Château-Chinon (Ville)

Histoire de Château-Chinon (Ville)

Château-Chinon (Ville) est une commune de Nièvre, en Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 1 931 habitants. Au Moyen Âge, on note les appellations suivantes sous la forme latinisée Castellania de Castro Canino en 1193 et sous la forme française Chasteaul-Chignon en 1372.
Durant l’Ancien Régime, des documents et textes officiels (notamment des chartes établies par le roi Louis XI ou une lettre écrite par Louis XIV) utilisent l’appellation Chastel-Chinon; d’autres mentionnent ChâteauChinon.
En 1792, la commune est divisée en deux, Château-Chinon (Campagne) et Château-Chinon (Ville) qui s’appelle alors Château-Chinon Intra-Muros, avant de prendre ensuite le nom de Château-Chinon(Ville) ou.

En 1793, Château-Chinon (Campagne) prend le nom révolutionnaire de Chinon-la-Montagne.
En patois morvandiau Sâtiau-Sgnion [s’tyo-s’nõ]. L’étymologie du toponyme Château-Chinon a stimulé l’imagination des érudits et historiens

Château: Du roman castellum « château », souvent latinisé en castrum dans les formes médiévales. Chinon: L’élément -Chinon a donné lieu à diverses interprétations: il s’agirait du nom d’un seigneur, Cette hypothèse est motivée par les règles de la phonétique historique et le fait que ce type de formation toponymique en Château- soit généralement composé avec un nom de personne (ex: les nombreux Château-Arnoux, Château-Bernard, Château-Lambert, Château-Renault, etc.), quand ce n’est pas un adjectif (cf.

Les observations et fouilles réalisées au sommet du Calvaire, ainsi que la physionomie du site permettent de penser à la présence d’un éperon barré d’époque protohistorique et d’une enceinte. Les fouilles réalisées au ont en effet permis de découvrir, outre des objets datant des époques gauloise, gallo-romaine et médiévale, une hache en cuivre, un bracelet en bronze et d’autres. Des monnaies gauloises et romaines (de Germanicus, Vespasien, Domitien, Marc Aurèle, Dioclétien et Constance Chlore) ont également été découvertes.
Néanmoins, comme l’a souligné le Bogros, aucune lettre patente ne confirme une telle érection. De plus, certains écrits officiels, postérieurs à 1389, mentionnent encore les terres de Château-Chinon sous l’appellation de « châtellenie ». C’est notamment le cas en juin 1462 dans une charte de Louis XI confirmant la création d’une élection et d’un grenier à sel dans ‘; en janvier 1477, le même roi, dans une charte de cession de ces mêmes terres à Jean II de Bourbon, parle encore ‘. Toutefois, en 1506, Charles Quint porte le titre de « comte de Château-Chinon ». L’érection en comté serait donc située à la fin du XVe siècle ou au tout début du XVIe siècle. Le plus ancien seigneur connu de Château-Chinon est Seguin de Lormes (de Lormes/Delorme) qui participe à la première croisade en 1096 afin de délivrer les Lieux Saints à la suite du concile de Clermont et de l’appel de Pierre l’Ermite en 1095.

En 1146, Hugues de Château-Chinon assiste à l’appel de Bernard de Clairvaux pour la deuxième croisade. et est de retour sur ses terres en 1153. En 1190, Hugues II de Blain (ou Hugo de Blino: Blin à Sardy et Epiry, plutôt que Blain?) participe, avec son frère, à la troisième croisade. Hugues III de Lormes (ou Hugo ab ulmis), petit-fils de Hugues II de Château-Chinon, hérite à la mort de son aïeul, de la totalité de châtellenie de Château-Chinon dont il était seigneur qu’en partie. Il confirme en 1208 les donations pieuses de ses ancêtres et en fait de nouvelles. Décédé en 1236, il laisse une nièce (plutôt qu’une fille) prénommée Helvis (sans doute: de Montbard d’Epoisses) qui épouse un petit-fils du connétable Dreux de Mello, Dreux de Mello le Jeune (voir l’article Dreux V) à qui elle apporte les châtellenies de Château-Chinon et de Lormes, aussi d’Espoisse et de Givry en dot. La seigneurie de Château-Chinon entre donc dans la maison de Mello en 1240 à la suite du mariage de Dreux de Mello le Jeune avec Helvis de Montbard d’Epoisses, la nièce héritière (plutôt que fille) de Hugues III de Lormes; elle lui apporte en dot les seigneuries de Château-Chinon, mais aussi de Lormes, d’Époisses et de Givry. C’est à partir de cette époque que la seigneurie de Château-Chinon semble échapper à la suzeraineté des évêques d’Autun.

Le dernier seigneur de Château-Chinon issu de la famille de Mello, Dreux, petit-fils de Dreux le Jeune, meurt en 1323 lors de la bataille de Saint-Vérain. Il laisse derrière lui une fille aînée, Jeanne de Mello. Cette dernière s’étant mariée quatre ans auparavant avec Raoul de Brienne, comte d’Eu et de Guines, la terre de Château-Chinon passe entre les mains de la famille de Brienne. À sa mort, ses terres furent confisquées, puis la seigneurie de Château-Chinon est donnée à Gautier VI de Brienne, mari de sa fille, Jeanne de Brienne (sœur de Raoul II). Gautier VI de Brienne meurt le 19 à la bataille de Poitiers et c’est sa veuve, la duchesse d’Athènes, qui administre la terre de Château-Chinon jusqu’à sa mort en 1389. Retenu au siège de Bourges, Jean de Bourbon ne peut venir en aide aux assiégés. Les Armagnacs capitulent fin juillet ou début août, après un mois de siège. Ce fut une « capitulation honorable » puisqu’ils.

Le 20, alors que Charles le Téméraire assiège en vain Neuss en Allemagne, une bataille éclate près de Château-Chinon entre les troupes de Louis XI et les Bourguignons dirigées par le comte de Boussi, gouverneur de Bourgogne. Le lieu de cette bataille reste incertain: Prosper de Barante évoque le combat de Guipy, près de Château-Chinon; Adolphe Joanne indique qu’elle eut lieu près de Sermages; Jean de Troyes mentionne Guy, près de Château-Chinon.
C’est ce dernier lieu qui semble le plus probable et défendu par René-Pierre Signé (ancien maire de la commune) ainsi que par le docteur Bogros. Après sa mort en 1506, on note que son fils aîné âgé de, Charles Quint (futur roi d’Espagne, roi de Sicile et empereur du Saint-Empire romain germanique) porte le titre de comte de Château-Chinon. La porte Notre-Dame, encore visible de nos jours sur la place du même nom, fut bâtie avec les pierres issues de l’ancienne porte du château fort. Louis de Bourbon-Condé, étant décédé le 13 à la bataille de Jarnac, le roi Charles IX confisque ses terres. L’année suivante, il restitue le comté de Château-Chinon à sa veuve, Françoise d’Orléans Longueville, duchesse douairière de Condé. En 1587-1588, une épidémie de peste éclate dans le Morvan. Château-Chinon est fortement touché, au point où il ne serait resté dans les murs de la ville que deux habitants.

Les autres habitants, qui n’auraient pas succombé à l’épidémie, auraient fui la ville. Durant la de religion, Château-Chinon, comme beaucoup d’autres villes de la province voisine du Nivernais, se déclare pour la Ligue catholique. Jean VI d’Aumont, comte de Châteauroux et maréchal de France, ainsi que Louis de Gonzague, duc de Nevers, sont chargés par le roi Henri IV de reprendre les villes rebelles de la région. Le siège est mis devant Château-Chinon vers mars-avril 1591. La capitulation est convenue le 18 par le vicomte de Marre, commandant des ligueurs de Château-Chinon. La ville est alors pillée et les archives détruites. À la mort de Françoise d’Orléans Longueville le 11, son fils Charles de Bourbon-Soissons lui succède et devient comte de Château-Chinon et de Noyers. En 1607, il concède aux habitants de Château-Chinon et de ses faubourgs leurs bois-usages: dans lesquels les habitants pouvaient.

Charles de Bourbon-Soissons, qui avait épousé Anne de Montafié en décembre 1601, meurt le 1. Le comté de Château-Chinon revient alors à sa veuve qui en jouit durant 32 ans car il tente de. Quelques années plus tard, lorsque la Fronde éclate, Roger de Bussy-Rabutin reçoit l’ordre du roi Louis XIV d’assembler des régiments en Nivernais. Le comté de Château-Chinon, terre indépendante, que ce soit de la Bourgogne ou de la province du Nivernais, est par définition exempté de cet ordre. Malgré cela, et peut-être par rancune, Roger de Bussy-Rabutin y loge 10 compagnies de son régiment d’infanterie. Les habitants s’en plaignent alors à leur seigneur, Thomas de Savoie-Carignan, qui en fait part au cardinal Mazarin, qui lui-même en informe le roi. Roger de Bussy-Rabutin se voit alors adresser une lettre datée du 28 avril 1652 et signée par Louis XIV en personne, lui rappelant les ordres qu’il a reçu et lui ordonnant vivement de cesser ses oppressions sur « Chastel-Chinon ». Louis de Mascrany, petit-fils d’Alexandre, né en 1686, conseiller au Grand-Conseil, meurt en 1775 mais donne, dès 1756 par contrat de mariage, la terre de Château-Chinon à son fils, le marquis François-Marie de Mascrany de Paroy, né en 1715, conseiller au Grand-Conseil et président en la Chambre des Comptes.

L’une des quatre filles de ce dernier épouse en 1768 Louis-Gabriel de Planelli (ou Pianello) de La Valette (en Forez: Furet-Lavalette, au Val-Furet, petit affluent de Furan, dans le sud de la commune de St-Etienne) (né en 1742/1744 et † en 1832 sans postérité survivante), marquis de Maubec en Dauphiné, cousin germain et beau-frère de Charles: Louis-Gabriel fut le dernier propriétaire du comté de Château-Chinon; mais une autre fille de François-Marie, Louise-Adélaïde de Mascrany, marie en 1780 Jacques de Clermont-Mont-St-Jean (1752-1827), qui se pare aussi du titre de comte de Château-Chinon. En 1790, Château-Chinon devient chef-lieu de canton et de district. Le 23, la Convention nationale décrète la levée en masse de hommes. Par l’arrêté du 2 mars qui suit, le département de la Nièvre fixe le contingent du district de Château-Chinon à 341 hommes dont 34 de Château-Chinon (18 de la « ville » et 16 de la « campagne »). Durant la Révolution, les représentants du peuple Jean-Marie Collot d’Herbois et Jacques Léonard Goyre-Laplanche sont missionnés dans la Nièvre pour installer un courant montagnard et sans-culotte. Après avoir été reçus à Nevers le 18, puis dans le Loiret, ils parcourent la Nièvre en avril et arrivent à Château-Chinon le 26. Ils épurent alors les administrations et font appliquer les décisions prises par la Convention nationale. En juillet 1793, un nouveau représentant du peuple est nommé en mission dans la Nièvre: Joseph Fouché.

Néanmoins, il ne se rend pas à Château-Chinon mais mandate des commissaires, comme Pierre-Gaspard Chaumette. Par anticipation du décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d’autres dénominations, Château-Chinon prend le nom révolutionnaire de Chinon-la-Montagne dès le 21 septembre 1793. Le 20 brumaire an II, le comité de surveillance de la ville fixe la taxe révolutionnaire imposée aux qui s’élève au total à livres pour la commune. Cette somme s’ajoute aux livres récoltées dans le reste du district de Chinon-la-Montagne au titre de cette même taxe, ainsi qu’aux offertes par les « patriotes aisés » de ce même district. Le 19 nivôse an III, les terres de Château-Chinon sont confisquées au nom de la Nation. Les forêts sont vendues à la fin du siècle comme propriétés nationales. La commune est néanmoins toujours un important lieu de commerce, d’artisanat et de prospérité. L’exploitation des forêts environnantes, bien que moins importante qu’auparavant, permet toujours de fournir d’importants revenus grâce au flottage du bois à destination de Paris.

Ce siècle marque également l’essor, à Château-Chinon et dans le reste du Morvan, de « l’industrie des nourrices »: d’une part les « nourrices sur lieu » qui se rendaient généralement à Paris, employées par des familles bourgeoises, d’autre part les « nourrices sur place » chez qui l’Assistance publique de l’ancien département de la Seine plaçait des enfants parisiens: les « Petits Paris ».
En 1880, Château-Chinon (Ville) disposait de la plus grande agence de placement de France avec l’accueil de enfants par an. Les limites de la ville ont par ailleurs largement débordé l’ancienne ceinture de remparts: le faubourg de Paris, au nord dans la partie haute de la ville, ainsi que la route d’Autun (future rue Jean-Marie-Thévenin), sont maintenant raccordées à la vieille ville. Très attaché à la ville qui l’avait adopté, le président Mitterrand lui offrit une grande partie des cadeaux reçus au cours de ses deux septennats. Ils sont exposés au musée du Septennat, installé dans un ancien couvent. De nombreux présents de toutes natures sont exposés. Ce sont des tapis, meubles, vases, objets en or et pierres précieuses, comme ceux offerts par les chefs des États du Golfe. Plusieurs salles sont consacrées aux cadeaux africains. On peut également y voir les décorations, médailles et « clés de villes » reçues par le président à l’occasion de ses voyages.

La statue-fontaine-mobile, dite Fontaine de Château-Chinon, qui se trouve devant l’ancien palais de justice devenu mairie, a été commandée conjointement en 1987 à Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely par François Mitterrand. Elle a été inaugurée par le président le 10 mars 1988.

Patrimoine religieux

Au sommet du Calvaire, sur le même site où l’oppidum, puis le camp romain prenait place, on remarque de nos jours quelques vestiges de l’ancien château fort: traces des anciens souterrains, d’une tour de guet et des fossés. Sa construction pourrait dater. De taille très modeste, il ne disposait visiblement pas d’habitation seigneuriale (la plupart des seigneurs de Château-Chinon n’ayant de toute manière jamais logé dans la ville). Il était constitué d’un corps de logis rectangulaire d’environ par flanqué d’une tour ronde à chaque angle. Ces tours avaient un diamètre de et leurs murs avaient une épaisseur de.

Les autres vestiges des fortifications sont deux tours: la tour dite de la Paix dans la rue du même nom, en contrebas de l’église, et une autre tour plus loin, au croisement de la rue de l’École et de la rue des Fossés. L’église néo-gothique de la ville fut bâtie entre 1894 et 1896. Elle est placée sous le vocable de saint Romain († 560), instructeur de Benoît de Nursie à Subiaco qui, venant d’Italie, s’installa dans une grotte à Druyes-les-Belles-Fontaines (Yonne), dont il fonda le village et son monastère en devenant le premier abbé. L’église fut consacrée en 1902. Le bâtiment actuel, avec sa flèche de, fait suite à plusieurs reconstructions.

La première église, en style roman. Elle fut remplacée ensuite par une autre couverte en bois avec un clocher de style gothique. En 1722, l’église s’écroule en partie en faisant de nombreux tués et blessés. Dès l’année suivante, la foudre y provoque un incendie. Reconstruite à nouveau, elle est démolie durant la Révolution.

Elle fut une nouvelle fois rebâtie en 1824, mais considérée trop petite, une ultime reconstruction eut lieu en 1894, par l’architecte Andoche Parthiot, pour faire place à l’église néo-gothique actuelle. Sur le tracé d’une ancienne voie romaine reliant Château-Chinon à Moulins-Engilbert, on trouve la chapelle du Chêne édifiée en 1868. À ce même emplacement, d’après un plan datant de 1676, se trouvait la « chapelle du Châgne » (chêne en morvandiau), vraisemblablement une autre chapelle détruite pendant la Révolution. Le chêne fut remplacé il y a plus de trois siècles par deux tilleuls. L’un d’eux fut brisé par un ouragan le 5, et le second subit le même sort en 1918.

Informations Clés

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Population

1.931 habitants

Région

Bourgogne-Franche-Comté

Département

Nièvre
(58)

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