Cestas

Histoire de Cestas

Cestas est une commune de Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 16 789 habitants. Le nom de Cestas vient de l’expression latine qui désigne la sixième borne milliaire en venant de Burdigala (Bordeaux) sur la voie Bordeaux-Salles. En gascon, le nom de la commune est Cestàs. Cestas étant dans le domaine nord-gascon, la plupart des lieux-dits anciens y sont explicables par le gascon, par exemple l’Arriga, le Tronqueyra, Pujau, les Couhourgs.

L’originalité de Cestas est que la plupart des noms de voies récentes le sont aussi, faisait référence au monde landais ancien: impasse lou Hen (le Foin), impasse lou Daillayre (le Faucheur), chemin lou Mespley (le Néflier), chemin dou Grit, allée Bire Huc (Coupe Feu).

La découverte la plus ancienne date de la Protohistoire, il s’agit de haches en bronze conservées au Musée d’Aquitaine, trouvées en 1897 sous un chêne par des bûcherons au lieu-dit les Gleyzes. Au bout du chemin du Pas du Luc, un tumulus (non daté) a été signalé par l’abbé Jaubert, au Bouchon du Luc, (du latin lucus, bois sacré), au confluent de l’Eau Bourde et du ruisseau du Pas du Gros: d’environ cent pas géométriques de contour, cette élévation domine de près de cinq pieds sur tout le reste de la campagne; un moulin à vent fut édifié sur la butte. Cestas fut, après Salomagus, la dernière étape sur la voie romaine reliant l’Espagne à Burdigala; de nombreux vestiges datant de l’Antiquité ont été trouvés sur le territoire de la commune Le futur bourg s’est implanté autour de son église, sur un promontoire, rive droite de l’Eau Bourde, près du confluent avec l’Eau de Galand. Aucune trace de motte féodale mais, en 1743, Pierre Jaubert a dessiné cinq bas-reliefs (de style roman?), qui se trouvaient au-dessus d’une niche abritant une tombe d’enfant creusée dans la pierre au pied du clocher de l’église. Durant le Moyen Âge, Cestas se trouvait sur la Via Turonensis, la route de pèlerinage menant à Saint-Jacques de Compostelle, après les haltes de Cayac et de Camparian qui accueillaient les pèlerins. Les vestiges d’un prieuré et de l’hôpital Saint Jean de Camparian ont récemment fait l’objet de fouilles officielles sur un terrain acquis par la commune de Canéjan. Le lieu-dit Foartigue, près de l’église de Cestas, a été concédé en bail à fief par le chapitre de Sainte Croix au Prieur de Camparian en 1217.

Les secteurs de Chapet, de Breuillaud et de la Tuilière comprenant la Sègue des Monges (Bois des Moines) et le Moulin du Prieur dépendaient également du Prieuré de Camparian. Des serfs et des paysans questaux cestadais devaient une redevance en nature au Prieur, sur les produits de leurs vignes, de leurs ruches (apiers), pacages et prairies. La croix de Chapet est implantée au carrefour de cette route et du chemin menant au bourg. Quant à la croix du cimetière, elle a été érigée et gravée en 1629, peut-être dans le contexte des épidémies de peste qui ont sévi à Bordeaux dans la première moitié. Après la guerre de cent ans, Cestas connait une période de prospérité qui voit l’implantation de vignes, de bois et de tuileries (actes en gascon de 1481). Mais les guerres de religion obligent de nombreux paysans à vendre leurs terres; vers 1590, deux familles d’avocats au Parlement de Bordeaux s’installent l’une à Monsalut (Sieurs De Lange) et l’autre au Fourcq (Sieurs Dupuy). Vers 1620, deux Relais de Poste sont installés sur la route d’Espagne, l’un à Lestaules et l’autre au Putz (Puch). L’inventaire au décès du Maître de Poste de Lestaules Noël Taffart, en 1669, nous montre la diversité des activités liées au fonctionnement d’un de ces relais-auberges, et les retombées économiques pour l’agriculture locale: vignes, labours, troupeaux de moutons, ruches.

La vie économique et sociale des notables cestadais au est connue au travers du testament et des donations d’Arnaud Hosten, ancêtre de très nombreuses familles cestadaises, décédé le 16 août 1658. En 1737, une pyramide est construite sur une motte pour pallier l’absence de clocher ou de lieu fixe dans cette zone, afin de servir de point de repère dans la triangulation de Cassini. À la Révolution, la paroisse Saint-André de Cestas forme la commune de Cestas. Durant sa campagne vers l’Espagne, Napoléon a dormi avec ses troupes dans la forêt de Cestas, au lieu-dit les Sources. La gare de Gazinet-Cestas est ouverte le 7 mai 1841 par la Compagnie du chemin de fer de Bordeaux à La Teste. Les voies sont électrifiées en juin 1927. Le recensement de 1911 signale, sur 871 professions, près de la moitié dans l’agriculture, 10 % dans les métiers de la forêt (bois et résine) et autant dans les entreprises et briqueteries ainsi qu’une vingtaine d’employés des chemins de fer du Midi. Il faut signaler également que 38 blanchisseuses reçoivent un salaire.

En 1829, L’Eau Bourde échappe de justesse à un achat par la ville de Bordeaux pour alimenter la fontaine de la place Dauphine en eau potable de qualité. En été 1949, Cestas est ravagée par l’incendie de la forêt des Landes qui s’est étendu sur une grande partie de la Gironde. Le 20 août 1949-, sont tués, pompiers, militaires et habitants des communes touchées. En février 1969, Cestas connaît aussi la première prise d’otages médiatisée de France avec celui qu’on a nommé à l’époque le « forcené de Cestas ». Entre le 3 février 1969- et le 17 février 1969, un homme, André Fourquet, divorcé de sa femme, se barricade dans sa maison dans la ferme du Sayet à Gazinet avec ses deux enfants, Francis et Aline, âgés respectivement de 11 et, Chantal l’aînée de s’étant enfuie lorsque son père a prévenu qu’ils allaient tous mourir. L’homme refuse la décision de justice qui lui a retiré la garde des enfants en mai 1968, et les gendarmes sont déjà intervenus trois fois quand il a séquestré ses enfants. Alors que les forces de l’ordre encerclent la ferme, le gendarme mobile Jean-Lucien Carratala est tué d’une balle dans le cœur lorsqu’il se met à découvert. Les négociations se poursuivent néanmoins plusieurs jours.

Finalement, quand les gendarmes donnent l’assaut avec deux half-tracks, Fourquet tue ses deux enfants d’une balle dans la tempe et se tire une balle dans la bouche. Lors des funérailles le 20 février 1969-, Micheline Berton ex-Fourquet, la mère des enfants, est prise à partie et manque être lynchée par une partie de la population qui la tient pour responsable du drame pour n’avoir pas voulu voir son ex-mari comme il le demandait lors du siège de la ferme du Sayet. Le film de Robert Enrico, Fait d’hiver, s’inspire directement de cette affaire. La fille ainée, Chantal Fourquet, seule survivante, a essayé de le faire interdire. En 1999 et 2009, Cestas est touchée par deux tempêtes: Lothar le 27 décembre 1999 et, dix ans plus tard, Klaus le 24 janvier 2009. Ces deux événements ont fait beaucoup de dégâts, heureusement non humains, mais beaucoup de pins tombèrent sur les routes, bloquant la circulation temporairement et provoquant de nombreuses coupures de courant.

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Population

16.789 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Gironde
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