Caluire-et-Cuire
Histoire de Caluire-et-Cuire
Caluire-et-Cuire est une commune du département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 43 572 habitants. Le nom officiel est Caluire-et-Cuire, mais la commune est souvent appelée simplement Caluire. La racine Cal pourrait venir de la racine pré-gauloise kal ou kla désignant pierre, rocher; le terme gaulois calio vient du pré-indo-européen kala ou karra signifiant lui aussi pierre. Selon l’historienne caluirarde Maryannick Lavigne-Louis, Caluire viendrait du mot couloire, avec le sens de « rigole, canal d’irrigation », dérivé du latin colare (« couler »). Selon l’historien Éric Vial, le nom du quartier Vernay viendrait du radical celtique verno désignant l’aulne, celui de Vassieux du latin vacivus signifiant vide. Cuire serait dérivé du mot cuer désignant ce qui reste en dernier, du latin cordus.
Comme l’atteste le Gros Caillou du quartier lyonnais voisin de la Croix-Rousse, la région était un immense glacier; des défenses de mammouths ont été retrouvées sur le territoire de la Grille à Caluire ou dans les proches carrières de Sathonay. À l’époque de la conquête des Gaules, des colons militaires romains s’installent sur les territoires avoisinant Lugdunum. Selon une tradition ancrée dans les sources, les noms Caluire et Cuire proviendraient de noms de colons romains installés sur place: Calvirius et Curius. Toutefois, l’hypothèse étymologique du couloire reste défendue. Le territoire est traversé par une voie romaine, issue du réseau en étoile mis en place par Marcus Vipsanius Agrippa autour de Lugdunum, la voie du Rhin, dans le sillage de l’actuelle rue de Cuire. Le lieu de la bataille de Lugdunum en 197 entre l’usurpateur Clodius Albinus et Septime Sévère a pu se tenir au lieu-dit Les Vieux Fossés. En 1573, Cuyres est un « petit village contenant environ six maisons ». Le bourg de Caluire était divisé en deux: les actuels quartiers de Cuire et Bissardon appartenaient au Franc-Lyonnais, alors que Vassieux et Saint-Clair relevaient de la Bresse. Le premier côté dépendait de la paroisse de Saint-Rambert; les morts devaient y être inhumés, et la traversée de la Saône rendait les processions difficiles. Cuire et une partie de Caluire font partie à partir du Moyen Âge du Franc-Lyonnais, petit pays établi entre la Bresse, la Dombes et Lyon. Par le traité de Lyon, Henri IV annexe la Bresse à la France et Caluire est désormais entièrement française. Nicolas de Lange, conseiller du roi et lieutenant-général en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, est reconnu seigneur de Cuire; il achète ce titre et, fidèle à ses convictions royalistes lorsque Lyon adhère à la Ligue en 1589, il abandonne son château et fuit la ville. Louis du Plessis autorise la construction, à la demande du peuple en 1650, de l’église Immaculée-Conception à Caluire. La seigneurie passe ensuite à Arnaud de Lange, baron de Villemenant, puis à ses fils Nicolas et Humbert, qui doit s’en séparer pour difficultés financières au profit de Guillaume de Sève. Une délégation d’habitants de Cuire s’entretient avec Caluire pour proposer une unification, et le conseil de district prononce la séparation de Cuire de la Croix-Rousse. La commune de Caluire-et-Cuire est créée en 1790, officiellement en 1797, par fusion de Caluire et du quartier de Cuire. Durant le siège de Lyon en 1793, Caluire joue le rôle de bourg de soutien à l’armée conventionnelle, alors que Cuire connaît de nombreux combats lorsque les troupes du général Dumay attaquent les forces lyonnaises. Une prison pour contre-révolutionnaires est constituée à Caluire, et le nom de la commune est temporairement remplacé par celui de Scévola, du nom d’un héros romain; la municipalité reprend rapidement son ancien nom.
Patrimoine religieux
Caluire-et-Cuire célèbre les lieux importants de la Résistance et l’arrestation de Jean Moulin au travers de stèles, statues et plaques. Une statue de Jean Moulin a été inaugurée pour l’anniversaire de l’entrée de ses cendres au Panthéon, devant la maison du Docteur Dugoujon, place Gouailhardou. Le Premier ministre François Fillon a commémoré l’arrestation de Jean Moulin et inauguré un Mémorial devant la maison du Docteur Dugoujon. Alors que les Allemands quittent la commune, deux enfants, Jean Turba (1930-1944) et Bernadette Choux (1931-1944) observent leur départ depuis les hauteurs de Montessuy; des soldats encore en poste de l’autre côté du Rhône les tuent par balle. L’allée Turba-et-Choux porte leurs noms, et une plaque commémorative en l’honneur de Jean Turba et de deux autres victimes de la barbarie nazie en 1944, anciens élèves de l’établissement, est apposée sur la façade de l’école d’Application Jean-Jaurès, place Jules-Ferry. Parmi les autres lieux et monuments figurent le tombeau du maréchal de Castellane (1856), le monastère des Clarisses, le fort de Montessuy, l’enceinte de Caluire et le château de Cuire. L’église Immaculée-Conception, construite à partir de 1650 sur autorisation de Louis du Plessis, structure historiquement la vie paroissiale de la commune.