Chauvé
Histoire de Chauvé
Chauvé est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 3 000 habitants. Le nom de la localité est attesté anciennement: une pièce de monnaie mérovingienne retrouvée au porte la mention Cavidius. Un texte datant de 1100 mentionne Chialvahe, un autre de 1104 désigne le [presbyter] de Calval ou de Calvac. Le nom est attesté sous la forme Chauval en 1406, Chauvoie en 1409 et Chauvaye en 1410, Chauve en 1815; Chauvàè selon l’écriture ELG ou Chôvaï selon l’écriture MOGA.
En gallo comme en poitevin, le nom de la commune se prononce. Le nom a été traduit Kalveg en breton à la fin du XXe siècle. Albert Dauzat et Charles Rostaing expliquent ce toponyme par la formation gallo-romane *CALVACU, sur la base d’un anthroponyme gallo-roman Calvus « le chauve » cf.
les noms de famille du type, etc., il est suivi du suffixe -ACU (Dauzat note -acum).
Durant la Révolution, la commune porte le nom de Haxo-les-Landes.
La présence de mégalithes sur la commune atteste la présence humaine au Néolithique. Par la suite, le manque de vestiges et de traces d’activités humaines ne laisse aucune indication sur la présence d’habitat sur une région très boisée. C’est lors de la période de défrichement du Moyen Âge que Chauvé entre dans l’Histoire. Marquée par la Guerre de Vendée, la commune rurale est de nouveau frappée lors des combats de 1944-1945. Après l’expulsion des Vikings, Alain Barbetorte et ses successeurs, des chefs bretons et d’anciens administrateurs carolingiens d’origine franque font construire des enceintes fortifiées, en général près des cours d’eau. En 960 il faut encore se protéger des raids danois.
À chaque libération de territoire, le seigneur en garde une partie et distribue le reste à des colons, anciens serfs qui sont soumis à redevance, le chevage. Ainsi se crée un réseau de dépendances. Un des tout premiers seigneurs de Castrum-Migronis s’appelle Fredur, et possède entre autres le Pago Chialvahé. Le fils de Fredur, Droaloi, vicomte du Migron également, se lie avec le père abbé de Saint-Sauveur de Redon. Cet abbé a fait venir des moines à Frossay (don du prieuré de Sainte-Marie). La paix revenue, la hiérarchie de l’Église s’attache à faire reprendre par des religieux le contrôle des lieux de culte tenus par des laïcs.
Il est possible que Rivallon, prêtre et propriétaire des églises de Frossay, Chauvé et Arthon soit le fils de Droaloi. Lui-même a un fils, Urvoy (latinisé en Hurvodius). Le document précisant le don est signé en 1100. Fredorius tente de contester le don mais il doit s’incliner. L’évêque doit intervenir pour arbitrer quand Fredorius remet en cause la validité de l’acte.
Ogée précise qu’en, Benoît, évêque de Nantes, confirme que les moines de Saint-Sauveur de Redon possèdent l’église de Chauvé. Cette confirmation s’est faite dans le cloître des religieuses de Sainte-Marie de Prigny en présence de Justin, abbé du monastère de Redon et de Mathias second, comte de Nantes. En 1113, Hurvodius confirme son don par testament. Au début du, Chauvé n’est pas un « plebs », une paroisse. Ce n’est qu’au que le prieuré Saint-Germain de Chauvé devient paroisse sous l’action du seigneur de Bois-joly. Le patron de la paroisse est saint Martin de Tours.
Le défrichement progressif des terres se fait de manière concentrique à partir de l’église qui se dresse au milieu du cimetière. Parmi les droits dus aux seigneurs au Moyen Âge, il en est un plutôt étrange que les Chauvéens devaient acquitter. À Noël, ils devaient fournir au seigneur de Pornic une charrette, tirée par deux bœufs, portant une bécasse et une flûte à cinq trous « sans compter celui par où l’on siffle ». Parmi les vestiges des activités humaines au Moyen Âge à Chauvé, on relève la présence de laitier aux Platennes, signe de la présence d’une forge. De même, à La Poterie on trouve de grandes quantités de tessons (rejets de cuisson excessive). Le démembrement de la vicomté du Migron entraîne l’apparition de la seigneurie du Bois-Joly et la seigneurie de la Rigaudière.
La population, principalement paysanne, est insatisfaite. La milice notamment est mal vue. En 1726, cette garde territoriale est devenue permanente, tout homme de 16 à peut y être enrôlé. Le mode de recrutement change en 1756, les recrues sont tirées au sort pour être incorporées dans des compagnies de garde-côtes, puis à partir de 1778 dans des compagnies de canonniers. La population de Chauvé a la réputation d’être réfractaire à ces levées. Les sont mauvaises pour les récoltes, on craint la disette.
Le mouvement politique aspirant au changement en 1789 est au départ souhaité par bien des Chauvéens, à l’image du curé de la paroisse qui dans son registre anticipe par impatience de plusieurs jours la réunion des États généraux, qui ont lieu le. En 1790, les citoyens actifs de Chauvé prennent part à la désignation des dix électeurs représentant le canton de Frossay pour les élections primaires du département de la Loire-Inférieure, l’arrestation de l’abbé en place, l’inventaire des biens de la cure et la levée de soldats pour défendre la République poussent la population à la révolte. La nuit du 9 au 1793, Chauvé est la première commune du district de Paimbœuf à se soulever. Chauvé est brûlée, les combats sont très durs, les vieillards, les femmes et les enfants ne sont pas épargnés. Après une accalmie, la guerre reprend et touche la commune en 1795. Les Chauvéens en rébellion finissent par se rendre.
Vallée, la population de Chauvé aurait diminué de 37 % sur la période, passant de à. La paix revenue, Chauvé reprend son activité. Seules les deux briqueteries apparues au tranchent avec l’activité rurale historique de la commune. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes résistent dans la poche de Saint-Nazaire et Chauvé est le théâtre de combats où les FFI se distinguent. Après une période marquée par l’exode rural (voir Démographie), Chauvé connait un rapide essor quelques années après avoir conclu un jumelage (voir Jumelages) avec la ville irlandaise de Killala, en mémoire du général républicain Humbert mandaté par le Directoire en 1798.
Patrimoine religieux
Plusieurs menhirs sont recensés sur la commune. Au lieu-dit la Tendonnerie on trouve le menhir de la Pierre-Le-Matz. Deux autres sites présentent des mégalithes classés monuments historiques depuis 1989: à la Croterie se situe celui de Chevanou, non loin de ceux des Platennes. Ces derniers, trois menhirs en grès mesurent entre et.
À Épinerie est située une borne grise en pierre datant de l’époque gallo-romaine. On suppose qu’il s’agit d’une borne romaine. Au lieu-dit Le Pin se trouve une croix celtique en grès très ancienne qui est dressée non loin de son emplacement initial dont elle a été délogée après avoir été abattue pendant la Révolution.
On peut observer à Chauvé des manoirs et maisons nobles datant du à la Rivière-Mulon et à la Rigaudière. Datant de la même époque, c’est dans ce dernier lieu-dit que le Moulin de la Rigaudière est placé. Dans l’embrasure des portes, les meuniers successifs ont laissé des croix lors de leur passage au fil des siècles. Le presbytère date, lui, de 1764.
Le château de Terre-Neuve, bâti entre 1768 et 1770 par les Bachelier de Bercy dans le style Louis XV, a servi de refuge aux prêtres réfractaires pendant la Révolution. Il est aujourd’hui devenu un centre d’accueil pour handicapés. Elle est inspirée de la basilique Saint-Nicolas de Nantes et est la première église rurale néo-gothique de Loire-Inférieure.