Châteauponsac
Histoire de Châteauponsac
Châteauponsac est une commune de Haute-Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 021 habitants. La première mention de Châteauponsac est portée par une monnaie mérovingienne: Potincaco. Puis on trouve une forme composée au, Chastel Poensac, d’où vient directement le toponyme actuel. Le deuxième élément du composé est une formation gallo-romaine, dérivée avec le suffixe -acus du nom de personne latin Potentius.
Le monastère de Châteauponsac est attesté en 1212: monasterium de Ponciaco cum capella sanctae Mariae. Au, on trouve le nom de Castro-Ponssat. Durant la Révolution, la commune porte le nom de Ponsac-la-Montagne.
Les premiers documents écrits concernant Châteauponsac sont deux monnaies mérovingiennes où l’on trouve les formes Potentaco et Potento. Potentaco pourrait être une contraction de Potentiacum dérivé d’un homme latin, Potentius. On sait que très souvent le suffixe -acus ou -acum s’ajoute à un anthroponyme pour marquer la propriété; et ici c’est le cas. Les origines du site actuel du bourg seraient donc cette propriété. Mais il ne faut pas pour autant imaginer l’imposante villa gallo-romaine: il peut s’agir d’une propriété beaucoup plus modeste, voire d’un simple lieu-dit. Tout ce que ce nom doit suggérer c’est qu’à l’époque gallo-romaine, un certain Potentius est propriétaire d’une terre sur l’emplacement de l’actuel Châteauponsac mais nous ne connaissons ni la nature, ni l’étendue, ni la localisation de sa propriété.
Un petit camp militaire semble s’être malgré tout développé. Situé au carrefour de deux voies romaines, au, il aurait pris comme premier nom celui de Castrum Potentiacum, le « château de Potentius » ou « le camp militaire construit sur le domaine de la famille Potentius ». Avec le temps, quelques habitations s’installent à proximité. Les Romains ont laissé des traces de leur passage tout le long de la Gartempe telle l’antique voie romaine sur la rive gauche de la rivière en sortant de la cité par le pont dit romain. Au moment des invasions barbares du, la cité de Castrum Potentiacum est rasée. Au, deux ermites s’installent près du bourg.
Ils vont permettre la renaissance du lieu. On ne sait pas grand-chose de cette période si ce n’est qu’au, une église mérovingienne voit le jour: il s’agit de l’église Saint-Martin (près de la librairie actuelle). L’édifice en lui-même ne garde comme trace de son ancienne utilisation que deux baies romanes et l’ancienne porte (façade nord). Au, des féodaux voisins, les seigneurs de Rancon, s’intéressent au bourg sans doute pour s’assurer le contrôle des grands axes routiers de la région. Ils auraient ordonné la fortification d’un antique ouvrage militaire (peut-être romain ou franc?) appelé « Châtelard » dominant la route et le lieu de franchissement de la Gartempe, au-dessous de la ville actuelle de Châteauponsac. Aimery de Rancon fait élever une église dédiée à saint Pierre (emplacement de la mairie actuelle) pour remplacer celle, alors ruinée, qui s’élevait sous le même vocable au bord de la Semme.
L’édifice est déplacé le long de l’axe nord-sud, vers la Gartempe, presque jusqu’au carrefour que forme cette voie avec celle qui vient de Saint-Hilaire-la-Treille. En 1019, les Rancon donneront cette chapelle à l’abbaye Saint-Martial de Limoges qui l’affectera à son prieuré de La Souterraine. En 1030, un autre seigneur de Rancon, fait donation à l’abbaye de Déols, en Berry, du bourg de Saint-Martin-de-Châteauponsac. Celle-ci y installe un monastère en 1039 et y bâtit, en 1042, au-dessous de la chapelle Saint-Pierre, une église consacrée à saint Thyrse (martyr à Alexandrie?). Les prieurs de St-Thyrse deviennent les seigneurs de Châteauponsac. C’est autour du monastère que la population va se grouper, tant au nord, vers l’église Saint-Pierre, qu’au sud jusqu’au Châtelard.
C’est encore au, vers 1080, que sont posées les premières pierres de la chapelle Notre-Dame, située en contrebas du bourg, à l’est de la chapelle Saint-Pierre. Elle devient rapidement un lieu important de pèlerinage de toute la contrée. Plusieurs fois remaniée et agrandie, elle est élevée au rang d’église paroissiale au début. Situé entre le domaine royal et les possessions anglaises, le Limousin a été un des principaux champs de bataille de la guerre de Cent Ans. Après la bataille de Poitiers (1356), les Anglais dominent la Marche. De nombreux soldats passent et séjournent à « Castro-Ponssat » (le nouveau nom de la ville au ).
Les troupes armées du Prince de Galles s’emparent du château-fort de Rancon et poussent une pointe jusqu’à « Castro-Ponssat » qui est épargné. En 1370, le Prince Noir pille et dévaste la cité de Limoges. En passant à Castro-Ponssat, il saccage l’église Saint-Thyrse, renverse la voûte de la nef et la façade occidentale, incendie en partie la chapelle Notre-Dame. Pour terminer, il ravage Rancon. À la suite des dévastations de la guerre qui commence, les moines de la ville sont appelés à regagner l’abbaye-mère de Déols. Ceux qui restent quittent leur monastère pour une maison conventuelle de taille plus modeste qu’ils fondent entre 1318 et 1358: le prieuré (actuel Musée René Baubérot).
En 1372-1373, Jean de Bourbon libère la Marche. Même aux heures les plus sombres des règnes de Charles VI et de Charles VII, la domination française ne sera jamais sérieusement menacée. Sur place, la défense s’organise. Construit pour surveiller la vallée, il prend le nom de « château de Ventenat ». C’est une épaisse bâtisse rectangulaire flanquée de quatre tours. Détruit en 1793, il servit de carrière.
Il ne reste désormais que des ruines. De leurs repaires, des bandes armées fondent sur le pays et le rongent littéralement. À la suite d’une importante bagarre entre les habitants du bourg et des soldats (pillage du prieuré et de nombreuses maisons), l’abbé de Déols décide, en 1420, de fortifier le prieuré en incluant l’église Saint-Thyrse dans les fortifications, mais non l’église Saint-Pierre dépendant de La Souterraine, pas plus que l’église Saint-Martin, trop éloignée. Mais comme la sécurité est toujours troublée par les soldats du château du Dorat, des remparts, percés de trois portes fortifiées, sont alors édifiés autour de la ville (1429-1431). L’église Saint-Thyrse devient alors église paroissiale en lieu et place de l’église Saint-Martin, qui en devient une simple annexe. Châteauponsac a ainsi deux paroisses, Saint-Thyrse en ville murée et Saint-Pierre « hors les murs ».
La chapelle Notre-Dame est restaurée. Le protestantisme, né avec Luther et Calvin, ne se propage pas dans la cité qui subit, malgré tout, les conséquences des grands bouleversements pendant la période des guerres de Religion. En 1564, une communauté de prêtres séculiers est fondée pour se charger du service de l’église Saint-Thyrse. Leur nombre est alors assez considérable. Ils ne seront dispersés qu’au moment de la Révolution. En 1584, le chef calviniste Rochebrune, ayant sous ses ordres les capitaines huguenots Le Dreuille, Savary, Pressiniac, Foussac et Busseroles, donne l’assaut à la ville mais il est repoussé et tué pendant l’offensive.
Après la bataille de Coutras en 1587, un nommé Lamorie, qui faisait la guerre pour le roi de Navarre et le parti protestant, s’empare par surprise de la cité avec ses compagnons. Ils y séjournent quelques mois et y lèvent des hommes et de l’argent. Ils profanent et brûlent la chapelle Notre-Dame. La ville est à nouveau prise le et pillée, puis en 1591 par le comte de la Guiche. Le prince de Conti la reprend peu après.