Châteauneuf-sur-Loire
Histoire de Châteauneuf-sur-Loire
Châteauneuf-sur-Loire est une commune de Loiret, en Centre-Val de Loire, qui compte 8 416 habitants. Selon l’érudit archiviste Jacques Soyer, l’appellation latine « castrum novum » remonte à l’Antiquité. En 1260, un arrêt du parlement de Paris mentionne encore magnum cheminum qui vadit de Lorriaco usque ad Castrum novum soit « le grand chemin de Lorris à Châteauneuf » qui correspond au « chemin des Bourguignons » pour sa partie centrale en amont, entre Lorris (Lorriacus) et Nogent-sur-Vernisson, ou mieux au « chemin du sel » parce que le sel transporté, provenant du Croisic ou de Bourg-de-Batz, était débarqué au port de Châteauneuf (Castrum novum) après une lente remontée de la Loire.
La voie antique plus haut évoquée d’Orléans (Orelianis ou civitas Aurelianorum) à Auxerre (Autessiodurum) par la Mi-voie (Media via) et Nogent-sur-Vernisson, dont les premières lieues se confondaient avec celle de la voie d’Orléans à Autun (Augustodunum) en passant par Castrum novum super Ligerim (notre actuel Châteauneuf) a été ensuite abandonnée, pour longer la rive droite de la Loire jusqu’à Briare (soit une voie moins direct toujours en direction d’Autun comme le trajet des voitures publiques au ), pour enfin gagner Saint-Fargeau, Saint-Sauveur-en-Puisaye et Ouanne. Il reste à mentionner que l’appellation Châteauneuf a fleuri de la Bretagne à la Provence notamment au suprêmement français par sa noble civilisation.
Le gros bourg de Châteauneuf s’est développé en tant que lieu d’échanges et halte sur la route fluviale de la Loire. La bourgade est incluse dans le domaine royal dès les premières décennies des Capétiens et semble active depuis au moins le haut Moyen Âge. Le roi Henri y fonde une forteresse ou castellum au milieu du – ce qui explique le nom de la localité.
L’écrivain Maurice Genevoix (1890-1980) a vécu à Châteauneuf l’essentiel de la première partie de sa vie, de sa prime jeunesse pratiquement jusqu’à l’aube de sa quarantaine. Comme il le confesse à la fin de sa vie, il n’a jamais perdu de vue la tour carrée de l’église, le « clocher dardé au-dessus des abats-son », pointant au bout de la grand’rue et dominant la houle des toits de la bourgade. Et de mentionner les deux rues principales, la Grand’rue montant vers l’église et la rue Saint-Nicolas rejoignant le port des anciens bateliers de Loire, ainsi que les six quartiers de ce chef-lieu de canton de trois à quatre mille âmes avec une population bigarrée à la Belle Époque, composée de vignerons et de pêcheurs, d’artisans et de marchands, de notables comprenant un sénateur maire et un curé, de gendarmes et d’instituteurs, sans oublier les pauvres et pauvresses, survivants tant bien que mal grâce au fleuve pourvoyeur dans des masures au voisinage du port, ou le vieux « cuirassier de Reichshoffen », remémorant ses souvenirs de belle charge à cheval.
Le bourg fragmenté et traversé par de multiples Petits Sentiers, provenant du Mont-des-Prêtres, présenté en tumulus préhistorique altéré par l’érosion, à l’est et se perdant dans un dédale de ruelles ou de chemins en arrière des cours ou des jardinets, se segmentait en six quartiers: La Bonne-Dame, le Coteau, la Croix-de-Pierre, le Petit-Hameau, le Pissason et le Port. La pauvreté était au voisinage du port cachée par les hautes façades des maisons des rues et, dixit Maurice Genevoix, résignée et silencieuse, et la surmortalité évidente par la tuberculose des jeunes et des adultes, les pneumonies des vieillards dans les taudis souvent sans feu.