Dol-de-Bretagne
Histoire de Dol-de-Bretagne
Dol-de-Bretagne est une commune du département d’Ille-et-Vilaine, en région Bretagne, qui compte 5 767 habitants. La localité est attestée sous les formes Dolum au haut Moyen Âge, Dol sur la tapisserie de Bayeux au XIe siècle, Doli en 1158 et Doul. Le linguiste Albert Dauzat rapproche Dol-de-Bretagne de Dole dans le Jura, de Déols dans l’Indre et de Dolus-le-Sec en Indre-et-Loire. Le nom breton de la localité est Dol, dont la plus ancienne attestation écrite remonte à 1656; c’est aussi la forme préconisée par l’Office public de la langue bretonne. Une prononciation en gallo, sous la forme « Dou », a été rapportée en 1954 par Henri-François Buffet; François Duine, alias Fra Deuni, signalait la formule populaire « Les pauvres villotains d’Dou ». Le territoire de Dol fut habité depuis bien longtemps, comme l’atteste le menhir de Champ-Dolent, l’un des plus hauts de Bretagne, qui date du Néolithique et se trouve à la sortie de ville en direction de Combourg. Il y a plus de deux mille ans, le territoire appartenait au peuple gaulois des Redones, puis à celui des Coriosolites; à l’époque gallo-romaine, il faisait partie de la Gaule lyonnaise.
Dol-de-Bretagne devint au VIe siècle l’un des premiers évêchés de Bretagne. Samson de Dol, premier évêque de la ville et l’un des sept saints fondateurs de Bretagne, mourut à Dol vers 565. Il fonda l’abbaye de Dol et fut désigné comme patron du diocèse. À l’époque carolingienne, la ville devenue chef-lieu était une étape du pèlerinage médiéval des sept saints de Bretagne continentale, appelé Tro Breiz, le « Tour de Bretagne ». En 848, Dol-de-Bretagne fut érigé par Nominoë en archevêché, breton et non reconnu par Rome, et en métropole concurrente directe de Tours. Le souverain des Bretons, Nominoë, fut sacré à Dol en 848.
La ville fut pillée par les Vikings au IXe siècle. En 936, à la suite du refus d’un vassal breton de rendre hommage au suzerain de Normandie, le duc Guillaume pénétra en Bretagne jusqu’au fleuve du Couesnon. Les Bretons, après l’avoir suivi, ravagèrent à leur tour le Bessin, ce qui entraîna une riposte normande jusqu’à Saint-Brieuc. Les Normands furent délogés la même année par Alain Barbetorte, chef breton fils de Mathuedoï de Poher, comte de Poher, qui s’était réfugié en Angleterre auprès du roi Adelstan; ce dernier lui fournit des vaisseaux pour une expédition punitive. Alain Barbetorte débarqua avec ses frères à Dol, défit les Normands et fut élu duc des Bretons en 937. La menace viking continua néanmoins à peser sur Dol: la ville fut prise en 944, puis de nouveau en 996 par le roi viking Olaf Lagman, Norvégien régnant sur les Hébrides et sur une partie de l’Irlande, qui pilla, saccagea et incendia la ville. En 1014, Olaf Haraldsson, futur roi de Norvège, débarqua à la demande de Richard l’Irascible, duc de Normandie, pour combattre d’autres bandes vikings païennes retranchées dans Dol; il avait été baptisé à Rouen, peu avant ou peu après, par Robert le Danois, frère du duc de Normandie. Sa saga, le Heimskringla, raconte ses exploits dans l’épisode de Dol. En 1064, Guillaume de Normandie mena une expédition contre la Bretagne à laquelle participa Harold Godwinson, futur adversaire à la bataille d’Hastings; la tapisserie de Bayeux relate les prises successives des forteresses de Dol-de-Bretagne, Rennes et Dinan. En 1076, une nouvelle campagne de Guillaume échoua, le siège de Dol étant levé par l’ost conduit par le roi des Francs. En 1167, Yseult de Dol, héritière du vaste domaine des seigneurs de Dol et Combourg, épousa le Normand Hasculf de Subligny, arrière-arrière-petit-fils de Hugues d’Avranches, faisant ainsi tomber la ville entre les mains de l’une des plus anciennes familles de l’Avranchin.
Patrimoine religieux
Les fortifications de Dol-de-Bretagne datent du Moyen Âge. Partiellement détruites à la fin de l’Ancien Régime, il en reste plusieurs vestiges: plusieurs sections de murs ainsi que les tours de la Prison, des Bourgeois, des Carmes et de la Motte. La promenade Jules-Revert, aménagée au nord-est de la ville, présente la principale section conservée. Ces fortifications déterminent l’ancienne ville close, composée de deux quartiers. La Grande Rue des Stuarts, anciennement Grand-Rue, est l’axe marchand de la ville médiévale, au pied du quartier de la Cité. Elle a été remodelée à l’époque moderne avec une reconstruction des maisons au nord de l’axe, au pied de l’ancien château; le nom « rue des Stuarts » lui a été ajouté en 1967 pour rappeler la naissance doloise d’un des sénéchaux à l’origine de la maison Stuart. On y trouve la Maison de La Guillotière et la maison des Petits Palets. La rue Lejamptel, ancienne « rue étroite », prolonge la Grande-Rue des Stuarts et complète l’axe marchand; elle a été remodelée pour faciliter la jonction avec la place Chateaubriand et abrite la maison de la Grisardière. La rue Ceinte relie la cathédrale Saint-Samson à la rue Lejamptel; cet édifice est dédié au premier évêque de Dol, l’un des sept saints fondateurs de Bretagne, et perpétue la mémoire de l’évêché érigé au VIe siècle.