Cléguer

Histoire de Cléguer

Cléguer est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 3 348 habitants. Le nom de la commune en breton est Kliger (prononcé [ˈkliɟəʁ]) qui dérive du vieux breton Clegyr désignant une crête rocheuse. Autre hypothèse Cléguer signifie enclos de Saint Guérec, de klod, enclos, ayant évolué en cle et Guer, diminutif de Guérec, Saint Guérec étant le patron de la paroisse.

Les restes d’un dolmen séparé en 7 ou 8 morceaux étaient visibles en 1825 près de la chapelle Saint-Nicolas. Trois tumuli datant de l’âge du bronze ont été découverts à Kelleverin. Des vestiges d’établissements romains, principalement des tessons de poteries, ont été trouvés à Kergaindo. Historiquement, la commune de Cléguer fait partie du Pays vannetais et du Kemenet-Héboé (à la fin du, Olivier de Lanvaux épousa Adelice d’Hennebont, qui lui apporta une partie du Kemenet-Héboë, dont la paroisse de Cléguer. Le château de Tronchâteau, situé en Cléguer, a passé autrefois pour une place très-forte. Il était défendu par un rempart fort élevé et flanqué de grosses tours. La seigneurie de Tronchâteau est attestée dès le comme appartenant à Pierre de Bretagne. Le duc Jean III la donna en 1334 à Jean le bâtard, son fils; mais le prince ayant senti combien cette place était importante pour la conservation du duché, la retira des mains de son fils, à qui il donna plusieurs autres terres en dédommagement.

En 1455, Pierre II la donna à Jean de Malestroit. Les seigneurs de Tronchâteau avaient droit de haute, moyenne et basse justice. Pontcallec, Tronchâteau, Tihenri et La Bruyère étaient alors quatre chatellenies distinctes. Les autres maisons nobles étaient les manoirs de Kersaliou, du Cosquer (la famille Lucas du Cosquer et de Kersallo est présente aux réformations et montres entre 1448 et 1536) et de Mélian [Meslien], possédé par la famille Pavec (Alain Pavec par exemple en 1426), fondue par mariage dans la famille Cléguennec en 1622, laquelle fut fondue à son tour en 1682 dans la famille de Robecq par la suite (par le mariage de Françoise de Cléguennec avec Joseph Yves de Robecq, capitaine général garde-côtes du Port-Louis). Déjà en ruines lors de la Révolution française, le château médiéval de Meslien a été remplacé par un nouveau château achevé en 1812. En 1443 le moulin Maria et sa pêcherie était pour moitié possédé par Henri du Leslé, le titulaire de la chapellenie du Bas Pont-Scorff jouissant de l’autre moitié, avec maisons, jardins et four banal. de la paroisse de Cléguer (1789). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi la paroisse de Cléguer en 1778

Laurent Le Floch, curé de Cléguer en 1791, fut guillotiné le 22 mars 1796 à Vannes. Guy Marie Charles de Robecq, ancien officier de dragons, fils de Charles de Robecq (lequel avait construit le château de Meslien), chouan qui avait participé à l’expédition de Quiberon, fut fusillé à Auray le 12 thermidor an III (30 juillet 1795). En 1812 un nouveau château est construit pour remplacer l’ancien château de Tronchâteau ruiné pendant la Révolution. Une demande faite par le conseil municipal de la commune de Lesbin-Pont-Scorff de rattacher à cette commune le Bas Pont-Scorff, qui fait partie de la commune de Cléguer, est refusée par le Conseil général du Morbihan en 1839. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Cléguer en 1843 Une épidémie de choléra partie de Lorient en octobre 1865 concerna 38 malades (dont 10 morts) en 1866 à Cléguer. La rage sévissait également comme un témoignage le relate en 1898 En décembre 1873 une pétition d’habitants de Cléguer, déposée par le député Audren de Kerdrel, prie l’Assemblée nationale « de rétablir dans le plus bref délai, la royauté en la personne d’Henri V, héritier légitime de la couronne de France ».

En 1878 le Conseil général du Morbihan indique que le chemin allant de Pont-Scorff à Plouay, via Cléguer, est désormais carrossable sur toute sa longueur et que la chaussée allant de Restan-Croinec [Restanscouézec] à la route nationale 169 (actuelle D 769), « qui était très fatiguée par les transports de bois considérables qui s’y effectuent, a été améliorée en 1877. Les travaux en cours d’exécution aux abords du bourg de Cléguer seront terminés cette année, et cette partie, qui était presque impraticable en hiver, sera alors en bon état d’entretien ». Le 22 juillet 1881 17 maisons de Cléguer furent la proie des flammes; l’incendie aurait été allumé par des enfants qui jouaient avec des allumettes. L’avant-projet de ligne ferroviaire entre Lorient et Gourin est ainsi décrit en 1885 pour la partie concernant Cléguer: « De Pontscorff, la ligne descend et gagne la vallée du Scorff qu’elle remonte sur. Elle suit ensuite le ruisseau de Tronchâteau, affluent de la rive gauche du Scorff, et le ruisseau de Becherel, affluent du ruisseau de Tronchâteau, jusqu’à Plouay, sur un parcours d’environ ». Benjamin Girard écrit en 1889: « La commune de Cléguer tire son nom de masses de rochers sortant de terre et formant crête sur le sommet d’une colline; elle dépendait jadis de l’ancienne seigneurie de Pontcallec et renfermait la forteresse de Tronchâteau qui, défendue par un rempart très élevé et flanquée de grosses tours, était réputée l’une des meilleurs places de Bretagne. En 1892 la commune de Cléguer acquiert une maison pour en faire une école de garçons (laquelle existait antérieurement à un autre endroit), laquelle est laïcisée en 1894. La construction d’une école de filles est mise en adjudication en 1886.

La ligne de chemin de fer d’intérêt local des Chemins de fer du Morbihan, à voie métrique, allant de Lorient à Plouay via Pont-Scorff (elle passait entre le bourg de Pont-Scorff et Lesbin) et Cléguer, ouvrit le 14 septembre 1902; la ligne fut prolongée jusqu’à Gourin en 1906. Cette ligne ferma le 11 mars 1947. Le journal La Dépêche de Brest et de l’Ouest indique dans son édition du 9 décembre 1902 que « des épidémies de fièvre typhoïde ayant éclaté dans les communes de Cléguer, Pont-Scorff et Plouay, aucune permission ou congé ne sera accordé pour aller dans ce[s] commune[s] ». Une halte ferroviaire est créée en 1903 à Tronchâteau « en raison de la grande distance qui sépare la gare actuelle du bourg de Cléguer ». En 1904 une voie supplémentaire en cul-de-sac est construite à la gare de Cléguer pour permettre le stationnement de trains en cours de chargement de pierres (du quartz) provenant d’une carrière voisine de la gare (carrière de Lann-er-Roch). Une notification de fermeture avant le 2 septembre 1903 de l’établissement scolaire tenu à Cléguer par les religieuses de Saint-Louis de Vannes est prise par le sous-préfet de Lorient en août 1903. Une pisciculture est installée en 1910 sur les rives d’un affluent du Scorff avec création d’un barrage qui crée l’étang de Kersalo à hauteur du hameau de Tronchâteau. Un décret du président de la République en date du 8 décembre 1911 autorise la création d’un bureau de bienfaisance dans la commune de Cléguer.

Le monument aux morts de Cléguer porte les noms de 86 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 3 sont décédés en Belgique (François Le Blainvaux et Louis Le Stunff sont décédés dès le 22 août 1914 et Jean Colin le 13 décembre 1915); 4 dans les Balkans lors de l’expédition de Salonique (Pierre Groix, Louis Le Ménach et Joseph Le Puil en Grèce, Jean Le Bouëdec dans l’actuelle Macédoine du Nord) entre 1915 et 1918; Joseph Flégéo et Louis Nicolas sont morts en captivité en Allemagne; la plupart des autres sont décédés sur le sol français, à l’exception de deux marins disparus en mer (Pierre Carré et Jean Le Gleut). Par ailleurs le monument aux morts de Cléguer porte les noms de 5 soldats décédés hors conflit dont 4 en 1920, donc après la Première Guerre mondiale. Les 27 et 28 novembre 1928 quatre mariages se déroulèrent à Cléguer et firent l’objet d’un long article et de photographies dans l’hebdomadaire Le Nouvelliste du Morbihan. Le monument aux morts de Cléguer porte les noms de 10 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale: parmi elles Henri Huchet de Cintré, membre du bataillon de chars de combat décédé le 4 juin 1940 à Cambron (Somme) et Charles Gautier, résistant, tué à l’ennemi le 22 août 1944 à Caudan, décédé à Saint-Guénaël en Cléguer le 13 février 1943. L’abbé Le Portz, vicaire à Cléguer, crée le patronage Stiren et un club de football, le Stiren Football Club dont les statuts sont déposés en novembre 1945. En juin 1947, des ménagères de certains villages de Cléguer (l’Enfer et ses environs) protestèrent contre la répartition de la farine (alors rationnée) au sein de la commune, qui, selon elles, privilégiait le bourg à leur détriment. Les travaux de remembrement effectués en 1957 dans la commune entraînèrent la découverte de trois tumuli datant de l’âge du bronze à Kelleverin.

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Population

3.348 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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