Campénéac

Histoire de Campénéac

Campénéac est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 1 891 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Kenpeniac en l’an 840, Kempeniac en 844, Campaniacum au, Quampeneac en 1398, Quempeneac en 1420, Campeneac en 1467, Guinpeneac en 1630. Campénéac est issu d’une *Campaniacum, type toponymique formé avec le suffixe d’origine gauloise -acum En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, les prononciations de la localité et ont été respectivement collectées à Guer et à Peillac.

Henri-François Buffet transcrit une prononciation locale sous la forme « Campenya » en 1954.L’association Chubri relève plusieurs attestations orales et écrites et restitue la prononciation, qu’elle transcrit sous la forme Canpenia ». Reprenant la graphie proposée par Théophile Jeusset, Hervé Le Bihan propose en 1985 la forme bretonnisée Kempenieg. Il indique que la forme Kampeneag est aussi acceptable.

La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Kempenieg. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 21,6 % des toponymes de la commune sont bretons.

Plusieurs sites mégalithiques existent ou ont existé dans la commune: l’allée couverte de Brambelay (détruite; située dans le camp de Coëtquidan), le Tombeau du Géant (Tombeau des Géants) et les tumuli de la Butte de Tiot. Des camps romains auraient existé à proximité de la forêt de Brocéliande et Campénéac serait un fundus gallo-romain; on a retrouvé de nombreux vestiges (briques, monnaies, etc.) de l’époque et le « Chemin des Blatiers », à la limite entre Augan et Campénéac, est une ancienne voie romaine. Campénéac est considérée comme une paroisse primitive. Elle est citée comme paroisse dès le. À signaler aussi que le lieu-dit Bernéan ou Brenéen est connu sous les noms de Lis-Broniwin dès l’an 844, date à laquelle il fait l’objet d’une donation du machtiern Riwalt, qui y avait son manoir (qui était sa résidence principale) et sa cour de justice (nommée alors « lis »). La seigneurie du Bois de la Roche (à Néant-sur-Yvel) étendait sa juridiction sur les paroisses de Néant-sur-Yvel, Campénéac, Guilliers, Mauron, Saint-Brieuc-de-Mauron et Tréhorenteuc, dont les châtelains du Bois de la Roche étaient fondateurs et prééminenciers. Elle avait droit de haute justice, avec auditoire, prisons, cep et collier, fourches patibulaires à quatre piliers, four à ban et halles, de quintaine ou de soule, qui se couraient chaque année dans la grande cour du château et aux bourgs de Néant, de Saint-Brieuc-de-Mauron et de Tréhorenteuc. Varin, à Campénéac en 1432 vivaient 23 nobles, 154 contribuants, 18 métayers, 3 mendiants et 1 sergent.

La paroisse de Campénéac dépendait autrefois du diocèse de Saint-Malo. Campénéac est connue à la cour de Louis XIV, grâce à la chanson des Gars de Campénéac composée en 1585. Le prieuré de Saint-Laurent-de-Coëtlan, situé à environ 3 km à l’ouest du bourg de Campénéac, était une annexe du prieuré Saint-Barthélemy-du-Bois (en Guilliers), qui lui-même dépendait de l’abbaye Notre-Dame de Paimpont; son existence est attestée en 1579, mais il devait exister bien avant. En 1629 la famille de Quelen en est propriétaire. La chapelle Saint-Laurent est construite en 1686: c’est une des six frairies de Campénéac. Campénéac est le lieu de naissance d’Armelle Nicolas (1606-1671), dite la bonne Armelle, servante dont la piété, la charité et les extases mystiques suscitèrent un culte qui perdura en Bretagne jusqu’au début du au moins. de la paroisse de Campénéac et de ses environs (1785). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Campénéac en 1778

Campénéac est érigée en commune en 1790 et en chef-lieu de canton. En 1802, après le Concordat, Campénéac passe dans l’évêché de Vannes. Le Foul, recteur de Campénéac, fait partie des signataires d’un texte publié le 12 janvier 1791 par le journal L’Ami du roi annonçant l’opposition des signataires à la Constitution civile du clergé. Jacques Defermon, député à la Convention nationale, proscrit comme girondin, se cacha pendant quelque temps dans la commune au château de Trécesson. Joseph-Golven Tuault de La Bouverie, qui habitait alors le château de Quejeau en Campénéac, conseiller d’arrondissement, est nommé en 1803 membre du Corps législatif pour le Morbihan. Il s’était marié le 7 août 1769 à Campénéac, au château de Quéjeau, avec Françoise-Perrine Abillan (1752 – 1784), dame de Quéjeau Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Campénéac en 1843 On y parlait le gallo (on le parle encore un peu), une langue romane (à la différence du breton qui est une langue celtique), parlée en Haute-Bretagne.

En 1874 une pétition déposée à l’Assemble nationale signée par des habitants de Campénéac et Ménéac demande « le rétablissement, dans le plus bref délai, de a royauté, en la personne d’Henri V, héritier légitime de la couronne de France ». La création du champ de tir de Coëtquidan en 1878 empiète sur le territoire de la commune de Campénéac. Sa proximité par rapport à certains hameaux habités entraîna parfois des accidents: par exemple en 1889 l’explosion d’un obus non éclaté lors du tir et ramassé par des enfants du hameau de la Châtaigneraie fit deux victimes. En juin 1882 les conseils municipaux de Campénéac, Monteneuf et Augan refusent toute subvention à la caisse des écoles et émettent le vœu suivant: « Le conseil municipal, faisant droit à la demande des habitants de la commune, réclame de la façon la plus absolue que l’enseignement religieux continue, comme par le passé, à être donné dans les écoles ». L’école des garçons de Campénéac est laïcisée en 1887. En 1898, un incendie ravagea la maison et les classes de l’école des filles tenues par les Sœurs du Saint-Esprit. Les chrétiens de Campénéac se mobilisèrent pour construire rapidement un nouveau bâtiment. « Les petites filles recevront, comme par le passé, une instruction chrétienne, et les religieuses continueront à faire le bien au milieu de ce peuple qui les a en si haute estime » écrit le Bulletin des congrégations.

En 1900, le refus du préfet du Morbihan de continuer à faire payer par l’État les traitements des deux religieuses institutrices, car elles n’étaient plus reconnues comme institutrices publiques (ce qui était le cas avant l’incendie depuis plus de 40 ans) en raison de la laïcisation de l’école, souleva des protestations dans la commune. En 1907 le journal L’Ouest-Éclair déplore l’arriération des pratiques agricoles dans la région: « Que de landes encore, du côté de Campénéac par exemple, et comme les paysans sont routiniers par là. À Malestroit c’est pis encore; de Saint-Marcel au Roc-Saint-André, par Sérent, de Réminiac à Monterrein, par Caro, comptez les terrains incultes, à peine plantés de maigres sapins. (.) Pourquoi alors ces progrès si lents qui paraissent nuls? Pourquoi le sol de Sérent ou de Ménéac ne produiraient-ils pas aussi bien que celui de Bréhan? Ces terrains sont trop maigres, dira-t-on. (.) La faute n’est pas à la terre, elle n’est pas plus au manque de bras, elle est au manque d’initiative, au manque d’influences compétentes ». En 1910, trois religieuses de la Congrégation du Saint-Esprit vivant à Campénéac furent poursuivies pour « exercice illégal de la médecine »: depuis des décennies ces religieuses avaient l’habitude de soigner les malades.

« Le château du Bois-du-Loup, valant 1 million [de francs] a été abattu à coups de canon (.) Les villages de Montervily, Le Faou, Launay-Salmon, Lépinay, La Ville-Quignon, La Ville-Lhèle sont tous dévastés. Les anciens propriétaires de ces maisons ont tiré le meilleur parti possible des boiseries, portes et fenêtres; le génie qui a pris possession de toute cette contrée a emporté le reste: poutres, etc. (.) Plus loin, nous entrons dans la chapelle Saint-Mathurin, de style roman. Les portes sont brisées; plus d’autel, plus un seul vitrail; les dalles ont été enlevées (.). Il en est de même, paraît-il, des chapelles de Saint-Méen et de Sainte-Reine, où tous les ans, jadis, les foules venaient en pèlerinage ». En octobre 1914, de faux bruits accusèrent à tort des prisonniers de guerre allemands, hébergés à Saint-Malo-de-Beignon, d’être les auteurs de ces destructions. La chapelle Saint-Gicquel de Gouvier (signalée comme déjà détruite en 1891 par Joseph-Marie Le Mené) et le village de Gouvier font aussi partie de la nouvelle emprise du camp de Coëtquidan. En 1912, « les cultivateurs de Porcaro, Augan, Campénéac, Guer, Saint-Malo-de-Beignon demandèrent l’autorisation de faire paître leurs bestiaux sur les landes expropriées pour l’extension du camp de Coëtquidan, et de continuer à faire usage des mares, pièces d’eau et sources situées sur les terrains militaires récemment acquis pour y abreuver leurs bestiaux et pour leurs besoins domestiques ».

Le ministre de la guerre fit répondre qu’« il y aurait de graves inconvénients à rapporter ces interdictions (.) sauf à titre exceptionnel ». Dès février 1914, une déviation de la route de Ploërmel à Rennes, qui traverse le camp et dont l’autorité militaire veut interdire l’accès, est envisagée, mais la guerre survint. Le monument aux morts de Campénéac porte les noms de 91 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 3 sont morts en Belgique (Pierre Rouaud, tué par l’ennemi dès le 22 août 1914 à Maissin; Émile Doublet, tué par l’ennemi le 3 juillet 1915 à Ypres; Eugène Gandon, tué par l’ennemi le 27 mai 1918 en Flandre occidentale). De plus, Jean Marie Doré est mort en mer le 4 octobre 1916 lors du naufrage du Gallia, Jean Pierre Doré et François Sentier sont morts des suites de leurs blessures alors qu’ils étaient prisonniers en Allemagne, Octave Deniaux est mort de maladie alors qu’il était lui aussi prisonnier en Allemagne et Julien Picard est mort pendant son retour de captivité le 8 juin 1919, donc plus de 7 mois après l’armistice alors qu’il était encore en Allemagne. Les autres sont morts sur le sol français (dont Victor Carric, Eugène Guillemot, Joseph Leray, Paul Morice, Baptiste Perret et François Rosé, tous les six décorés à la fois de la Médaille militaire et de la Croix de guerre). Le conseil municipal de Campénéac, alors présidé par le comte de Busnel décide le 16 février 1919 l’édification d’un monument aux morts, financé par la commune, des subventions du département et de l’État, ainsi que par deux souscriptions publiques. Sa réception définitive a lieu le 1 août 1923. Installé près de l’église, il a été déplacé en 1976 pour des raisons de sécurité lors des commémorations.

Une réunion organisée le 15 juin 1921, réunissant des autorités militaires, l’ingénieur des Ponts et Chaussées de Pontivy et les maires de Beignon, Saint-Malo-de-Beignon, Campénéac, Augan et Guer précisa les modalités d’interruption du trafic routier lors des séances de tir dans le camp de Coëtquidan, concernant notamment la route nationale 24 (dont le tracé d’alors passait par Campénéac et Plélan-le-Grand via Beignon et Trécesson) et les routes d’intérêt local « de viabilité médiocre [où] la circulation rurale est beaucoup plus importante que la circulation automobile » comme les axes Augan-Beignon et Porcaro-Beignon. En 1929, les élus locaux demandent une restriction des interdictions. En 1933, la Chambre de commerce de Ploërmel se plaint des « inconvénients que, pendant une bonne partie de l’année, les voyageurs et touristes éprouvent sur le parcours Rennes-Ploërmel, par suite du barrage de la route entre Beignon et Campénéac, barrage qui existe plus de cent jours par an ». Des incendies étaient parfois provoqués par des tirs d’instruction ou des manœuvres militaires dans le camp de Coëtquidan: par exemple, en août 1926, 300 hectares de landes et de pâturages sont dévastés (le feu avait commencé au lieu-dit « La Grande Bosse » et, dépassant les limites du camp, atteignit les abords des villages de Breuil d’en Haut et Moussenant). D’autres incendies se produisent, par exemple en mai-juin 1918 (200 hectares incendiés sur les communes de Paimpont et Campénéac), en septembre-octobre 1921 (l’incendie dure plusieurs jours et oblige les habitants de Mousenant à évacuer leur village), en août 1937 (entre les villages de la Rivière et Quelneuc), etc. Une fantaisie musicale, intitulée « Les cloches de Campénéac », composée par A. Giraud, était souvent jouée par les orchestres locaux à la fin du et dans la première moitié du, y compris à Rennes et même à Paris. Après la défaite française de 1940, l’armée allemande prit possession du camp de Coētquidan, y remplaçant l’armée polonaise qui l’occupait entre septembre 1939 et juin 1940.

Pendant la deuxième moitié de 1943, l’armée allemande décide un agrandissement du camp de Coëtquidan qui concerne hectares de forêt et ha de terres labourables répartis dans les quatre communes de Paimpont, Augan, Campénéac et Beignon et provoque l’expulsion des habitants, les usages agricoles et forestiers pouvant être maintenus en dehors des périodes de tir. À Campénéac, 300 hectares et sept hameaux regroupant étaient concernés (Saint-Jean, Leslan, Trefrain, Mouzenant, La Motte, Ferdonnant et l’Abbaye d’en Haut), regroupant 143 foyers et 533 personnes; mais, en raison de l’arrivée des troupes alliées, les personnes expulsées purent revenir dès août 1944. Le monument aux morts de Campénéac porte les noms de 12 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, Clément Bretel, mort probablement lors du naufrage du Bourrasque le 30 mai 1940 près de Dunkerque, Eugène Boisbras, Henri de Rengervé, François Doré et Adrien Jouvance, morts lors de la Bataille de France au printemps 1940, Pierre Gandin, mort alors qu’il était prisonnier de guerre au stalag II B alors en Allemagne (mais dans la Pologne actuelle), Émile Launay, résistant, mort le 20 octobre 1944 au camp de concentration de Neuengamme, Eugène Brunel, résistant du S.O.E., groupe Buckmaster, mort en déportation le 3 mai 1945 à Ebensee am Traunsee (Autriche), Marie Chevillard, elle aussi résistante, morte au camp de concentration de Ravensbrück le 12 mai 1945. Une réserve communale de sécurité civile, les « casquettes rouges » a été créée après les incendies de 1990 pour la protection du massif de Brocéliande par Paul Anselin, alors maire de Campénéac. Elle assemble des bénévoles de Campénéac, Concoret, Loyat, Néant-sur-Yvel, Paimpont et Tréhorenteuc. En août 2022, un incendie se déclare à Campénéac, dans la forêt de Brocéliande. Cet incendie d’origine criminelle détruit 400 ha de végétation, notamment au niveau du site mégalithique du tombeau du géant.

Le projet d’implantation d’un parc éolien avec cinq mats est annoncé en 2021 au lieu-dit l’Abbaye d’en bas à Campénéac; la municipalité et l’association « Vent debout » s’y opposent en 2022. Des pistes cyclables, un cheminement piétonnier, des rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite, le tout conçu avec une logique d’amélioration de la vie quotidienne des habitants dans une démarche éco-citoyenne, ont été inaugurés en mars 2022.

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Population

1.891 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
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