Colmar
Histoire de Colmar
Le premier document mentionnant Colmar date du 12 juin 823: l’acte de donation de Louis le Pieux évoque « notre fisc nommé Columbarium », désignant un domaine carolingien doté d’un colombier, à partir duquel le nom de la ville se forma. Le bourg se développa sous les Hohenstaufen, et Frédéric II lui accorda le statut de ville en 1226. En 1278, un Habsbourg lui remit une charte de franchises qui faisait de Colmar une ville d’Empire à part entière, avec sa propre juridiction pénale et civile. En 1354, elle rejoignit la Décapole, confédération des dix villes impériales d’Alsace. À la fin du XVe siècle, la cité devint un foyer artistique de premier plan grâce à Martin Schöngauer, dont La Vierge au buisson de roses orne encore l’église des Dominicains, et à Matthias Grünewald qui réalisa le Retable d’Issenheim, conservé au musée Unterlinden. La réforme luthérienne n’y fut introduite qu’en 1575, un demi-siècle après Strasbourg, grâce à la résistance des prédicateurs dominicains et augustins. En 1673, les troupes de Louis XIV prirent la ville; Turenne battit les armées impériales à Turckheim en janvier 1675, et le traité de Nimègue (1679) consacra l’intégration de Colmar au royaume de France. La ville devint en 1698 siège du Conseil souverain d’Alsace, capitale judiciaire de la province. Annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918, puis occupée de 1940 à 1945, Colmar fut libérée intacte le 2 février 1945 par la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny, qui s’était élancée sans préparation d’artillerie pour préserver la vieille ville. Auguste Bartholdi, natif de Colmar, dessina la Statue de la Liberté offerte aux États-Unis en 1886; une réplique de 12 mètres se dresse aujourd’hui à l’entrée de la ville.
Toponymie de Colmar
Les formes médiévales Columbrensi (VIIIe s.) et Columbarium Fiscum (823) désignent un domaine doté d’un colombier (columbarium en latin). L’hypothèse d’un anthroponyme germanique Galamar a été avancée, mais la piste du colombier reste la plus cohérente avec les sources les plus anciennes.
Patrimoine religieux à Colmar
La collégiale Saint-Martin, en cours de construction du XIIIe au XVe siècle dans le style gothique rhénan, domine le centre historique de sa tour haute de 70 mètres. Son portail latéral nord et ses chapelles gothiques témoignent du rayonnement artistique de la ville à la fin du Moyen Âge. L’ancienne église des Dominicains, devenue bibliothèque municipale, conserve plus de 400 manuscrits médiévaux et incunables rhénans, ainsi que le panneau de Schöngauer. Le couvent des Unterlinden, fondé au XIIIe siècle, abrite le musée du même nom et son Retable d’Issenheim, polyptique peint par Grünewald vers 1512-1516 pour les moines antonites de la ville voisine d’Issenheim.