Castelnaudary
Histoire de Castelnaudary
Castelnaudary est une commune de Aude, en Occitanie, qui compte 12 448 habitants. Attestée sous les formes latines Castellum novum quod cognominatur Arri en 1118, Castrum novum Darri en 1274. Dans le nom de cette ville l’on trouve une contraction de mots d’origines occitane et basque. D’un côté, castelnau est lié à l’occitan castèlnòu c’est-à-dire « château nouveau » ou plus littéralement « château neuf », le d qui suit est encore occitan (c’est une apocope de la préposition de) et finalement ary est le mot basque (h)arri signifiant pierre.
Ainsi, sous Castelnaudary se cache « nouveau château de pierre » ou plus probablement « château neuf du rocher ».
Simple mutatio sur la voie romaine qui reliait Narbo (Narbonne) à Tolosa (Toulouse), Castelnaudary se nommait alors Sostomagus et était peuplée par les Volques Tectosages. En 333, l’anonyme de Bordeaux, en route vers Jérusalem, y passa et nota sur son itinéraire: mutatio Sostomago. Au tout début l’on trouve un château, le château neuf d’Arius ou Castellum Novum Arri, dont la première mention officielle remonte à 1103. Lors de la croisade des Albigeois, chef des croisés, y est assiégé (siège de Castelnaudary) par les comtes de Toulouse et de Foix en 1211; l’issue fut l’abandon du siège par les comtes de Toulouse et de Foix. En pleine guerre de Cent Ans, la ville est mise à sac par les hordes du Prince Noir, qui, parties de Bordeaux, ravagent la Gascogne, puis le Lauragais, jusqu’à Narbonne, évitant soigneusement les places les mieux défendues. La ville est pillée, détruite, et les habitants massacrés.
Le roi (1423-1483) confirme, par lettres patentes, les privilèges de la ville octroyés par ses prédécesseurs, de sorte qu’elle s’accroisse. C’est devant Castelnaudary qu’a lieu la rencontre décisive entre les troupes royalistes du maréchal de Schomberg et les troupes de Gaston d’Orléans, frère du roi, et du duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, le. Les deux ducs avaient conspiré avec Marie de Médicis, mère de contre le cardinal de Richelieu. Capturé dès le début de la bataille, Montmorency est condamné à mort et décapité à Toulouse le L’armée du maréchal de Schomberg ne consistait qu’en ou et de pied, soit à peine la moitié de l’armée de Monsieur, qui avait aussi trois canons. Elle se rangea dans une grande pièce de terre labourée, nommée la Fite, environnée de larges fossés et de chemins creux, entre Castelnaudary d’un côté, et l’armée de Monsieur de l’autre.
Il mit sa cavalerie au centre, et son infanterie sur les deux ailes. Les deux armées, séparées par le Fresquel, étant en présence à un quart de lieue de Castelnaudary.
Le duc de Montmorency passe le Fresquel sur le pont de brique, à la tête de l’avant-garde, avec 200 cavaliers et le régiment d’infanterie de Languedoc.
L’infanterie des deux armées escarmouche d’abord chacune de son poste avec beaucoup de vivacité pendant une demi-heure.
La cavalerie royale, sous les ordres du marquis de Brézé, s’avance alors pour attaquer celle de Monsieur par la droite et par la gauche; mais elle trouve de si grands fossés et une telle résistance, qu’il ne lui est pas possible de passer.
Le duc de Montmorency décide alors, de façon tout à fait téméraire, de charger la cavalerie royale de sa gauche, en dépit d’un fossé large de trois à quatre toises, et sans appuis préalables de l’artillerie. À la tête d’un escadron de 100 cavaliers, il s’avance jusqu’à vingt-cinq ou trente pas du camp royaliste mais essuie une si rude décharge de mousqueterie que ceux qui ne sont pas tués (une douzaine) ou mis hors de combat prennent la fuite. Le duc pousse son cheval, franchit le fossé, suivi seulement de six autres cavaliers n’ayant pas voulu l’abandonner, renverse tout ce qui se présente et perce jusqu’au septième rang, à travers une grêle de coups de mousquet. Il est atteint de 17 blessures et son cheval tombe enfin raide mort et l’entraîne avec lui. Trois des autres cavaliers sont tués et trois autres blessés et faits prisonniers.
La compagnie des gens-d’armes du duc de Montmorency ne put franchir le fossé et les tirs de l’infanterie royale pour aller à son secours. Le régiment de cavalerie du marquis de Trichasteau, à la droite de l’avant-garde, voulut alors marcher, mais La Ferté-Imbault, maréchal de camp, s’y opposa, n’ayant pas l’ordre de Monsieur.
Après la capture du duc de Montmorency, La Ferté-Imbault sollicite les gendarmes de Monsieur d’aller au combat mais l’épouvante est trop grande et il n’y a pas moyen de les y faire résoudre. On ne voit de tous côtés que des compagnies toutes entières à se sauver à course de cheval. La fin du combat de Castelnaudary ne dura guère plus d’une demi heure, et il n’y eut qu’une partie de l’avant-garde de l’armée de Monsieur qui combattit, tout le reste demeura dans l’inaction. La Ferté-Imbault organise alors la retraite du duc d’Orléans. Deux dates importantes: commission du canal du Midi en et construction de l’île de la Cybèle en 1754.
en mémoire de son passage à Castelnaudary en mai 1787. Sur la demande des habitants de la ville, Pierre-Paul Riquet, concepteur du canal du Midi (alors canal royal du Languedoc), et François Andréossy, géomètre expert, ont fait de Castelnaudary le cœur technologique de cet ouvrage, par la construction du Grand Bassin. C’est la seule étendue d’eau de cette dimension (7 hectares) entre Toulouse et Sète. Le point de vue sur la ville est admirable: d’un côté les écluses Saint-Roch sont une illustration de l’art et de la technique de l’ouvrage; de l’autre, l’île de la Cybèle conçue, en ce pays de vent, comme brise-lames. Imaginez ce Grand Bassin couvert de gabares chargeant le grain pour Sète et la Méditerranée, ou pour Toulouse, la Garonne et l’océan Atlantique! En 1790, Castelnaudary est intégrée au département de l’Aude et érigée en chef-lieu de district, et en sous-préfecture en 1800.
Le canal du Midi, sillonné par des bateaux de plaisance, s’ouvre au tourisme international. Jean Mistler, maire de Castelnaudary depuis 1935, continue ses fonctions sous le gouvernement Pétain. Il accueille Pétain par un discours au kiosque à musique. La allemande s’installe à Castelnaudary et au château des Cheminières de la Piège à la montagne Noire. Les alliés mitraillent un convoi allemand en gare de Castelnaudary. Les Allemands font exploser un train de munitions en représailles.
Le quartier de la gare est alors en partie détruit. La résistance livre ses ultimes combats où meurent le docteur Mazet et Louis Greffier.
Patrimoine religieux
Castelnaudary comporte plusieurs monuments