Châteaubriant
Histoire de Châteaubriant
Châteaubriant est une commune française située en Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire, qui compte 12 189 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Castellum Brienti dès le XIe siècle, Castro Brientii en 1265, Chateaubrient en 1348, Castrum Briencii en 1453, puis Chasteaubriant en 1664, l’orthographe se fixant progressivement avec l’apparition de l’accent circonflexe et la consonne finale en t. Pendant la Révolution, la commune porta le nom de Montagne-sur-Chère. Le toponyme est composé du mot château suivi d’un anthroponyme selon une formule courante en Bretagne et dans le reste de la France, avec en 1266 la première mention en ancien français du baron Geffrey de Cheteau Brient. En latin moderne, le nom est traduit en Castrobriandum, mais les appellations médiévales Briandi Castrum ou Brientii Castrum sont également acceptées. Deux prononciations ont été relevées dans le gallo, langue d’oïl locale.
La région recèle de nombreuses traces d’occupation ancienne. Malgré l’action de l’abbé Cotteux, qui bâtit le calvaire de Louisfert en réutilisant la matière de plusieurs monolithes, des menhirs subsistent à Rougé, dans le village de la Houssais, sur la route de Sion-les-Mines à Treffieux, à Lusanger et à Saint-Aubin-des-Châteaux. Des haches de l’âge de la pierre polie ont été découvertes sur le territoire de Châteaubriant, à la Borderie, au nord de l’ancien champ de course de Béré. Les coteaux de Béré ont accueilli des Gaulois, dans une zone à la limite des Andécaves, des Redones, des Vénètes et des Namnètes. Le nom de Béré dériverait d’un mot celte signifiant hauteur, latinisé en Bairacus, devenu Bereus puis Béré. Des vestiges de constructions romaines y ont été découverts en 1876 au champ de foire, à un croisement des voies romaines liant Condeium et Condevicnum à Condate, et un atelier monétaire gallo-romain y était probablement actif. Au début du Moyen Âge, le village de Béré connaît un développement important: un sanctuaire double y est consacré à saint Pierre et saint Jean-Baptiste, un atelier monétaire est construit, et le bourg devient le centre d’activités agro-pastorales, métallurgiques et commerciales.
Après l’an mil, la famille de Brient s’installe sur ces terres, sur des biens probablement donnés par l’évêque de Nantes, qui cherchait l’appui de nobles dans sa lutte contre les comtes d’Anjou et le comte de Rennes. Une motte est établie au confluent de la Chère et du Rollard, intégrant les Marches de Bretagne avec Vitré, Fougères, Ancenis, Clisson et Machecoul, frontière chargée de défendre la Bretagne face au royaume de France. La famille de Brient fonde plus tard le prieuré Saint-Sauveur à Béré pour les moines de Marmoutier, premier noyau de la cité, étendu vers le sud-est par la création de la paroisse Saint-Jean-Baptiste et du couvent Saint-Michel; la paroisse Saint-Pierre, plus ancienne, remonte aux origines du peuplement. La ville se développe ensuite sur le flanc ouest du château. Place stratégique, Châteaubriant subit combats et invasions, dont le siège commandé par le roi de France en 1235; l’insécurité conduit les seigneurs à élever des remparts, percés de cinq portes, autour de la cité médiévale, traversée par deux axes principaux, la rue de Couéré et la Grande Rue. Jean de Laval lègue sa baronnie à Anne de Montmorency. La fin du XVIe siècle est marquée par la prise de la ville par la Ligue de 1590 à 1597, dirigée par le duc de Mercœur. La Maison de Condé obtient ensuite Châteaubriant sans y résider. Pendant la Révolution, la ville devient en 1790 chef-lieu de district et est, surtout à partir de 1793, le théâtre d’affrontements entre républicains et royalistes; en 1800, elle est instituée sous-préfecture.
Patrimoine religieux
L’histoire religieuse de Châteaubriant s’enracine dans le sanctuaire double de Béré, dédié à saint Pierre et à saint Jean-Baptiste, qui structura le bourg dès le haut Moyen Âge. Le prieuré Saint-Sauveur, fondé par la famille de Brient pour les moines de Marmoutier, formait le noyau spirituel de la cité, prolongé par la paroisse Saint-Jean-Baptiste et le couvent Saint-Michel, tandis que la paroisse Saint-Pierre conservait l’ancienneté de l’implantation chrétienne. Le château intégrait le système de défense des Marches de Bretagne; sa construction d’origine date du XIe siècle, son évolution en château-fort se poursuit jusqu’au XVe siècle et des ajouts Renaissance s’y greffent par la suite. Au cours du XVIIe siècle, il passe sous le contrôle de la famille des Bourbon-Condé jusqu’à la Révolution, avant d’être acquis par le conseil général de la Loire-Atlantique en 1853. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques. La vieille ville conserve maisons, manoirs et hôtels anciens, dont certains, comme la maison de l’Ange, la maison du Sabot-Rouge ou l’hôtel de la Houssaye, sont inscrits aux monuments historiques. Le centre-ville garde quelques vestiges des remparts, dont la Porte-Neuve, reconstruite, et plusieurs tours bien conservées. La carrière des Fusillés, ancienne carrière aménagée en mémorial, perpétue le souvenir des résistants exécutés en représailles de l’attentat contre le lieutenant-colonel Holtz à Nantes.