Charbonnières-les-Bains

Histoire de Charbonnières-les-Bains

Charbonnières-les-Bains est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 5 311 habitants. Carbonariae, ancienne bourgade, était habitée par des exploitants des nombreuses forêts, ils fabriquaient du charbon de bois. Le nom du village lui-même constitue le meilleur témoignage de son histoire. Il est en effet aisé de voir qu’il fut fondé autour d’anciennes charbonnières ou charbonneries.

Le terme désignait au Moyen Âge la clairière d’une forêt (que l’on avait parfois défrichée) où des ouvriers fabriquaient du charbon de bois. Celui-ci était utilisé pour le chauffage et l’alimentation en combustible des forges et des fonderies de fer; les cendres servaient à la fabrication du verre ou au lavage des tissus. Si le nom de la commune est issu de ce passé, les traces en ont disparu.

La grande Histoire a peu marqué cette commune. Les ressources consciencieusement consultées par les chroniqueurs sont celles des comptes-rendus des conseils municipaux, des rapports de police, des archives départementales et aussi différents articles de journaux, ces ressources révèlent surtout la petite histoire de la commune, mais aussi quelques évènements de l’actualité de l’époque: les Charbonnois conscrits de l’an IX sont au nombre de trois; le pape Pie VII visite l’église en 1804. En 1778, le « curé de la paroisse de Tassin et Charbonnière en Lyonnois » Louis Rougeat de Marsonnat découvre la source ferrugineuse qui permettra un fort développement à Charbonnières. Son livre Analyse des eaux minérales de Charbonnière dites de Laval publié en 1784 reçoit une mention honorable de la Société royale de médecine. La source se situe « à l’extrémité de la paroisse de Tassin-en-lyonnois, dans le canton de Charbonnière, à deux pas en dessous du château de Laval. éloignée de cinq quarts de lieue de [Lyon] et à un quart de lieue à la gauche de la grande route de Paris par le Bourbonnois ». Dans son mémoire, pour expliquer l’origine de la découverte, l’abbé raconte, qu’en 1744, en été, une épizootie décime tous les troupeaux et que seuls les bovins du moulin de Laval ne sont pas malades. Il en déduit que c’est probablement car ils boivent cette eau qu’il pense être minérale.

Mais il ne nous dit pas pourquoi il ne découvre la source que 34 ans après. Cette énigme trouve peut-être sa solution dans une autre histoire d’animal mais qui est de l’ordre de la légende, celle de l’âne Cadichon. Soucieux de relier la légende à l’histoire de la commune, Robert Putigny en a rédigé une version qui réconcilie les deux histoires. Autrefois, un bûcheron trop pauvre pour nourrir son âne devenu malade se résolu à s’en débarrasser mais Lison, sa fille, le persuada de ne pas le tuer et de lui laisser sa chance, Cadichon fut abandonné à son sort dans la forêt profonde. Quelques mois après, Lison qui se promenait justement dans ces bois, fut attaquée par des brigands. C’est alors que surgissant des fourrés, hurlant et ruant de toutes ses pattes l’âne se précipita effraya les méchants et sauva l’enfant. Lison reconnut son âne, beau et bien portant, elle le suivit jusqu’à sa cachette où coulait une source à laquelle il s’abreuvait. Lison convaincue qu’il était guéri par l’eau la fit analyser par le médecin du roi qui justement passait par là.

L’abbé persuade le propriétaire M. de Laval de créer un accès et un bassin pour récolter l’eau et dès 1780 les premiers curistes viennent. Et ils sont de plus en plus nombreux à venir. Surtout après 1845 quand en plus de boire l’eau bienfaitrice ils peuvent aussi s’y baigner. Deux piscines sont créées, la plus grande, réservée aux hommes, est « la plus vaste connue » à l’époque. La source est déclarée d’utilité publique par arrêté préfectoral du 10 juin 1853.

L’année 1860 compte plus de 20 mille curistes sur la saison de mai à octobre, un tel succès fait que le propriétaire choisit de limiter la durée du bain à une heure par personne et ferme momentanément la Promenade des bains. La ville de Charbonnières prend officiellement le nom de Charbonnières-les-Bains par décret le 13 décembre 1897. L’autorisation d’exploitation de la source est accordée en 1827, les buveurs se déplacent au Pavillon de la source ou peuvent emporter l’eau en bouteille. La première mention d’établissement thermal remonte à 1845 par suite de la découverte de la nouvelle source ferrugineuse. Les curistes peuvent dorénavant se baigner dans les baignoires dont le succès fut tel qu’il conduisit à la construction de deux piscines chauffées. En 1953, le 23 mai, un nouvel établissement thermal est inauguré, spécialisé en Centre de Réadaptation Fonctionnelle en 1959, puis en 1961 pour le traitement des grands brulés et en 1975 le classement en rhumatologie permet à l’établissement de développer de nombreux nouveaux services. L’établissement thermal de Charbonnières ferme en 1992. Pour attirer les clients, des fêtes, avec défilé costumés, cavalcades et chars fleuris sont organisées d’avril à octobre par le Casino et subventionnées par la municipalité.

Celles exceptionnelles pour le centenaire de la commune en 1891 durent 3 jours. Juste avant la guerre de 14-18 chaque saison commence par la fête des jardiniers (ceux des grandes propriétés) à la saint Fiacre en avril, en juin c’est la fête des fleurs (Charbonnières comptait plusieurs rosiéristes) au cours de laquelle la Reine de Charbonnières est désignée. De nombreuses autres fêtes étaient aussi organisées (dont la fête patronale avec la vogue, en aout), ainsi que des concerts, des concours de gymnastique, parmi l’ensemble de ces festivités les courses d’ânes étant les plus prisées. Le Syndicat d’Initiative de Charbonnières-les-bains et environs créé en 1921 est un des plus vieux de France. Quand la commune voisine le rejoint en 1955, il s’appelle Syndicat d’Initiative de Charbonnières-les-bains – La-Tour-de-Salvagny. Puis en 1971, à la suite de l’arrivée de Marcy l’Étoile, Syndicat d’Initiative du Triangle Vert. Plus tard il devient Syndicat d’Initiative de l’Ouest Lyonnais. En 1923, la municipalité décide d’interdire la construction d’usine pour préserver l’aspect esthétique.

En 1937, le Syndicat Intercommunal d’embellissement de Charbonnières-les-bains et de la Tour-de-Salvagny est créé, financé par les deux communes et par la Société des Eaux Minérales, il a pour objet de réaliser parc intercommunal, hôtel, piscine, et d’améliorer les dessertes ainsi que de réaliser l’établissement thermal et son parc. La ville perd sa classification de « station thermale » en 2006 mais obtient, en 2013, la dénomination de « commune touristique » pour cinq ans. Un dossier a été constitué, en 2014, pour demander l’échelon suivant « station classée de tourisme » mais sans succès. Le souci de conserver une attraction touristique à la commune est porté par deux associations: Association de sauvegarde du patrimoine et de l’environnement de Charbonnières-les-Bains (ASPEC), et Charbonnières-les-Bains d’hier à aujourd’hui groupe de recherches historiques, qui fête ses vingt ans en 2021 et a notamment réalisé un circuit en huit étapes pour visiter la commune. En 1886, la Société des courses de Charbonnières est créée, en plus des courses, son but est d’améliorer la race et l’élevage des ânes. Localisé sur l’actuel parc Sainte-Luce surnommé lEspace Cadichon, l’hippodrome (qui sera appelé bien plus tard asinodrome) remporte un grand succès selon la presse de l’époque, c’est « le rendez-vous de la fashion lyonnaise… Le tout Lyon est là ». Le commissaire de Police évalue à dix mille le nombre de participants aux courses. Les recettes de pari mutuel sont importantes.

Quand la Préfecture informe en aout 1892 que la réglementation n’autorise le pari mutuel que pour les courses de chevaux, la municipalité obtempère et publie un arrêté d’interdiction. Mais malgré cela, un an après, à l’occasion des courses du seul 11 juillet 1893 on compte encore 22 520€ de recettes de pari mutuel. L’accueil des curistes et des touristes pendant la saison pousse l’Établisseme Selon la même source, au même moment, Charbonnières compte 17 cafés ou débits de boisson, dont le Café de la gare actuellement la Bonne Auberge. La Villa des Lilas, anciennement exploitée en meublé, située avenue du Général de Gaulle, et bien qu’inscrite dans la liste des Éléments Bâtis Patrimoniaux du PLU-H Grand Lyon, est détruite en 2021 pour laisser place à un programme immobilier neuf qui doit reproduire à l’identique sa façade.

Son installation sur la commune de la Tour-de-Salvagny, en totale illégalité car ce n’est pas une ville thermale, déclenche une « guerre de cent ans », selon l’expression imagée de Robert Putigny, guerre dont le nerf est la redevance sur le produit des jeux. Un premier accord entre les deux communes est signé en juillet 1884, avec 4/5ème pour la Tour et 1/5ème pour Charbonnières (qui est théoriquement la seule à pouvoir posséder un casino puisque ville thermale). En 1912 puis en 1. Ce statut sera encore utilisé pour que Lyon rejoigne le syndicat intercommunal des deux communes, ceci pour que le casino le Pharaon créé sur cette commune, en 2000, ne perturbe pas la répartition de « leur » redevance sur le produit des jeux. Pour la municipalité de Charbonnières, une deuxième façon de bénéficier de la totalité de la redevance est de récupérer le casino sur son territoire, en faisant modifier sa limite avec La Tour-de-Salvagny, elle le tente en 1881 avec le propriétaire M. Grenier puis en 1908 mais après décision du ministère, le refus est définitif.

En 1882, le casino, à peine construit, la municipalité de Charbonnières demande et obtient une modeste modification de sa limite territoriale: Marcy l’étoile accepte que le chemin, la Promenade des Bains, qui permet de circuler de l’établissement thermal au casino soit intégralement sur Charbonnières, bien plus tard, en aout 1922, le souvenir de cet accord poussera aussi cette commune à demander, mais sans succès, une part du produit des jeux. Pour la municipalité de Charbonnières, une troisième façon de bénéficier de tout ou partie de la redevance est d’ouvrir un autre casino sur son territoire. L’initiative de création du casino est privée, celle du propriétaire de l’établissement des eaux, et pour sortir des nombreux tiraillements induits par la répartition du produit des jeux entre les deux communes, la municipalité de Charbonnières favorise en 1903 la création d’une concurrence au casino avec le Cercle Municipal de Charbonnières. Localisé en bordure de l’actuelle place Marsonnat l’établissement ne trouve pas le soutien du ministère et, de fermetures en réouvertures, vivote seulement quelques années avant de disparaitre. De nouvelles demandes de création de ce casino municipal localisé sur la commune de Charbonnières sont déposées en 1927 et 1928 mais encore refusées par le ministère. Le Casino de Charbonnières évolue sous le contrôle policier du Commissaire spécial, spécialiste des jeux, les archives départementales révèlent les nombreuses difficultés que l’établissement a dû subir les premières années. A l’ouverture en 1882 l’administration ne délivre pas d’autorisation de jeux de hasard et ne propose que l’écarté non classé parmi les jeux de hasard. Une autorisation partielle n’arrive que pour la saison de 1884 mais est suspendue par le préfet dès le mois de juin car le jeu de baccara est pratiqué sans autorisation.

Le casino en situation économique difficile est racheté par les entrepreneurs qui l’ont construit, mais les autorisations ne suivent pas et un procès verbal est dressé pour pratique illicite du baccara en 1885. Une autorisation arrive pour la saison 1888 mais réservée aux seuls membres du Cercle des Eaux Thermales de Charbonnières (installé hors des murs du casino, dans l’hôtel des bains), interdit aux femmes et aux militaires en uniforme. Les interdictions retombent en 1894 et en 1900 des trafics malhonnêtes entachent l’honorabilité du casino, fermetures et réouvertures alternent pendant ces années. Les finances ne sont pas florissantes quand l’établissement est réquisitionné pour devenir hôpital d’aout 1914 à 1918. Les années 20 sont un peu plus lucratives, même si selon le Commissaire, la clientèle est constituée de gens modeste et les femmes sont des demi-mondaines. Le commissaire s’inquiète de cette clientèle trop populaire, il sent le « danger social » et prédit de graves incidents. L’arrivée aux commandes de Georges Bassinet va changer la donne, en 1929 le casino est classé parmi les dix premiers de France, et s’y tiendra plusieurs années malgré la crise économique. Georges et André Bassinet prennent la direction du casino en 1928.

Ils réalisent une rénovation complète de l’établissement, intérieur et extérieur. Au premier étage Le Grand Cercle sera le lieu de soirées prestigieuses. Dès 1934 un premier concours d’élégance automobile amorce le nouveau style pour l’établissement. Georges Bassinet décède prématurément en 1955 après avoir été notamment à l’initiative de la création de l’hippodrome sur La Tour-de-Salvagny, du Festival de Lyon-Charbonnières et du Rallye automobile de Charbonnières. André Bassinet dirigera le casino jusqu’en 1974. En 1974, les produits de jeux périclitent et la Société des Eaux Minérales (SEM) est dans le rouge, André Bassinet cède ses parts à la COFIPA, promoteur immobilier qui annonce souhaiter se diversifier mais envisage d’abord de construire 300 à 600 villas dans le domaine boisé de la SEM. À la suite du refus de permis de construire, le PDG démissionne et laisse les banques gérer le problème. La Société Générale envisage: rénovation de la station, reprise du thermalisme, construction d’un hôtel de luxe et d’un golf, mais rien ne sera fait.

mais plus technologiques: 6 employés malhonnêtes sont arrêtés (3 croupiers et 3 caissiers), ils utilisent un dispositif de triche électronique installé par des techniciens qui eux ne seront jamais arrêtés’. La famille Raineau modifie la SEM qui devient la SATHEL (Société d’Activité Thermale Et de Loisirs), mais surtout change le nom du Casino de Charbonnières qui devient successivement: Newcasino, puis Casino du lion vert, et Casino Le Lyon vert. La commune de Charbonnières engage des recours contre le changement de nom, mais le juge des référés se déclare incompétent. Et la commune de La Tour impose que la carte de visite de l’établissement soit complétée par « à la Tour-de-Salvagny » et elle sera vigilante jusqu’en 1991 pour que cela soit respecté. Le casino n’est donc plus « de Charbonnières ». L’histoire du casino désormais « de la Tour » ne devrait plus figurer sur cette page mais achevons tout de même de la raconter.

La famille Raineau va profiter du décret que le ministre Charles Pasqua signe deux jours avant sa fin de fonction et qui autorise l’entrée en France des « bandits manchots ». La nouvelle direction installe 300, puis 100 de plus, de ces machines à sous venant des États Unis. Le casino possède ainsi le plus gros parc de machines à sous de France. Cette année 1991 est terrible pour la famille Raineau car le PDG et le directeur du casino sont incarcérés pour une obscure affaire antérieure à leur venue sur Charbonnières. Cette incarcération sera conclue cinq ans après par un non lieu, mais elle a entrainé la fermeture du casino et sa vente au groupe Partouche’. Le nouveau propriétaire fait des travaux de rénovation et permet au casino de la Tour de passer à la première place des casinos français en 1997′, place qu’il perdra notamment en 2004 au profit de celui d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise). Le groupe Partouche crée également l’hôtel de luxe Le Pavillon à l’emplacement de la source, il privatise la Promenade des Bains et condamne ainsi l’entrée du domaine du casino par Charbonnières. Après deux ans de travaux, le lieu rouvre en avril 2024 sous le nom de Pasino Grand La Tour de Salvagny.

Georges Bassinet en a l’idée en 1939 qu’il confirme en 1942 lorsque le Théâtre romain de Fourvière est entièrement dégagé. il convainc le directeur du Syndicat d’initiative Eugène Simon. Et ensemble, en 1949, ils persuadent Édouard Herriot d’y organiser des spectacles en journée puis en soirée en électrifiant le site. La première année du festival, en 1949, Eugène Simon décède, et Georges Bassinet prend la présidence du festival pour 6 ans. Il donnera à cet évènement et à Charbonnières, une dimension internationale. La Société des Eaux Minérales de Charbonnières finance le festival pendant 11 ans, elle se retire de l’organisation du Festival en 1960, André Bassinet la jugeant trop onéreuse. La ville de Lyon poursuivra seule la dynamique à travers les Nuits de Fourvière. Ce festival utilisera pour la première fois en soirée, le Théâtre antique de Fourvière, et de nombreux autres lieux sur Lyon, dont la cour intérieure du Palais Saint-Pierre, le Parc de la Tête d’or et, bien sûr le Casino de Charbonnières.

La programmation de juin à juillet fait la part belle au théâtre, la danse, la musique classique mais aussi les variétés. En 1951 on compte jusqu’à 31 mille spectateurs qui peuvent venir de loin puisque 11 bureaux de locations sont ouverts à l’étranger. Pour le bimillénaire de la ville de Lyon, en 1958, le festival est prolongé du 28 mai au 18 octobre. Parmi les spectacles: 1000 choristes du mouvement À Cœur Joie sous la direction de César Geoffray y interprètent la Naissance d’une cité. Sans rapport avec l’expérience de l’asinodrome de la fin du, Georges Bassinet souhaite dès 1929 adjoindre au Casino un champ de course. il en décide la création de façon opportune puisque l’hippodrome de Villeurbanne doit fermer, ce qui finalement ne se fera pas et conduira la ville de Lyon à la création de l’hippodrome de Parilly. Le lieu de construction est envisagé sur le bois de l’étoile à Charbonnières, mais sur ce vaste terrain un propriétaire s’y oppose. Il s’agit du maire de la Tour-de-Salvagny, éleveur de chevaux de trot qui voit son plus grand intérêt à localiser cet établissement sur sa commune.

L’hippodrome de la Tour-de-Salvagny est inauguré avec un grand succès et une forte affluence le 4 juillet 1932. La réalisation est exemplaire et la qualité des pistes est au plus haut mais l’opération financière s’avérera ruineuse pour le Casino. L’hippodrome de Villeurbanne ne ferme pas et concurrence le nouveau venu auquel le Grand Camp ne laisse que deux puis 7 « grandes réunions » par an, rythme de croisière sur les 20 années de son fonctionnement et ne lui permet pas de rentabilisation. L’hippodrome de la Tour-de-Salvagny ferme le 17 septembre 1965. À l’origine, l’habitat est dispersé sur l’ensemble de la future commune, puis la plupart des habitants se regroupent autour de l’église, sur le flanc est du coteau au-dessus du ruisseau de Charbonnières, exposé au soleil couchant. Plus tard, avec l’activité thermale, le quartier des eaux se développe. Par exemple, en 1846 sa population s’accroit à la belle saison de 12 à 15000 âmes plus 2 à 3000 le dimanche. Ce quartier d’attraction saisonnière devient progressivement le nouveau centre de la commune avec de nombreux hôtels, on en compte une douzaine en 1860 ainsi que plusieurs meublés.

En 1876, la gare de Charbonnières est inaugurée, elle renforce encore la centralité de la commune près de la source. La ligne de chemin de fer va de Lyon Saint Paul à Montbrison, c’est la ligne Mangini. Électrifiée en 1954 sur le tronçon Lyon Saint Paul Charbonnières, la traction vapeur continuant de fonctionner sur le reste du parcours. La voie est utilisée depuis 2012 par le tram-train de l’Ouest lyonnais jusqu’à Sain-Bel. La ligne de chemin de fer La ligne de Paray-le-Monial à Givors-Canal passe sur la commune dans le quartier du Méridien. La halte des Flachères ouvre en 1906, elle devient station en 1924. Cette voie reliant autrefois Lyon à Lozanne est malheureusement sous exploitée, faible fréquence et rupture de charge à Tassin, depuis les travaux du tram-train de l’ouest lyonnais en 2008. Pour l’accès routier à la commune, un axe structurant est créé en 1924, il s’agit de l’avenue Jean-Bergeron qui permet de longer la vallée du ruisseau de Charbonnières.

Avant cette création, la principale voie reste la rue des Eaux qui va de la route de Paris jusqu’à la source en passant devant la mairie et l’église, elle croise la route de Paris au Méridien, c’est à cet endroit qu’arrivent les touristes et curistes par, notamment, de 1905 à 1907 le premier trolleybus à perches de France, système Schiemann. Proches du lieu-dit du Méridien ceux du Ravet et des Flachères se développent dans les années 2020 avec l’installation de commerces et du campus numérique créé par la Région le long de la route de Paris, et à proximité de la halte des Flachères. Ce quartier du Méridien, situé entre ce lieu dit et celui du Siroux, est, historiquement, le deuxième en importance sur la commune, son développement s’est ralenti depuis les années 60 quand de nombreuses démolitions furent réalisées dans le cadre de l’installation des Assurances Françaises (bâtiment et parc devenu ensuite le siège de la Région Rhône-Alpes) de stations services et d’un hôtel. Avec une grande marque de modestie il impose à la collectivité que la rue porte pour l’éternité son nom et sa fonction, la commune accepte. La route de la vallée est inaugurée en 1924 et s’appelle encore aujourd’hui « Avenue Jean Bergeron, Curé de Charbonnières ». Au début des années cinquante, l’automobile prend toute sa place et la rue principale doit être remise à double sens. Pour cela, la municipalité souhaite élargir l’avenue Charles de Gaulle. On peut couper les arbres mais pas l’immeuble de La Maison de la Presse dont Monsieur Tiburce, alors propriétaire, n’est pas disposé à vendre son bien, et encore moins à le détruire.

La solution est trouvée en 1956, la municipalité déplacera l’immeuble de 900 tonnes. C’est ce qui est fait du 24 au 27 juillet de cette année, avec des rails, sur 5 mètres, à l’aide de vérins hydrauliques, technologie particulièrement innovante de la société danoise Christiani & Nielsen (da) pour un cout de 2,7 millions de francs de l’époque plus les frais de remise en état de la voirie. Le temps des travaux, les commerces et les occupants n’ont pas eu à quitter les lieux. Malheureusement, cet immeuble menace d’être démoli pour laisser place à un immeuble. La mobilisation de l’association ASPEC et de la population en 2020 retarde le projet et la maison de la presse laisse place temporairement à une droguerie. Le train amène une clientèle nouvelle soucieuse de plaisirs champêtres, à proximité de Lyon, pour un coût modeste, à partir de 1876. Charbonnières devient une étape sur l’axe ferroviaire Lyon Bordeaux et la mise à double voie en 1877 augmente la fréquentation, jusqu’à 50 aller-retour par jour en saison juste avant la première guerre mondiale. Pour la création de la ligne de Lyon Saint Paul à Montbrison, Félix Mangini a acheté ou obtenu le ruban nécessaire à la voie mais comme cette acquisition a découpé certaines propriétés plusieurs propriétaires des parcelles amputées ont exigé qu’en dédommagement, la Compagnie de chemin de fer rachète aussi toutes les parties restantes qu’ils considèrent dépréciées.

La Compagnie obtempère et rachète en 1875 en plus 25 hectares qui comprennent notamment la totalité du domaine thermal. Après avoir envisagé de diversifier ses activités avec le thermalisme, la Compagnie de chemins de fer la revend en 1880 à M. Au début du, les omnibus sont le seul transport en commun mais avec plusieurs compagnies concurrentes l’organisation laisse à désirer et en 1850, la commune donne l’exclusivité à la Compagnie des Écossaises de Vaize (orthographe de l’époque) en contrepartie d’un service assuré toute l’année. Ils font jusqu’à 28 aller-retour par jour en saison thermale malgré une voirie quasi inexistante. Pour l’ensemble de Lyon et ses environs, les compagnies d’omnibus sont réorganisés en 1855, la Compagnie Lyonnaise d’Omnibus est créée et possède l’exclusivité du service, elle deviendra l’OTL puis les actuels TCL. Le tramway arrive en bas de la côte de la RN7, à Tassin les trois renards, en 1897, puis la ligne de tramway directe jusqu’à Lyon Bellecour est prolongée jusqu’au Méridien. Cette ligne s’appelle Bellecour-Méridien-Charbonnières-les-bains en 1919, Elle est supprimée en 1931 au profit d’un autocar dont la ligne sera prolongée jusqu’à la place Marsonnat en 1933. Cette ligne d’autocar Bellecour-Charbonnières satisfait ainsi une ancienne demande de liaison de la commune qu’elle envisageait avec un tramway longeant la voie ferrée, demande refusée définitivement en 1923.

De septembre 1905 à septembre 1907, avant la prolongation de la ligne de tramway Bellecour-Méridien, Charbonnières et Tassin sont le lieu de la première expérimentation française de trolleybus à perches que l’entrepreneur Charles Nithard met en circulation sur le tronçon Tassin-les-trois-renards le-Méridien. Cet entrepreneur est originaire de Mulhouse, il quitte l’Alsace à 17 ans et comme ses parents patriotes, refuse la nationalité allemande, ils s’installent à Lyon en 1888. Jeune ingénieur formé à Bâle spécialisé en électricité et transports, bilingue, il va pouvoir appliquer en France les techniques germanophones. Le 27 septembre 1903 le conseil municipal de Charbonnières vote à l’unanimité en faveur de son « tramway électrique sans rails, à prise de courant aérienne » face à deux projets de tramway sur rails. Charles Nithard propose accessoirement d’installer l’éclairage électrique sur la commune, ce que le conseil municipal accepte en octobre 1903. La petite Société de transport et d’éclairage électrique de Charbonnières-les-Bains est créée avec pour principaux actionnaires locaux, les entreprises de maçonnerie (dont les frères Momet) et M. Streichenberger marchand de charbon (pour fabriquer l’électricité). Charles Nithard, malgré la légende, n’est pas l’inventeur, il importe un modèle de trolley conçu par l’entreprise de Max Schiemann (de), l’origine allemande de ce véhicule restera confidentielle compte tenu du caractère inamical que la France entretient avec ce pays à l’époque, ou autrement dit, du chauvinisme anti-allemand.

L’échec de l’exploitation de ce trolley est essentiellement dû au manque de rentabilité: les riches propriétaires habitant le quartier du Méridien ne l’utilisent pas en hiver; le Casino à cause de trafics malhonnêtes n’a pas ouvert pendant les saisons 1905 et 1906; et la halte des Flachères est inaugurée en novembre 1906, le train devient un concurrent de poids. Pour que cet échec n’entache pas son avenir, Charles Nithard n’avouera pas son fiasco financier et laissera accroire que l’arrêt de l’exploitation du trolley est dû à une interdiction à la suite de la mort d’un élagueur électrocuté pour avoir sanctionné un des câbles électriques. Alors que l’accident, bien réel, n’est arrivé qu’en 1911, quatre années après l’arrêt de l’exploitation du premier trolleybus à perches de France. Cet échec n’enlève rien à l’exemplarité de l’innovation technique et les deux communes de Charbonnières et Tassin ont choisi, en 2013, de la commémorer en donnant le nom de Charles Nithard au rond-point situé sur la route de Paris à la limite des communes. Mais même si l’on retrouve parfois ce nom sur certains plans, l’inauguration n’a pas eu lieu et le rond-point a été débaptisé car en apprenant la conduite sous l’occupation de Charles Nithard, administrateur de biens juifs, cela ne permet plus la célébration.

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Population

5.311 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Rhône
(69)

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