Dinard

Histoire de Dinard

Dinard est une commune du département d’Ille-et-Vilaine, en région Bretagne, qui compte 10 219 habitants. Située sur la rive ouest de l’estuaire de la Rance, face à Saint-Malo, la ville occupe une côte rocheuse échancrée de plages dont celle de l’Écluse, autrefois plage des Élégantes. Le nom de la localité est attesté sous les formes Dinart en 1180, 1210 et 1249. Selon le toponymiste Jean-Yves Le Moing, le terme arz au sens de « hauteur » est connu en vieux breton sous la forme ard, et se retrouve dans Dinard, transcrit en breton sous la forme Dinarzh. La base toponymique KerOfis recense la graphie Dinarz de 1928 à 1978, la forme Dinarzh étant attestée à partir de 1956. Selon une étude de Jean-Yves Le Moing publiée en 1990, 3,8 % des toponymes de la commune sont de langue bretonne. Le gentilé est Dinardais, Dinardaise.

L’histoire de Dinard est traditionnellement liée à la légende du roi Arthur, qui aurait débarqué sur ces côtes en 513 pour y construire un fort, d’où l’étymologie populaire du « fort d’Arthur ». Au Moyen Âge, Dinard n’était qu’un modeste port de pêche et un village de pêcheurs à la périphérie de Saint-Énogat, bourg plus important doté d’une église et d’un cimetière, qui fut chef-lieu de la commune. Cette paroisse était dédiée à saint Énogat, considéré par la tradition comme le cinquième évêque d’Aleth. Vers 1200-1210, Roland Ier de Dinan détacha la seigneurie de Saint-Énogat de la vicomté de Poudouvre et l’offrit, avec celle de Plancoët, à sa sœur Marguerite de Dinan. À la même époque existait à Dynart un port d’aumône permettant aux pèlerins de traverser la Rance, accolé à un établissement charitable nommé L’Hôpital-Bechet, contrôlé par les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou par les Templiers installés à Saint-Malo depuis 1140.

L’existence d’un site portuaire est clairement attestée à partir de 1250. L’église de Saint-Jacques et de Saint-Philippe, jadis nommée L’Hôpital-Bechet, fut établie pour des religieux mathurins en reconnaissance des chrétiens qu’ils avaient rachetés des mains des Infidèles. Le 3 août 1379, le duc Jean IV débarqua d’Angleterre à Dinard, événement immortalisé par la chanson An alarc’h (« Le cygne ») du Barzaz Breiz et qui marqua le début de la reconquête de la Bretagne après la tentative de confiscation du duché par le roi de France. Au XVIIIe siècle, l’agronome Jean-Baptiste Ogée décrivit Saint-Énogat dans ses notices sur la Bretagne; ses continuateurs A. Marteville et P. Varin reprirent la description en 1843. À cette date, Dinard restait un petit village de pêcheurs dans la commune de Saint-Énogat, dont la situation face à la cité corsaire en faisait toutefois un lieu de passage pour les marins et les marchandises.

Le tournant intervient vers 1840, lorsque Alpyn Thomson devient le premier consul anglais à s’installer à Dinard, suivi de John Sedgwitch puis de Robert Monteith, qui habite en 1850 le prieuré. Mais le lancement effectif de la station balnéaire est l’œuvre de William Faber, aristocrate américain ami de Dinan qui tombe amoureux du panorama de la côte. Il fait construire les « petites terrasses » sur la pointe du Moulinet et les revend à ses amis anglophones de Dinan, fondant ainsi la colonie britannique. À sa mort prématurée en 1854, sa veuve Lyona Faber prend le relais et se lance dans la promotion immobilière. Elle fait don d’un terrain de la pointe du Moulinet pour qu’y soit édifiée l’église anglicane Saint-Bartholomew. En 1858, James Erhart Coppinger fait construire la première villa balnéaire de la pointe, le château du Bec de la Vallée, ou villa Castel Mond. La même année, un établissement de bains de mer aux cabines sur pilotis est édifié sur la plage de l’Écluse: la mode anglaise des bains thérapeutiques transforme la plage, naguère espace laborieux et peu hospitalier, en lieu de contemplation et de loisirs.

Les villas se multiplient ensuite dans des styles d’une grande variété: la villa Sainte-Catherine en 1860, la villa Napoli, la villa Bric-à-Brac en 1865 face à la baie du Prieuré. Auguste Poussineau aménage la pointe de la Malouine, Albert Lacroix lotit Saint-Énogat. Le comte libanais Joseph Rochaïd-Dahdad, installé en 1873, investit massivement dans la station: il fait édifier le château des Deux-Rives sur la pointe du Moulinet, fait percer rues et boulevards, commande la construction des halles de la Concorde et de la gare de Dinard, ce qui lui vaut le titre de fondateur principal de la station balnéaire. La création de la ligne maritime Jersey Steam Packet Company et l’arrivée du train à Saint-Malo en 1864 accélèrent l’essor: hôtel Crystal, banques anglaises, temples protestants, clubs de tennis et de golf, Dinard Club et régates apparaissent au cours des dernières décennies du XIXe siècle. Contrairement à une légende tenace, l’empereur Napoléon III et son épouse Eugénie n’ont jamais prévu de séjourner à Dinard à l’été 1868.

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Population

10.219 habitants

Région

Bretagne

Département

Ille-et-Vilaine
(35)

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