Clairac

Histoire de Clairac

Clairac est une commune de Lot-et-Garonne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 568 habitants.

Selon la légende, Clairac a été fondée par Charlemagne, au retour de la guerre menée en Espagne contre les Sarrasins. La Chronique saintongeaise place l’une des batailles remportées par Charlemagne à deux pas du confluent du Lot et de la Garonne, au pied du Pech de Bère. Écoutons la Chronique de Turpin (XIIe siècle): « Pendant la bataille, le soleil s’étant arrêté à la prière de Charlemagne, ce prince, en mémoire de ce miracle, fonda l’abbaye de Clairac, ainsi nommée parce que le Seigneur avait allongé et éclairci le jour »… Clara luce. Aujourd’hui encore, Lux clareat est le cri d’armes de Clairac et rappelle cette impériale naissance supposée. Pendant fort longtemps, il était écrit – repris notamment par Jean Florimond Boudon de Saint-Amans dans son Histoire ancienne et moderne du département de Lot-et-Garonne – que l’origine de l’abbaye remontait à l’an 767, quand Pépin-le-Bref avait signé un brevet par lequel il accordait sa bénédiction – et quelques privilèges – aux moines établis dans l’abbaye de Clairac. Aujourd’hui, il est avéré que ce document n’était qu’une « forgerie ». En 1482, Louis XI avait accordé des droits au chapitre de la cathédrale du Latran à Rome sur l’abbaye de Clairac. Mais l’essor du protestantisme dans la région empêchait ce dernier de percevoir ces revenus.

(Attention, cette information est sujette à caution. Louis XI a accordé un certain nombre de largesses au chapitre de Saint-Jean de Latran, mais pas les revenus de l’abbaye de Clairac). Clairac fut l’un des points de départ de la Réforme protestante en Aquitaine, comme l’écrivait Florimond de Raymond en 1610: « Cette ville de Clairac fut des premières de la France, où d’une conjuration générale on rompit les images, brisa les autels & changea tout à fait la forme de la religion catholique, sans que jusques à ce jour elle y ait pu être rétablie. » Dès 1530, Marguerite d’Angoulême avait fait nommer à la tête de l’abbaye Gérard Roussel, Picard, proche de Calvin; toutefois ce dernier ne passa jamais à la Réforme, tentant de réformer l’Église de l’intérieur. Il est dit que Calvin vint prêcher à Clairac; de nos jours encore, la tour fortifiée de l’abbaye est appelée « tour de Calvin ». En 1568, l’abbé en titre, Geoffroy de Caumont épousait dans l’église abbatiale Marguerite de Lustrac: elle était veuve, jeune, riche et belle. L’abbaye fut alors partiellement abandonnée, malgré la nomination à sa tête d’Henri d’Angoulême, grand prieur de France, fils naturel d’Henri II. Le 22 septembre 1604, Henri IV accorde au chapitre de Saint-Jean de Latran les revenus de l’abbaye bénédictine de Clairac.

En contrepartie, le chapitre fait ériger par le sculpteur lorrain Nicolas Cordier une statue à l’effigie du roi de France, auquel il attribue le titre de « chanoine d’honneur »; elle fut installée sous le portique de la basilique. Par ailleurs il fait célébrer une messe pour la prospérité de la France le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d’Henri. Durant les révoltes huguenotes, après avoir pris la ville de Saint-Jean-d’Angély, Louis XIII prit la décision de se porter vers le sud avec le gros de ses troupes pour soumettre la Guyenne, et assiéger Clairac qui était un bastion du protestantisme et dont la devise est « Ville sans Roy, soldats sans peur ». Après 12 jours de siège, du au la ville se rendit. À l’issue de ce siège, trois protestants considérés comme meneurs furent exécutés; Théophile de Viau, lui-même natif de Clairac, rapporte dans un sonnet les violences de cet événement. Aujourd’hui encore la place Viçoze porte une plaque commémorative rappelant à la tolérance. La devise a été gravée sur la place Viçoze lors de sa rénovation en 2008. Voisin et cousin de Montesquieu qui avait épousé sa cousine Jeanne de Lartigue, il est notamment connu par le journal météorologique qu’il a tenu de 1738 à 1778: environ 15 000 pages conservées depuis un siècle aux Archives départementales d’Agen.

Dans l’esprit des livres de raison que tenaient les propriétaires de l’époque, avec méthode, il note tout ce qui lui semble important: relevés thermométriques, barométriques, et caractéristiques des vents; parfois plusieurs fois par jour. Soleil, lune, étoiles & planètes, nuages, averses, orages, ou aurores boréales. Le journal s’enrichit parfois de dessins pour comprendre la forme de tel ou tel nuage. Il publia de nombreux livres, notamment Nouvelle théorie du mouvement (1749), Questions sur la tolérance (1758). En avril 2024, la [https://amisdeclairac.com Société des amis de Clairac] et les Archives départementales de Lot-et-Garonne ont pu acquérir plus de 3 000 manuscrits passés en vente publique, donnant une connaissance renouvelée de l’homme, philosophe, agronome, physicien. Cet ensemble comprend également une exceptionnelle correspondance dont plus de 1100 lettres inédites échangées pendant près de 50 ans avec Suzanne de Vivans de Noaillac, marquise de Jaucourt; connue de leurs contemporains, ces échanges étaient réputés perdus dès le XIXe siècle. C’est dans sa propriété de Vivens, puis de Barry, qu’il mena avec Jacques de Romas des expériences sur l’électricité et le paratonnerre, au début des années 1750. En 1729, Louis XV augmente les revenus du chapitre de ceux de deux prieurés dépendant de l’abbaye de Clairac.

La Révolution française supprime ces droits en 1792. Louis XVIII, Charles X et Napoléon III les restaureront sous forme d’une rente qui sera définitivement abolie en 1871. Depuis lors, le titre de « chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran » est porté par tous les chefs d’État français, y compris par les présidents de la République qui possèdent leur propre stalle « réservée » dans la basilique romaine. Le 26 juin 2018, le président Emmanuel Macron s’est rendu à l’archibasilique patriarcale et papale de Saint-Jean-de-Latran pour recevoir son titre, accueilli par Mgr Louis Duval-Arnould, actuel abbé de Clairac. Chaque année, le 13 décembre, jour de la sainte Lucie et anniversaire du roi Henri IV, une messe capitulaire est célébrée « Pro felici statu Gallicæ Nationis », en présence de l’ambassadeur de France près le Saint-Siège. En 2022 est paru aux Éditions [http://www.gesteditions.com La Geste] « [https://amisdeclairac.com/index.php?main_page=blanche_livre&langue=fr&:o)=681864cb3d888 Le livre de Blanche] », par Laurent Guillemot; cette réalisation de la Société des amis de Clairac retrace la vie des Clairacais morts pour la France, ainsi que l’histoire du monument aux morts, sculpté par le Clairacais [https://amisdeclairac.com/vue/exposition/enfants/fiches/expo_1854_Delpech.pdf Eugène Delpech] (1854-1934). En février 2024, la parution en France du livre La déchirure du temps (éditions Liana Levi), souvenirs de l’écrivaine et comédienne d’origine autrichienne Hertha Pauli, révéla le long séjour qu’elle fit à Clairac à la veille de la guerre, avant de rejoindre les États-Unis via Marseille, avec les artistes surréalistes. L’édition originale était parue 52 ans plus tôt à New York: Break of time (Hawthorne books, 1972).

Depuis sa création en 1830, l’École navale a beaucoup voyagé. Pendant la période troublée de la Seconde Guerre mondiale, elle s’est même installée pendant près de deux ans à Clairac, volontiers accueillie par le maire de l’époque, le commandant Maurice Baril, officier d’active. Près de se rejoignent à Clairac. L’école est alors composée d’une compagnie de, un groupe de commandement avec deux officiers supérieurs, un encadrement de deux officiers supérieurs, un ingénieur mécanicien et un médecin principal, ainsi qu’une compagnie d’équipage, d’officiers mariniers et de marins incluant du personnel administratif, des fusiliers-marins et des gendarmes maritimes. Construction de baraquements pour accueillir les cours des élèves. L’état-major et la compagnie d’équipage vivent dans l’abbaye du village. Les élèves logent au domaine de Castille et les officiers au château de Bireboy. Des familles d’officiers, d’encadrants et de professeurs civils s’installent dans le village.

Rien n’est laissé au hasard pour assurer la formation des élèves officiers. Des baraquements démontables sont ajoutés pour accueillir les cours de navigation, d’astronomie, de mécanique, etc. Un barrage en aval du Lot permet même de constituer un plan d’eau pour l’apprentissage des rudiments de la navigation, de la voile et de l’aviron, mais aussi pour l’entraînement physique avec la remontée du Lot sur près de et des séances de natation. Après de nombreuses réticences de la part du commandant de l’école, le CV Lacaille d’Esse, une unité combattante composée de, quartiers-maîtres, marins et est mise sur pied en août 1944 pour rejoindre le maquis du Néracais et soutenir les alliés qui ont débarqué. Ils se lancent alors dans une marche nocturne de près de pour passer la Garonne au Mas d’Agenais d’où ils rejoindront le maquis et combattront les troupes allemandes en Charente-Maritime. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Clairac abrita également une partie des entreprises de la famille Schlumberger: la société de prospection pétrolière (familièrement appelée la « Pro »), et la banque familiale. En effet, Conrad Schlumberger avait épousé Louise Delpech, Clairacaise. À l’approche des troupes allemandes, les responsables des entreprises décidèrent de délocaliser une partie de leurs activités dans les propriétés familiales; en effet leur propriété du Val-Richer, héritée de leur aïeul Guizot, était à leur goût trop proche de Paris.

Ainsi, les trois filles de Conrad Schlumberger et Louise Delpech se réfugièrent un temps à Clairac: Dominique de Menil, Sylvie Boissonnas, Anne Doll-Gruner; cette dernière mentionne l’épisode dans ses mémoires. Certaines d’entre elles habitaient Roche, la propriété familiale des Delpech; Dominique de Menil loua une maison rue Puzoque pour elle et ses enfants. L’écrivain et éditeur Jean Schlumberger y résida également: c’est pendant ce séjour qu’il continua à écrire ses chroniques pour Le Figaro, dont « Songerie dans l’abbaye de Clairac ». C’est alors que Jean invita à Clairac son ami l’écrivain allemand Joseph Breitbach, sous le pseudonyme de Joseph Brion; poursuivi par la Gestapo, Breitbach avait bénéficié d’un alibi fourni par Jean Jardin sous la forme d’un ordre de mission d’étude de la culture du tabac.

Patrimoine religieux

Depuis 2023, les principaux sites patrimoniaux de Clairac sont signalés aux touristes par l’intermédiaire d’une vingtaine de plaques mémorielles, « [https://amisdeclairac.com/index.php?main_page=plaques_rues&:o)=6818589e89718#plaques_rues1 Mémoire des rues] », créées par la [https://amisdeclairac.com Société des amis de Clairac] avec le soutien de la [https://www.dutilh.com famille Duthil]. Posées par la municipalité, elles donnent les informations essentielles sur le site retenu; un QRCode permet de se connecter avec le site internet des Amis de Clairac et d’accéder ainsi à un texte développé et une riche iconographie.

Informations Clés

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Population

2.568 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Lot-et-Garonne
(47)

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