Cormery

Histoire de Cormery

Cormery est une commune de Indre-et-Loire, en Centre-Val de Loire, qui compte 1 818 habitants.

L’histoire de Cormery avant le Moyen Âge est assez mal documentée. De rares vestiges d’occupation néolithique sont retrouvés dans les années 1930 au lieu-dit « le Chesneau », sur la rive gauche de l’Indre à l’est du cimetière; il s’agit d’un petit atelier de polissage de la pierre. Les vestiges protohistoriques, difficiles à dater, se rencontrent surtout sur le plateau au sud de l’Indre. Ce sont principalement des traces d’enceintes et de bâtiments, peut-être gaulois, révélés par la prospection aérienne. C’est ainsi que deux enceintes dont l’une, rectangulaire, est limitée sur un de ses côtés par une construction non identifiée, sont mises en évidence en 1976; une troisième est découverte en 1978. Dans l’Antiquité, une voie relie (Tours) à (Saint-Marcel, dans l’Indre). Elle longe l’Indre sur sa rive droite et passe à (Esvres) puis Truyes. Un chemin secondaire s’y embranche, traverse l’Indre (pont ou gué) peut-être en aval du pont moderne et du lavoir puis rejoint Loches par la rive sud.

À ce niveau passe également l’un des itinéraires d’Amboise à Poitiers. Ces voies sont identifiées par leur survivance dans le réseau routier moderne qui reprend ponctuellement leur tracé, ou mises en évidence par prospection aérienne. Aucun indice d’habitat pouvant être attribué avec certitude à cette époque n’est retrouvé sur le territoire communal. À partir de la fin du et jusqu’à la Révolution française, l’histoire de Cormery est intimement liée à celle de son abbaye. En 791, un établissement religieux est fondé par Ithier, abbé de Saint-Martin de Tours et chancelier de Charlemagne. Il vient y faire retraite avec quelques moines. Ce n’est alors qu’un modeste prieuré appelé la « celle Saint-Paul ». Il s’agit de rendre ce lieu de recueillement et de prière plus respectueux de la règle de saint Benoît.

Cela permet à son successeur, Frédegis, de réaliser de grands travaux. Dès le également, les moines édifient un moulin sur l’Indre, mais sa localisation exacte n’est pas connue. Autour de l’abbaye se construisent de nombreuses habitations et un bourg se forme qui devient un centre commercial important: depuis 845 un marché s’y tient chaque jeudi, sur l’autorisation de l’abbé Audacher qui a succédé à Frédegis et deux foires annuelles ont lieu, les 25 janvier et le 29 juin, à l’occasion de la Saint-Paul. En 853, les Normands remontent la Loire et menacent Tours. Les moines de Saint-Martin mettent, dans un premier temps, les reliques de leur saint en sûreté à Cormery mais quittent l’abbaye peu après. Faute de pouvoir s’emparer des reliques qui ne sont déjà plus à Cormery lorsqu’ils y parviennent, les Normands saccagent en représailles l’abbaye et le bourg, mais les textes n’apportent pas de précision sur l’ampleur de ces dégâts. Vers 994, Foulques Nerra construit, sans autorisation, la forteresse de Montbazon sur des terres appartenant à l’abbaye Saint-Paul. L’arbitraire du procédé choque ses moines, en même temps que le château et son belliqueux propriétaire constituent une menace pour la sécurité de Cormery.

Au terme d’une difficile négociation sanctionnée par une charte du roi Robert II le Pieux, l’abbaye abandonne toute prétention sur le terrain disputé; en contrepartie, Foulques Nerra s’abstient de toute autre opération aux dépens de l’abbaye. Probablement dès la fin du premier millénaire, le fief de Cormery, situation peu courante, ne dépend d’aucune seigneurie; seul l’abbé de Saint-Paul en exerce l’autorité administrative comme judiciaire. Les bâtiments de l’abbaye sont en ruine au début du et une nouvelle abbatiale est consacrée en 1054. Au, l’église Notre-Dame-de-Fougeray est construite en dehors de l’enclos monastique; elle est destinée plus spécifiquement aux habitants de Cormery, les moines se réservant l’usage de l’abbatiale. Elle s’accompagne au sud d’un cimetière dont l’emprise dépasse alors son périmètre moderne. Le « bourg » de Cormery est cité pour la première fois en 1120 à propos d’un différend de droit coutumier qui l’oppose à l’abbaye. Une enceinte protégeant ce bourg, distincte de celle de l’enclos monastique, est attestée en 1271 mais l’acte qui la mentionne ne fournit aucun détail sur son tracé. Si le début du semble être une période de prospérité pour l’abbaye et de calme pour le bourg, la guerre de Cent Ans a de graves conséquences sur Cormery.

En 1358 notamment, la ville est prise par une bande de mercenaires conduits par Basquin du Poncet, un Français se réclamant du parti des Anglais. Certains habitants sont massacrés, d’autres déportés à La Roche-Posay d’où les mercenaires sont arrivés, d’autres encore pourchassés jusque dans l’église abbatiale où ils se sont réfugiés. Cette troupe finit par installer son quartier général dans l’abbaye qu’elle saccage et où elle reste un an, ne quittant les lieux que contre le paiement par les moines d’une forte rançon. En 1412 les Anglais menacent Cormery après avoir pillé l’abbaye de Beaulieu-lès-Loches; les moines de Cormery proposent alors d’acheter leur sécurité et celle de la ville, négociée auprès de Thomas Beaufort. Malgré tout, l’abbaye de Cormery est sur le point d’être assiégée quand elle est délivrée par Jean IV de Bueil. En 1443, les habitants entreprennent la construction d’une nouvelle enceinte flanquée de tours et doublée de fossés destinée à protéger la ville. Elle s’appuie du sud à l’ouest sur l’enclos monastique dont les défenses sont elles aussi améliorées. Il n’est pas possible, au regard des sources disponibles, de préciser si elle reprend en tout ou partie le tracé de la muraille.

. En 1562, l’abbaye de Cormery est pillée par les huguenots, la ville elle-même semblant avoir moins directement souffert des cent jours pendant lesquels les protestants tiennent la place. Par la suite pourtant et pendant une trentaine d’années, des troupes armées, de part et d’autre, profitent de leur passage à Cormery pour piller et rançonner les habitants. La paix enfin revenue, Cormery continue toutefois à perdre des habitants et son économie se ralentit à la fin du et durant les premières décennies du siècle suivant car le dynamisme de la cité est intimement lié à celui de l’abbaye, durement éprouvée par la guerre. Par ailleurs, les effets de l’épidémie de peste sont encore ressentis dans la ville très sévèrement dépeuplée. En 1662, la congrégation de Saint-Maur reprend la direction matérielle (gestion plus rigoureuse des biens de l’abbaye, recrutement de nouveaux moines) et spirituelle (rétablissement de la stricte règle de saint Benoît) de l’abbaye qui n’a jamais retrouvé son importance et son rayonnement après les guerres de Religion, mais les moyens financiers font défaut, les réalisations ne sont pas à la hauteur des projets et la population de Cormery ne profite en rien de ce changement. (le nord est à gauche de la carte).

et mis en œuvre par Jean-Rodolphe Perronet. Venant au nord du faubourg de Truyes, elle traverse l’Indre sur un pont immédiatement en amont de l’ouvrage du, longe l’enclos abbatial dont les douves ont été comblées dans ce secteur puis s’engage vers le sud par la rue des Caves, rejoignant sur le plateau son itinéraire définitif. Un relais de poste est installé non loin de l’actuelle gare SNCF. Cette nouvelle route, si elle draine vers les nombreux hôtels et auberges un grand nombre de voyageurs, s’accompagne de l’obligation pour les habitants de loger les soldats empruntant l’itinéraire, servitude très contraignante. La municipalité décide donc, moins de quatre ans plus tard, d’attribuer aux troupes de passage un bâtiment dédié géré par un étapier; c’est l’ancien logis du prieur, près de la tour Saint-Paul. La main d’œuvre nécessaire à la construction de cette route est réquisitionnée localement par le biais de la corvée royale, imposée aux seuls habitants les plus modestes, ce qui suscite des protestations (discrètes par crainte de représailles) parmi la population.

L’année 1770 est marquée par une crue dévastatrice de l’Indre, qui survient dans la nuit du 26 novembre- au 27 novembre. Plus de trente heures de pluie continue sur le bassin versant de l’Indrois, qui se jette dans l’Indre à une quinzaine de kilomètres en amont de Cormery, provoquent une montée importante et brutale des eaux. La crue noie trente-huit personnes à Truyes et quatre à Cormery, surprises dans leur sommeil; certains corps ne sont repêchés que plusieurs mois plus tard à Artannes-sur-Indre, plus de en aval, et une vingtaine d’autres n’ont jamais été accorde, à titre de compensation, une modeste indemnité et une exemption de taille pendant un an. Les cahiers de doléances du tiers état rédigés à l’occasion des états généraux de 1789 ne proposent pas, à Cormery, de dispositions très différentes de ceux des autres communes: simplification du système des impositions et des multiples juridictions. Cormery tient toutefois à conserver son système de justice seigneuriale. Les habitants ne réclament pas non plus la suppression des couvents et des abbayes, le rôle de Saint-Paul dans la vie de Cormery restant important dans les traditions, sinon dans les faits.

En 1790, lors de la création des nouvelles structures territoriales administratives, la commune de Cormery devient chef-lieu de canton, mais doit abandonner cette prérogative à Montbazon en 1801. La route du Berry est parachevée entre 1843 et 1845 par la construction d’un pont suspendu (remplacé en 1902 par le pont actuel) en aval du précédent, dans le prolongement d’une tranchée dans le coteau au nord de l’Indre qui permet d’adoucir la pente; au sud, le percement d’une rue rectiligne dans le vieux bâti redresse le tracé de la route. Outre qu’elle modifie profondément la topographie de la ville, cette percée s’accompagne d’un recentrage des pôles commerçants autour de l’ancien « carroi » (actuelle place du Marché), où passait la route auparavant et au débouché sud du pont, ce dernier site profitant pleinement de la circulation sur la route nouvelle. Les électeurs de Cormery approuvent sans réserve le retour au régime impérial, les deux plébiscites de 1851 et 1852 recueillant respectivement « pour » mais seulement. En 1870, la situation est très différente: les voix « pour » ne représentent plus que exprimés. Pendant la guerre de 1870, du 3 février 1871 jusqu’à la fin du mois, Cormery doit loger un important détachement de soldats prussiens. En 1878, les communications entre Cormery et les communes voisines, mais surtout les deux « grandes villes » que sont Tours et Loches deviennent encore plus faciles: la ligne ferroviaire de Joué-lès-Tours à Châteauroux est ouverte et elle est parcourue par cinq trains de voyageurs dans chaque sens par jour. Pourtant, le dernier quart du est marqué par une baisse de la population, conséquence d’un exode rural qui voit les populations se rapprocher des grands centres urbains et de leurs industries pourvoyeuses d’emploi.

La Première Guerre mondiale coûte la vie à originaires de Cormery, morts au combat en France, en Belgique mais aussi dans les rangs de l’armée française d’Orient. Les réquisitions de denrées alimentaires sont très difficiles à honorer par la ville, qui dispose de peu de surface agricole; c’est pourquoi le maire Ernest Clément est interné pendant plusieurs semaines en 1942, accusé d’être un « saboteur ». Fin août 1944, les Allemands évacuent Cormery, détruisant le pont qu’ils avaient sommairement réparé dès leur arrivée, quatre ans plus tôt. Huit Cormeriens meurent dans les combats de la Seconde Guerre mondiale. Les Trente Glorieuses qui voient la ville de Tours reprendre son développement économique ont, par contrecoup mais avec un certain retard, une incidence bénéfique sur la démographie de Cormery. Proche de la métropole départementale et bien desservie (route et chemin de fer), la commune accueille des personnes travaillant à Tours ou sa banlieue mais habitant Cormery dont la population augmente à partir des années 1960, avec tous les effets positifs que cela induit sur l’économie locale. En 2001, le projet d’une grande zone d’activités, le « Node Park Touraine », est lancé avec la communauté de communes pour maître d’ouvrage et le partenariat financier d’ERDF, majoritairement sur le territoire de Tauxigny-Saint-Bauld, mais, aussi, dans une moindre mesure, sur Cormery, au sud-est du bourg. Le projet initial prévoit l’installation d’une vingtaine d’entreprises sur, mais aussi l’implantation de services à destination des personnes travaillant sur le site: restaurant inter-entreprises et crèche.

Une première phase d’agrandissement porte la superficie totale à un peu plus de. Une nouvelle extension (douze hectares) est prévue pour 2018. Début 2018, les maires de Cormery et Truyes évoquent la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les deux communes, qui pourrait prendre la forme d’une fusion; à cette date, le projet est encore au stade des déclarations d’intention. Quelques dates de l’histoire de Cormery. ImageSize = width:1100 height:auto barincrement:45 PlotArea = left:15 right:15 bottom:30 top:15 id:canvas value:rgb(0.97,0.97,0.97) id:grid1 value:rgb(0.80,0.80,0.80)

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Histoire politique et religieuse de Cormery Histoire architecturale et urbaine de Cormery

Patrimoine religieux

L’abbaye est fondée en 791, mais elle est reconstruite peu de temps après pour être plus conforme au plan des monastères bénédictins. Vers le milieu du, une nouvelle abbatiale romane est édifiée. L’abbaye, sous le vocable de Saint-Paul, est alors à son apogée, forte de et riche de nombreux domaines dans plusieurs provinces françaises. De nouvelles constructions, au, l’embellissent et l’agrandissent encore. Durement éprouvée pendant la guerre de Cent Ans, elle se relève pourtant mais les guerres de Religion lui portent un coup décisif.

À partir de ce moment, passée sous le régime de la commende, le nombre de ses moines ne cesse de décroître et ce n’est pas l’intervention des mauristes à partir de 1662 qui parvient à inverser la tendance, malgré un programme de reconstruction des bâtiments et de restauration de la règle de saint Benoît. Lorsque la Révolution française survient, il ne reste plus qu’une demi-douzaine de moines. Les bâtiments sont vendus comme biens nationaux entre 1799 et 1820. Il subsiste pourtant de nombreux vestiges de cette abbaye, tous classés ou inscrits comme monuments historiques. La tour Saint-Paul, clocher-porche de l’abbatiale, le réfectoire aux voûtes gothiques, une partie du cloître, une chapelle du chœur reconstruite à la fin du ainsi que les logis de l’abbé et du prieur témoignent encore de l’importance et de la richesse passées de l’abbaye.

À l’attention de la population laïque, l’église est construite au à l’initiative des moines de l’abbaye sur des terres leur appartenant, mais hors de la clôture monastique afin de respecter l’isolement des religieux. C’est le plus vaste édifice religieux de la vallée de l’Indre tourangelle. Le mur nord est complètement aveugle et le mur sud n’est percé que d’une porte en arc brisé et de baies en plein cintre, très dépouillées. La voûte sommaire en charpente lui donne un aspect inachevé. La nef est entièrement couverte d’une voûte en berceau brisé et la coupole, sur laquelle s’élève le clocher, comporte des pendentifs.

L’intérieur a été décoré de fresques. De la même époque date une cuve baptismale en pierre installée à l’entrée de la nef. L’église et plusieurs éléments de son décor ou de son mobilier sont protégés. Une colonne de maçonnerie, pleine, montée sur des gradins circulaires dans le cimetière de Cormery est classée comme monument historique le 01 en tant que lanterne des morts; il semblerait que ce soit en fait une croix hosannière. Un moulin sur l’Indre, à proximité immédiate de l’abbaye, est probablement l’une des premières constructions des moines lors de la fondation du monastère, puisqu’il est attesté dès le.

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Population

1.818 habitants

Région

Centre-Val de Loire

Département

Indre-et-Loire
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