Chamonix-Mont-Blanc
Histoire de Chamonix-Mont-Blanc
Chamonix-Mont-Blanc est une commune du département de Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte environ 8 642 habitants. Située au pied du massif du Mont-Blanc, dans une vallée alpine encadrée par les sommets les plus élevés des Alpes françaises, elle constitue l’un des berceaux historiques de l’alpinisme mondial. Le nom de la commune est mentionné vers 1091 sous une forme latine fantaisiste du Moyen Âge, puis Chamonix est attesté dès 1793, Chamouny au XIXe siècle, et enfin Chamonix-Mont-Blanc en 1921. L’origine du toponyme Chamonix n’est pas certifiée à ce jour et diverses hypothèses ont été avancées par les linguistes.
L’origine latine du nom pourrait provenir d’une formation indiquant la présence d’un camp fortifié, surtout que la place forte n’est pas avérée. Une étymologie populaire locale explique le nom de la localité par l’arpitan, langue régionale dans laquelle des termes désignant la lande et la montagne s’associent. À partir de 1741, lorsque les explorateurs anglais vont découvrir la vallée, ils seront affublés du sobriquet de « Monchus ». Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, le radical de Chamonix serait d’un type camon-, terme d’origine prélatine qui a désigné un genre de pré, peut-être sur une hauteur, comme le confirme l’usage de chamo ou chamonagium dans le glossaire de Du Cange. Le suffixe est cependant difficilement identifiable. Une autre hypothèse rattache le toponyme à des formations comme « chamois », « champ du moulin », « champ du meunier » ou « champ d’Aymon ». Pour les noms multisyllabiques de la région, le « x » indique l’accentuation sur la dernière syllabe, le différenciant du « z » final qui sert à marquer le paroxytonisme et ne devrait pas être prononcé. La commune prend le nom de Chamonix-Mont-Blanc au cours du XXe siècle.
L’histoire du village de Chamonix s’est construite, d’une part, autour de sa situation géographique exceptionnelle, et, d’autre part, autour de la domination qu’exerça durant plusieurs siècles la maison de Savoie sur ce territoire. Avant la création de la ville, le territoire qu’elle occupe actuellement était une contrée inoccupée et hostile en raison de son climat montagnard et de sa situation géographique. Cependant, ces terres, bien qu’inhabitées, furent la possession successive de différents peuples: les Celtes furent les premiers à occuper la région, puis les Ligures, les Ceutrons et les Allobroges. Ce territoire fut ensuite intégré à l’Empire romain. Avec les grandes invasions barbares et l’affaiblissement de l’influence romaine, la région appartint durant un temps aux Burgondes avant de devenir la propriété du comté de Genève.
Chamonix entre dans l’histoire écrite en 1091, lorsque le comte Aymon Ier de Genève fait dotation de la vallée à l’abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse, en Piémont. Des moines s’installent alors sur la rive droite de l’Arve, où ils construisent un moulin aux Praz et une ferme au Mollard. Ce sont ces communautés monastiques piémontaises qui amorcent l’aménagement du territoire, longtemps réduit à quelques exploitations rurales adossées aux flancs des montagnes. La grande aventure de la conquête du Mont-Blanc, sommet le plus élevé des Alpes, conduit deux Chamoniards, Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard, à atteindre le toit du massif. En 1770, les touristes étant de plus en plus nombreux, ouvre la première auberge de la vallée, l’hôtel d’Angleterre. En 1783, le nombre estimé de visiteurs pour la saison d’été atteint plusieurs centaines, ce qui marque l’essor du tourisme alpin et inscrit Chamonix comme l’une des destinations pionnières du voyage en montagne en Europe occidentale.
Patrimoine religieux
L’aiguille du Midi fait partie des aiguilles de Chamonix, dans le massif du Mont-Blanc. Culminant à très haute altitude, elle est la plus haute des aiguilles de Chamonix, et sur le sommet principal s’élève une tour de télécommunication qui représente le point culminant actuel. Il s’agit du plus haut centre d’émission hertzienne de France. L’aiguille est le point d’arrivée du téléphérique de l’Aiguille-du-Midi, dont la gare supérieure se trouve à très haute altitude. Le téléphérique qui a cherché à gagner ce sommet a ouvert en 1924, et constituait le premier téléphérique pour voyageurs de France. La gare de départ de cet ancien appareil est aujourd’hui restaurée, et ses cabines ont été classées monuments historiques en 1992. La Mer de Glace est par ailleurs un glacier situé sur la face nord du massif du Mont-Blanc, formé de la jonction de trois glaciers plus petits que sont le glacier du Tacul, le glacier de Leschaux et le glacier de Talèfre. Elle mesure au total sept kilomètres de long et son épaisseur est d’environ deux cents mètres, sa surface d’environ quarante kilomètres carrés. Elle constitue le deuxième plus important glacier des Alpes, après le glacier d’Aletsch. Les visiteurs peuvent y accéder grâce au chemin de fer du Montenvers. Le site du Montenvers, situé un peu en amont de la langue terminale du glacier, offre un point de vue sur la Mer de Glace. Le lac Blanc, lac d’altitude du massif des aiguilles Rouges, complète ce patrimoine naturel d’altitude.