Colombelles

Histoire de Colombelles

Colombelles est une commune de Calvados, en Normandie, qui compte 7 022 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Columbellis en 1082 dans le cartulaire de l’abbaye aux Dames, Columbellæ dans un texte en latin du, Coulombelles dans le registre de la Relation de la visite des forteresses du Bailliage de Caen en 1371 et Coulumbelles dans un texte en français. L’étymologie du nom Colombelles signifierait l’« endroit où l’on élève des pigeons », de columbulus, signifiant pigeon, associé au suffixe de présence en latin -ella. Le Littré (1880) indique que colombelle est le diminutif de colombe et donne pour définition « petite colombe, au propre et au figuré ».

Le plus ancien site d’implantation humaine sur le territoire de Colombelles a été retrouvé à l’emplacement de l’actuelle ZAC de Lazzaro. Il s’agit d’un gros village d’une dizaine de maisons datant du début du Néolithique (toute fin du ). Ces maisons sont dites danubiennes en référence à l’origine de leurs premiers occupants originaires des vallées du Danube. Des maisons de même type ont été observées dans les communes calvadosiennes de Mondeville et de Fontenay-le-Marmion mais aussi dans le département de l’Eure et plus largement dans le Nord de la France. Elles sont le témoignage de la sédentarisation de leurs occupants avec des constructions en dur, faites de troncs d’arbres et de torchis. Dans les fosses servant de dépotoir qui longent ces maisons ont été retrouvés des outils pour le broyage des grains, des silex taillés, des bris de poterie mais aussi des blocs de minerai de fer qui servaient à la fabrication de l’ocre. « Clin d’œil de l’histoire, ce minerais (.) fera plus tard la prospérité de Colombelles avec l’implantation de la Société métallurgique de Normandie ». Le village est ensuite abandonné au profit d’un nouveau site en contrebas sur la rive droite de l’Orne; ce dernier fut peut-être occupé dès le haut Moyen Âge.

La première trace écrite du nom du village de Colombelles figure sur la liste des chevaliers de Guillaume le Conquérant avec un Renouf de Colombelles qui s’illustra à la Bataille d’Hastings. Deux siècles plus tard, lors de sa visite des forteresses du bailliage de Caen en 1371, le bailli Régnier Le Coustellier note dans son registre que la localité compte huit feux. Cette voie est une portion de la route principale reliant Rouen à Caen par Honfleur. Colombelles se compose de trois hameaux: le bourg qui se développe au nord de l’église Saint-Martin, le bac qui correspond grosso modo à l’espace situé entre les actuelles rue de l’Orne, rue de Raspail et venelle de la Passerelle et le Mauloy, une ferme située sur le territoire qui sera occupé plus tard par la Société métallurgique de Normandie. La voie de Caen à Rouen empruntée par les marchands de bestiaux qui traversaient l’Orne à Colombelles est déviée à partir du par Pont-l’Évêque (actuelle route départementale 675) et la route de Colombelles n’a plus désormais qu’un usage local entre Caen et Dives. La population vit de l’agriculture et de l’extraction de la pierre de Caen. Les villageois se concentrent principalement au débouché du bac, puis le long de la rue principale (actuelle rue de la République) parallèle à l’Orne, après le redressement de cette dernière. Un chemin de halage est aménagé sur la rive droite depuis Caen jusqu’à l’embouchure.

À l’entrée du village, les paroissiens construisent au – l’actuelle église Saint-Martin. C’est au qu’il en est fait don au prieuré du Plessis-Grimoult, ainsi que des terres et dîmes en dépendant. Le sénéchal de Normandie, gouverneur de la province, Louis de Brézé, saisit le roi François Ier des difficultés de navigation sur le cours inférieur de l’Orne et se fait le porte-parole des bourgeois de Caen qui souhaitent que le fleuve soit redressé. Le monarque ordonne les travaux qui doivent être réalisés près de Longueval d’après les plans de René de Becdelièvre, conseiller au Parlement de Rouen. Retardés en raison, notamment, de la mort du conseiller, les travaux seront exécutés sous le règne d’Henri II qui les reprend à son compte en. La population augmente lentement pour atteindre un maximum de en 1846, avant de décliner jusqu’au début du; en 1901, on ne dénombre plus que 153 Colombellois. Cette évolution négative peut être en partie expliquée par la déliquescence des activités fluviales provoquée par l’étiolement du trafic sur l’Orne, à la suite de l’ouverture en 1857 du canal de Caen à la mer. Dans les années 1870, le bac sur l’Orne n’est plus utilisé annuellement que par 200 à 225 voitures légères qui transportaient surtout des voyageurs; il est finalement supprimé en 1877.

Lorsque l’enseignement primaire est rendu obligatoire, une école est tout de même installée en 1880 dans les locaux de la mairie (rue de la République); auparavant, l’enseignement était dispensé par des religieuses dans une dépendance du château) et une église orthodoxe est érigée pour les ouvriers de l’usine. Pour faire face à l’accroissement de la population et concurrencer l’école patronale de la Société normande de métallurgie, la municipalité achète le château en 1925 afin de le transformer en école communale. Elle fait ensuite construire dans le parc un nouveau groupe scolaire (groupe scolaire Henri-Sellier), inauguré en juin 1934 en présence du maire de Suresnes, qui avait créé quelques années auparavant les écoles dont les architectes municipaux de Colombelles, les frères Wilkin, s’étaient inspirés. Très lumineux grâce à leurs grandes baies, les bâtiments sont équipés de douches et de lavabos, chaque enfant étant par ailleurs doté d’une brosse à dents dans la perspective hygiéniste de l’époque. En 1920, à l’instigation d’Émile Mougins, premier maire de gauche de Colombelles, la commune connaît son premier rassemblement pour le 1 Mai: le cortège, déjà unitaire (SFIO et CGT), rejoint le défilé de Caen au chant de l’Internationale. Le centre de gravité de la commune se déplace sur le plateau face à l’usine: une nouvelle mairie, abritant aussi la poste, est édifiée sous le mandat d’Émile Mougins ainsi qu’une salle des fêtes, baptisée. L’inauguration a lieu le et donne lieu à quatre jours de fête avec comme invité d’honneur Marcel Cachin. À l’été 1936, alors que le Calvados connaît une vague de grèves qui a commencé le à l’usine d’électrométallurgie de Dives-sur-Mer, les quatre mille travailleurs de la SMN s’interrogent, la majorité inclinant à se joindre au mouvement.

Cependant la direction de l’usine a pris les devants: dans tous les ateliers, elle a fait afficher qu’elle appliquerait les accords de Matignon et invite les ouvriers à désigner sans délai les délégués pour engager les pourparlers. Marie Langlois, alors secrétaire générale de la CGT du Calvados, fait pencher la balance en sens inverse:. Le calme revenu, elle fait porter les premières négociations sur les questions d’hygiène et de sécurité. Dès, lors de la guerre civile d’Espagne, des réfugiés arrivent en nombre en Basse-Normandie.

Bien que se trouvant éloignés des frontières franco-espagnoles, ses trois départements peuvent offrir des capacités d’accueil non négligeables. Dans le Calvados, l’accueil de ces exilés ne divise pas les partisans du Front populaire et une vaste solidarité s’organise. Colombelles y participe activement avec son comité d’accueil. Durant l’été un jeune militant de vingt ans résidant à Colombelles, Michel Farré, mécanicien à la SMN, est arrêté par la gendarmerie française, remis aux Allemands et fusillé en décembre dans la prison de Caen. Bien que minoritaires, des collaborationnistes venus de la gauche s’affichent dans la cité ouvrière et le maire de la commune, Emile Mougins, qui avait suivi Marcel Déat en 1933, ne cache pas sa sympathie pour le Rassemblement national populaire (RNP) sans pourtant y adhérer. La population se montre défiante envers les partisans de la collaboration, tous milieux confondus. En 1963, on édifie la nouvelle église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Deux nouveaux ponts sont construits sur l’Orne à proximité de l’ancien bourg: l’un sur la nouvelle route départementale vers Hérouville-Saint-Clair, l’autre pour rejoindre la route de la zone portuaire.

L’ancien pont situé en amont, à l’emplacement de l’ancien bac, est démoli. Le a lieu la dernière coulée de la SMN. La fermeture de l’usine est vécue comme un traumatisme. L’ancien territoire de l’usine est en partie dépollué et fait l’objet d’un traitement paysager conçu par Dominique Perrault. L’ancienne tour de refroidissement principale est conservée comme un emblème important de ce passé ouvrier et mise en lumière la nuit. En 1997, Caen la Mer (alors communauté d’agglomération) crée la ZAC du Plateau et attribue la concession d’aménagement à Normandie Aménagement. Deux sites sont créés dans la partie proche de la route de Cabourg: Normandial, consacré à l’industrie agroalimentaire (filière ultra-frais) et Efficience, consacré aux nouvelles technologies. Orpheline de ses hauts fourneaux et bien affaiblie dans ses ressources, Colombelles s’est préparée dès la fin du siècle dernier à engager un vaste programme de renouvellement urbain pour maintenir son rang au sein de la communauté urbaine Caen la Mer.

Ce programme s’articule autour de deux axes majeurs et complémentaires: la reconversion de l’ancien site de la SMN sur le Plateau et la reconfiguration du centre-ville de la commune afin « d’éviter un risque de développement inégal, voire inégalitaire » donc un risque de fracture sociale entre « un Colombelles nouveau, moderne et confortable, celui du bien vivre autour de l’ex Plateau SMN » et « un Colombelles ancien, obsolète et dégradé, celui condamné au mal vivre » du centre-ville. Ce programme, en partie financé par l’ANRU, a fait l’objet d’une convention de partenariat signée le entre la commune, l’État, la région, le département du Calvados, la communauté d’agglomération, la Caisse des dépôts et consignations et les bailleurs sociaux concernés. De nouvelles voiries de desserte et de désenclavement ont été créées afin d’assurer une meilleure lisibilité du centre-ville. Les barres de logements sociaux qui entouraient la place de l’hôtel de ville ont été détruites et les détruits ont été en grande partie reconstruits sur site, les autres l’étant sur la ZAC Libéra (53) sur Le Plateau et sur la ZAC Jean-Jaurès (30) à l’est de l’ancienne SMN. Cette opération s’est accompagnée d’un plan de relogement mis en œuvre par une équipe sociale spécifiquement missionnée dès 2006. Sont inaugurés les aménagements du bois de Colombelles, situé dans le périmètre du parc de l’ancien château, entre l’Orne et le centre-ville. Cet ensemble boisé de à flanc de coteau a fait l’objet d’un programme d’aménagement complet avec allée accessible aux personnes à mobilité réduite, aire de pique-nique, théâtre de verdure, verger, arboretum. Dans le cadre de son renouvellement urbain et dans le sillage de la création du quartier Jean-Jaurès, la commune a entrepris à partir de le réaménagement de la rue Jean-Jaurès.

La première phase des travaux a concerné la réfection et la mise en séparatif des réseaux pour les eaux usées et des réseaux pour les eaux pluviales et potables. Une deuxième phase, prévue de juillet à, sera consacrée à l’effacement des réseaux de distribution d’électricité, d’éclairage et de télécommunications. La troisième phase concernera en 2025 l’aménagement de la nouvelle rue avec piste cyclable, carrefour apaisé et paysagement.

Patrimoine religieux

L’église Saint-Martin de Colombelles fut édifiée. C’est une église de style roman. L’édifice, dans sa totalité, est inscrit au titre des monuments historiques depuis le. L’église est dédiée à saint Martin, évêque de Tours au, apôtre des Gaules. Il se trouve d’ailleurs encore de nos jours, à l’intérieur de l’église, un haut-relief en pierre de la Charité de saint Martin.

Le tableau du retable du maître-autel datant du, disparu dans les années 1980 et remplacé par une simple toile de jute, représentait quant à lui le Rêve de saint Martin. La chapelle latérale. De nombreux graffitis « maritimes » ornent les murs extérieurs de l’église. Bien qu’elle ait été modifiée au cours des siècles, cette église offre un exemple caractéristique de l’art roman normand. Elle a cessé d’être ouverte au culte en 1963, mais elle sert aujourd’hui de salle d’exposition et de concert.

Plusieurs sépultures de Saint-Martin témoignent de l’histoire de la commune, comme les tombes de la famille de Laistre, propriétaire de l’ancien château ou les tombes orthodoxes d’émigrés russes et ukrainiens venus travailler dans la sidérurgie, avec leurs épitaphes en caractères cyrilliques. Trois anciens maires de la commune se trouvent inhumés dans ce cimetière: Pierre Raoul de Laistre (de 1808 à 1838), Pierre Antoine de Laistre (de 1879 à 1884), Hippolyte Monin (de 1888 à 1891), pour reprendre les concessions abandonnées et engager des travaux d’aménagement du site. Le cimetière a ainsi été transformé en jardin public et lieu de méditation. Ce complexe orthodoxe, constitué d’une église et d’une bibliothèque d’ouvrages en langue russe, a été construit en 1926 par et pour les ouvriers orthodoxes de la SMN sur des terrains offerts par les propriétaires de l’usine. L’édifice a été construit selon les plans dessinés par un colonel de l’armée russe qui s’est inspiré du style des églises de Saint-Pétersbourg.

Le clocher de l’église est ainsi surmonté d’un toit en bulbe d’oignon, typique de l’architecture religieuse baroque des pays slaves. À l’intérieur de l’église, les murs sont recouverts d’icônes peintes par Fostov et Khvostov. Endommagé en 1944, le sanctuaire a été reconstruit en 1947. Cet ensemble, unique dans l’Ouest de la France, est inscrit au titre des monuments historiques (arrêté du 23 juin (arrêté du ). Construite en 1963 pour accueillir, l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Colombelles peut être considérée comme une église tardive de la Reconstruction en Normandie.

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Population

7.022 habitants

Région

Normandie

Département

Calvados
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