Charavines
Histoire de Charavines
Charavines est une commune de Isère, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 1 982 habitants. Le nom de Charavines est lié au terme Kar qui signifie « roc » ou « gros rocher ». Selon André Planck, auteur du livre L’origine du nom des communes du département de l’Isère, le nom de Charavines désigne en partie le « chariot » (charre au Moyen Âge) et le vin (sous la forme du suffixe vines) qui signifierait.
Un village aux maisons de bois s’installe sur la rive sud du lac de Paladru (site de Colletière) aux environs du, et des agriculteurs défrichent la forêt située aux alentours, à l’époque du néolithique final. Les analyses du bois par dendrochronologie ont permis d’en suivre les évolutions car il est agrandi et réparé plusieurs fois pendant 20 à, puis les paysans partent construire un nouveau village dans les environs car les terres agricoles sont épuisées. Ils reviennent plus tard et reconstruisent le village au même endroit où ils restent encore. Ensuite les eaux du lac submergent définitivement le site, ce qui a permis la conservation exceptionnelle des vestiges en matière végétale: bois, manches d’outils, textiles, cordes, ficelles, graines, pains, etc. en plus des éléments imputrescibles comme le silex et les vases de céramique. Ces villages ont comporté au maximum cinq maisons familiales avec une cinquantaine de personnes dont on a retrouvé le reste des activités domestiques, artisanales, alimentaires et l’impact qu’elles ont eu sur l’environnement.
Les potiers du village ont envoyé des vases fins en Suisse, sur le lac de Bienne et dans le Jura sur le lac de Chalain. Ils ont profité d’un siècle de sécheresse pour occuper une plage libérée par une baisse des eaux, période où on a pu suivre les variations rapides et importantes du climat par des analyses très précises. Ce site néolithique, de renommée européenne par la qualité des fouilles subaquatiques et les extraordinaires vestiges sortis (comme des poignards en silex ayant conservé leur manche en bois), a été exploité de 1972 à 1986 par une équipe d’archéologues grenoblois bénévoles sous la direction d’Aimé Bocquet et a fait l’objet de très nombreuses publications sur la vie quotidienne, les activités des habitants et le matériel en bois, poterie et en pierre. Une synthèse de vulgarisation du résultat des études est disponible en français et en anglais. Au début de l’Antiquité, le territoire des Allobroges s’étendait sur la plus grande partie des pays qui seront nommés plus tard la Sapaudia (ce « pays des sapins » deviendra la Savoie) et le nord du département de l’Isère. Les Allobroges, comme bien d’autres peuples gaulois, sont une « confédération ».
En fait, les Romains donnèrent, par commodité le nom d’Allobroges à l’ensemble des peuples gaulois vivant dans la civitate (cité) de Vienne, à l’ouest et au sud de la Sapaudia. Au milieu du, un nouveau territoire fait son apparition, le « comté de Semorens » du nom d’un faubourg actuel de Voiron. En l’an 800, ce territoire est cité comme archidiaconé, et vers 850, en tant que « pagus » correspondant à ce qui deviendra ensuite un comté. Ce comté englobe le Voironnais actuel, y compris le secteur du lac de Paladru, jusqu’à Charancieu. Ce territoire fait l’objet d’une lutte entre ses seigneurs voisins pour entreprendre sa conquête, il s’agit notamment de l’archevêque de Vienne, Guy de Bourgogne, et de l’évêque de Grenoble, Hugues de Chateauneuf, le comté de Sermorens finira par disparaître au cours. Des chevaliers paysans se sont installés vers l’an mil (1008?) au lac de Paladru sur la commune de Charavines au lieu-dit Colletière.
À l’époque, le niveau du lac était plus bas qu’aujourd’hui, et une soixantaine de colons ont construit un habitat fortifié en bois sur une plage de craie. Ces personnes étaient certainement envoyées par l’archevêque de Vienne pour défendre la zone frontière que constituait le lac de Paladru. Le testament d’un certain Claude Bret est publié en 1768 et permet d’établir l’existence d’ dans la partie charavinoise de la vallée de la Fure. En 1786, un recensement indique que la forge a cessé toute activité. En 1796, celle-ci semble être de nouveau en activité avant de connaître de nombreux aléas durant les décennies suivantes. Un phénomène curieux, analogue à celui des aboyeuses de Josselin, dans le Morbihan, se produit entre 1834 et 1835.
On évoque des cas de possessions qui auraient touché des villageoises de Charavines. Des jeunes filles sont prises de convulsions, de gesticulations diverses, accompagnés de hoquet ou d’aboiements se produise dans le village, souvent, lors de cérémonies religieuses à l’église. Ce phénomène disparaîtra aussi soudainement qu’il était venu. Le tramway de Voiron à Charavines et de Charavines à Vienne du CEN Réseau Isère est créé en 1891 et les voitures circulent jusqu’en 1936, desservant la commune et les usines. En 1930, ce réseau est exploité par les chemins de fer économiques du Nord. À compter de cette année, les lignes de ce réseau sont rattachées à la régie locale des voies ferrées du Dauphiné.
En raison de problème de rentabilité, les tramwayss sont rapidement remplacés par des services d’autobus et les rails seront retirés. En août 1896, la gare de Charavines, située en terminus de ligne fut l’objet d’un fait divers macabre; la découverte du cadavre d’un employé, fils lui-même du chef de station de Charavines. Le corps de l’homme, visiblement assassiné gisait dans le foyer d’une locomotive du tramway à vapeur. Un suspect, lui-même charavinois, fut très vite confondu, et arrêté par les autorités.