Candé

Histoire de Candé

Candé est une commune de Maine-et-Loire, en Pays de la Loire, qui compte 2 818 habitants. Le nom de la localité est attesté pour la première fois en 1076, dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers, rédigé en latin. Le nom de Candé est ainsi transcrit Condatum. Ce toponyme vient du gaulois condate, « confluent », composé de con- (« avec ») et du radical da (« eau », « couler »; cf.

Il se retrouve aussi dans le nom de Candes-Saint-Martin. La localité apparaît de nouveau dans ce même cartulaire en tant que Condeium entre 1080 et 1096. Candetum castrum, soit « le château de Candé », se retrouve par ailleurs dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers, écrit entre 1082 et 1106.

Candé est aussi mentionnée sous la forme Candetum en 1107, dans le cartulaire de Chemillé. Enfin le cartulaire du Ronceray d’Angers note Candiacus entre 1109 et 1120. La ville est citée sous une forme française pour la première fois en 1195, dans le chartrier de l’Hôtel-Dieu d’Angers, qui utilise le nom actuel, Candé.

Des lettres patentes de Charles VII datant du 26 août 1437 et qui autorisent la ville à reconstruire ses remparts, la mentionnent en Candé-en-Lamée.

La région de Candé est occupée durant la Préhistoire, probablement à partir du Néolithique, comme en témoignent les menhirs de Bennefraye, à Freigné. Divers objets ont été découverts sur le sol candéen: une hache-marteau en schiste bleu verni de quartz perforé, un fragment de hache à bord dur, une hache à aileron, deux haches en bronze, ainsi que sept haches en diorite polie, découvertes dans le marais du Mandit, sur les bords de l’Erdre et au chemin de la Croix-de-Pierre. Ces découvertes affirment une occupation humaine à Candé qui remonte au plus tard à La Tène. À la suite de la guerre des Gaules, achevée en 51 av. J.-C., les Romains imposent leur domination sur la région, habitée par les Andécaves, et construisent notamment des routes, afin de favoriser les échanges commerciaux et les mouvements de l’armée. La présence de voies romaines autour de Candé a été affirmée par des auteurs. Il existe cependant quelques traces d’occupation pendant l’Antiquité dans les environs: des céramiques romaines ont été découvertes dans l’Erdre en 1884, ainsi que ce qui semble être un atelier de potier, à Vritz.

Le christianisme est encore mal implanté, comme le suggère l’absence de saints locaux. Sous les Carolingiens, les États médiévaux apparaissent. Les comtés antagonistes d’Angers et de Nantes sont constitués, ainsi que le royaume de Bretagne, qui devient un duché en 942. Dès lors, la région de Candé se trouve sur une frontière. La naissance de la ville ne peut pas être datée précisément. La surface communale réduite et sa situation à la frontière bretonne indiquent assez certainement une fondation aux alentours de l’an mil. En effet, l’exiguïté du territoire candéen la rapproche de paroisses angevines comme Vihiers et Baugé, qui datent de cette époque.

Il est ainsi probable que Candé ait été fondée au par un comte d’Anjou pour protéger la région contre le comté de Nantes. La ville doit sa naissance à la construction d’un château à motte, qui a attiré la population avoisinante cherchant du travail et une protection. L’essor de Candé s’est probablement fait au détriment de la paroisse voisine d’Angrie, d’origine carolingienne. Un même schéma est notamment visible à Château-Gontier, qui s’est développée aux dépens de la paroisse de Bazouges, et à Durtal, avec Gouis. Il possédait probablement le plan habituel des châteaux de l’époque: un donjon et une chapelle entourés d’un simple mur d’enceinte, le tout étant principalement construit en bois. Le premier connu est Geoffroy Rorgon, issu ou du moins lié aux familles de Montrevault et du Lion-d’Angers; sa présence à Candé est attestée en 1095. Il meurt en Croisade en Palestine en 1099. Toutes ces mesures n’entraînent pas directement de croissance démographique.

La création d’un marché fait naître la ville. L’aumônerie Saint-Jean est probablement fondée à la fin du, elle se trouve alors sur la paroisse d’Angrie. Les religieux qui y vivent accueillent des lépreux et l’institution est ainsi souvent qualifiée de maladrerie. Le doyen de Candé n’était cependant pas le curé de la ville, mais celui du Bourg-d’Iré, afin qu’il soit libre vis-à-vis de tout pouvoir seigneurial. Normand a poursuivi l’œuvre expansionniste de Geoffroy Rorgon, qui s’était notamment emparé du Lion-d’Angers et de La Pouëze. Normand de Montrevault a probablement usurpé des pouvoirs du ban, car il entre en conflit en 1106 avec le comte d’Anjou, Foulque IV. Le château est désarmé en 1134 par le comte d’Anjou. Après le siège, la seigneurie appartient à plusieurs seigneurs mal connus, comme Foulques de Candé et de Chemillé, mort en 1203, et peut-être son fils Geoffroy.

Dans l’intervalle, l’Anjou était demeuré aux mains des Plantagenêts, qui avaient accédé au trône d’Angleterre en 1154, jusqu’à ce que Jean sans Terre soit dépossédé de ses titres continentaux en 1204. Dès lors, l’Anjou, tout comme le Maine et la Normandie, est intégré au domaine royal français. En 1206, Candé reçoit d’ailleurs Philippe Auguste, le roi qui a dépossédé Jean sans Terre deux ans auparavant. Il se rend à Candé pour régler la succession de Geoffroy III de Penthièvre, resté sans enfant. L’ensemble de ses titres ainsi que de ses droits au trône de Bretagne vont à son cousin Alain d’Avaugour. La ville, en raison de sa situation à la frontière franco-bretonne, accueille d’autres rencontres de la grande noblesse. Ainsi, le mariage du fils naturel de Jean V de Bretagne, Tanguy de Hédé, y fut réglé, et Louis XI y a eu une entrevue avec son frère Charles en 1469. En 1267, le marché, qui existait depuis le, à un emplacement inconnu, est probablement déplacé à la place des Halles.

Ce marché existait concomitamment à la foire Saint-Denis, qui se tenait une fois par an. Les remparts de Candé enfermaient seulement une partie de la ville, comprise entre la rue Victor-Lassalle, la rue Carnot, la rue de Bretagne et le Mandit. Ces remparts s’ouvraient par quatre portes: la « porte de Bretagne » à l’ouest, au bout de la rue Victor-Lassalle; la « porte Chalainaise » au nord, qui se trouvait près de l’église, sur la route de Challain-la-Potherie; la « porte Angevine », à l’est, sur la route d’Angers; et la « porte Raitière », au sud, donnant sur Beaulieu. L’orthographe de cette dernière porte varie selon les textes: « Raitière », « Réthière », « Réthière », etc. Son nom faisait probablement référence au Pays de Retz puisqu’elle s’ouvrait vers le sud. Les remparts de la ville ont été construits. Il semble qu’aucun travaux de grande envergure ne soient entrepris, en dehors de quelques réparations et Candé est considérée comme une ville non close au XVe-XVIe siècles. Par ailleurs, Jean Hiret, curé de Challain-la-Potherie au et historien local, paraît ignorer que la ville ait été fortifiée au Moyen Âge.

Le château semble avoir résisté plus longtemps car sa motte féodale est encore mentionnée en 1681 dans un aveu du Grand Condé., représenté avec ses filles par Albrecht Dürer. Le est l’époque de la Guerre de Cent Ans, lors de laquelle les Anglais tentent notamment de récupérer les territoires perdus par Jean sans Terre, dont l’Anjou fait partie. C’est aussi l’époque de la Guerre de Succession de Bretagne entre les Monfort et les Penthièvre, ainsi que de la Peste noire et de famines successives. Candé ne semble pas directement touchée par les combats entre Français et Anglais, contrairement à d’autres villes angevines assiégées, comme Pouancé ou La Flèche. Néanmoins, l’insécurité est ressentie par les marchands qui ne se rendent plus à la foire Saint-Denis. Celle-ci est donc interrompue pendant la durée de la guerre. L’église Notre-Dame de Beaulieu est construite en 1390, à quelques pas au sud de Candé, par Geoffroi de La Tour-Landry.

Elle vient compléter un prieuré bénédictin, probablement fondé avant le. Beaulieu se trouvait alors sur le territoire de Freigné, dans le diocèse de Nantes. Le prieuré dépendait de l’abbaye bretonne de Saint-Gildas-des-Bois. La Tour Landry fait aussi une importante donation au couvent des Augustins, dont la date de fondation est inconnue. L’ensemble se trouvait à Saint-Gilles, sur la paroisse de La Cornuaille. C’est aussi en 1390 que le droit de relever la foire Saint-Denis est accordé. La baronnie de Candé appartient alors à Françoise de Dinan, dernière du nom, qui a mené une politique ambigüe au cours de la Guerre folle, participant d’abord à une alliance de nobles bretons dirigée contre le duc de Bretagne, puis en changeant de camp à la fin de la guerre. À sa mort en 1499, la baronnie revient à son fils François de Laval, puis à son petit-fils Jean de Laval-Châteaubriant, qui est fait plus tard gouverneur de Bretagne par François.

Jean de Laval, mort sans enfant en 1543, lègue toutes ses possessions au connétable Anne de Montmorency. Ce legs est contesté pendant plusieurs années par le prince de la Roche-sur-Yon, dont la femme est apparentée aux Laval, et ce n’est qu’en 1550 que le connétable entre en pleine possession de la baronnie de Candé. Les Guerres de religion commencent en 1562, et des exécutions d’Huguenots ont lieu à Candé comme dans d’autres villes d’Anjou cette année-là. En 1565, Candé reçoit le roi Charles IX, qui entreprenait son Grand tour de France, un voyage à travers le royaume qui devait redonner prestige et autorité à la monarchie. Venu de Nantes, celui-ci passa la nuit dans la ville avant de rejoindre sa mère, Catherine de Médicis, et son frère, le duc d’Angoulême, futur Henri III, à Angers. Les Guerres de religion se poursuivent jusqu’à la fin du, avec des périodes de trêves plus ou moins longues. Candé n’est pas directement touchée par le conflit, mais les foires sont interrompues et ne reprennent qu’en 1641, lorsqu’une ordonnance royale permet leur rétablissement. En 1591, le château de la Saulaie, sur la paroisse de Freigné, est assiégé puis pris par Antoine de Silly pour le compte d’Henri IV.

Le château était alors la propriété de Claude Simon, un écuyer proche du duc de Mercœur et de la Ligue catholique, qui désirait renverser le roi. Après les guerres de Religion, Candé connaît une période d’insécurité et de stagnation économique. Après l’assassinat d’Henri IV en 1610, son fils Louis XIII est mineur et la régence est assurée par sa mère Marie de Médicis. La reine est en position de faiblesse par rapport à la noblesse qui souhaite obtenir plus de pouvoir et elle tente de sécuriser le pays en positionnant des garnisons dans les villes. Candé en reçoit plusieurs, mais cette présence militaire effraie la population qui trouve refuge dans les châteaux des environs. Au printemps 1616, l’armée du duc César de Vendôme stationne ainsi à Candé. D’abord disciplinés, les soldats pillent les maisons pendant le Carême. Durant la Fronde, pendant la minorité de Louis XIV, la régente Anne d’Autriche est elle aussi confrontée à la noblesse française et des troupes stationnent à nouveau à Candé.

Six compagnies sont ainsi logées chez l’habitant en 1653. Au début du, la baronnie de Candé appartenait encore aux Montmorency, une famille très puissante mais qui avait décliné au cours des Guerres de religion. Henri II de Montmorency, pour s’être rebellé contre l’autorité royale, est décapité en 1632. Ses possessions vont à sa sœur, Charlotte-Marguerite, qui avait épousé Henri II de Bourbon-Condé. Durant la seconde moitié du, le commerce reprend, avec le retour des foires. En 1659, Jean Lemée, prieur de Vritz, offre sa maison pour en faire un collège de charité pour garçons. À la même époque, quatre demoiselles ouvrent une école pour les filles puis fondent en 1673 l’hôpital Saint-Joseph. Le grenier à sel de Candé possédait sa propre prison.

Étant siège d’une baronnie, Candé possédait aussi un tribunal pour la haute, moyenne et basse justice, avec un sénéchal, un procureur fiscal et un greffier. Candé reste une possession des Bourbon-Condé jusqu’en 1758, lorsque Louise-Anne de Bourbon-Condé, morte sans enfant, lègue la baronnie à son petit-neveu Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti. Ce dernier, parce qu’il se considère trop éloigné de ses terres angevines, vend la baronnie de Candé et la châtellenie voisine de Chanveaux en 1764 à Jacques-Bertrand de Scépeaux, déjà marquis de Beaupréau. Le prix des deux domaines est fixé à, sans les intérêts. Scépeaux revend l’ensemble en 1773 à Charles-Clovis Brillet, seigneur de Loiré, contre. Charles-Clovis Brillet, qui est le dernier baron de Candé avant la Révolution, achète le prieuré Saint-Nicolas en 1784 et il fait assécher les marais du Mandit qui bordent la ville à l’ouest. Ces marais étaient alors accusés d’être la source d’épidémies, et ils laissèrent place à des pâtures. En 1780, l’aumônerie Saint-Jean est réunie à l’hôpital Saint-Joseph.

Au, Candé vit principalement du commerce, grâce à son marché, qui se tient d’abord le premier lundi de chaque mois, et à ses foires. Ces dernières ont lieu, en début de siècle, à la mi-carême, le 9 mai, le 7 juin, le 10 octobre et à la Saint-Martin. lors du percement de la rue de Beaulieu. Plusieurs projets de chemin de fer passant à Candé sont envisagés à partir de 1869. En 1884 Candé obtient une gare, avec l’ouverture de la ligne vers Segré, prolongée l’année suivante jusqu’à Nantes. La forte croissance démographique — entre 1806 et 1836 Candé gagne 363 habitants — entraîne la construction de nouveaux lotissements, situés principalement autour de la place Saint-Nicolas. Le prieuré éponyme, rasé après la Révolution, fait place à un haras. La commune, de surface restreinte, fait alors face à un étouffement: elle est presque entièrement urbanisée.

En 1836, la surface communale est donc augmentée de, cédés par Angrie. L’année suivante, Candé s’agrandit encore de prélevés sur Freigné. Candé possède désormais l’hôpital Saint-Jacques et le village de Beaulieu, construit sur la rive sud de l’Erdre. En 1884, la ville connaît sa dernière grande épidémie, il s’agit de la variole. L’hôpital Saint-Joseph, initialement situé près de l’église, est reconstruit de 1843 à 1846 à la place de l’ancienne aumônerie Saint-Jean. Le nouvel édifice a une capacité de soixante lits. Ces entreprises artisanales sont remplacées par des manufactures plus élaborées. Dans les années 1870, l’économie de la commune est portée par un atelier de confection, une usine d’outillage agricole et une fabrique de flanelle sur les, environ, que comptait Candé en 1914.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, à la suite de la mobilisation des hommes, les services municipaux sont réorganisés. En 1915, l’école de garçons est en partie transformée en centre de secours d’une capacité de 60 à 70 lits et l’hospice devient un hôpital militaire temporaire. L’école de filles accueille aussi des blessés jusqu’en 1916. La commune connaît des pénuries de pain et de charbon, l’éclairage public est diminué. La ville accueille de nombreux réfugiés des départements du Nord et du Pas-de-Calais, situés sur le front; en 1918, leur nombre dépasse 200, la surface communale est de nouveau agrandie, au détriment des communes d’Angrie, de Freigné et de La Cornuaille, de et des équipements modernes, comme des stades, une salle de sport ou un groupe scolaire sont construits entre 1970 et 1980. Ces constructions en remplacent d’autres, devenues obsolètes, comme les bains publics, construits en 1951 et fermés en 1978, ou l’abattoir, qui ferme en 1969; le marché aux bestiaux, qui faisait pourtant la renommée de la commune depuis le Moyen Âge, disparaît également, en 1990. La briqueterie, héritage de l’industrialisation du, est fermée en 1987.

Patrimoine religieux

L’église paroissiale Saint-Denis se trouve à l’emplacement de la chapelle castrale. L’édifice fut reconstruit une première fois au début du, mais la nouvelle église était déjà en mauvais état à la fin. Le chœur fut ainsi remplacé de 1824 à 1826. Le reste de l’église, demeuré en mauvais état et devenu trop exigu, devait également être détruit pour être reconstruit. Au départ, la destruction totale de l’édifice était projetée, mais le chœur récemment bâti fut finalement conservé.

Les travaux commencèrent en 1856, sous la direction de Charles Joly-Leterme, architecte du diocèse. Ils durèrent une vingtaine d’années, les chapelles latérales étant achevées en 1867, les voûtes en 1869, la façade ouest en 1870 et les deux clochers en 1876. L’église est un édifice imposant, avec une façade harmonique à deux clochers carrés qui évoque les grandes cathédrales gothiques. L’édifice fait partie des nombreuses églises néogothiques visibles dans l’ouest de la France, toutes construites. Le remplacement des églises paroissiales, souvent médiévales, était alors nécessaire, pour répondre à la forte croissance démographique.

C’était également un moyen d’affirmer la nature catholique de la région après les troubles de la Révolution. Le style néogothique, apparu dans les années 1830, était considéré comme le plus à même de représenter l’Église. L’emploi de ce style a aussi eu une vocation régionaliste en Anjou, avec le réemploi des voûtes angevines. De telles voûtes, caractérisées par un profil très bombé, sont d’ailleurs visibles dans l’église de Candé. L’aspect massif de l’église est cependant amoindri par la présence du chœur de 1824, plus bas et moins ornementé, qui a été construit avant l’essor du néogothique.

L’église possède plusieurs objets classés Monuments historiques. Deux verrières du, provenant de l’église primitive, sont installées dans le chœur. L’une rassemble des fragments illustrant des personnages armés escaladant une montagne ainsi que saint Maurice, l’autre représente un chevalier à genoux. La chaire en bois du a été installée dans l’église en 1788. Plusieurs objets liturgiques sont classés: un plateau à burettes en argent de la fin du et quatre calices également en argent, datant des XVIIe-XVIIIe siècles.

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Population

2.818 habitants

Région

Pays de la Loire

Département

Maine-et-Loire
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