Châlons-en-Champagne
Histoire de Châlons-en-Champagne
Châlons-en-Champagne, préfecture de la Marne, occupe un carrefour entre la Marne et la via Agrippa reliant Lyon à Boulogne-sur-Mer. Les Romains y établirent le chef-lieu d’une civitas connue sous le nom Durocatelauni (IIIe siècle), combinant le gaulois duro- (enceinte fortifiée) et le nom des Catalaunes. La région fut le théâtre d’une bataille décisive en 451, lorsque les armées d’Aetius et les Wisigoths de Théodoric Ier coalisés repoussèrent l’invasion d’Attila — l’un des affrontements les plus déterminants pour l’histoire de l’Occident romain. Une première bataille y avait opposé en 274 l’empereur Aurélien à Tetricus, dernier souverain de l’Empire gaulois.
L’épiscopat châlonnais remonte à saint Memmie (vers 320-340), tenu pour le premier évêque et missionnaire de la région. Au Moyen Âge, l’évêque-comte et les chanoines du chapitre Saint-Étienne dominaient la vie de la cité, qui prospéra grâce aux activités drapières et tannières. Siège des intendants de Champagne sous l’Ancien Régime, Châlons devint préfecture à la Révolution. Le nom de la ville, altéré en « Châlons-sur-Marne » en 1790, fut rétabli en « Châlons-en-Champagne » en 1998.
Toponymie de Châlons-en-Champagne
Les formes Durocatelauni (IIIe siècle) et Apud Catalaunos (IVe siècle) dérivent du nom des Catalaunes. Les formes médiévales Catalaunum (1113), Chaalons (vers 1222) et Châlons-en-Champagne (1743) jalonnent l’évolution phonétique jusqu’à la graphie actuelle.
Patrimoine religieux à Châlons-en-Champagne
La collégiale Notre-Dame-en-Vaux, dont la construction débuta avant 1157 et s’acheva en 1217, est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Son chevet gothique flanqué de deux tours romanes et ses vitraux des XIIIe-XVIe siècles témoignent d’une architecture de transition entre le roman et le gothique. Elle possède l’un des plus grands carillons d’Europe avec ses 56 cloches. Lors de la Révolution, son portail méridional de style Renaissance fut mutilé et trois de ses quatre flèches furent rasées pour récupérer leur plomb; une seule fut reconstruite à partir de 1852. La cathédrale Saint-Étienne, dont les origines remontent à la période mérovingienne, est l’édifice épiscopal de la ville.