Dives-sur-Mer

Histoire de Dives-sur-Mer

Dives-sur-Mer est une commune de Calvados, en Normandie, qui compte 5 174 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Portus Divae en 1077 et Diva. Le toponyme est hérité de l’hydronyme Dives (fleuve côtier débouchant dans la Manche entre Cabourg et Dives-sur-Mer) graphié sans s dans l’Orne, près de la source (« Saint-Lambert-sur-Dive »), avec dans le Calvados. Cet hydronyme serait issu de diva, « divine », à la fois latin et gaulois.

René Lepelley quant à lui remonte à la racine indo-européenne dei- à l’origine des deux pistes précitées, racine qui évoque la lumière (« divine » dans ces deux cas), et en conclut que le toponyme est dû à la clarté de l’eau. La référence à la mer est ajoutée en 1897.

L’histoire de Dives-sur-Mer est principalement marquée par les préparatifs de la conquête normande de l’Angleterre par le duc de Normandie, Guillaume le Bâtard. À partir du 1 août 1066, Guillaume établit une grande partie de sa flotte à l’embouchure de la Dives protégée d’une attaque des Anglais par un étroit goulet entre deux barres sableuses et installe son camp sur les hauteurs d’un plateau à l’est du port. Après avoir attendu du 12 août au 27 septembre 1066 des vents favorables, Guillaume est contraint de déplacer ses forces plus au nord. C’est finalement de Saint-Valery-sur-Somme que s’effectue la traversée jusque sur les plages de Pevensey. Une plaque commémorative avec la liste des noms des compagnons de Guillaume le Conquérant est apposée à l’intérieur de l’église, au-dessus des portes d’entrée principales. L’histoire de Dives-sur-Mer est aussi marquée par la présence sur la commune de l’usine Tréfimétaux qui cédera sa place bien plus tard au port de plaisance Port Guillaume. (construction de la flotte de Guillaume, traversée de la Manche, débarquement). Depuis sa lointaine origine, l’histoire de Dives-sur-Mer est étroitement liée à la mer.

La cité de Dives était connue à l’époque romaine où son port avait une grande importance. Dès 858, le fleuve est emprunté par les Vikings qui remontent la Dives pour aller saccager Chartres. En l’an 1001, Dives-sur-Mer entre dans la légende avec la pêche en mer d’un christ miraculeux. Plus tard, l’église de Dives deviendra le lieu de pèlerinage du Christ Saint-Sauveur. Mais, la grande page de l’histoire est écrite quand Guillaume le Bâtard rassemble ses troupes à Dives en 1066. C’est en effet dans l’estuaire de la Dives qu’il établit sa flotte (rade limitée par la chaussée de Varaville, voie romaine encore pratiquée de nos jours pour franchir l’estuaire en son milieu) et qu’il installe son camp militaire sur un plateau de, pour partir à la conquête de l’Angleterre. Les historiens s’accordent aujourd’hui sur les chiffres de et dont. Devenu roi d’Angleterre, le duc Guillaume fait embellir l’église.

Cet édifice roman garde la trace de cette époque avec notamment deux somptueux chapiteaux à entrelacs. L’activité maritime est importante, Dives a une société de baleiniers ou walmanni et on pêche la baleine et le craspois sur les côtes de la Manche. L’activité commerciale se développe; les moines de la baronnie de Dives-sur-Mer ont un droit de marché. Aux, l’église de Dives est agrandie dans le style gothique. Les halles médiévales sont datées de cette époque. Dives-sur-Mer est aussi un relais de poste sur la route de Caen à Rouen par les grèves. L’hostellerie a vu séjourner de nombreuses célébrités dès le. En 1562, avec les guerres de Religion, le Christ Saint-Sauveur est brûlé et le pèlerinage prend fin.

L’engouement pour les bains de mer entraîne la création des lignes de chemin de fer Mézidon – Dives-sur-Mer et Deauville – Dives-sur-Mer. On peut enfin venir de Paris à la plage. Un bateau à vapeur relie Dives-sur-Mer à Trouville et au Havre. Les voyageurs rejoignent leur lieu de villégiature en voitures tirées par des chevaux. C’est l’époque des visiteurs célèbres, Marcel Proust décrit la région, et en particulier l’église de Dives, dans son roman À la recherche du temps perdu. Parmi les premiers archéologues: Arcisse de Caumont remet à l’honneur l’histoire: on lui doit la liste de des compagnons de Guillaume le Conquérant qui figure dans l’église. Dives-sur-Mer reste un lieu de marché, de restauration, de villégiature aussi. On doit à cette époque, le château de Sarlabot, le manoir Foucher de Careil, Les Tilleuls, la villa des Bossettes et la transformation de l’ancien relais de poste en une hostellerie renommée « le village Guillaume Le Conquérant ».

En 1826, Dives ( en 1821), à l’est de son territoire. En 1857, au cortège des Bœufs Gras à Paris, un bœuf gras sans cornes baptisé Sarlabot fait sensation. Il est né et a grandi à Trousseauville et porte le nom du domaine de Sarlabot. Il s’agit d’un représentant d’une race bovine nouvelle: la race Sarlabot, qu’a créé son éleveur Henri Philippe-Auguste Dutrône. Il a souhaité désarmer les bovins en créant cette race dépourvue de cornes et ainsi éviter les accidents. Dutrône va promouvoir la race bovine nouvelle, par exemple en offrant des spécimens au Muséum d’histoire naturelle, à l’École d’Alfort. Après avoir connu son apogée vers 1865, la race décroit en importance et disparaît vers 1900. L’ère industrielle va marquer en profondeur la ville et lui forger une nouvelle identité.

Le chemin de fer et le port sont des atouts qui séduisent l’ingénieur Eugène Secrétan et en 1891 la création d’une usine métallurgique transforme Dives-sur-Mer en cité industrielle florissante. Elle exploite un brevet d’étirage du cuivre Elmore et Secrétan et deviendra la Société française d’électrométallurgie, plus tard Cégédur et Tréfimétaux au fur et à mesure de la diversification de ses fabrications: cuivre, laiton, aluminium, duralumin, maillechort, plastique… Pendant la guerre, l’usine fournira les douilles d’obus. Des générations ont travaillé à la fonderie et dans les ateliers de laminage et d’étirage. Des familles de la côte, du pays d’Auge mais aussi du Maroc, de Pologne, de Russie se sont installées à Dives-sur-Mer. Leur histoire se lit encore dans les cités ouvrières « rouges » ou « blanches », les jardins ouvriers qui entourent la ville et dans la diversité des associations culturelles et sportives. L’usine emploiera jusqu’à et en comptera encore près de lors de sa fermeture en 1986. Au début du, le développement de Dives-sur-Mer se traduit par la construction de nombreux équipements publics. Les écoles publiques, la mairie et une première salle des fêtes, devenue aujourd’hui le cinéma Le Drakkar sont construites.

Pendant de longues années, toute l’activité de la ville s’organise autour de l’usine. En 1975, le canal qui traverse la ville est couvert et un nouveau boulevard sépare la ville en deux quartiers distincts. et des trois cités ouvrières. En 1940, la Normandie est envahie en quelques jours. C’est l’Occupation, quatre longues années de présence des troupes allemandes. L’usine est fermée, les hommes font de petits boulots, certains travaillent à l’organisation Todt, d’autres se cachent dans des fermes pour échapper au service du travail obligatoire (STO), l’école s’organise dans différents locaux. En 1941 et 1942, des arrestations de juifs et de communistes ont lieu, certains ne revinrent pas des camps. Zéro France, issu d’un réseau belge, s’implante en 1942 dans le Calvados.

Le groupe de résistance de 55 membres fait du renseignement et facilite l’évasion d’aviateurs. Il est démantelé au printemps 1944 par la Gestapo. 24 résistants du réseau sont déportés vers les camps nazis. Début août 1944, les brigades belge et néerlandaise débarquent à Arromanches et rejoignent la 6e division aéroportée britannique avec leurs autos blindées sous le commandement du général Richard Gale. Après de durs combats, le 21 août 1944, les Belges de la Brigade Piron libèrent Cabourg, Dives et Houlgate. Les Belges, les Royal Ulster Rifles Regiment et les Devons libèrent Trouville, et entrent triomphalement le 25 août à Honfleur. En 1986, avec la fermeture de l’usine métallurgique, Dives-sur-Mer est confrontée à une nouvelle mutation et à un nouveau défi. Une conversion s’opère, la mono-industrie cède la place à de nouvelles activités industrielles et commerciales qui s’implantent au sud de la ville.

L’emplacement même de l’usine retrouve une vocation maritime: un port de plaisance de près de y est aménagé et de nombreuses résidences construites dans un style néo 1900. Sur l’ancien site industriel deux bâtiments sont préservés: le beffroi qui fait l’objet d’un projet de rénovation et les anciens bureaux transformés en médiathèque. Le port de pêche et la halle à poissons gardent leur activité. Des vieux gréements témoignent également de la tradition maritime locale. Après avoir été un port depuis l’antiquité, puis plus récemment une cité ouvrière, la ville a réussi sa reconversion: elle trouve son équilibre, entre mer et terre, en développant les activités qui ont fait son histoire: le commerce, l’industrie, les services et le tourisme.

Patrimoine religieux

Dives-sur-Mer possède à la fois un centre historique médiéval, un port de plaisance Port Guillaume, un port de pêche et différents quartiers ayant chacun une identité propre: les anciennes cités ouvrières, une zone commerciale et industrielle, des quartiers résidentiels, Le 6 août 1001, des pêcheurs lèvent dans leur filet un christ sans croix dont le genou se met à saigner sous les coups de hache d’un mécréant. Aucun artisan n’est capable de fabriquer une croix pour y déposer ce christ. Trois ans plus tard, une croix retrouvée en mer s’adapte parfaitement au christ miraculeux. La légende du Christ Saint-Sauveur est née, on place ce christ dans la chapelle, et Dives-sur-Mer devient un lieu de pèlerinage.

Au fil des années, la chapelle se révèle être trop petite. Grâce à la générosité de Guillaume le Conquérant, un édifice de style roman est construit, dont il reste les quatre piliers du chœur, une arcade et une voûte. Au, on agrandit l’église dans le style gothique. Pendant les guerres de Religion, le christ disparaît et le pèlerinage prend fin. L’église offre au visiteur de nombreuses curiosités: au-dessus du fronton à l’entrée de l’église, une liste des compagnons de Guillaume le conquérant y figure depuis 1862; les vitraux retracent l’histoire du Christ Saint-Sauveur.

De l’extérieur, un trou aux lépreux permettait aux lépreux de suivre la messe et même de communier sans entrer en contact avec le public. L’église Notre-Dame fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 mai 1888. L’église dispose aussi d’un bateau votif. Les halles sont datées du début du (datation dendrochronologique des pièces de charpente réalisée en 2012), mais il est probable que des halles plus anciennes aient préexisté. Les halles actuelles mesurent.

Elles sont constituées d’un vaisseau central et de deux bas-côtés symétriquement disposés. La charpente repose sur une série de soixante-six piliers de chêne reposant sur des dés en pierre posés à même le sol. La charpente est elle aussi en chêne comme toutes les constructions imposantes de l’époque. Entièrement ouverts à l’origine et ce, jusqu’au début du, les bas-côtés ont été rajoutés récemment dans le style du pan de bois typique du pays d’Auge qui emploie le bois pour l’ossature et le torchis pour les cloisons entre les colonnes. Les halles font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3 janvier 1918.

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Population

5.174 habitants

Région

Normandie

Département

Calvados
(14)

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