Bubry conserve un ensemble de chapelles dispersées dans la campagne: la chapelle Saint-Yves, dont la fondation est associée aux seigneurs de Kernivinen et liée à la mémoire du bienheureux Yves Hélory de Kermartin; la chapelle Notre-Dame de La Salette, qui inscrit la commune dans la dévotion mariale dauphinoise diffusée au XIXe siècle; la chapelle Saint-Tremeur; la chapelle Saint-Clément; la chapelle Saint-Guénaël; et la chapelle Sainte-Hélène. À proximité de l’église paroissiale se trouve un monument dédié au maréchal Louis Franchet d’Espérey et à sa famille: le maréchal n’a jamais résidé à Bubry, mais plusieurs membres des siens y sont inhumés, notamment son épouse Alice Joséphine Dumaine de la Josserie, son fils Louis François tombé pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que sa fille Jacqueline et son gendre, le lieutenant-colonel Antoine Macé de Gastines. Le monument aux morts, sculpté en bronze par Gaston-Auguste Schweitzer, complète cet ensemble commémoratif inauguré au lendemain de la Première Guerre mondiale et lie ainsi la mémoire du conflit à celle des chapelles rurales de la paroisse.