Caudry

Histoire de Caudry

Caudry se situe dans le département du Nord, en région Hauts-de-France, et compte environ 14 070 habitants. La commune est implantée dans le Cambrésis, au cœur d’une plaine agricole longtemps marquée par l’industrie textile et la dentelle mécanique. Le toponyme Caudry, attesté sous la forme Calderiacum dès le haut Moyen Âge, est formé d’un nom de personne Caldarius ou Caldarus accompagné du suffixe d’origine celtique -acum, très répandu dans toute la Gaule, et signifie « domaine de Caldarius ».

L’initiale en k de Caudry s’explique par la situation de la commune au nord de la ligne Joret, frontière phonétique séparant le picard du français central. La forme méridionale équivalente est Chaudrey, dans l’Aube, ou Chaudeyrac en nord-occitan dans la Lozère. Un gisement moustérien découvert en 1877 à Busigny, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Caudry, et fouillé à nouveau en 1972, atteste d’une présence humaine dès le paléolithique moyen. En 1997, des fouilles réalisées au lieu-dit « Les Bois Blancs » à Caudry ont permis de conclure à une possible occupation humaine au néolithique: de nombreux éclats de silex y ont été recueillis, sans toutefois que des structures datant de cette époque aient pu être identifiées. Sur le même site a été mise au jour une exploitation agricole du Haut-Empire romain, dont l’emplacement était déjà occupé à l’époque gauloise. La photographie aérienne a révélé d’autres villas dans le Cambrésis. Le territoire de Caudry était alors situé en Gaule belgique, dans la cité des Nerviens, dont la capitale fut d’abord Bavay, puis Cambrai sous le Bas-Empire.

Si les origines précises de Caudry restent imprécises, elles paraissent remonter au moins à l’époque mérovingienne, période à laquelle les récits hagiographiques situent le martyre de sainte Maxellende. Selon la principale source, une biographie du XIe siècle provenant probablement du monastère Saint-Martin de Cambrai, Maxellende, issue d’une famille de l’aristocratie foncière, naît à Villa Calderiacensis, l’actuelle Caudry. Promise par son père Humlinus à Harduin d’Amerval, fils du seigneur de Solesmes, elle décide de consacrer sa vie à Dieu et refuse ce mariage. Lorsque Harduin tente de l’enlever, elle s’échappe et lui résiste, et il la tue d’un coup de poignard. Selon la tradition, il perd la vue aussitôt. L’événement est placé sous l’épiscopat de Vindicien, évêque d’Arras et de Cambrai, et la dépouille de Maxellende est inhumée dans le village de Saint-Souplet. En 673, alors que les ossements sont rapportés en cortège à Caudry, Harduin se repent et recouvre la vue. Vindicien proclame la sainteté de Maxellende et institue un pèlerinage à Caudry. Les reliques sont ensuite transportées à l’abbaye Saint-Martin de Cambrai, puis installées par l’évêque Rothard dans la cathédrale de Cambrai. Maxellende devient alors, avec saint Géry, la patronne secondaire du diocèse. Les reliques sont enfin données par l’évêque Gérard à l’abbaye Saint-André du Cateau, qu’il avait fondée, et ne reviennent à Caudry qu’en 1791, durant la Révolution.

Modeste village jusqu’à son industrialisation, Caudry n’a pas un passé comparable à celui de Cambrai ou du Cateau-Cambrésis. Son histoire suit néanmoins celle du Cambrésis, dont la suzeraineté fut donnée en 1007 à l’évêque de Cambrai par l’empereur. À cette date, le territoire de Caudry est divisé en deux: Bourneville et Le Coquelet relèvent du comté de Cambrésis, tandis que la plus grande partie, avec Frenèches, La Guisette, Potelle et Tabeaumez, forme une enclave du comté de Hainaut dans le Cambrésis. Le village voisin d’Audencourt, rattaché à Caudry en 1964, constituait l’une des douze pairies du Cambrésis. Les seigneurs de Caudry sont rarement cités dans les récits médiévaux. Almaric de Caudry est mentionné en 1007, un autre Almaricus de Calderiaco apparaît en 1096 au tournoi d’Anchin, et en 1184, le châtelain est Nicolas de Caudry, l’un des six pairs de Valenciennes. Les colonnes françaises rencontrèrent l’ennemi au sud-est de Caudry, entre Audencourt et le Tronquoy, lors d’une bataille meurtrière qui donna son nom au ruisseau dit « riot des Morts ». Sous l’Ancien Régime, Valenciennes et surtout Cambrai sont les centres d’une industrie prospère des « toilettes » ou « batistes », dont Caudry héritera plus tard sous la forme de la dentelle mécanique. Le métier Jacquard, conservé aujourd’hui au musée de la commune, a accompagné cette transformation industrielle qui a fait passer Caudry du statut de village à celui de centre dentellier de premier plan.

Patrimoine religieux

Caudry compte trois monuments inscrits à l’inventaire des monuments historiques. L’église néo-gothique, construite en brique sur un soubassement de pierre blanche, mesure plusieurs dizaines de mètres de longueur, avec un clocher qui culmine à grande hauteur. Elle abrite un carillon de trois cloches: Vox Dei, pesant deux tonnes, sonne le do; Pax sonne le ré; Maxellende sonne le fa. Bénies en 1920 et 1922, ces cloches remplacent celles emportées par les Allemands en 1918. Au-dessus de l’entrée, dans la tribune, se trouve un grand orgue construit en 1913 par Charles Mutin de la maison Cavaillé-Coll. La grande nef culmine sous la clef de voûte, et le transept se termine par deux chapelles dédiées l’une à Notre-Dame du Rosaire, l’autre à sainte Maxellende, où repose la châsse de la sainte, pièce d’orfèvrerie gothique de la seconde moitié du Moyen Âge en cuivre doré et argent repoussé, classée monument historique. La commune possède également un souterrain creusé dans la craie, destiné à abriter la population ou le bétail lors des invasions, redécouvert en 1847 à la suite d’un effondrement et restauré par Jean-Adolphe Prioux, le maire de l’époque.

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Population

14.070 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Nord
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