Condé-sur-l'Escaut
Histoire de Condé-sur-l’Escaut
Condé-sur-l’Escaut est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 9 396 habitants. Le nom Condé vient du celtique Condat(e), qui signifie « confluent » (ici celui de la Haine, aujourd’hui détournée, et de l’Escaut). Le nom est romanisé en Condatum à l’époque gallo-romaine avant de devenir Conde. Durant la période révolutionnaire, à la demande des autorités et par décret du 25 vendémiaire an II , comme beaucoup de communes de France dont le nom tient alors d’une connotation féodale ou religieuse, la commune, alors nommée Condé, prend le nom de Nord-Libre.
La commune prend son nom actuel de « Condé-sur-l’Escaut », en 1886. Ses habitants sont appelés les Condéens.
Situé en Gaule belgique à l’époque celtique, le site est occupé par les Nerviens puis par les Romains qui y installent un campement militaire. Les Francs s’y installent ensuite à l’époque des Invasions et la région est évangélisée au par saint Wasnon, patron de l’église paroissiale. Une collégiale s’érige à proximité immédiate (actuellement place Verte) et se trouve placé sous le vocable de Notre-Dame. La fondation de ce chapitre, qui fournit au pouvoir féodal son personnel administratif, remonte à la période mérovingienne (, ainsi que l’attestent les fouilles archéologiques). Deux siècles plus tard, des Vikings, apparus une première fois en 855, s’y établissent provisoirement dans les années 880. Remontant l’Escaut sous le commandement de leurs chefs Sigfred et Godfred, ils prennent la place forte et y établissent un camp retranché avec un embryon de fortifications; chassés en 885, ils réapparaissent dès l’année suivante jusqu’à leur expulsion définitive en 889.
La ville, très disputée, est tour à tour prise par les troupes flamandes de Jacques van Artevelde, par le roi de France Louis XI en 1477. Jean de La Hamaïde, seigneur de Condé, meurt à la bataille d’Azincourt en 1415. En 1654, les Espagnols commencent une période de chantiers de modernisation, interrompue par une prise française en 1655, suivie d’une reprise espagnole l’année suivante. Les Espagnols ajoutent un chemin couvert et construisent des défenses avancées. Ils renforcent les défenses du front nord-ouest par quatre puissants bastions. En 1676, Louis XIV assiège la ville, définitivement rattachée à la France par le traité de Nimègue en 1678.
Sont érigées en duché les terres de Condé, Fresnes, Vieux-Condé, Hargnies, situées en Hainaut, sous la dénomination de duché de Croÿ en faveur d’Emmanuel Ferdinand François duc de Croÿ (maison de Croÿ). Le bénéficiaire, prince de Solre et de Meurs, prince du Saint-Empire, grand d’Espagne de classe, maréchal des camps et armées du roi, chevalier des ordres du roi, baron et gouverneur de Condé, avait demandé de transporter le titre de duché de Croÿ, créé en 1598 par Henri IV en faveur de Charles de Croÿ sur la terre de Croÿ (Crouy-Saint-Pierre) en Picardie, sur les terres de Condé, etc. Les troupes autrichiennes de François de Saxe-Cobourg occupent la ville après un blocus de 92 jours. La ville est libérée des Autrichiens le par le général Schérer. Elle tombe aux mains des coalisés lors de la chute de Napoléon (1815): ils ne la quittent que trois années plus tard, en 1818. En 1802-1803, au niveau des transports, deux voitures relient régulièrement Condé, alors Nord-Libre, à Mons et Tournai.
En 1808, Condé, encore appelée Nord-Libre, est un dépôt principal de sûreté, centre de détention intermédiaire entre les dépôts de sûreté et les prisons. En 1878, l’archiduc Frédéric d’Autriche, de la branche de Teschen, y épouse la princesse Isabelle de Croÿ au château de l’Hermitage. En 1901, Condé-sur-l’Escaut perd son titre de place forte: l’État autorisera son démantèlement en 1923. À la veille de la Première Guerre mondiale, un rassemblement contre la guerre est organisé à Condé-sur-l’Escaut avec des représentants des partis socialistes français, belge et allemand, parmi lesquels Karl Liebknecht. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la commune est occupée de 1940 à 1944 par les Allemands qui exploitent ses ouvriers et sa mine de charbon. Le charbon est exploité à la fosse Ledoux jusqu’en 1989, date de la fermeture définitive de la mine.
Six braqueurs attaquent la trésorerie principale de Condé-sur-l’Escaut et repartent avec un butin de (environ ), la pension trimestrielle des mineurs (le paiement des pensions était en liquide).