Carcans
Histoire de Carcans
Carcans est une commune de la Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 418 habitants. L’origine du nom reste discutée: selon Albert Dauzat, il s’agirait d’un hypothétique domaine aquitano-romain en -anum, précédé du nom de personne latin Carcus. La présence de silex taillés, haches, pointes de flèches et harpons sur la rive est du lac atteste l’occupation humaine du territoire depuis la préhistoire. C’est peut-être à l’époque gallo-romaine que le village vit le jour, les Romains s’intéressant à l’exploitation forestière de la zone — notamment le pin maritime et les chênaies des dunes.
Le premier témoignage historique de la commune date de 1099, année où le seigneur de Lesparre attribua aux moines bénédictins de l’abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux les églises de Carcans-Lacanau et de Sainte-Hélène de l’Étang. Carcans se trouvait sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle partant de Soulac — la « voie de Soulac » — et un manuscrit du XVIIe siècle souligne l’importance du culte de saint Jean-Baptiste dans la paroisse. Avant 1857, les habitants vivaient de maigres cultures (seigle, millet) et d’élevage (moutons, brebis, abeilles). La paroisse comptait alors six villages: le Bourg, Couyras, Couyrasseau, Troussas, Devinas et Berron. C’est sous Napoléon III, avec la création du massif forestier des Landes de Gascogne, que la commune trouva sa vocation sylvicole.
L’économie de Carcans fut longtemps liée au gemmage — l’exploitation de la résine de pin maritime — dans les Landes du Médoc. Une distillerie de la gemme, artisanale à l’origine, devint une coopérative en 1922, dont le rayon d’action s’étendait à tout le Médoc. Rénovée vers 1950, elle disparut en 1985. Les tempêtes Martin (1999) et Klaus (2009) dévastèrent une partie du massif forestier.
Patrimoine religieux
L’église de Carcans, fondée en 1099, fut d’abord le siège d’un prieuré jusqu’au XIXe siècle, avant d’être érigée en paroisse. L’édifice actuel fut construit en 1870 dans le style néogothique, avec un autel en marbre polychrome. L’église conserve une statue de saint Jacques en costume de pèlerin datant du XVIIe siècle, souvenir du passage des pèlerins de Compostelle. Elle abrite aussi une tête de saint Jean sculptée dans la pierre, d’origine byzantine du XIe siècle, portant des cheveux en crin de cheval — œuvre d’un réalisme saisissant — vénérée dans un pèlerinage séculaire à saint Jean-Baptiste. Un moulin dit « du château », dont la première mention officielle remonte au XVIIe siècle, s’élève sur l’emplacement d’un ancien château dont il subsiste des vestiges.