Château-Salins
Histoire de Château-Salins
Château-Salins est une commune de Moselle, en Grand Est, qui compte 2 297 habitants. Anciens noms: Castrum Sallum (1195), Chastel-Sallin (1346), Saltzburg (1347), Chastelsalin (1348), Saltzborren (1397), Saltzburch (XVe siècle), Castrosalina (1508 environ), Castrum Salinense (1675), Salins-Libre (nom révolutionnaire). Cependant, la mention de 1195 (si elle est exacte), renverrait vers une origine plus ancienne.
La commune et la région naturelle qui l’entoure, le Saulnois, doivent leur nom à l’exploitation du sel qui y était autrefois pratiquée. La cité est relativement récente. Le territoire sur lequel s’élèvera le château, et plus tard la ville, faisait partie des domaines de l’évêché de Metz. Le secteur était aussi un fief de Lorraine; ainsi en 1277, le duc Ferry III de Lorraine associa le comte Thiébaut II de Bar à la moitié du fief d’Amelécourt et au tiers des salines de cette cité. La légende dit que ce sont des pèlerins en route pour Saint-Nicolas-de-Port qui découvrirent une source salée. Vers 1340, la régente Élisabeth d’Autriche veuve du duc Ferry IV fait bâtir un château, pour protéger l’exploitation de cette source.
Afin de pouvoir contrôler la bâtisse ducale, l’évêque Adhémar de Monteil fait aussi construire une forteresse, qu’il nomme Beaurepaire, à quelque distance de là. En 1342 éclate un conflit entre Adhémar et le duc Raoul de Lorraine. La paix est signée en 1344 sous l’égide du comte du Luxembourg. Il est convenu que l’évêque paierait dix mille livres au duc de Lorraine, qui conservera sa forteresse de Château-Salins. Les conflits reprennent à la mort de Raoul en 1346. En 1347 le traité de paix conclut que le château construit par Élisabeth d’Autriche sera vendu à l’évêché; en attendant que la somme soit réunie, les deux bâtisses seront mises en dépôt au profit de Marie de Blois, alors régente du duché.
Quand Adhémar parvient à réunir la somme, la duchesse transige pour rendre les deux bâtisses. Cela entraîne un troisième conflit armé qui détruit totalement le château ducal. Il s’achève par une renonciation totale des prétentions du duché sur Château-Salins. Pourtant dès 1348, Adhémar donne son accord pour la reconstruction de ce château à laquelle il contribue par une indemnité de six mille florins. L’exploitation de cette industrie a été abandonnée en 1826. Une tour de Chappe a été en service entre 1798 et 1852.
Elle servait de relais entre Delme et Vic-sur-Seille sur la ligne Paris-Strasbourg. Entre 1800 et 1871, Château-Salins fut une sous-préfecture du département de la Meurthe. Elle possédait des faïenceries, des verreries, des tanneries, des moulins à plâtre, et était un important centre de production de toiles de chanvre. Comme les autres communes de l’actuel département de la Moselle, la ville de Château-Salins est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. La commune devient le chef-lieu d’un arrondissement du district de Lorraine au sein de l’Alsace-Lorraine. En 1894, une exploitation du sel plus moderne reprit au sud de la ville, pour s’arrêter définitivement en 1940.
L’ancien site « Aux Salines » a été transformé depuis en base de plein air. Si Château-Salins est occupée par les troupes françaises dès le 17 août 1914, de jeunes Castelsalinois, déjà appelés sous les drapeaux, sont contraints de se battre sous l’uniforme allemand jusqu’à la fin des hostilités. En 1915, le nom de Château-Salins est germanisé en Salzburg. En 1918, Château-Salins redevient français, mais l’ancienne commune de la Meurthe reste dans le département de la Moselle. La Seconde Guerre mondiale et le drame de l’Annexion marqueront longtemps les esprits. Lors de la seconde annexion allemande de la Moselle, la commune est baptisée, non pas Salzburg, mais Salzburgen.
Elle redevient le siège d’un Landkreis du CdZ-Gebiet Lothringen, cette fois au sein du Gau Westmark. La ville est libérée le 17 novembre 1944, par la armée de Patton pendant la Campagne de Lorraine; un odonyme local rappelle cet événement.