Carmaux

Histoire de Carmaux

Carmaux est une commune de Tarn, en Occitanie, qui compte 9 898 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Caramons en 1125, Caramancio en 1260, Carmoulx au, puis temporairement Cramaux au jusqu’au, qui ne vient pas de cremar (brûler), mais qui est une transcription déformée de Caramaux prononcé en langue d’oc en roulant les r. Le toponyme Carmaux provient, sans certitude prouvée, du nom gaulois Carmantius ou Caramantius.

Ce blason fut attribué à la paroisse de Carmaux le 20 décembre 1703. Il s’agit des armoiries de la famille de Ciron, alors seigneurs du lieu, qui les avait fait enregistrer en 1696. La seigneurie de Carmaux relevait depuis le de la châtellenie de Castelnau-de-Bonefous. En 1229, le château de Carmaux est un fief militaire de la baronnie de Monestiès. À cette époque, le charbon n’est pas encore la principale ressource du lieu: on y tisse surtout le chanvre, récolté sur les rives du Cérou dans ce qu’on appelle « lous cambous ». La seigneurie de Carmaux appartenait à la famille Delpuech, seigneurs de Cagnac, où des affleurements de charbon étaient déjà exploités sur les bords du Cérou, puis au à Géraud Hébrard, seigneur de Saint-Félix, puis à ses descendants jusqu’à Hercule d’Hébrard, fils du viguier de Najac. Au début du, la seigneurie est revenue à Sébastien Delpuech, seigneur de Cagnac, jusqu’en 1696. Jean-Baptiste de Ciron (1615 – 1684), conseiller, puis président au parlement de Toulouse de 1674 à 1724, achète la seigneurie de Carmaux.

Déjà vers 1550, son aïeul Jean de Ciron, marchand à « Caramoulx », gérait certains puits de mine. Le fils de Jean-Baptiste, (1650 – 1726), est anobli par sa charge de président à mortier, et s’intitule seigneur-marquis de Carmaux. Sa fille apporte une partie de la seigneurie en dot, par son mariage en 1724 avec François Paul de Solages, et à sa famille qui rachète le complément. La terre de Carmaux est alors estimée à. Antoine Paulin de Solages, fils des précédents est dans la famille de Solages le dernier à prendre ce titre de courtoisie de « marquis de Carmaux ». Le département du Tarn jouissait depuis le d’une longue tradition verrière, à travers ses verreries de la forêt domaniale de la Grésigne et de la Montagne Noire. La première était utilisée au maximum par les verriers, lors de la visite de Louis De Froidour de Sérizy, à qui Colbert confie la rédaction de l’ordonnance sur le fait des Eaux et Forêts du, aboutissant à limiter l’utilisation du bois pour les verreries. Le dernier frère d’Antoine Paulin, Gabriel de Solages a réussi à accroître l’importance de l’entreprise et contourner les difficultés de transport, en recourant au charbon de Carmaux, et en consommant sur place la plus grande partie de ses produits: il fit construire une verrerie à bouteilles pour laquelle il sollicita une concession, accordée par arrêt du Conseil d’État.

Pour la fabrication des bouteilles en verre noir, il fit appel à des verriers de la Grésigne et du Champenois, hautement qualifiés. La verrerie atteint jusqu’à 800 ouvriers en 1882, qui constituent une corporation ouvrière privilégiée, bénéficiant de salaires élevés. Après la Révolution, il conserve le monopole des mines de charbon, qui emploient 200 personnes en 1800. En 1873 la Société des mines de Carmaux (SMC) devient propriétaire des houillères; les besoins d’extraction sont importants et les effectifs de mineurs augmentent rapidement: on en dénombre en 1880 et presque en 1900. En 1892 la grande grève des mines de Carmaux éclate à la suite du licenciement de Jean-Baptiste Calvignac, ouvrier de la mine, maire de Carmaux depuis le. Les mineurs sont soutenus par Jean Jaurès qui est élu député du Tarn, comme socialiste indépendant, lors de l’élection partielle. Au lendemain du Débarquement de Provence, la « bataille de Carmaux » est déclenchée. La garnison allemande se rend; mais la ville libérée reste à la merci d’une contre-attaque allemande.

Durant les deux jours suivants, fait rare dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, tiennent tête à allemands et les repoussent, permettant ainsi la libération de Rodez et Albi. Première ville du Sud-Ouest libérée par ses propres moyens, Carmaux reçoit la Croix de guerre. Le Centre Autorails de Carmaux reçoit le de la série X 2800 de la SNCF, l’X 2801. Le centre autorails de Carmaux est fermé en 1958 et ses autorails sont alors transférés à Toulouse. La première verrerie de Carmaux fut inaugurée le par Gabriel de Solages, dans son domaine de Blaye. Ils avaient obtenu un arrêt du Conseil du Roi pour ce faire. Elle consommait le charbon de Carmaux. Jusque dans les années 1850, sa production ne dépassait pas les par an et l’entreprise comptait une centaine d’employés.

En 1856, la verrerie fut louée à Eugène Rességuier (un riche marchand de bouteilles toulousain) qui fit construire en 1862 une nouvelle verrerie, la Verrerie Sainte-Clotilde, à proximité de la toute récente gare reliant Carmaux à Albi à partir de 1857 et à Toulouse à partir de 1864. Sous l’impulsion de Rességuier, cette industrie prit de l’ampleur. La Verrerie Sainte-Clotilde comptait 300 ouvriers en 1880. À la suite de différents processus de mécanisation et de l’achat de cinq nouveaux fours Siemens, elle comptait 800 employés en 1887 qui travaillaient alors au rythme des 3 × 8. La production atteignit par jour. La crise du phylloxera et la mécanisation portant atteinte au travail et aux salaires des verriers, ces derniers créèrent la chambre syndicale des verriers de Carmaux en 1890. L’un des salariés de la société des Mines de Carmaux, Jean-Baptiste Calvignac, fut licencié en raison d’une absence liée à son activité syndicale. Afin de le soutenir, les autres ouvriers répliquèrent par une grève générale qui allait durer du.

Malgré le soutien apporté par Jean Jaurès aux ouvriers, Eugène Rességuier parvint, avec l’appui des autorités préfectorales, à redémarrer l’usine en employant des ouvriers recrutés dans toute la France. Les anciens salariés grévistes de la verrerie décidèrent, avec l’appui de Jean Jaurès et de donateurs, de créer, en 1896, une nouvelle verrerie entièrement autogérée à Albi. Parallèlement, la Verrerie Sainte-Clotilde continua toutefois à fonctionner jusqu’en 1931. Le travail y était devenu moins artisanal en raison de la mécanisation de l’opération de soufflage. Des manifestations ont lieu contre la Relève. Lors de la grande grève des mineurs de 1948, les mineurs sont confrontés à une répression intense. Des mineurs sont tués par la police et des corons occupés militairement. En riposte, le syndicat CGT des mines, la FNSS décide l’arrêt des opérations de sécurité des mines (dont l’exhaure).

Le gouvernement fait procéder à la réquisition des personnels de sécurité, décret signé par le maire socialiste Jean Vareilles qui juge la grève trop politisée. Il refuse également de faire partie du comité de soutien. Après la fin de la grève, le maire accepte que le conseil municipal formule un vœu d’amnistie pour les mineurs condamnés pour fait de grève, en ayant à l’esprit que tous les mineurs condamnés l’ont été pour des faits connexes, et que donc son vœu n’a aucune portée pratique dans le département. Pendant cette grève, la solidarité ouvrière joue à plein, les dons alimentant des soupes populaires servies à des milliers de personnes quotidiennement à Carmaux. Les instituteurs de Carmaux font une collecte de et les mineurs reçoivent encore de pommes de terre des paysans de la Corrèze et de vin des viticulteurs de l’Hérault. Les 36 enfants de 17 familles sont accueillis par des personnes solidaires à Toulouse. Plus tard, avec la répression impitoyable, les familles de six mineurs condamnés à la prison pour fait de grève reçoivent une aide de la CGT compensant la perte de salaire, qui envoie aussi un peu d’argent aux prisonniers pour leur permettre de cantiner. La libération de deux d’entre eux donne encore lieu à un rassemblement d’une trentaine de personnes le.

Et alors que la reprise du travail était effective pour 60 % des mineurs le, une étude des Houillères relève que les deux tiers des Espagnols sont encore grévistes, et recommande de les écarter des postes de représentation des ouvriers. Plusieurs groupes de mineurs polonais sont expulsés, eux aussi pour fait de grève, ainsi qu’un mineur italien, dont la mère âgée de 80 ans reste en France: son loyer est payé par la CGT. Un total de 26 mineurs licenciés sont indemnisés par la CGT pendant des durées allant de quelques jours à plusieurs mois. D’autres mineurs sont rétrogradés (27).

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Population

9.898 habitants

Région

Occitanie

Département

Tarn
(81)

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