Die
Histoire de Die
Die est une commune de Drôme, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 4 803 habitants. Dictionnaire topographique du département de la Drôme Le nom de la ville dérive du latin dea « déesse ». Il s’agit de la déesse gauloise Andarta.
Die s’appelle Diá [ʹdjɔ] en occitan vivaro-alpin, elle tire son nom du culte de la déesse voconce Andarta qui fut adoptée par les Romains. Transposition Die en français.
Dès le Néolithique, la présence d’un habitat est attesté, notamment grâce aux fouilles de Chanqueyras. Une grande statue-menhir gravée accompagnée de deux petits menhirs, découverts près de la coopérative viticole (actuellement conservés au musée de Die), attestent également de la présence de populations. Il s’agit de la plus ancienne statue-menhir connue à ce jour en France, et peut-être en Europe. Les vestiges de l’âge du Bronze final ont été observés à La Roche de Marignac. Quelques tessons ont été retrouvés à Chandillon. Une première agglomération semble s’implanter au début de l’époque romaine sur un petit col surplombant la Drôme et le franchissement du vallon de Meyrosse, au carrefour entre la vallée et la voie menant au Trièves. De nombreux indices montrent l’extension de l’urbanisation. Entre 285 et 305, alors que l’empire montre des signes de faiblesse, la ville s’entoure d’un rempart qui protège une surface urbanisée de.
La région est en crise et certains quartiers périphériques sont déjà abandonnés. Le rempart de Die est long de deux kilomètres environ. Lors de l’édification, des fragments de monuments antiques sont réemployés.
La ville avait deux portes principales: la porte Saint-Pierre, démolie en 1891, à l’ouest, et la porte Saint-Marcel à l’est. Lors de la construction du rempart, un arc monumental du a été démonté pierre par pierre pour être réinséré dans la fortification.
L’axe reliant les deux portes peut être considéré comme étant le decumanus. Le cardo, s’il existe, n’a pas été localisé.
Une route vers Grenoble passait par le massif de Glandasse (sud du Vercors) pour aboutir à Chichilliane. Sur ce plateau ont été retrouvés les fronts de taille de carrières de pierres extraites puis amenées à Die par le Pas de Chabrinel. 325: Le premier évêque attesté est Nicaise. Il est le seul représentant des églises des Gaules au Premier concile de Nicée.
Le diocèse sera réuni en 1276 à celui de Valence, puis à nouveau distinct de ce dernier à la fin du, avant d’être supprimé à la Révolution. 1474 (démographie): roturières, huit familles nobles, 11 exempts ou francs archers et 33 ecclésiastiques. 1629 : après la bataille du Pas de Suse, le roi Louis XIII, accompagné du cardinal de Richelieu, fait étape avec ses troupes à Die. Il lui sera offert, pour l’occasion, deux charges de vins de muscat. Avant 1685: avant la révocation de l’édit de Nantes, les protestants avaient à Die une académie qui, fondée en 1604 par les synodes du Dauphiné, comprenait une chaire de théologie, une d’hébreu, deux de philosophie et une d’éloquence. Il s’y distribuait chaque année un prix connu sous le nom de prix Marquet. Ancienne abbaye de l’ordre de Cîteaux (de la dépendance de Bonnevaux) fondée vers 1188. Elle a été ruinée pendant les guerres de Religion mais le titre a subsisté jusqu’à la Révolution.
L’abbé de Valcroissant était seigneur temporel du lieu et décimateur dans la paroisse de la Chaudière.
Patrimoine religieux
Un coin de la place de l’Évêché est appelé « place de la comtesse » ou même « la comtesse », utilisé comme repère dans la ville. Ce nom vient du buste de la comtesse Béatrice de Die, œuvre de Jeanne Royannez (contrairement à ce qu’indique le panneau installé par la municipalité sur le mur de l’évêché et qui comporte de nombreuses erreurs), buste exposé en 1887 au salon de l’Union des femmes peintres et sculpteurs. La ville de Die en fait l’acquisition en 1888 et le buste de la comtesse est inauguré le au cours d’une virée estivale des Félibres et du groupe La Cigale (nom de la Société des Méridionaux de Paris). Sont présents le député-maire Maurice-Louis Faure, président de la Cigale, et le maire de Die, Joseph Reynaud, tous deux radicaux-socialistes. Le buste en bronze est installé sur une fontaine et sauvé du programme de récupération des métaux non-ferreux pendant la Seconde Guerre mondiale par une personne anonyme.
L’époux de la sculptrice, Clovis Hugues, est lui aussi cigalier. Le monument est régulièrement taggé ou vandalisé. Il est à la fois un symbole occitan et un hommage à une femme, mais cet hommage à une poétesse par une sculptrice est surtout une affaire d’hommes, éloignés des préoccupations des Diois ruraux de l’époque. Cette mise en avant d’une femme de la classe privilégiée est un témoin du rapport que les citoyens entretiennent avec leurs institutions. Elle conduit Kate Fletcher à se poser les questions de qui, quelles valeurs, quelles idées sont ici commémorées, défendues?