Chartres

Histoire de Chartres

Installée sur un promontoire qui domine la plaine de la Beauce et la rivière Eure, Chartres occupe l’emplacement d’Autricum, la grande cité des Carnutes à l’époque gallo-romaine. L’évangélisation de la cité remonte au IIIe siècle et l’évêché y est attesté dès le IVe. En 876, la cathédrale reçoit en don le Voile de la Vierge — une pièce de tissu revendiquée comme la tunique portée par Marie lors de l’Annonciation — relique qui devient le moteur d’un pèlerinage dont le rayonnement transforme Chartres en l’un des grands centres de dévotion mariale d’Europe occidentale. En 911, l’évêque Gancelme brandit cette relique pour repousser l’assaut des Normands de Rollon devant les fortifications de la ville: la victoire, attribuée à l’intercession de la Vierge, ne fit qu’accroître le prestige du lieu dans les siècles suivants. Après l’incendie dévastateur de 1194 qui consuma la cathédrale romane, la relique fut retrouvée indemne dans la crypte, signe interprété comme un appel divin à reconstruire. La cathédrale actuelle fut élevée en moins d’une génération dans un élan collectif sans équivalent pour l’époque. Au Moyen Âge, l’évêque Fulbert de Chartres (v. 960-1028) fonda la célèbre école cathédrale, foyer intellectuel qui rayonna dans toute l’Europe latine, formant des maîtres comme Bernard de Chartres et Thierry de Chartres. En 1594, Henri IV fut sacré en la cathédrale de Chartres — seul roi de France à l’avoir été hors de Reims — faute de pouvoir accéder à la ville champenoise tenue par la Ligue catholique. En août 1944, le colonel américain Welborn Griffith se porta volontaire pour vérifier que les Allemands n’occupaient pas la cathédrale et éviter son bombardement: il fut tué au combat à Lèves le jour même, décoré à titre posthume de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre par le gouvernement français.

Toponymie de Chartres

Le nom de Chartres dérive de celui du peuple gaulois des Carnutes, dont Autricum était l’une des cités principales. La forme latine Carnotum est attestée dès le IVe siècle; elle évolue en Carnotas, puis en Carntis au XIIe siècle par chute de la voyelle post-tonique. L’insertion d’un r supplémentaire et la palatalisation caractéristique du français central aboutissent à la forme Chartres vers 1150. Autricum, le nom originel de la cité gallo-romaine, est quant à lui formé sur le gaulois Autura désignant la rivière Eure, avec le suffixe localisateur -icum.

Patrimoine religieux à Chartres

La cathédrale Notre-Dame de Chartres, édifiée aux XIIe et XIIIe siècles, figure sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Élevée sur un promontoire de trente mètres dominant la Beauce, elle représente l’un des aboutissements les plus cohérents de l’architecture gothique naissante: plan en croix latine, élévation à trois niveaux, arcs-boutants en double volée qui libèrent les murs pour accueillir la lumière. Ses vitraux, dont la surface totale dépasse 2 600 m², constituent l’ensemble médiéval le plus complet au monde — 172 baies illustrant la Bible et la vie des saints, célébrées pour le fameux « bleu de Chartres », cette teinte singulière obtenue par un pigment aujourd’hui en partie perdu. Les plus anciens vitraux, rescapés de l’incendie de 1194, remontent à 1145-1155 pour les lancettes de la façade ouest et à 1180 pour Notre-Dame de la Belle Verrière. La crypte, l’une des plus vastes de France, abrite le lieu de vénération du Voile de la Vierge et témoigne des édifices successifs qui précédèrent la cathédrale actuelle. L’église Saint-Pierre, ancienne abbatiale dont les traces remontent au VIIe siècle, et l’église Saint-Aignan, avec son portail Renaissance de 1541, complètent le patrimoine cultuel de la ville.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

38.447 habitants

Région

Centre-Val de Loire

Département

Eure-et-Loir
(28)

Trouver une église à Chartres

Recherche
No data was found