Chauvigny

Histoire de Chauvigny

Chauvigny est une commune de Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 7 099 habitants. Attestée sous la forme latinisée De Calviniaco 1004 – 1018. Nom de type gallo-roman *Calviniacum composé du nom de personne Calvinius, variante de Calvinus, suivi du suffixe -acum comparable aux Cauvigny, Chauvigné, Cauvignac, Chalvignac, etc.

Au sud de Chauvigny, la grotte de Jioux ayant servi d’abri pendant le Mésolithique ( environ à avant notre ère) est un témoignage de l’occupation très ancienne des environs de Chauvigny. Pendant le Néolithique (de à avant notre ère), des humains ont vécu à l’emplacement de l’actuel donjon de Gouzon sur le plateau. Les restes d’un fossé, des trous de poteaux appartenant à de grands bâtiments ont été découverts par les archéologues. Des outils (grattoirs, burins.) et des restes de poteries y ont été aussi trouvés. Les périodes protohistoriques ( à 50 avant notre ère) ont livré assez peu de vestiges sur la commune de Chauvigny. Cependant, la réalisation de la déviation contournant la ville par le sud a donné l’occasion aux archéologues de fouiller deux sites. Situés sur le plateau dominant la Vienne sur le versant ouest, le Peuron et les Essarts de Peuron ont livré les vestiges (trous de poteaux et de piquets, longs fossés) d’une occupation rurale datant de la Tène (de 500 à 20 avant notre ère). À l’époque romaine, une agglomération se développe à Saint-Pierre-les-Églises, près du gué qui passe la Vienne.

Elle est traversée par la voie romaine qui allait de Poitiers à Bourges en direction de Lyon, capitale des Gaules. Ces maisons abandonnées vers le IVe siècle ont été, pour certaines, recouvertes par un cimetière médiéval (-XIIIe siècles). Chauvigny joue très tôt un rôle important à cause de sa situation sur un éperon rocheux dominant la Vienne. Pendant le Moyen Âge, les hommes se sont implantés essentiellement sur l’éperon rocheux et le plateau qui dominent la vallée de la Vienne au nord. Une cité se développe à partir du, elle accueille cinq châteaux forts: château Baronnial ou des Évêques, château d’Harcourt, donjon de Gouzon, château de Montléon et tour de Flin, ainsi que la collégiale Saint-Pierre construite au cours. La cité est entourée de remparts dont les accès sont protégés par des portes fortifiées. Dans la vallée sur la rive droite, au pied de la cité forte, un bourg s’organise autour de l’église Notre-Dame fondée au moins au début. En même temps, la vallée marécageuse est en partie assainie par l’aménagement du ruisseau le Talbat.

Peu après l’an 1000, les évêques de Poitiers de la famille des Isembert, succédant à une famille portant le nom de Chauvigny, deviennent seigneurs de Chauvigny, puis barons à partir du XIVe siècle. Aux, ils y élèvent un château. Le premier évêque de Poitiers seigneur de Chauvigny est Isembert Ier (mort en 1047), sans doute membre de la famille de Chauvigny dont il avait hérité la seigneurie. Après lui se sont succédé plusieurs évêques jusqu’en 1789. L’évêché de Poitiers est propriétaire de la grande forêt de Mareuil, d’une superficie de (415 hectares), qui lui permet par les revenus des coupes ordinaires et extraordinaires de réparer les bâtiments ecclésiastiques souvent en mauvais état. Par ailleurs, la forêt, grâce aux droits d’usage accordés aux habitants, leur permet de se fournir en bois de construction et de faire paître leurs bestiaux. André est l’un des descendants des Chauvigny mentionnés dans les textes. Prince de Déols et seigneur de Châteauroux par son mariage (vers 1189) avec la pupille et filleule du roi Richard d’Angleterre, Denyse de Châteauroux, il s’est illustré au cours de la troisième croisade (en 1190).

Son courage lui a valu le surnom de « Preux des Preux ». Au cours de ce combat retentit pour la première fois le cri de guerre: « Chauvigny, chevaliers pleuvent » qui est resté la devise des descendants d’André. Durant la guerre de Cent Ans, Chauvigny est ravagée par les troupes du comte de Derby en 1346. Dix ans plus tard, les troupes du Prince Noir suivies de celles de Jean le Bon, passent à Chauvigny avant d’aller s’affronter à Nouaillé-Maupertuis où Jean le Bon sera fait prisonnier. En 1372, Du Guesclin et Jean de Berry chassent les Anglais mais, en 1412, Chauvigny tombe entre les mains des troupes anglaises du duc de Clarence. Les fiefs voisins vont, à leur tour, édifier des châteaux forts, qui seront rachetés successivement par les évêques de Poitiers jusqu’en 1447. En 1562, les huguenots occupent Chauvigny, puis sont chassés par les troupes royales.

Ils reviennent en 1569 avec l’amiral de Coligny à leur tête avant la bataille de Moncontour. Le château, la ville et l’église Saint-Pierre sont pillés et incendiés. Durant la Fronde, en 1652, Charles Chasteigner, marquis de La Roche-Posay, occupe la ville et le château et leur fait subir pillages et incendies. La même année, il est délogé par le duc de Roannes, gouverneur du Poitou. Depuis l’Ordonnance des Eaux et Forêts de 1669, la forêt ecclésiastique de Mareuil est administrée sous le contrôle de la Maîtrise de Poitiers. La restriction des droits d’usage imposés par les autorités royales et ecclésiastiques contraint les riverains, pour qui la forêt est une indispensable ressource nourricière, vers la délinquance, ceci conduisant à la veille de la Révolution à une forêt en mauvais état et notamment « très dépeuplée », spécialité céramique obtenue par irisation de l’émail au cours de la cuisson au bois dans une atmosphère réductrice. En 1843, l’État confie les ruines des châteaux à la Société des antiquaires de l’Ouest qui réussit à les sauver en réparant murs et contreforts. En 1848, avec la Révolution française de 1848 et le retour de la République, un arbre de la liberté est planté place du Marché; le peuplier meurt rapidement, arrosé d’eau bouillante: il est aussitôt remplacé par un ormeau.

Un nouvel arbre de la liberté est planté en 1919, pour célébrer la victoire de la République et du Droit (notamment du droit des peuples) lors de la Première Guerre mondiale. Il est arraché peu de temps après. Durant la Seconde Guerre mondiale, la section locale de la légion française des combattants (association unique d’anciens combattants vichyssoise) est la deuxième plus importante de la Vienne, avec 207 adhérents. Dans la nuit du 23 au 24 août 1944, les FFI font sauter le pont de la route nationale sur la voie ferrée, dans la montée vers Poitiers, puis celui de la route nationale sur la Vienne dans l’après-midi du 25 août. Une colonne de la Wehrmacht en retraite franchit la rivière sur des bateaux de caoutchouc et le pont de chemin de fer: elle commet des exactions du 26 au 28 août. Elle est néanmoins obligée de passer beaucoup de temps à l’arrêt dans la montée, ce qui en fait une cible facile vue du ciel, bientôt mitraillée par une escadrille de chasseurs alliés en patrouille à la recherche d’objectifs d’opportunité le 27 août: plusieurs véhicules allemands sont incendiés et perdus. En 1945, pour fêter la Libération et le retour de la République, un nouvel arbre de la liberté est planté dans le jardin public en bordure de Vienne. Les communes avoisinantes ne sont pas exemptes de ce mouvement: Pouzioux plante elle aussi un arbre de la liberté dès 1944.

Cette commune est rattachée à Chauvigny en 1973.

Patrimoine religieux

Les chapiteaux du chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes présentent un riche décor sculpté (monstres, allégories de Babylone) et dédicacé: Gofridus me fecit. L’édifice est classé au titre des monuments historiques en 1846. L’église Notre-Dame est construite au début du par l’évêque de Poitiers, seigneur de Chauvigny. Elle est placée sous le patronage du Saint-Sépulcre en référence au tombeau du Christ à Jérusalem. Vers 1020, elle est donnée au monastère Saint-Cyprien de Poitiers ainsi que quelques terres environnantes afin que les moines puissent y établir un prieuré et un bourg libre de droit.

À la fin du, l’église prieurale est sous le vocable de Saint-Just. Ce nom lui reste jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. En 1823, à la suite d’une décision municipale, elle devient, en ville basse, la seule église paroissiale et prend alors son nom actuel d’église Notre-Dame. Elle bénéficie de plusieurs restaurations au cours. Les travaux concernent la façade et la nef.

La nef en plein cintre est encadrée de collatéraux à voûtes d’arêtes. Les grands arcs surhaussés de la croisée du transept et la coupole sur trompes forment un ensemble aux belles proportions. À l’intérieur, le bras sud du transept conserve une fresque représentant la Chrétienté aidant le Christ à porter sa croix. Cette scène, découverte en 1849, est restaurée la même année par H. Cette œuvre est exceptionnelle par l’originalité de son thème dont aucun autre exemple n’est connu dans le département de la Vienne.

Informations Clés

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Population

7.099 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Vienne
(86)

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